Culinaire

Culinaire

Cuisine

Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la technique de préparation des aliments. Pour la pièce, voir cuisine (pièce).

La cuisine est l'ensemble des techniques de préparation des aliments en vue de leur consommation par les êtres humains (voir cuisinerie). La cuisine est diverse à travers le monde, fruit des ressources naturelles locales, mais aussi de la culture et des croyances, du perfectionnement des techniques, des échanges entre peuples et cultures.

La cuisine a ainsi dépassé son simple impératif biologique d'alimentation pour devenir un corpus de techniques plus ou moins pointues, un fait culturel, un élément de patrimoine et d'identité national ou familial, un élément de systèmes de valeur, mais aussi un sujet d'étude pour les sciences sociales et la sociologie, voire un enjeu de politique et de santé publique.

Sommaire

Typologie des cuisines

Chaque peuple, nation ou civilisation a développé, à partir des ressources naturelles locales mais aussi du caractère de chaque société, de l'évolution sociale, des traditions, des interactions, des cuisines différentes. Les mouvements de peuple à travers l'Histoire ont provoqué des mélanges et des évolutions de la cuisine. Par exemple, la cuisine européenne a été enrichie par les apports des Croisés de retour des Croisades et, bouleversée par les produits rapportés d'Amérique aux XVe et XVIe siècles, qui sont rentrés dans la tradition européenne (tomate, dindon, pomme de terre, etc.). Avec la colonisation européenne quasi-mondiale de la fin XIXe siècle, le standard de la cuisine européenne a semblé s'imposer. A la fin du XXe siècle, les cuisines se sont métissées à partir des apports du monde entier (world food) tandis que les grandes cuisines non européennes ont à leur tour pénétré les pays occidentaux (cuisine antillaise, cuisine mexicaine, cuisine chinoise, cuisine indienne, cuisine japonaise, etc.).

Cuisine historique

À partir des textes conservés ou recopiés depuis l'Antiquité, à partir des objets retrouvés lors de fouilles archéologiques et, plus récemment grâce à la carpologie, nous pouvons avoir connaissance de la cuisine des peuples de la préhistoire, de la protohistoire, de l'Antiquité – notamment de celle des Égyptiens, Grecs, Romains et Européens de l'époque médiévale.

Les reconstitutions de recettes, de mets tels qu'à l'époque font partie de ce qu'on appelle, au XXe siècle, la « cuisine historique ».

Cuisine traditionnelle

La « cuisine traditionnelle », pour le grand public, évoque la préparation de mets dans le respect de la tradition d'une contrée. Elle consiste à travailler des produits frais et courants dans des recettes classiques plus ou moins complexes (ex: le veau Marengo, la potée Auvergnate, le riz Pilaf...). Cette cuisine est pratiquée dans les ménages, dans les restaurants dits « traditionnels », mais aussi par certaines chaines de restauration.

Dans un plat en terre cuite vernissée, les morceaux de viande et légumes carottes, pomme de terre) ont mijoté dans le vin rouge.
Une daube traditionnelle.

Cuisine traditionnelle, en termes de restauration professionnelle, indique que toutes les opérations (de la réception des matières premières au service à table) s'effectuent dans une unité de temps, de lieu et d’action. « Cuisine sur place » en est synonyme.

Cuisine gastronomique

Si cette cuisine est souvent couteuse, c'est qu'elle est le symbole d'une restauration de qualité. Elle utilise exclusivement des produits bruts de première fraîcheur, et souvent des produits dits nobles (ex: truffe, caviar, foie gras, etc.). Elle est souvent servie sous forme de menu « dégustation » qui propose aux convives de nombreux mets servis en quantité limitée pour leur permettre d'en déguster un large échantillonnage sans pour autant arriver à satiété au bout du deuxième service.

Nouvelle cuisine

Article détaillé : Nouvelle cuisine (gastronomie).

L'appellation « nouvelle cuisine », utilisée déjà au XVIIIe siècle pour traduire le rejet d'anciennes traditions, réapparait en 1973 dans l'article Vive la nouvelle cuisine française du Nouveau Guide Gault et Millau.

