Urbain Gohier


Urbain Gohier
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Urbain Gohier
Urbain Gohier en 1912
Urbain Gohier en 1912

Naissance 17 décembre 1862
Paris
Décès 29 juin 1951
Langue d'écriture Français
Genres Essais, Pamphlets.
Œuvres principales

Urbain Gohier, de son nom de naissance Urbain Degoulet, ayant signé deux de ses livres du nom de plume Isaac Blümchen[1], né à Versailles le 17 décembre 1862 et mort le 29 juin 1951, est un avocat, journaliste et écrivain français.

Sommaire

Éléments biographiques

Orphelin très jeune, Urbain Degoulet adopte le patronyme de son père adoptif, nommé Gohier[2]. La question de son origine familiale reste pour lui un point sensible toute sa vie[3].

Après de brillantes études secondaires au collège Stanislas de Paris où il remportait tous les premiers prix[4], il obtient une licence ès lettres et une licence en droit. En 1884, il devient rédacteur parlementaire au journal Le Soleil[2].

En 1897, lors de la fondation du quotidien socialiste L'Aurore, son directeur Ernest Vaughan appelle Urbain Gohier à rejoindre l'équipe de rédaction. Il devient avec Georges Clemenceau l’un des principaux collaborateurs du journal[2],[5].

Pamphlétaire infatigable, Gohier se dit « monarcho-syndicaliste » ; il soutient des positions politiques ambiguës voire contradictoires : dreyfusard, antisémite, antimilitariste et socialiste. Il soutient Dreyfus principalement par antimilitarisme, et peut-être aussi parce que sa volonté de défendre la justice est plus forte que son antisémitisme. Emile Zola est un de ses amis. C'est lui qui provoque la démission de Clemenceau de L'Aurore, suite à son article du 15 décembre 1899 dans lequel Gohier se vantait d'avoir à lui seul compris l'Affaire Dreyfus « sous les outrages de l'ennemi, sous la réprobation et les reproches des défenseurs de la personne de Dreyfus[6]. »

Rédacteur en chef du journal grenoblois Le Droit du peuple en 1902, puis du Vieux Cordelier en 1903 et du Cri de Paris en 1904, directeur du journal antisémite la Vieille France de 1916 à 1924, Gohier est également l'un des premiers éditeurs du Protocole des sages de Sion en France, avec notamment Roger Lambelin, sans se soucier du problème de l'authenticité du document.

En 1898, il est poursuivi à la suite de la publication de son pamphlet antimilitariste L'armée contre la nation et finalement acquitté. Il est alors célèbre pour son antimilitarisme et un jeune déserteur, Henri Bernstein, lui fait parvenir de Bruxelles une lettre expliquant son acte : « J'ai vingt-quatre ans. Je suis déserteur. J'ai déserté après sept mois de service, sept mois pas ordinaires, qui m'ont coûté de l'argent d'abord et des grincements de dents quand je n'ai plus eu d'argent. Inutile de vous dire, n'est-ce pas, que la plupart de mes chefs étaient des faussaires et des maîtres chanteurs. J'ai filé à Bruxelles. »[7],[8],[9],[10]

Il se liera d'amitié avec ce jeune inconnu. En décembre 1905, il est condamné à un an de prison pour sa participation à l'Association internationale antimilitariste, mouvement proche des milieux anarchistes. Il contribue par ailleurs à des feuilles anarchistes comme le Cri de Paris et Le Libertaire.

En 1908, il aurait lancé le célèbre surnom « le Tigre » pour désigner Georges Clemenceau.

Critique acerbe du socialisme de Jaurès, contempteur de l’armée et du monarchisme trop tiède à ses yeux de l’Action française, Gohier se mêle des principaux débats qui animent la scène politique de la Troisième République et se bat plusieurs fois en duel au pistolet[11]. Dans la Vieille France, il met en doute l'antisémitisme et la xénophobie de l’Action française et s'attaque à Charles Maurras en montrant que ses origines en font un « métèque ». Il suggère également que Léon Daudet serait d'origine juive lointaine, en le qualifiant de "Davidet" ou de "Ben Daoud" [Quand ?][réf. nécessaire]. Pourtant, le directeur de L'Action française avait fait son apologie en novembre 1920 à la Chambre, en raison de sa publication des Protocoles [12].

