Jan De Cock

Jan De Cock

Jan De Cock est un artiste belge né à Etterbeek le 2 mai 1976 (1976-05-02) (35 ans). Il ne se confine pas à une seule discipline, mais explore les frontières entre arts visuels, photographie, montages photographiques, sculpture et architecture en une forme de Gesamtkunstwerk, l'œuvre d'art totale[1].

Sommaire

Vie et œuvre

Il étudie à l'Académie royale des Beaux-Arts de Gand[2], au Département 3D multimédia mais se présente comme un autodidacte .

Il conçoit et réalise des projets qui sont des ensembles de plusieurs «figures» dont certaines parties peuvent se retrouver dans des œuvres ultérieures. Ainsi, ses larges modules en bois brut (aggloméré) font penser à des maquettes, tels que les architectes les emploient.

Ces installations ont un caractère d'inachevé qui modifie l'espace environnant de manière impressionnante. Le spectateur est obligé à se positionner vis-à-vis de l'installation, à être assis ou de se déplacer pour la contourner.

Ainsi donc l'œuvre d'art consiste en l'interaction entre l'espace, l'œuvre et le spectateur.

Il nomme ses sculptures en panneaux d'aggloméré «Denkmal» avec un numéro d'habitation mentionné à l'arrière. Le mot allemand "Denkmal" signifie "monument". En néerlandais c'est une "une forme de pensée". Ainsi, l'artiste veut remodeler la réalité, sortir le spectateur de son mode de pensée habituel.

Il se rattache à sa manière à la tradition du futuriste Boccioni et à la géométrie rigide du modernisme. Il est également fasciné par l'architecture de Mies van der Rohe, et l'œuvre très engagée du sculpteur Constantin Meunier. En outre, il a été influencé par le constructivisme et, plus récemment, par le minimalisme de Donald Judd et l'œuvre conceptuelle de Dan Graham. Il mêle dans son œuvre peinture et références cinématographiques, à Jean-Luc Godard par exemple.

L'historien d'art anglais Jon Wood le situe dans la tradition de l'atelier de sculpture moderne, mais l'identifie simultanément au caractère unique du studio contemporain, qui est un lieu de brassage des personnes et des idées. Ce qui est beaucoup plus complexe que l'atelier traditionnel du passé...

Projets artistiques

Tate Modern

Dans la Tate Modern avec ses 15 000 visiteurs par jour située sur le Bankside à Londres, un immeuble industriel ancien par l'architecte Giles Gilbert Scott en face de la cathédrale Saint-Paul, il construit en 2005 son propre musée avec des sculptures en bois rigide qui renvoient au langage formel du bâtiment, en particulier à la répartition des fenêtres et à la structure du hall central[3],[4].

Dans cette installation , se référant à l'essence de l'endroit, tout respire l'ordre et la géométrie avec des références à l'héritage de l'art abstrait de Piet Mondrian à Donald Judd. Avec des formes cubiques et rectangulaires et par un jeu ingénieux de judas et de parois aveugles, il crée un nouvel espace totalement illusoire qui affecte radicalement notre façon de voir.

Casa del Fascio de Côme

En 2006, il est à la (Casa del Fascio (Côme) de l'architecte Giuseppe Terragni et dans deux galeries en collaboration avec Daniel Buren avec une série de sculptures en aggloméré s'inspire du langage architectural ambiant : Denkmal 4[5].

Au lieu de son vert habituel, il utilise le blanc qui correspond mieux à la construction de Terragni.

À cet égard, il déclare, "Terragni a travaillé avec un nombre limité de formes de base telles que des poutres, des carrés et des rectangles. Ceci est très proche de ce que je fais moi-même. J'ai toujours travaillé avec des modules rudimentaires <ui sont en dialogue avec une architecture donnée."

L'intervention de Buren consiste en l'utilisation de son thème familier de large bandes verticales vertes 8,7 cm de largeur sur les sculptures de Jan et son travail avec des miroirs.

Courtrai

Fin septembre 2007, Stefaan De Clerck, bourgmestre de Courtrai, a l'idée de lui permettre de créer un installation sur les murs vides près d'un carrefour. La réputation internationale de l'artiste pouvait être à son désavantage, le coût pouvant être une pierre d'achoppement[6]. Cependant, il avait déjà tâté le terrain et s'était laissé gagner par l'idée, à condition d'avoir le champ libre. L'architecte flamand Marcel Smets joue alors le rôle de médiateur.

New York

Au printemps de 2008, il effectue sa première exposition au MOMA de New York, appelée "Denkmal 11, Musée d'Art Moderne, 11 West 53rd Street, New York , 2008".

C'est la première fois qu'un artiste belge vivant obtenait une exposition personnelle, ceci avec le soutien de la Société des Amis de la Belgique en Amérique[7] . Ce qu'il y réalise en conformité avec ses œuvres précédentes : une installation du plancher au plafond avec des photographies et une série de sculptures modules en contreplaqué évoquant l'abstraction du XXe siècle.