La Nouvelle cuisine privilégie les cuissons courtes, les sauces légères ; elle rejette épices et marinades qui peuvent cacher le goût des produits ; de même elle conteste l'association devenue stéréotypée des produits (viande et vin rouge, poisson et vin blanc, etc.) ; elle prône l'inventivité quant à l'utilisation de nouveaux produits, quant aux modes de cuisson et de présentation.

Elle connait des détracteurs dans le grand public qui juge souvent les portions trop congrues, mais influence l'évolution de la gastronomie dans le monde.

Cuisine moléculaire

Sur un plan de travail bleu vif, le chef touille dans un récipient placé sur un braséro. La mixture dégage d'importants gaz.  Près du cuisinier, un ordinateur allumé.  Autour du plan de travail, des spectateurs sont assis en demi-cercle.
Heston Blumenthal en démonstration

La cuisine moléculaire étudie la matière élémentaire composant les ingrédients, pour optimiser les réactions chimiques qui s'opèrent par les mélanges, les cuissons, les tailles, les macérations, etc. Elle vise à utiliser ce que fait chimiquement la cuisine pour mieux la maitriser.

Exemples :

  • Cuisson d'un œuf à la température exacte de dénaturation d'une protéine pour ne cuire que le blanc.
  • Fabrication instantanée de sorbet en plongeant des jus de fruits dans l'azote liquide.

Une fois le principe chimique écrit et les bases aromatiques identifiées, la recette peut être reproduite à l'identique sans aucune étude ni savoir-faire particulier. En théorie, l'industrie devrait pouvoir extraire les textures et les arômes élémentaires pour rivaliser avec les grands chefs et proposer des compostions parfaites de produits de synthèse dans des cocktails meilleurs que les produits frais d'origine. Le problème de la conservation des denrées périssables sera résolu par l'extraction aromatique à la source.

Technique

Voir aussi : Lexique de techniques culinaires, Unités de mesure pour la cuisine

Le conditionnement

Machine à lyophiliser

La préparation des aliments peut s'effectuer selon différentes méthodes, basées pour la plupart sur le principe de la limitation d'une partie du liquide d'un aliment :

Cette phase de préparation est appelée "Conditionnement pour stockage et conservation".

La sélection et l'achat des aliments

Le type de cuisine dépend des ingrédients à disposition du cuisinier, mais aussi des habitudes culturelles et religieuses vis-à-vis de certains aliments (telles que le fait de ne pas manger de porc, ou d'appliquer certaines techniques de préparation des aliments de façon à ce qu'ils soient kasher).

Pour devenir partie intégrante d'un mode d'alimentation, un aliment devra être facilement disponible (facile à récolter ou à produire en quantité suffisante), d'une qualité adaptée aux besoins humains, et éventuellement bon marché.

Cependant, l'homme se nourrit non seulement pour assurer le développement et le maintien de son organisme, mais aussi pour se faire plaisir. Par conséquent, un aliment devra souvent avoir en plus des qualités gustatives, lesquelles pourront être perçues différemment selon les sociétés. Se nourrir est aussi un acte social : certaines personnes cherchent à éviter de manger certains aliments porteurs d'une image dévalorisante (tels que les rutabagas ou l'huile de colza après la Première Guerre mondiale) et au contraire, recherchent des aliments plus rares et plus chers (tels que le foie gras ou le caviar), voire dangereux (le fugu), et rivalisent d'imagination pour préparer les aliments de façon complexe, appétissante et visuellement attractive.

La cuisine est également le support et la manifestation de positions religieuses, voire politiques. Ainsi, certaines habitudes culturelles ou certaines religions ont-elles posé des tabous sur certains aliments (la vache chez l'indien, le porc chez les musulmans) ou sur certaines préparations culinaires (comme la séparation de la viande et des produits laitiers issus d'un animal dans la cuisine juive).

Salade composée de salade, tomates, oranges, olive noire.
Salade marocaine.