Appelant de ses vœux un régime « monarchiste socialiste », il poursuit son œuvre polémique en se faisant le dénonciateur de complots juifs et asiatiques. Au tournant du siècle, il rallie le mouvement néo-malthusien aux côtés de Paul Robin, André Girard, Clovis Hugues, Albert Lantoine, A. Daudé-Bancel, Laurent Tailhade et Georges Yvetot.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il soutient le gouvernement de Vichy. Gohier écrit alors des articles pour le riche parfumeur pro-fasciste François Coty dans le journal antisémite Le Pilori, où il dénonce les « complicités juives » du Figaro et les complots « judéo-bolchéviques ».[passage problématique]

Condamné en 1944, il meurt dans l’oubli en 1951 en laissant une œuvre pamphlétaire considérable qui le range aux côtés d'autres polémistes antisémites de son temps tels Édouard Drumont, Léon Daudet, Henri Béraud, Pierre Dominique ou René Benjamin.

Œuvres

  • Plaisir des dieux, roman, Paris, F. Juven, [s. d.].
  • La Fin d'un régime : les faillites, le personnel, les mœurs, le gouvernement de l'étranger. Dénouement ? Luttes politiques ou guerre sociale, deux articles d'un programme monarchiste, Paris, Chamuel, 1895.
  • L’Absolu, Paris, Chamuel, 1895.
  • Aux sept mille morts de Madagascar. Sur la guerre, propos d'un jeune homme et de M. François Coppée, notés par Urbain Gohier, « Des idées », no 4, Paris, Chamuel, 1896.
  • Le Centenaire et la résurrection du Directoire : les moeurs publiques, les moeurs privées, l'attente, Paris, E. Dentu, 1896.
  • Les massacres d'Arménie. Réponse du sultan à M. Clemenceau, trad. par Urbain Gohier, « Des idées », no 5, Paris, Chamuel, 1896.
  • Contre l'argent : crimes, châtiments, remèdes, des lois, révolution, chambre ardente, l'opinion, « Des idées », no 6, Paris, Chamuel, 1896.
  • L'Armée nouvelle : le haut commandement, la loi de 1889 condamnée, le service d'un an, l'examen de Saint-Cyr, l'affaire Allaire, lois sur l'espionnage. Pour la paix, Paris , P.-V. Stock, 1897.
  • Le Nouveau pacte de famine. Le syndicat et son chef, pas de doctrine, un complot politique, un crime social, socialisme capitaliste, « Des idées », no 8, Paris, Chamuel, 1897.
  • Trois fantoches. F. F., « l'Auguste personne » : il aime l'armée, il aime le clergé, il aime l'argent. La famille, splendeurs. La valetaille. Hanotaux. Méline, « Des idées », no 9, Paris, Éd. de l'auteur, 1897.
  • L'Armée contre la nation, Paris, Éditions de la Revue blanche, 1898.
  • L'Armée de Condé. Mémorial de la trahison, pour éclairer l'Annuaire de l'armée sous la 3e République, Paris, P.-V. Stock, 1898.
  • La Congrégation et les prétoriens, Paris, Éditions de La Revue blanche, 1899.
  • « Préface », à Malcolm Mac Coll, Le Sultan et les grandes puissances, trad. de Jean Longuet, Paris, Alcan, 1899.
  • « Préface », à Vigné d'Octon (Paul-Étienne Vigné, dit Dr), La Gloire du sabre, Paris, Flammarion, 1900.
  • Aux femmes, par le Groupe de propagande communiste-anarchiste, « Brochure à distribuer », no IV (Extrait de L'Aurore, 27 mars 1899), Paris, Bureaux des Temps nouveaux, 1900.
  • Le Ressort. Étude de révolution en 4 actes, Paris, Éditions de La Revue blanche, 1900.
  • Aux travailleurs conscients, Publié par : Un groupe de socialistes révolutionnaires, Oyonnax, Imprimerie ouvrière, [1901].
  • La guerre de Chine : Dieu le veut ! Assassinats, incendies, viols et pillages commis et racontés par les officiers français aux ordres des missionnaires. Les crimes du prêtre et du soldat, Paris, Extrait de L'Aurore, [1901].
  • À bas la caserne !, Paris, Éd. de La Revue blanche, 1902.
  • L'Ascète au beurre, Paris, Imprimerie de V. Albouy, [1903].
  • Histoire d'une trahison (1899-1903). Heures d'espoir. La bande Jaurès. Le pacte. La curée. La boue. Socialisme ?, Paris, Société parisienne d'édition, 1903.
  • Le Peuple du XXe siècle. Aux États-Unis, Paris, E. Fasquelle, 1903.
  • Le Vieux Cordelier, gazette hebdomadaire rédigée par Urbain Gohier, Paris, Février-avril 1903, Nos 1-7.
  • Les Chaînes, pièce en 4 actes, adaptation française d'Urbain Gohier et de J. W. Bienstock, Paris, Extrait de La Nouvelle Revue, 1er novembre 1904.
  • Pétition du pouvoir judiciaire au pouvoir législatif : la terreur juive, après l'armée de Condé, la tribu de Lévi. L'ancien régime rétabli pour les millionnaires juifs. Le déserteur juif du « Figaro ». Le socialisme juif. Sera-t-il permis à un Français de n'être ni jésuite, ni juif ?, Paris, Éd. de l'auteur, 1905.
  • La République escamotée en Norvège, documents commentés, Paris, Éd. de l'auteur, 1905.
