Défense de la Loire


Défense de la Loire
Défense de la Loire
Ponts des Cadets-1.JPG
Le Pont des Cadets, situé à Saumur (Maine-et-Loire).
Informations générales
Date 19 juin - 20 juin 1940
Lieu Maine-et-Loire, France
Issue Victoire allemande marginale
Belligérants
Drapeau français République française Drapeau : Allemagne Reich allemand
Commandants
Drapeau de la France Charles Michon Drapeau de l'Allemagne Kurt Feldt
Forces en présence
2 500 hommes ;
quelques pièces d'artillerie ;
24 blindés
40 000 hommes,
300 pièces d'artillerie ;
150 blindés
quelques éléments de la Luftwaffe
Pertes
250 tués ou blessés
218 prisonniers
132 tués
plusieurs centaines de blessés
Seconde Guerre mondiale,
Bataille de France
Batailles
Bataille de France et campagne des 18 jours
Invasion du Luxembourg · Bataille des Pays-Bas · Bataille de Hannut · Percée de Sedan · Bataille de La Horgne · Bataille de Stonne · Bataille de la Lys · Bataille d’Arras · Bataille d’Abbeville · Poche de Lille · Siège de Calais · Bataille de Dunkerque · Opération Paula · Combat de Pont-de-l’Arche · Bataille des Alpes · Combats dans le vallon du Seuil · Bataille de Pont Saint-Louis · Défense de la Loire · Incidents aériens en Suisse · l’Exode

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La défense de la Loire est un épisode de la Seconde Guerre mondiale, quand les cadets de Saumur (du nom donné aux élèves officiers de réserve de l’École d’application de la cavalerie, à Saumur) et d'autres éléments de l'Armée française, s’opposent, en juin 1940, à l’avancée allemande sur la Loire. Les principaux affrontements eurent lieu à Saumur et à Gennes.

Cette résistance, qualifiée d'héroïque, opposa pendant deux jours près de 2 500 soldats français, sous-équipés et inexpérimentés, à la 1re division de cavalerie de l'armée allemande, alors même que le maréchal Pétain venait d’annoncer la demande d'armistice et d’appeler à cesser le combat. Ce faisant, les cadets de Saumur sont parfois considérés comme les premiers résistants, avec les derniers défenseurs de la ligne Maginot.

Sommaire

Histoire

Contexte

En mai 1940, les armées françaises engagées en Belgique dans le Nord de la France sont encerclées avec le Corps expéditionnaire britannique et l'armée belge suite à la percée des Allemands dans les Ardennes. Encerclés à Dunkerque, les Alliés sont évacués par la mer. Le 28 mai, la Belgique capitule, l'armée française ne possède plus que 60 division et 1 500 chars et peu de couverture aériennes. Le 10 juin la ligne de défense reconstituée sur la Somme et sur l’Aisne cède. La retraite de l'armée française se transforme en déroute, même si quelques unités retraitent en ordre. Devant la progression allemande vers la Seine, le gouvernement demande que les fleuves et rivières soient mis en défense pour bloquer la progression des armées du Reich vers le sud de la France. La Loire, compte tenu de son tracé et de sa largeur, doit devenir un obstacle majeur.

Le secteur allant de Candes-Saint-Martin (Indre-et-Loire) au Thoureil (Maine-et-Loire) fut confié à l’École de cavalerie de Saumur, commandée par le colonel Michon. Ce secteur comporte notamment quatre ponts constituant des points de franchissement cruciaux pour les armées allemandes.

Cependant, le 15 juin 1940, l’École de cavalerie reçoit l’ordre d’évacuer Saumur pour rejoindre Montauban. Le colonel Michon, refusant de reculer, obtint de conserver les cadres et élèves de l’école pour mettre le secteur imparti en défense. L’évacuation ne concerne donc que les éléments non-combattants de l’École de cavalerie.

Le 17 juin 1940, le maréchal Pétain adresse un message aux armées françaises demandant de cesser les combats dans la perspective de l’armistice. Le colonel Michon rassemble ses cadres pour leur exposer la situation. Tous sont volontaires pour poursuivre la résistance armée, malgré des moyens très faibles, et faire ainsi honneur, dans un esprit de sacrifice, à l’armée française. C’est avec la défense de la ligne Maginot, le premier acte de résistance armée sur le territoire national.