Le refus de consommer des aliments d'origine animale (par les végétaliens ou les végétariens) relève souvent d'un choix éthique, de même que le souhait de non-violence vis-à-vis des animaux, ou celui de ne pas imposer un trop fort impact environnemental à la biosphère (la production d'un kilo de protéines animales étant plus chère d'un point de vue énergétique que la production d'un kilo de protéines végétales). Ces positions sont souvent défendues par les écologistes (voir aussi macrobiotique).

Les aliments et les modes de préparation choisis sont également fonction des principes que veut suivre le consommateur : dans les pays industrialisés, la demande en aliments garantis du point de vue de la sécurité alimentaire (d'où le développement des labels), d'aliments produits selon les principes de l'agriculture biologique, ou d'alicaments, a été croissant au cours des dernières décennies (voir aussi consumérisme).

Le choix initial des aliments dépend donc de très nombreuses variables. Longtemps, le premier facteur fut celui de la disponibilité de l'aliment

  • dans l'espace : par exemple, consommation de viande de mammouth dans une écorégion située au nord de l'Europe ou de blé dans le Croissant fertile
  • dans le temps : les aliments n'étant pas disponibles en permanence, les périodes de récolte donnent lieu aux fêtes des moissons en été, ou fêtes des vendanges à l'automne ; la fin de l'hiver est aussi souvent synonyme de période de disette (soudure alimentaire), et en ces occasions toutes les ressources alimentaires sont mobilisées.

Les habitudes et techniques culinaires se sont forgées d'une part autour des aliments collectés par la cueillette, par la pêche, ou produits par l'agriculture ou l'élevage, mais aussi autour des combustibles disponibles (bois, charbon).

Aujourd'hui, pour la majeure partie de l'humanité, les aliments utilisés pour la cuisine sont avant tout issus du jardinage ou de la culture vivrière. Ils sont essentiellement d'origine locale. Selon la biodiversité des régions, les aliments sont plus ou moins variés.

Rayon des viandes d'un supermarché à Deerlijk, Belgique

Dans les pays industrialisés, la plupart des aliments utilisés en cuisine sont achetés dans des commerces de proximité ou des supermarchés. Il s'agit parfois d'aliments directement issus de la production, ou d'aliments déjà partiellement transformés, voire prêts à consommer. Dans ce dernier cas, la cuisine se réduit essentiellement à réchauffer l'aliment. La majeure partie de ces aliments est au minimum lavée et traitée pour une meilleure conservation (voir additif alimentaire). Une petite partie de la population produit cependant ses propres aliments, par le biais du jardinage, ou les achète directement au producteur, dans les fermes ou dans des échoppes, le long des routes. Ces aliments sont soit directement consommés, soit conservés par mise en bocal ou congélation.

En raison de la multiplication des échanges planétaires, les populations situées dans les zones économiquement favorisées bénéficient à présent d'une très grande variété d'aliments, et ce à tout moment de l'année. Le fruit, auparavant disponible uniquement à certaines prédioes, peut maintenant être trouvé toute l'année dans les étals, grâce à sa production dans des serres chauffées, dans d'autres pays plus au sud, ou grâce à son transport aérien depuis l'autre hémisphère. Cette disponibilité permanente de certains aliments a bouleversé les habitudes alimentaires ainsi que de nombreux rites, tel que l'habitude d'offrir une orange en France et en Belgique pour Noël, l'orange étant maintenant un fruit peu onéreux et disponible tout au long de l'année (voir aussi consumérisme). Si certains se réjouissent de l'apparition d'une plus grande variété dans les produits alimentaires, et donc dans les préparations culinaires, d'autres regrettent la disparition des habitudes relatives au rythme des saisons, ou prônent l'aliment produit localement, moins couteux sur le plan environnemental.

Enfin, dans les pays industrialisés, il est observé un abandon progressif de la consommation de certains aliments, victimes de phénomènes de mode, et « oubliés » de l'industrie agroalimentaire locale. Des mouvements tels que Slow Food visent à préserver la cuisine écorégionale, ainsi que les plantes, semences, les animaux domestiques et les techniques agricoles qui lui sont associées.