  • Spartacus, Paris, Cahiers de la Quinzaine, no 12, 6e série, 1905.
  • L'Antimilitarisme et la paix, Plaidoirie prononcée en cour d'assises de la Seine, le 28 décembre 1905, avec des notes, Paris, Éd. de l'auteur, [1905].
  • La Terreur juive. Après l'armée de Condé, la tribu de Lévi. Le socialisme juif, Paris, Éd. de l'auteur, 1905.
  • Leur République, Paris, Éd. de l'auteur, 1906.
  • (et Henry Geoffroy), Gestes et profils, Paris, Charles Davis, 1906.
  • La Révolution vient-elle ? Contre l'argent. Sur la guerre. Le nouveau pacte de famine. L'autre affaire du collier. Lettre du sultan à M. Clemenceau, Paris, Éd. de l'auteur, [1906].
  • Zola au Panthéon, Paris, Éd. de l'auteur, 1907.
  • Le Pot au but, comédie inédite, Paris, [éditeur non indiqué], Extrait de Fantasio, 1908.
  • (et Jean Drault), Le Jeu de l'amour et des beaux-arts, comédie en 1 acte (Paris, Grand Guignol, 8 avril 1909), Paris, Librairie théâtrale du Nouveau Siècle, « Répertoire du Grand Guignol », 1910.
  • Pour nos victimes. Les Bêtes, Paris, A. Messein, 1910.
  • Pour nos victimes. La femme, l'enfant, Paris, A. Messein, 1910.
  • Le Réveil, garder une patrie, refaire un peuple, Paris, Éditions de L'œuvre, 1911.
  • Un peu d'idéal, Paris, A. Messein, 1911.
  • (et Henri Rochefort, Gustave Hervé, Gaston Calmette, Gustave Téry), Le Régime abject, l'Assommoir national, Paris, Éditions de l'Oeuvre, 1912.
  • [Isaac Blümchen], À nous la France !, Cracovie, I.-N. Goldlust [adresse de fantaisie, Paris], 1913.
  • [Isaac Blümchen], Le Droit de la race supérieur, Cracovie, I.-N. Goldlust [adresse de fantaisie, Paris], 1914.
  • Pour être sages, Paris, Payot, 1914.
  • La Sociale, Paris, La Renaissance française, 1914.
  • La Censure. Septembre 1915, Paris, [éditeur non indiqué ; 11, boulevard du Palais], [1915].
  • La Grande guerre. Gardons la France aux Français, Paris, H. Floury, 1915.
  • Le Spectre du Quatre-Septembre. « Marcel Sembat, je te prends pour otage! », Paris, [éditeur non indiqué ; 11, boulevard du Palais], [1915].
  • Lettre cordiale à Son Excellence le citoyen Marcel Sembat, ministre des travaux publics, Paris, [éditeur non indiqué], [1915].
  • Vers la guerre civile. Joseph Caillaux ou la Nouvelle conspiration de Catilina, Paris, [éditeur non indiqué], [1915].
  • 1914-1916. Le Vrai monument de la victoire, frontispice de Eugène Grasset, Paris, Maison du livre, 1916.
  • Menaces du sans-patrie Hervé, le « camarade de Caserio » exagère, Paris, [éditeur non indiqué; 11, boulevard du Palais], [1916].
  • L'Œuvre française, journal dirigé par Gohier, Paris, n ̊ 1, 14 décembre 1916. - Nos 1 à 22, 14 décembre 1916-19 mai 1917 : La Vieille France, journal dirigé par Gohier.
  • Réponse aux socialistes du Kaiser. Comment je n'ai pas tué le traître Jaurès, [Paris], [éditeur non indiqué], 1916.
  • La Race a parlé. Leçons et moralités de la Grande guerre, Paris, La Renaissance du livre, [1917].
  • Retournons à la terre ! C'est le salut !, Paris, Larousse, « Brochures Larousse », [1917].
  • Les Gens du Rey. Sidi Maurras ben Ma'aras ou le Maure pion, Tours et Paris, Arrault et Cie, 1926.
  • Protocoles des Sages d'Israël, Paris, Éditions de la revue La Vieille France, [1926].
  • Pour l'égalité devant la loi, Résistance (le 1er mai 1926) de monsieur le Ministre des finances, Paris, Imprimerie de G. Dargon, [1926].
  • Cassandre ou la Folie des blancs, Paris, Éditions Georges Anquetil, 1927.
  • Paroles d'un Français, Paris, Éditions Baudinière, « Bibliothèque du lettré », [1931].
  • La Vraie Figure de Clemenceau, Paris, Éditions Baudinière, « Bibliothèque du lettré », [1932].
  • [Isaac Blümchen], Le Droit de la race supérieure, nouvelle édition, Cracovie, I.-N. Goldlust et Paris, Centre de documentation, [1933].
  • Le Complot de l'orléanisme et de la franc-maçonnerie, Paris, Éd de l'auteur, 1934. Texte en ligne
  • Mon jubilé, après cinquante années de journalisme (1894-1934), Paris, Éd. de l'auteur, 1934.
  • Mon jubilé, après cinquante années de journalisme (1884-1934). 3e édition accrue de notes et comprenant procès, plaidoirie, affaire Coty, Paris, Joigny Société d'éditions et d'imprimerie, 1937.
  • [Isaac Blümchen], À nous la France !, nouvelle édition, Cracovie, I.-N. Goldlust et Paris, Office de propagande nationale, 1938.
  • Mon jubilé, après cinquante années de journalisme (1884-1934), avant-propos de Jean Mabire, préface de Georges Pioch, 3e éd. accrue de notes et comprenant procès, plaidoirie, affaire Coty, Paris, Déterna, 1999.
  • L'armée contre la nation. La révolution vient-elle. Refaire un peuple, Lyon, Éditions Irminsul, 2000.

