Balderic van Horicke

Balderic van Horicke

Balderic [Baldrij, Baudry] van [den] Horicke [Horick], maître écrivain bruxellois actif dans la première moitié du XVIIe siècle.

Sommaire

Biographie

Van Horicke a parmi les maîtres écrivains la particularité de nous avoir transmis un nombre considérable de manuscrits (au moins 19, presque tous anonymes) mais de n'avoir gravé aucun livre d'exemples, ce qui fait qu'il est resté peu connu.

Les éléments biographiques rassemblés sur ce maître écrivain se résument dans les faits suivants :

Il a dû naître vers 1595-1600. Il se marie en 1618 avec Ida Morin [Morren, Meuren], née en 1599, dans la paroisse des saints Michel et Gudule à Bruxelles. Ils ont plusieurs enfants : Martin né en 1619, Maria en 1622, Jean-Christophe en 1624, Maria Marguerita en 1625, Catherina Anna en 1631, Josepha-Maria en 1634. Dans l'intervalle, le couple s'est déplacé dans la paroisse Saint-Géry, puis dans la paroisse Saint-Jacques de Coudenberg. Il meurt à Bruxelles le 25 juillet 1643[1].

Dans les deux derniers actes de baptême, le nom de Balderic est précédé de magistri. Sa présence dans cette paroisse, qui comptait le palais du Coudenberg sur son territoire, coïncide avec l'époque des manuscrits de 1633 et 1638, qui impliquent que Balderic travaillait dans la mouvance de la cour. Balderic n'a pu être relié aux familles bruxelloises de ce nom dont la généalogie est disponible. Peut-être est-il né ailleurs qu’à Bruxelles dans les Anciens Pays-Bas.

Les seules mentions explicites sur les charges qu’il aurait pu tenir sont :

  • en 1633, au titre de son Livre contenant plusieurs sortes descritures, il se nomme maistre à escrire des Pages de leurs Altesses Serenissimes de glorieuse memoire en Bruxelles. Les pages, jeunes hommes attachés à l’Ecurie, recevaient là un enseignement à la fois général (latin, grammaire, écriture…) et spécialisé (armes, équitation), et disposaient donc de plusieurs maîtres ou précepteurs[2].
  • en 1638, dans le Prodigium, Horicke se cite comme Scholiarchum, sui temporis coryphaei, epheborum Archiducalium, aliorumque in aula Bruxellensi, puerorum honorariorum, sub serenissimis Principibus, Alberto et Isabella, dénomination sous laquelle nous pouvons voir les mêmes fonctions que précédemment.

Mais aucun des documents sur les personnels attachés à la Maison, la Chapelle ou l'Ecurie de l'archiduc Albert de Habsbourg (1559-1621) et de l'archiduchesse Isabelle d'Espagne (1566-1633) ou de leurs successeurs, n’a pour l’instant révélé son nom.

Par ailleurs, le dessin « Vive la plume » qui commence le recueil d’exemples de Horicke de 1633 signifie que Horicke appartenait à la corporation des maîtres écrivains, qui se reconnaissaient sous ce motif. On le retrouve par exemple au début du Spieghel der Schrijfkonste de Jan van den Velde, ainsi que de son Thresor literaire de 1621, entre autres.