Les modes de cuisson

Cuisine implique presque forcément cuisson. Les principales manières de cuire sont :

  • bouillir
  • en papillote
  • sous-vide : cuire un aliment sous-vide dans un de l'eau bouillante
  • vapeur : cuire un aliment dans un four vapeur.
  • à l'anglaise : cuire un aliment dans un grand volume d'eau bouillante salé (légumes).
  • pocher à chaud : Cuire des aliments (ex: poisson) dans un liquide frémissant (à la limite de l'ébullition)
  • pocher à froid : cuire des aliments (ex: oeufs, pommes de terre...etc.)dans un liquide, départ au froide puis porté à ébullition.
  • étuver (cuire dans une récipient clos, en utilisant la vapeur d'eau qui se dégage des aliments)
  • braiser
  • mijoter (cuire lentement en maintenant la cuisson à la limite de l'ébullition, à tout petit feu)
  • sauter (cuire avec de la matière grasse dans une poêle, un sautoir, une sauteuse)
  • poêler (cuire à couvert un aliment au four avec une garniture aromatique après l'avoir fait revenir)
  • frire
  • griller
  • rôtir

auxquels il faut ajouter « réchauffer » qui, parfois, permet de terminer une cuisson interrompue volontairement ou non.

Gamme des produits

Les denrées alimentaires sont classées en catégories ou « gammes »[1]. Ce sont dans l'ordre :

  1. Produits bruts dits «traditionnels» : viande en carcasse, poissons non parés, légumes non préparés, etc.
  2. Produits appertisés (conserves).
  3. Produits congelés et surgelés.
  4. Produits végétaux (fruits, légumes, herbes) crus et frais, ayant subi une préparation qui les rend prêts à l'emploi.
  5. Végétaux pasteurisés présentés sous plastique ou sous vide et conservés au froid. On y ajoute parfois les PCA (Plats Cuisinés à l'Avance) frais, appertisés ou surgelés.
  6. Produits en poudre, ionisés ou lyophilisés.

La préparation du plat

Schéma de deux techniques de cuisson à la vapeur à utiliser quand on est en pleine nature. Peter Darman, The Survival Handbook.

La cuisine permet de préparer des mets à base de viandes, de poissons, de légumes, de fruits, de céréales, etc. ou de mélanges de ces aliments.

Certaines préparations sont crues, d'autres sont cuites. Certaines sont salées, d'autres sucrées, d'autres encore sucrées-salées. Elles peuvent être solides, liquides, mousseuses, crémeuses. Certaines se mangent froides, d'autres tièdes et d'autres chaudes.

Selon les recettes et les circonstances, la consommation des mets peut être immédiate ou différée.
La réalisation des recettes peut se faire à partir de produits bruts, de produits semi-préparés ou préparés.

Cuisine de terminaison

L'astronaute Jeffrey Williams décompacte les sacs contenant des aliments.

La cuisine de terminaison ou cuisine terminale se différencie de la cuisine traditionnelle par l'utilisation de produits préparés ou semi-préparés dans l'industrie agro-alimentaire transportés par liaison. Le chef ne procède plus qu'aux opérations de remise en température, grillades, fritures et dressage des plats. Ce mode de cuisine ne nécessite qu'une faible qualification du personnel.

Cuisine d'assemblage

suite de frigos contenant des viandes semi-préparées sour forme de hamburgers, fricandelles, boulettes, etc.
Produits semi-préparés.

La cuisine d'assemblage se différencie de la cuisine traditionnelle par l'utilisation de produits préparés ou semi-préparés dans l'industrie agro-alimentaire et qui sont assemblés par le cuisinier, selon la recette choisie, au moment de la consommation.
Cette cuisine réduit fortement le travail du chef.

Cuisine de composition

La cuisine de composition se différencie de la cuisine traditionnelle par l'utilisation, comme dans la cuisine d'assemblage, de produits préparés ou semi-préparés dans l'industrie agro-alimentaire. Ce qui la différencie de la cuisine d'assemblage, c'est le traitement par le cuisinier de la cuisson et de la finition des préparations. Le chef y garde donc un rôle plus important.

