Confederación nacional del trabajo

Confederación nacional del trabajo

Confédération nationale du travail (Espagne)

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Logo de la Confederación nacional del trabajo
Contexte général
Champs d'action Société communiste
Zone d'influence Espagne Espagne
Fiche d’identité
Forme juridique Syndicat
Fondation 1910
Structure Confédération
Siège central Barcelone
Secrétaire
général
Aucun
Affiliation
 internationale
AIT
Méthode Anarcho-syndicalisme
Membres 70000 (2 millions début 1936)
Slogan "A las barricadas"
Siège de la CNT à Barcelone

La Confédération Nationale du Travail (Confederación Nacional del Trabajo) est une organisation anarcho-syndicaliste fondée en 1910 à Barcelone (Catalogne, Espagne). Elle devient le principal syndicat ouvrier espagnol, et reste la principale organisation anarchiste du pays.


Sommaire

Histoire

Les origines

La CNT trouve son origine dans les noyaux ouvriers anarchistes militants de la Première Association Internationale des années 1860. En effet, la section espagnole de l'AIT première époque était - comme sa sœur latine italienne - plutôt influencée par les idées anti-autoritaires de Bakounine. Après l'écroulement de l'AIT, des Sociétés Ouvrières de résistances persistèrent, notamment la société Solidaridad Obrera à Barcelone.

La réunion de plusieurs de ces sociétés autour du déjà fort noyau Catalan, en 1910, aboutit à la création de la CNT.

Elle est créée en opposition au syndicat majoritaire, l'Unión General de Trabajadores (UGT), socialiste, lié au Partido Socialista Obrero Español (PSOE).

Juste après le premier Congrès de la CNT, en 1911, le syndicat est déclaré illégal en raison d'une grève générale, ce jusqu'en 1914.

À partir de 1916, ses relations avec l'UGT évoluent: les deux organisations appellent ensemble à la grève générale en 1917. Les liens entre les deux syndicats sont ainsi resserrés, et au Second Congrès de la CNT (1919), la possibilité de fusionner afin de rebâtir l'unité de la classe ouvrière est évoquée. Lors de ce Congrès, les liens provisoires avec la IIIe Internationale sont approuvés par le vote des militants, lesquels mandatent plusieurs membres pour de se rendre en Russie afin de se faire une opinion valable. Précisément, la visite de Ángel Lash en Russie contribue à décider les CNTistes de rompre définitivement avec cette organisation en 1922.

Les premières luttes

En Catalogne, la crise industrielle de 1918 incite des milliers de travailleurs à rejoindre les rangs de la CNT. En guise de riposte à l'organisation des travailleurs, la bourgeoisie réplique en instaurant le pistolerismo dans plusieurs villes, c'est-à-dire l'emploi de mercenaires armés pour attaquer les militants ouvriers et réprimer l'agitation sociale. À partir de 1923, avec l'accession au pouvoir du dictateur Miguel Primo de Rivera, la CNT, interdite, passe à la clandestinité. En 1927, des anarchistes de la CNT constituent la Federación Anárquica Ibérica (FAI), dont le but affiché est de lutter contre les déviations tant réformistes que les infiltrations bolcheviques dans la CNT, mais aussi d'assurer la protection des militants face à la répression tant des tueurs patronaux (pistolerismo) que de l'état (ley del fuego : loi de fuite). La FAI se charge également des activités clandestines et armées que la CNT ne peut pas assumer officiellement.

La Révolution et la guerre d'Espagne

En 1936, lors de l'insurrection des militaires franquistes et des milices d'extrême droite, la CNT, de nouveau légale et sortie de la clandestinité depuis l'instauration de la Seconde République en 1931, réunifiée dans ses deux tendances (anarchosyndicalistes et anarcho-possibilistes autour de Pestaña et de l'ex-Parti syndicaliste-trentiste), forte de deux millions d'adhérents (dont beaucoup ont adhéré début 1936), toujours très liée à la FAI, est la principale composante de la résistance au soulèvement des généraux, particulièrement à Barcelone, ville libérée en quelques heures après le coup d’État du 18 juillet.

Ses militants participent au vaste mouvement de collectivisation des terres et des industries dans les zones où les conceptions anarchosyndicalistes sont prépondérantes.

Les militants de la CNT sont parmi les premiers à se rendre sur le front et à donner un coup d'arrêt à l'avancée des troupes franquistes, côte à côte avec les soldats restés fidèles à la République et des militants marxistes (dans les colonne Durruti, colonne de Fer, colonne Roja y Negra, etc.).

La stratégie des anarchistes de la CNT, déchirés entre l'impératif de la guerre contre les fascistes et l'urgence de la révolution sociale à accomplir, est un grand sujet de discorde. Certains des cadres du syndicat choisissent de participer au gouvernement républicain, exprimant par là la volonté de la base : Juan García Oliver devient ministre de la Justice, Federica Montseny, ministre de la Santé (elle est la première femme ministre en Europe. Elle prend une série de mesures tout à fait révolutionnaires dans le contexte de l'époque — tout particulièrement dans la très catholique Espagne — telles que la libéralisation de l'avortement ou les programmes de soutien aux prostituées pour sortir de leur condition). Pour eux, la révolution sociale doit être défendue tout en maintenant l'État anti-franquiste. Ce choix est très critiqué, à la fois en tant que trahison de beaucoup des principes anarchistes, et en tant que stratégie finalement inefficace car, sous l'apparence du contraire, irréaliste.