Les photographies ont été créés en réponse à l'endroit précis où elles sont affichées, montrant différents objets de la collection du MoMA , en combinaison avec des photos de l'histoire de l'art, de l'architecture et du cinéma. Non pas thématique, mais dans un style encyclopédique. La construction des panneaux a lieu dans son atelier d'Anderlecht avec son personnel technique. Ensuite, ils ont transportés en container vers le bâtiment d'exposition. L'artiste pouvait disposer de deux salles et d'un couloir au département de photographie du MoMA disponibles.

La-même effectué des travaux, présenté dans les grandes listes noires, rappellent les compositions géométriques rigoureuses de Piet Mondrian.

En outre, des interventions artistiques ont eu leu dans Seagram Building de Mies van der Rohe et l'Hôtel Waldorf Astoria, le building Art Déco de 74 étage de Schultze et Weaver.

L'artiste sera à en:East Hampton pour concevoir un travail dans l'ancien atelier de l'expressionniste abstrait Jackson Pollock.

Fin mars 2008, le MOMA acquiert l'installation Denkmal 11. Cette œuvre fera partie à terme d'une salle du MOMA consacrée à l'art belge qui contiendra aussi des œuvres de René Magritte, James Ensor, Marcel Broodthaers, Luc Tuymans et Michaël Borremans.

La presse locale compare ses archives photo au renommé Atlas de Gerhard Richter[8],[9],[10]. Richter fonctionne plutôt comme un réceptacle de l'histoire familiale et nationale opprimée alors que l'archive photographique de Jan De Cock est plutôt impersonnelle et pleine de goût.

Vers l'Ouest

Après cette exposition, il part avec son équipe vers Los Angeles, avec une escale à Mill Run en Pennsylvanie où se trouve la maison de la cascade de l'architecte Frank Lloyd Wright.

Ils passeront aussi par Saint-Louis (Missouri), au en:Wainwright Building construit par Louis Sullivan, la réserve naturelle des Everglades en Floride, par Marfa, au Texas, la Fondation Chinati de Donald Judd et par le Grand Canyon dans l'État de l'Arizona.

A Los Angeles, ils visitent le programme de logements Case Study Houses, où les logements sont conçus par des architectes différents. Il a également le désir d'aller travailler dans l'atelier de Jackson Pollock, qu'il admire pour son énergie créatrice.

Il revoit ces choses comme un défi lancé pour influencer les pensées et les sentiments des gens via les caractéristiques formelles parlantes des objets artistiques. Il a alors en projet un livre encyclopédique appelé "The American monument Odyssey".

Bruxelles 2009

Au cours de l'été 2009, il expose au Palais des beaux-arts de Bruxelles des installations créées spécialement pour ce lieu sous le nom "Repromotion"[11].

Il expose dans les différentes salles du palais des installations monumentales basées sur des formes géométriques qui se confrontent à trois versions de l'« Héraclès archer » d'Emile-Antoine Bourdelle[12]..

L'ensemble ressemble à de l'art abstrait et spatial, avec des vues imaginaires, discrètement peint avec des bandes vertes et jaunes[13].

Réflexion et citation

Avec son œuvre, nous sommes loin de l'idée que l'art est un souffle intérieur qui se matérialise, comme l'expressionnisme. L'art est plus une structure de pensée qui consciemment décide de sa position dans le domaine de la culture contemporaine. Elle le fait à travers des forums temporaires comme Documenta, la Biennale de Venise ou de grandes rétrospectives comme « Westkunst » et « Bilderstreit » à Cologne. Jan De Cock cherche de préférence des endroits spécifiques comme une bibliothèque , une galerie de musée , un bâtiment moderniste (Casa del Fascio (Côme), un paysage bien particulier (Grand Canyon ou les Everglades) où il crée des installations temporaires, parfois en combinaison avec le patrimoine culturel.

Il est considéré par certains comme l'un des artistes les plus importants de sa génération.

Même s'il n'y a pas consensus, on ne peut nier son œuvre et ce qu'elle apporte à l'art contemporain.

« En fait, vous pouvez comparer l'art à un pause publicitaire. Les pauses publicitaires dans les films, changent quelque chose sur la façon dont nous regardons et interprétons ces programmes et ces films. L'art fait à vrai dire la même chose. Il y a deux réactions possibles : zapper ou continuer à regarder. Et si vous continuez de regarder, alors l'œuvre d'art change irrévocablement votre attitude sur le monde . Un artiste ne peut pas être au milieu. L'art est la périphérie de notre pensée quotidienne.