Œuvres

Un trait de plume de B. van Horicke, extrait d'un de ses recueils d'airs de cour.
  • Chicago NL : Wing MS ZW 6465.H781 : Livre contenant plusieurs sortes descritures avecq divers traicts faict Inventé et mis en lumière Par Baldri van Horicke maistre a escrire des Pages de leurs Altesses Serenissimes de glorieuse memoire en Bruxelles. Daté 1633. Il s’agit d’un livre d’exemples, comme il s’en trouve souvent à cette époque, c’est-à-dire du catalogue des graphies qu’un maître écrivain est capable d’exécuter. Si la plupart des recueils d’exemples des maîtres écrivains nous sont parvenus gravés, celui de Horicke est resté manuscrit, ce qui explique que ce maître soit resté presque inconnu. Fac-similé : Baldri van Horicke. Master album of Pictorial Calligraphy and Scrollwork : an antique copybook rediscovered. – New York, Dover, 1985, avec une préface anonyme et indigente. L'ordre des planches a été changé.
  • Chicago NL : Wing MS +ZW 6465.H782 Vault : Prodigium imo miraculum, calami vere aurei, Balderici Horicquii, scholiarchum, sui temporis, coryphaei epheborum archiducalium, aliorumque, in aula Bruxellensi, puerorum honorariorum sub serenissimis princibus Alberto et Isabella... Daté 1638. Recueil in-plano de 70 feuillets, contenant d’abord (f. 2 à 61) des textes en latin à la louange des membres de la famille des Habsbourg, famille régnante à Bruxelles. Ils sont agrémentés de portraits en pied, de divers animaux et diverses figures, qui se retrouvent en partie dans le Livre contenant... de 1633, et des portraits équestres. La seconde partie (f. 62 à 70) est plus libre, peut-être ajoutée plus tard ; elle ne contient plus de textes mais des scènes de chasse, et des figures diverses ou des musiciens. La plupart des planches sont signées, certaines datées 1638 ; les planches 12 et 16 sont signées par Eric Put (Erycius Puteanus Bamelrodius) comme auteur et Andreas Potheuck comme scribe. Ouvrage cité par Kramm comme ayant fait partie de la collection de Me Pierre Wouters, chanoine de l'église collégiale de Saint-Gommaire à Lierre (Belgique) et signalé dans le catalogue de sa vente (Bruxelles, 1797) à la p. 304. Le volume a été acheté par la Newberry Library en 1993.
  • Recueils d’airs de cour et de chansons à boire. Ces recueils constituent un corpus très important constitué des pièces suivantes :
    • Localisation : cote, support, nombre d’airs ou chansons, nombre de dessins
    • Bruxelles, Bibliothèque royale : Mus II 5139 (1e partie), vélin, 14, 12
    • Bruxelles, Bibliothèque royale : Mus II 5139 (2de partie), vélin, 15, 12
    • Chicago, Newberry Library : Wing MS ZW 7391.001c, vélin, 12, 12
    • Chicago, Newberry Library : Wing MS fZW 739.B 452., vélin, 15, 10
    • Den Haag, Nederlands Muziek Instituut : I A 11, vélin, 4, 13
    • Den Haag, Nederlands Muziek Instituut : Kluis A 50, vélin, 27, 11
    • London, British Library : Ms. Stowe 1081, vélin, 18, 11
    • Paris, Bibliothèque nationale de France (Mus.) : Rés F 1018, vélin, 14, 12
    • Paris, Bibliothèque nationale de France (Mus.) : Rés Vma ms. 963, papier, 36, 0
    • Paris, Bibliothèque nationale de France (Mus.) : Rés Vma ms. 2, vélin, 18, 16
    • Paris, Bibliothèque nationale de France (Est.) : Kb 88 4°, vélin, 16, 11
    • Paris, Bibliothèque nationale de France (Mss.) : Smith Lesouëf 88, vélin, 15, 12
    • Paris, Bibliothèque nationale de France (Mss.) : Ms. fr. 19097, papier, 70, 0
    • Paris, collection privée : vélin, 16, 12
    • Wolfenbüttel, Herzog August Bibliothek : Blankenburg 125, papier
    • Wolfenbüttel, Herzog August Bibliothek : Blankenburg 126, papier
    • Non localisé, tirage photographique à Paris BNF (Mus.) : 4° Vm7 2009, Vélin, 17, 12.