Cuisine et société

Ethnologie

Une grand-mère portant un tablier bordeaux sur une blouse rose, racle au-dessus du plat en inox de pâte qu'elle vient de confectionner l'un des fouets de son mieur-batteur tandis qu'à côté d'elle sa petite-filles habillée de rose fuschia et portant un tablier identique mais rose pâle, se lèche le doigt utilisé pour gouter la pâte prélevée sur le second fouet.
La cuisine, un lien traditionnel et intergénérationnel.

Voir l'article détaillé : nutrition

La cuisine est à l'origine une nécessité naturelle dans la mesure où, depuis la préhistoire, l'être humain se nourrit d'une part d'aliments à l'état brut, tels que les graines ou les fruits, mais aussi d'autre part, d'aliments indigestes sans transformation préalable, telles que les viandes ou les tubercules, qu'il faut cuisiner pour les rendre comestibles.

Elle est aussi affaire naturelle, dans la mesure où elle se base sur les éléments de la nature à disposition des Hommes (fruits, légumes, céréales, animaux). Dans chaque région, sa forme traditionnelle dépend donc des conditions climatiques, de la faune et de la flore locale.

La cuisine est également une activité éminemment culturelle, liées aux traditions, aux savoir-faire, etc. locaux. Elle suit des principes techniques, des principes économiques et des principes socio-culturels.

Elle tend donc à la fois à satisfaire des besoins biologiques, à créer un lien social et et à procurer du plaisir. Comme le dit l'anthropologue Claude Lévi-Strauss,

« Répondant aux exigences du corps, déterminée dans chacun de ses modes par la manière dont ici et là, l'homme s'insère dans l'univers, placée donc entre la nature et la culture, la cuisine assure plutôt leur nécessaire articulation. Elle relève des deux domaines et reflète cette dualité dans chacune de ses manifestations[2].  »

La cuisine a même été considérée comme un art[3].

Un fait culturel

La cuisine contribue à façonner l'image d'un pays, sa culture, voire son attrait touristique. Elle est ainsi un facteur de d'identité nationale et un élément de patrimoine culturel immatériel national pour certains pays (comme le Mexique, la France et l'Italie).

Partie prenante de la culture, la cuisine devient donc également un indicateur géopolitique. La diffusion d'une cuisine nationale dans le monde est ainsi un élément (moteur ou simple indicateur) du rayonnement d'une culture à travers le monde. On le voit avec la cuisine française aux XVIIIe et XIXe siècles, les cuisine américaine et italienne dans la seconde moitié du XXe siècle, la cuisine chinoise, la cuisine indienne ou la cuisine japonaise aux tournants des XXe et XXIe siècles. À l'inverse, certains grandes puissances n'ont jamais rayonné à travers leur cuisine (Grande-Bretagne au XIXe siècle, Allemagne et Russie au XXe siècle).

Sociologie

Dans une pièce sombre, chichement éclairée par une petite fenêtre d'angle, cinq jeunes enfants sont attablés.  Les trois plus jeunes mangent déjà leur soupe, le quatrième tend son assiette à sa mère débout, qui y verse une louche de potage, tandis que la fillette plus âgée attend en regardant la poule montée sur le banc à côté d'elle. Trois autres poules picorent le sol de la salle.Les tons vont du blanc de la nappe et des chemises au brun foncé du mur sur lequel se détache le visage et les bras de la mère.
Scène de repas par Marc Louis Benjamin Vautier, 1857. Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg.

La cuisine, pratiquée avant tout au sein du foyer, a longtemps paru être un phénomène strictement privé. Elle s'étend cependant également sur la sphère sociale de plusieurs manières.

La cuisine devient un hobby porteur des valeurs d'une société et révélateur de son évolution. Le succès du thème de la « bonne cuisine » en France dans les années 2000, à la suite de crises alimentaires très médiatisées (crise de la vache folle, etc.), à travers des émissions de radio et télévision (incarnées par des personnalités tel Jean-Pierre Coffe), des ouvrages, des cours de cuisine, etc. constitue un trait sociologique majeur : retour aux valeurs traditionnelles, recherche d'« authenticité », repli sur la sphère privée.