La plupart des artistes ne peuvent supporter d'être zappés ou de ne pas être un centre d'attention. Si ce qu'ils créent est mal accueilli, ils vont à la recherche d'une nouvelle tendance. Mais la pression du succès ne peut jamais être le moteur. La forme pure est le but. »

Expositions

  • 1999 : Argos, Bruxelles
  • 1999 : Coming People, SMAK , Gand
  • 2000 : Dommage collatéral, figure 10, Statue, Parc d'Etterbeek
  • 2001 : Dommage collatéral, figure 4, Playstation, Welters Fons Galerie
  • 2001 : Frontière / Dommage collatéral, figure 5, Watou
  • 2002 : Dommage collatéral, figure 8, Museum voor oude technieken, Grimbergen
  • 2002 : Dommage collatéral, figure 7, Museum voor Schone Kunsten en SMAK , Gent
  • 2002 : Dommage collatéral, figure 9, Galerie Fons Welters, Amsterdam
  • 2003 : Art Statement 34, Bâle
  • 2003 : Galerie Engholm Kerstin, Vienne
  • 2003 : Exposition Galerie De Appel, Amsterdam avec Denkmal 10 (Phase II)
  • 2004 : Denkmal 4, Kunsthalle, Düsseldorf
  • 2004 : Denkmal 1A, Luis Campana Gallery, An der Schanz 1A, Cologne
  • 2004 : Denkmal 9, Henry Van de Velde Universiteitsbibliotheek, Rozier 9, Gent avec des modules monumentaux en bois.
  • 2004 : Denkmal 47, Stella Lohaus Gallery, Vlaamse Kaai 47, Antwerpen
  • 2005 : Denkmal 7, Schirn Kunsthalle Frankfurt , Frankfurt am Main. Ici l'artiste ouvert pour la première fois une pièce de musée vide, donc un moule, dont il faut combler le vide par un « Denkmal », un monument.
  • 2005 : Galerie Fons Welters, exposition solo de Jan De Cock. Il y montre une série de triptyques lumineux provenant d'une installation déjà exposée à la Manifesta 5 à San Sebastian.
  • 2005 : Denkmal 53: Il crée une sculpture en bois étendue pour la Tate Modern à Londres avec le soutien de la Région flamande et du collectionneur d'art Filiep Libeert . Les coûts d'installation engagés s'élevaient à 700 000 €.
  • 2005 : Magasin « Comme des garçons » , Tokio
  • 2006 : Denkmal 47, Stella Lohaus Gallery , Vlaamse kaai 47, Antwerpen, 2004
  • 2006 : Denkmal 4, à la Casa del Fascio, Plazza del Popolo à Côme et dans deux galeries de Milan et de Brescia, en collaboration avec Daniel Buren
  • 2007 : Denkmal 70, Institut Saint-Luc, à Bruxelles, avec une installation à petite échelle dans laquelle l'artiste considère l'espace et les murs comme les pages et la mise en pages d'un livre, se référant à son "Denkmal-livre"
  • 2008 : Denkmal 11, Museum of Modern Art, MOMA ,11 West 53rd Street, New York , Janvier 2008
  • 2009 : Repromotion, Palais des Beaux-Arts, Bruxelles
  • 2010 : Repromotion, Francesca Minini, Milano, Italy (18.03.10 - 05.10)
  • 2010 : Repromotion, Galerie Fons Welters, Amsterdam, The Netherlands ( 16.01.10 - 20.02.10)

Récompenses

2003 : Prix de la Jeune Peinture Belge pour Denkmal 23

Publication

  • Jan De Cock, Denkmal, Bruxelles, Belgique, Atelier Jan De Cock, Thea Westreich and Ethan Wagner, 2006, 632 p. (ISBN 9080842427).
    Texte de Wouter Davidts, Tim Martin, Kirstie Skinner, John Welchman, Jon Wood[14]
     

Liens externes

Notes et références

  1. Vlaams beeldhouwer Jan De Cock
  2. Gent Koninklijke Academie voor Schone Kunsten (nl). Consulté le 4/10/2010
  3. Tate Modern - Jan De Cock. Consulté le 04/08/2010
  4. Art, Architecture and Jan De Cock. Consulté le 04/08/2010
  5. Daniel Buren & Jan De Cock - Denkmal 4. Consulté le 04/08/2010
  6. Kostprijs opdracht Jan De Cock vormt grootste probleem. Consulté le 04/08/2010
  7. Exhibition of the Photography of Jan De Cock. Consulté le 04/08/2010
  8. Karen Rosenberg, « Memorial and Mold, Flecked With Nearly Everything ». Consulté le 04/08/2010
  9. Atlas de Gerhard Richter. Consulté le 04/08/2010
  10. Gerhard Richter Archiv. Consulté le 04/08/2010
  11. Jan De Cock - Repromotion. Consulté le 04/08/2010
  12. Jan De Cock au Bozar. Consulté le 04/08/2010
  13. jan de cock: repromotion. rebus design as a cult object. Consulté le 04/08/2010
  14. Judith A. Hoffberg, « Interview with Jan De Cock about his bookwork, Denkmal ». Consulté le 04/08/2010

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Jan De Cock de Wikipédia en français (auteurs)

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