Bibliographie

  • Laurent Joly, « L'Ami du peuple contre les « financiers qui mènent le monde. La première campagne antisémite des années 1930 », dans Archives Juives, vol. 39, n° 2, 2006, p. 96-109. Porte notamment sur les rapports entre Urbain Gohier et François Coty.
  • Pierre-André Taguieff, Grégoire Kauffmann, Mickaël Lenoire, L'Antisémitisme de plume (1940-1944), études et documents, Paris , Berg International, 1999 (ISBN 2-911289-16-1). Comprend un article complet de 7 pages sur Urbain Gohier, par Grégoire Kauffmann, docteur en histoire, p. 412-418.

Notes et références

  1. L'identité entre Isaac Blümchen et Urbain Gohier est affirmée par exemple par Ralph Schor, L'antisémitisme en France dans l'entre-deux-guerres: prélude à Vichy, Bruxelles, Éditions Complexe, 2005, pp. 129-130.
  2. a, b et c Urbain Gohier, dans le Dictionnaire international des militants anarchistes
  3. voir son écrit: "Mon Jubilé"
  4. détail confirmé par la transmission orale familiale
  5. Annuaire de la presse française et étrangère
  6. Cité par Michel Winock, Clemenceau, éd. Perrin, 2007, p. 295 (chap. XVIII)
  7. Urbain Gohier, L'antimilitarisme et la paix, Garland Pub., 1972, 99 p., p.23
  8. V. Giard & E. Brière, Revue internationale de sociologie, Volume 19, Institut international de sociologie, Università degli studi di Roma "La Sapienza." Faculty of Statistics, 1911, p.360 et suiv.
  9. L'Oeuvre du 16 février 1911 qui titre Les Juifs célèbrent au Théâtre Français l'apothéose du Juif déserteur Bernstein et L'Action française du 17 février 1911
  10. Chantal Meyer-Plantureux, Les enfants de Shylock, ou, L'antisémitisme sur scène, Editions Complexe, 2005, 269 p., p.44
  11. transmission orale familiale
  12. Laurent Joly (2007), « Antisémites et antisémitisme à la Chambre des députés sous la IIIe République », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 3/2007 (n° 54-3), p. 63-90.

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