Politique

La cuisine est devenue à la fin du XXe siècle un enjeu de santé publique qui met en cause la malbouffe, la restauration rapide, l'obésité).

La cuisine dans les arts

Une servante penchée vers le feu d'une cheminée soulève de la main gauche le couvercle de la marmite suspendue à la crémaillère pour y vérifier l'état de la cuisson avec la grande cuiller en bois qu'elle tient de la main droite.
Jos Goemaere, Détail du Christ chez Marthe et Marie, vers 1600. Le tableau présente le Christ en visite dans la cuisine des deux sœurs, Marthe et une servante étant en train de cuisiner.Musée de la Gourmandise, Hermalle-sous-Huy

.

Cuisine et littérature

La cuisine et la nourriture ont été abondamment traitées par la littérature de fiction. Certains romans en font un sujet central. On pense bien sûr à Rabelais dont les noms des héros, Gargantua et Pantagruel, ont donné deux adjectifs : gargantuesque et pantagruélique, qui qualifient un repas aux quantités démesurées.

Honoré de Balzac, (lui-même amateur de copieux repas) dans Les Cent Contes drolatiques, écrits à la manière de Rabelais, donne force détails sur l'art de se bien nourrir. Son prologue annonce d'ailleurs les « nopces et festins »[4] promis dans l'appendice à Physiologie du goût de Jean Anthelme Brillat-Savarin (1825). Il décrit aussi dans Splendeurs et misères des courtisanes, (1847), les repas orgiaques consommés après-théâtre au Rocher de Cancale.

Dans le Ventre de Paris, Émile Zola décrit la vie de l'ancien quartier des Halles où étaient vendues chaque jour des tonnes de victuailles venues de la campagne pour les habitants de la capitale...

Cuisine et peinture

Représentés depuis l'Antiquité, les ustensiles de cuisine et les mets deviennent des sujets de peinture à part entière à travers la mode des natures mortes.

Fruits, légumes et poissons sont présents dans de très nombreuses peintures mais il faut noter l'intérêt tout particulier des artistes pour les bœufs et les porcs écorchés.

Au XXe siècle, les peintres figuratifs et naïfs s'intéressent à nouveau à la cuisine et aux magasins d'alimentation.

Cuisine et cinéma

.

De nombreux films font intervenir la cuisine et la gastronomie dans leurs scénarios ou dans leurs décors.
Ce rapprochement régulier a même donné naissance à un Festival international cinéma et gastronomie à Dijon, à des publications comme Le plaisir gastronomique au cinéma de Vincent Chenille et Jean-Luc Douin, ou encore à un cycle thématique sur Arte.

La cuisine et l'aliment ont été aussi le sujet même de divers documentaires.

Voir aussi Catégorie:Cuisine et cinéma

Les restaurants

Voir aussi : gastronomie, cuisiniers célèbres, nouvelle cuisine

Au XXe siècle, les repas pris à l'extérieur du cercle familial se sont multipliés. Les repas sont alors pris dans des cantines, les fast-food, ou dans des restaurants.

Les restaurants à prix modique (pour le repas du midi le plus souvent)

  • Les cantines proposent des repas généralement à prix modique, dans un cadre collectif (par exemple, à l'école, en entreprise, à l'hôpital, en prison, dans un couvent...). Elles peuvent se présenter sous forme de libre-service ou de buffet.
  • Les fast-food ont été assimilés à l'alimentation industrialisée en batterie qui présentent certains excès analysés dans la malbouffe. Voir McDonald's, Quick.
  • Les routiers et les restaurants dits "ouvriers" proposant un plat du jour.
  • Les friteries traditionnelles

Les restaurants de spécialité

L'augmentation des sorties et le regain des régionalismes ont fait apparaître les restaurants dits de spécialité : les crêperies (bretonnes), les pizzerias, les restaurants de poisson, les restaurants végétariens, mais aussi des restaurants de diverses origines : mexicains, indiens, grecs, libanais, chinois, marocains etc.