La suite de la guerre voit l'affaiblissement de la CNT face à la mainmise progressive du parti communiste sur la République. Cette prise en main donne lieu à des affrontements violents, notamment à Barcelone. Après la fin de la guerre en 1939, une répression brutale s'abat sur les militants espagnols, pour beaucoup contraints à se réfugier en France.

Après la défaite

Ces derniers forment la base des maquis anarchistes du sud de la France, et sont à l'origine de la création en 1946 de la CNT française.

Redécouverte et renaissance

Après la mort de Franco en 1975, débute la transition démocratique espagnole, dans un climat d’ébullition, une sorte de "Mai 68" chronique.

Une nouvelle génération surgit dans la vie politique espagnole et se lance à corps perdu dans la bataille. Malgré l’épée de Damoclès d’un coup d’État militaire, malgré la répression, les luttes se développent. Les classes dirigeantes, veulent se "démocratiser", mais sans perdre une miette de pouvoir. Elles négocient alors avec les forces de gauche le "Pacte de la Moncloa" : en échange de la légalisation du Parti communiste, d’un retour à la démocratie, d’une amnistie et d’élections, tout le monde se met d’accord pour accepter la monarchie et une politique d’austérité préjudiciable aux ouvriers. Tout le monde sauf la CNT. Car si les deux autres syndicats (Commissions ouvrières et UGT) en bonnes courroies de transmission de leur parti respectif (communiste pour l’une, socialiste pour l’autre) acceptent le marché, la CNT le refuse.

En effet, c’est un moment où des foules considérables découvrent la CNT, un moment où son audience est extraordinaire. Ainsi, quelques semaines à peine après la mort du dictateur, plus de 40 000 personnes sont réunies au cours du premier grand meeting de la CNT - pas vraiment autorisé - dans la périphérie de Madrid (San Sébastian de los Reyes). Quelques mois après, une foule de quelques 500 000 personnes sature les remblas pour un meeting géant à Barcelone. La CNT est alors en capacité de mener des luttes importantes, capables de paralyser le pays (lutte des pompistes), et souvent victorieuses. Un moment crucial pour la renaissance de l’anarchosyndicalisme. Cette dynamique prend fin après toute une série de coups d’arrêts.

La CNT, à qui la Révolution de 1936 et sa résistance acharnée pendant les quarante années de dictature assurent un prestige, une légitimité et une capacité d’action considérable, devient alors la bête à abattre.

Les attaques

Tout est bon pour cela, en particulier les manipulations policières. Exemple historique, l’incendie de la "Scala" : Le 15 janvier 1978, alors que la CNT, seule, réunit à Barcelone 15 000 manifestants contre le pacte de la Moncloa, des cocktails Molotov sont lancés contre une salle de spectacles, la Scala. Quatre salariés, dont deux adhérents de la CNT, meurent carbonisés. Aussitôt, une campagne médiatique ordurière se déclenche contre la CNT, accusée d’être assez folle pour brûler ses propres adhérents. La CNT n’a pourtant rien à voir. Il est établi qu'un indicateur de police, Joaquin Gambin, est à la source de cet incendie criminel. Le journal de l’époque de la CNT Française publié à Toulouse (les pages en français d’"Espoir") a dénoncé les agissements de cet auxiliaire de police, et de quelques-uns autres qui ont infiltré la CNT avant même son incendie criminel.

A côté des provocations, des assassinats de militants (comme Agustin Rueda, assassiné par des matons de la prison de Carabanchel, le 14 février 1978), l’exacerbation de tensions internes fournit une arme essentielle contre la CNT. En effet, les révolutionnaires de différentes tendances qui ont infiltré la CNT espagnole (trotskystes, maoistes, syndicalistes révolutionnaires) ainsi que des éléments troubles tels qu'Enric Marco (président depuis 2003 d'une association des déportés espagnols dans les camps Nazis dont on découvre à l'été 2005 qu'il n'a jamais été déporté ...) quittent la CNT en 1979 pour créer la CNT renovada ou CNT-congreso de Valencia. Le litige de la filiation conduit les deux organisations devant un tribunal qui dénie aux "possibilistes" la possibilité d'utiliser le sigle CNT, du fait de leur rupture avec la filiation historique et idéologique de la CNT, ayant abandonné notamment un des principes majeur de l'anarchosyndicalisme : l'action directe, en lui substituant la participation aux élections professionnelles. L'organisation scissionniste prend alors le nom de Confederación general del trabajo (CGT).

La CNT espagnole quant à elle est membre de l'Association Internationale des Travailleurs (AIT).

Voir aussi

Filmographie

  • Vivre l’Utopie ![1] 96 minutes, TV Catalunya, 1997 (adaptation française par Arte)

Liens internes

Lien externe

Hymne de la CNT - A las barricadas (enregistrement de 1936[2]

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