Debat televise du second tour de l'election presidentielle francaise


Debat televise du second tour de l'election presidentielle francaise

Débat télévisé du second tour de l'élection présidentielle française

Le débat télévisé du second tour de l'élection présidentielle est un événement politique et médiatique des élections présidentielles françaises sous la Cinquième République.

Bien que ne constituant pas une obligation, cette rencontre entre les finalistes est devenue au cours des années une tradition républicaine. Apparu en 1974 avec la confrontation de Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, elle s'inspire de la pratique américaine, le même type de rendez vous existant depuis septembre 1960 aux États-Unis, date d'un débat entre Richard Nixon et John Fitzgerald Kennedy.

Sommaire

Débat du 10 mai 1974

Valéry Giscard d'Estaing.
François Mitterrand.

Présentateurs : Alain Duhamel et Jacqueline Baudrier.
Audience (France uniquement) : environ 25 millions de téléspectateurs.

Pour la première fois les candidats du second tour de l'élection présidentielle française de 1974 acceptent de se confronter verbalement par un débat télévisé. Il oppose Valéry Giscard d'Estaing à François Mitterrand. Les deux candidats sont en confrontation directe, les journalistes animant le débat n'étant autorisés qu'à préciser les respects des temps de parole.

La phrase la plus retenue du débat est « Vous n'avez pas le monopole du cœur », de Valéry Giscard d'Estaing.

Tout au long du débat, François Mitterrand critique le bilan de la majorité et du gouvernement sortant, dans lequel Valéry Giscard d'Estaing siégeait en tant que Ministre des Finances. Ce-dernier lui reproche d'être "un homme du passé" avec lequel "on ne peut pas parler d'avenir"[1]. C'est entre autres une allusion à la longue carrière de François Mitterrand qui avait été nommé ministre pour la première fois 27 ans plutôt.

Un autre moment clef, peu médiatisé, se passe lorsque les deux candidats parlent du bilan au niveau du pouvoir d'achat de la précédente majorité. François Mitterrand fait remarquer à Valéry Giscard d'Estaing que « Lorsque [la ménagère] achète son huile, par exemple, et qu'elle constate [...] une augmentation d'huile qui je crois a dépassé 130% [en 5 ans]... » Valéry Giscard d'Estaing lui répond : « Mais d'où vient cette huile M. Mitterrand, puisque vous voulez prendre des exemples précis, d'où vient l'huile ? » « Elle vient de l'arachide, qui est d'un pays extérieur. » lui rétorqua François Mitterrand[1].

Débat du 5 mai 1981

Présentateurs : Jean Boissonnat et Michèle Cotta.
Audience (France uniquement) : environ 30 millions de téléspectateurs[2].

Le débat télévisé de l'entre deux tours de l'élection présidentielle française de 1981 reprend les mêmes adversaires qu'en 1974. Cette « revanche » oppose le président sortant Valéry Giscard d'Estaing et son opposant de gauche François Mitterrand.

C'est à cette époque que sont fixées les règles du cahier des charges. Élaborées par Serge Moati et Robert Badinter, conseillers de Mitterrand de l'époque, les 21 points constituant cette réglementation proviennent du fait que Mitterrand s'était trouvé très mauvais face à Giscard d'Estaing.

On a retenu deux phrases marquantes à l'issue de ce débat, toutes deux de Mitterrand : « Vous avez tendance à reprendre le refrain d'il y a sept ans : l'homme du passé. C'est quand même ennuyeux que, dans l'intervalle, vous soyez devenu, vous, l'homme du passif. » et, alors que Giscard d'Estaing l'interroge sur le cours du mark allemand, il lui répond : « D'abord je n'aime pas beaucoup ces manières, je ne suis pas votre élève et vous n'êtes pas le président de la République ici, vous êtes simplement mon contradicteur. » pour ensuite lui donner le chiffre en question, ainsi que celui de 1974[3].

Débat du 28 avril 1988

Jacques Chirac.

Présentateurs : Elie Vannier et Michèle Cotta.
Audience (France uniquement) : environ 30 millions de téléspectateurs[2].

Le débat télévisé oppose cette fois le président sortant François Mitterrand à son challenger le Premier ministre Jacques Chirac, candidats restants en lice pour le second tour de l'élection présidentielle française de 1988.

Le premier moment le plus marquant intervient au moment où Jacques Chirac lance à François Mitterrand : « Ce soir, je ne suis pas le Premier ministre, et vous n'êtes pas le président de la République, nous sommes deux candidats à égalité (...), vous me permettrez donc de vous appeler monsieur Mitterrand. » François Mitterrand lui répond ironiquement : « Mais vous avez tout à fait raison, monsieur le Premier ministre. » Plus tard dans le débat, Jacques Chirac finit par dire « Monsieur le Président » en s'adressant à François Mitterrand.