Troupes en présence

Françaises

Les troupes françaises sont hétéroclites, et sont constituées de :

  • 550 élèves aspirants de réserve (ÉAR) de cavalerie et des 240 ÉAR du train (équivalent des EOR actuels) de la 4e division d’instruction, encadrés par leurs instructeurs ;
  • 360 soldats de divers centres d’instruction de la région aux ordres du capitaine de Cadignan ;
  • 80 hommes commandés par le capitaine Monclos ;
  • 200 fantassins et mitrailleurs du 13e régiment de tirailleurs algériens ;
  • un bataillon de 350 hommes de l’École d’infanterie de Saint-Maixent ;
  • un groupe franc motorisé aux ordres du capitaine Neuchèze (dont le compositeur Jehan Alain) ;
  • un escadron de reconnaissance (capitaine Gobble) ;
  • une poignée de cavaliers du 19e dragons.

Soit environ 2 500 hommes armés de 24 blindés, 5 canons de 75 mm, 13 canons antichars et 15 mortiers pour tenir 40 km de front.

Allemandes

Les troupes allemandes sont composées de :

  • 40 000 hommes, 300 pièces d'artillerie, 150 blindés et de plusieurs éléments de la Luftwaffe.

Déroulement des combats

Ceux-ci bloqueront pendant plus de deux jours plus de deux divisions allemandes (dont la 1re division de cavalerie), sans oublier l’appui de la Luftwaffe. Les combats commencèrent le 19 juin 1940 après que les troupes françaises prirent positions sur quatre ponts de la Loire, dont elles eurent l'ordre de les tenir coûte que coûte.

Bien qu'elles soient inexpérimentées, elles repoussent les divers assauts allemands, leur infligeant de lourdes pertes, menant même une contre-attaque mais qui est rapidement contenue. Ce n'est que grâce à l'arrivée de renforts et par l'utilisation massive de l'artillerie et suite au manque de munitions que les Allemands s'emparent de ces ponts dans la journée du 20 juin 1940, marquant ainsi la fin de la bataille et de tout obstacle majeur à la progression de l'armée allemande dans le Sud du pays.

L'issue de cette bataille permit donc également aux Allemands de lancer une vaste offensive vers le Sud-Est, plus particulièrement dans la vallée du Rhône, où les troupes françaises de l'Armée des Alpes qui devaient déjà faire face aux Italiens furent prises à revers par les forces allemandes. Cette aide militaire précipite donc la signature de l'armistice du 24 juin 1940, les forces françaises n'étant pas en mesure de se battre sur deux fronts.

Après les combats

Les combats héroïques menés par cette poignée de soldats équipés de leurs armes d’instruction contre des forces très supérieures tant en hommes qu’en armements furent reconnus par leurs vainqueurs : c’est le général Feldt commandant la 1re division de cavalerie qui leur donnera le nom de « Cadets » et qui leur permettra de repartir libres vers la ligne de démarcation, aux ordres de leurs officiers, sans escorte allemande, une section de la Wehrmacht leur rendant les honneurs militaires au passage du pont à Beaulieu-lès-Loches.

Les Cadets de Saumur furent également cités pour actes de bravoure (Mentioned in Despatches) à l'Ordre de l'Armée par le général français Maxime Weygand.

Bilan

Pertes humaines

Les pertes de cette bataille sont de 250 tués ou blessés du côté français, et de 132 tués et plusieurs centaines de blessés du côté allemand.

218 soldats français sont faits prisonniers par les Allemands après la bataille (mais qui seront relâchés plus tard par le général allemand Kurt Feldt). De nombreux autres soldats sont également portés disparus (plusieurs centaines d'hommes au total).

Distinctions et mémoire

Jehan Alain, compositeur et organiste français, cité pour actes de bravoure, meurt le 20 juin 1940 au champ d'honneur à 29 ans après avoir résisté seul à un peloton d'assaut allemand[1]. Cette bataille est également considérée par certains historiens comme un des premiers actes de résistance face à l'occupant nazi.

Annexes

Notes et références

  1. (fr) La Bataille des Cadets de Saumur (juin 1940) page 49, Dominique Lormier, Les Chemins de la Mémoire Éditeur

Bibliographie

  • (en) For Honour Alone: The Cadets of Saumur in the Defence of the Cavalry School, France, June 1940, Roy Macnab, Éditions Robert Hale Limited, 1988, 208 p. (ISBN 0709033311)
  • (fr) Les Cadets de Saumur, juin 1940, Patrick de Gmeline, Éditions Presses de la Cité, 2010, 397 p. (ISBN 2258084202)

Sources


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Défense de la Loire de Wikipédia en français (auteurs)

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