Dans des villes comme Paris, Londres, Bruxelles, toutes les origines (nationales, voire régionales) sont représentées par leur restaurant de spécialité. Ces restaurants fournissent à la fois un point de repère pour les communautés étrangères, mais aussi une vitrine et un moyen de valoriser leurs origines. De la même façon, au début du XXe siècle, les bougnats étaient le point de repère des Auvergnats à Paris.

Les restaurants de sortie

Souvent plus chics et plus chers, ces restaurants s'adressent à une clientèle qui a le temps et l'argent pour y manger. On y sert des plats de luxe (aliments rares ou onéreux, cuisine recherchée), avec un service très raffiné. Ces restaurants font l'objet d'un classement établissant leur qualité par étoiles, toques, etc. selon les guides.

Le personnel de cuisine

Boulanger

Une cuisine peut s'apparenter à une organisation militaire tant tout est hiérarchisé surtout dans les grands Restaurants.

La personne qui fait la cuisine est le cuisinier ou la cuisinière, nommé jadis queux, appelé parfois aussi cuistot en langage familier et en argot militaire, ou coq dans la marine. Ce terme désigne à la fois la personne réalisant les repas à la maison, et fait référence à un métier. Il existe d'autres dénominations plus spécifiques :


  • Le Chef de Cuisine est responsable du bon fonctionnement de la cuisine ainsi que des achats et des relations avec la clientèle.
  • Le Sous-Chef ou Second de Cuisine remplace le Chef lors de ses absences et est au plus près du personnel.
  • Le chef de partie est responsable d'un seul poste. Exemple : le grillardin, responsable de tous les plats rôtis et de tous les plats grillés. Dans certaines cuisines il peut y avoir un poissonnier dans certains grands restaurants il y aussi des 1/2 Chefs de Partie.
  • Le commis de cuisine seconde le chef de partie ;
  • L'apprenti de cuisine seconde le commis dans des tâches peu importantes ;
  • Le pâtissier se divise en tourier et entremettier. Le tourier s'occupe des pâtes qui vont au four. L'entremettier s'occupe du reste. La viennoiserie ne relève pas de l'art pâtissier mais de la boulangerie ;
  • Le boulanger fabrique le pain et les produits annexes ;
  • Dans la plupart des restaurants on aura affaire à un ou plusieurs serveurs dont la hiérarchie est parfois précise (maître d'hôtel, chef de rang, etc.) ;
  • Les grands restaurants disposent souvent d'un sommelier, parfois d'un maître-saucier.
  • L'économat est responsable de la gestion des stocks.
  • Le plongeur est le préposé à la vaisselle ;

Notes et références

  1. École nationale vétérinaire d'Alfort, Glossaire en ligne.
  2. Lévi-Strauss C., Mythologiques III. L’origine des manières de table, Paris, Plon, 1968.
  3. Dédicace de Les Classiques de la table, Firmin Didot, Paris, 1855
  4. « Cecy est ung livre de haulte digestion, plein de deduicts de grant goust pour ces goutteulx trez-illustres et beuveurs trez-prétieulx auxquels s’adressoyt nostre digne compatriote, esterne honneur de Tourayne, François Rabelays (...) » (Prologue).

Voir aussi

Bibliographie

Livres de recette et de cuisines célèbres :

  • Antiquité
  • Moyen Âge
  • XIXe siècle
  • Contemporain
    • Le guide culinaire. Aide mémoire de cuisine pratique. Auguste Escoffier, Flammarion, Paris, 1903. Toujours une référence malgré son classement fort peu pratique. Nombreuses rééditions.
    • La cuisine pour tous de Ginette Mathiot (1932) le best-seller de la cuisine française, sans cesse réédité
    • Schweitz (Daniel), Cuisiner et vivre autour de l'âtre rustique en Val de Loire, Touraine, Berry, Orléanais, Anjou (XIXe-début XXe siècle), Saint-Cyr-sur-Loire, Éditions Alan Sutton, 2003.

Articles connexes

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Voir « cuisine » sur le Wiktionnaire.

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