Une grande tension entre les deux hommes est palpable au moment où est évoqué l'affaire Wahid Gordji, diplomate iranien impliqué dans les attentats de fin 1986 à Paris. François Mitterrand affirme que M. Chirac lui avait affirmé que le « dossier était écrasant. » « Est-ce que vous pouvez dire, en me regardant dans les yeux, que je vous ai dit que nous avions les preuves que Gordji était coupable ? [...] Pouvez-vous vraiment contester ma version des choses en me regardant dans les yeux ? », lance le Premier ministre. « Dans les yeux, je la conteste », répond sèchement le président.

Débat du 2 mai 1995

Jacques Chirac.

Présentateurs : Alain Duhamel et Guillaume Durand.
Audience (France uniquement) : 16,78 millions de téléspectateurs[2].

Ce sont Lionel Jospin et Jacques Chirac qui s'opposent lors du second tour de l'élection présidentielle française de 1995.

Le débat fut moins tendu que les précédentes éditions et peu de piques et petites phrases sont venues se glisser lors de celui-ci. Pour illustrer ceci, l'une des saillies les plus marquantes reste relativement courtoise : il s'agit d'une phrase de Lionel Jospin à propos de la réforme du quinquennat « Il vaut mieux cinq ans avec Jospin que sept ans avec Jacques Chirac. Ce serait bien long. » reste la phrase la plus marquante de ce débat[4].

2002 : l'absence de débat

Le second tour de l'élection présidentielle française de 2002 qui a vu s'opposer le président sortant Jacques Chirac et le représentant de la droite nationale Jean-Marie Le Pen a été marqué par l'absence de débat entre les deux candidats, Jacques Chirac ayant refusé de débattre avec le candidat frontiste.

Débat du 2 mai 2007

Présentateurs : Patrick Poivre d'Arvor et Arlette Chabot.
Audience (France uniquement) : 20,46 millions de télespectateurs[2].

L'élection présidentielle de 2007 a vu le premier tour consacrer Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Le débat télévisé de l'entre-deux-tour a lieu le 2 mai 2007 à 21h00 et est présenté par Arlette Chabot de France 2 et Patrick Poivre d'Arvor de TF1. Il est diffusé sur ces deux chaînes de télévision, et relayé par d'autres, ainsi que par des stations de radio. Il est réalisé par Jérôme Revon.

Quatre grands thèmes sont abordés : « la conception du pouvoir et les institutions, les problèmes économiques et sociaux, les problèmes dits de société, type éducation, famille, recherche, culture, environnement et les relations internationales avec l'Europe comprise ». Initialement prévue pour une durée de 2 heures, la rencontre durera finalement 39 minutes de plus.

Ce débat, particulièrement vif, est marqué par la « colère » de Ségolène Royal dénonçant « le summum de l'immoralité politique » du candidat UMP quant à l'accueil des handicapés dans le système éducatif « normal », ainsi que par des échanges comportant des erreurs factuelles sur l'énergie nucléaire de part et d'autre[5].

Débat Royal/Bayrou du 28 avril 2007

Pour la première fois dans l'histoire de l'élection présidentielle française, la deuxième candidate qualifiée pour le second tour, Ségolène Royal, a débattu avec le troisième candidat non-qualifié, François Bayrou, fort des 18,5% des suffrages qui se sont portés sur lui au premier tour. Initialement prévu pour être tenu devant la presse quotidienne régionale puis sur Canal+, le débat (qui était plutôt un échange d'idées qu'une confrontation) fut finalement diffusé en direct sur la chaîne BFM TV. Ségolène Royal et François Bayrou avaient dénoncé des pressions sur les journalistes, émanant notamment selon eux de Nicolas Sarkozy, pour empêcher son déroulement.

Annexes

Notes et références

  1. a  et b (fr) [vidéo] Vidéo du débat de 1974 sur le site internet de l'INA
  2. a , b , c  et d (fr) « Plus de 20 millions de téléspectateurs devant leur poste pour suivre le débat Sarkozy-Royal », Le Monde, (3 mai 2007
  3. (fr) [vidéo] Vidéo du débat de 1981 sur le site internet de l'INA
  4. (fr) [vidéo] Vidéo du débat de 1995 sur le site internet de l'INA
  5. (fr) Première et deuxième parties du débat 2007 sur le site internet de TF1

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