Depuis l'étude qui a été consacrée à ces manuscrits musicaux en 2003[3], trois autres manuscrits appartenant à ce corpus ont été localisés. Tous ces manuscrits se caractérisent d’une part par l’existence d’airs ou de chansons calligraphiés, avec musique notée à 1 voix avec ou sans basse (exceptionnellement chiffrée), la musique pouvant aller jusqu’à trois voix. En regard des pièces se trouve une illustration au trait de plume, c’est-à-dire un dessin assez élaboré réalisé d’un seul trait de plume, avec des arabesques, des boucles, des croisillons et autres ornements. Chaque manuscrit contient entre douze et dix-huit pièces de musique (environ trois quarts d’airs de cour et un quart de chansons à boire) et entre douze et quinze dessins. Il est conservé en général dans une reliure assez élaborée (vélin, éventuellement doré, soie gaufrée sur vélin découpé).

Par rapport à ce modèle « standard » on observe plusieurs variantes :

  • Deux manuscrits sont copiés sur papier, sans dessin, et contiennent beaucoup plus de pièces que les autres.
  • Le manuscrit A11 de La Haye est constitué de 4 feuilles séparées, de format double, avec sur chacune une pièce de musique et plusieurs dessins.

Au total, le corpus contient 330 airs et 90 chansons à boire, avec un certain nombre de pièces communes ou variantes. Le français est très largement majoritaire, viennent ensuite 20 airs italiens, 6 airs espagnols et 2 airs flamands. Les compositeurs les plus représentés sont Michel Lambert (22 pièces différentes), André de Rosiers (21), Antoine Boësset (9), Etienne Moulinié (7), Denis Macé (7), Jean-Baptiste Boësset (5) et Guillaume Michel (5). Ces pièces offrent des concordances avec les recueils d’airs ou de chansons publiés à l’époque chez Pierre I Ballard ou Robert III Ballard. La période la plus riche en concordance se situe entre 1640 et 1645. La calligraphie est d’excellente qualité, essentiellement tracée en italienne bâtarde.

Pour les dessins, la moitié d’entre eux ont été identifiés comme des copies de gravures de l’époque. Il s’agit pour moitié de portraits de femme en buste, plus ou moins élaborés, et pour le reste de scènes de genre (musiciens, danseurs, buveurs). Les sources les plus utilisées sont des gravures de Pierre Mariette (11), Jacques Callot (11, extraites notamment des Balli de Sfessania et des Varie figure gobbi), Jean I Le Blond (5), Balthasar Moncornet (4), Abraham Bosse (2), Pierre Daret (2).

Considéré dans son ensemble, ce corpus constitue la première source manuscrite de la forme musicale de l’air de cour, devant toutes les autres sources manuscrites. La provenance bruxelloise de ce corpus est un indice de la large réception de cette forme dans les anciens Pays-Bas, réception qui s’observe également à travers les recueils de contrafacta spirituels publiés au début du XVIIe siècle à Douai, Liège, Tournai ou Valenciennes.

Notes

  1. Tous les actes justificatifs sont aux Archives de la Ville de Bruxelles, Registres paroissiaux.
  2. La charge de "maître à écrire" des pages fut également tenue, en d'autres temps et lieux, par les maîtres Jean-Joseph Bernard et Nicolas Lesgret.
  3. Guillo 2003

Références

  • Laurent Guillo, « État des recherches sur le Corpus Horicke : quatorze recueils d'airs et de chansons notés sur vélin, illustrés de traits de plume (Bruxelles, ca 1635-1645) », in Poésie, musique et société : l'air de cour en France au XVIIIe siècle ; textes réunis par Georgie Durosoir, Versailles : CMBV ; Liège : Mardaga, 2006, p. 125-133.
  • Catherine Massip, L'art de bien chanter : Michel Lambert (1610-1696); Paris : 1999.
  • Christiaan Kramm, De Levens en werken der hollandsche en vlaamsche kunstschilders, beeldhouwers, graveurs en bouwmeesters..., Amsterdam : gebroeders Diederichs, 1857-1864.

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Balderic van Horicke de Wikipédia en français (auteurs)

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