Extreme droite


Extreme droite

Extrême droite

Le terme « extrême droite » est employé pour désigner les mouvements politiques les plus à droite. Le terme « extrême », quoique historique et descriptif, porte une connotation d'excès qui fait varier le contenu selon le descripteur, l'époque et le lieu, et fait éventuellement préférer aux partis ainsi désignés une autre appellation[1],[2]. La science politique anglo-saxonne parle plus volontiers de « droite radicale » signifiant par là que les mouvements politiques qui s'y rattachent se situent hors du cadre formé à droite par les partis libéraux ou conservateurs.

Les valeurs de ces courants peuvent correspondre notamment à un nationalisme affirmé, parfois un traditionalisme religieux poussé, parfois au contraire un néo-paganisme, voire éventuellement des idéologies fascistes, etc. Xénophobie, bellicisme, racisme ou nostalgie peuvent également être présents.

Pour défendre ces valeurs, ils peuvent éventuellement justifier des moyens extrêmes ou révolutionnaires, avec changement de régime politique, notamment contre le parlementarisme.

Sommaire

Les caractéristiques générales

À partir du cas de la France, Michel Winock (2004) donne les neuf caractéristiques suivantes aux mouvements d’extrême droite qui découlent du discours de la décadence, « vieille chanson que les Français entendent depuis la Révolution » :

  • « la haine du présent », considéré comme une période de décadence ;
  • « la nostalgie d’un âge d'or » ;
  • « l'éloge de l’immobilité », conséquence du refus du changement ;
  • « l'anti-individualisme », conséquence des libertés individuelles et du suffrage universel ;
  • « l'apologie des sociétés élitaires (sic) », l'absence d’élites étant considérée comme une décadence ;
  • « la nostalgie du sacré », qu'il soit religieux ou moral ;
  • « la peur du métissage génétique et l’effondrement démographique » ;
  • « la censure des mœurs », notamment la licence sexuelle et l'homosexualité ;
  • « l'anti-intellectualisme », les intellectuels n’ayant « aucun contact avec le monde réel » (Pierre Poujade).

Les interprétations qu’il en donne sont de quatre ordres :

  • Dans le cadre de la lutte des classes, il s’agit de la revanche des perdants contre les gagnants de la modernité. Ainsi s’expliquent l’élitisme aristocratique de l’extrême droite du XIXe siècle, les aristocrates étant les grands perdants de la Révolution française, puis de la Révolution industrielle ; le poujadisme des petits commerçants contre la montée des grandes surfaces et les laissés pour compte de la crise actuelle, proie facile pour le FN.
  • L’« interprétation conjoncturaliste » insiste sur le rôle important des situations de crise dans la montée de ces idéologies. Une crise économique et sociale se meut alors en une crise politique, réelle ou supposée.
  • Il indique également le passage de la « société tribale, rurale, patriarcale » à la « société urbaine, industrielle et libérale », se traduisant par une série de peurs et notamment « la peur de la liberté » (Karl Popper).
  • L’interprétation anthropologique assimile le discours sur la décadence du pays avec la nostalgie de l’homme vieillissant devant l’enfance, ce « monde protégé ».

Pour Jean-Yves Camus (2003), dans un contexte de mondialisation et de montée des inégalités, l'extrême droite « s'impose plus que jamais comme principale force de contestation du consensus idéologique imposé par le modèle social ultralibéral[3] ».

Les mouvements d'extrême droite

Le terme « extrême droite » est, de fait, utilisé pour trois types de visions ou de mouvances :

  • l'ensemble des mouvements et des partis siégeant, lorsqu'ils ont des élus, à l'extrême droite de l'hémicycle (à droite et en haut des gradins), il convient alors de parler de « l'extrême droite de l'échiquier politique ou extrême droite parlementaire » ;
  • un ensemble de groupuscules révolutionnaires se distançant nettement du parlementarisme par leur idéologie ;
  • un ensemble de groupuscules insurrectionnels, réellement extrémistes et pouvant être violents.

Usage contemporain du terme

L'extrême droite est composée de courants très divers, parmi lesquels on cite usuellement :

En outre, la religion est un thème de clivage au sein de l'extrême droite. Il convient notamment de distinguer les courants chrétiens, des athées et des néo-païens.[réf. nécessaire]

D'autres formations sont selon certains observateurs considérées comme d'extrême droite, mais cette classification peut être davantage controversée par ceux qui estiment que les mêmes positions politiques n'auraient pas nécessairement de connotation extrémiste, en d'autres temps ou d'autres lieux. Parmi ces dernières formations, on peut citer :

  • les monarchistes, partisans du pouvoir royal réel, ou du moins, dans les républiques, d'un rétablissement de la royauté.

Partis et mouvements

Afrique du Sud

En Afrique du Sud, le nationalisme afrikaner a été représenté pendant près de 80 ans par le Parti national qui, en 1948, instaura le système d'apartheid. L'extrême droite s'est parfois exprimée au sein du Parti National mais le plus souvent par le biais de dissidences fondamentalistes (« Nouvel Ordre » avec Oswald Pirow, la « Sentinelle des chars à bœuf » (Ossewa Brandwag) dans les années 1940, le HNP à partir de 1969) ou conservatrices (Parti conservateur d'Afrique du Sud).

À partir des années 1970, des groupes paramilitaires d'inspirations néo-nazis se formèrent. Le plus symbolique et représentatif d'entre eux fut le Mouvement de résistance afrikaner (AWB) d'Eugène Terreblanche.

En 1994, le Front de la liberté est un nouveau parti issu de la droite et de l'extrême droite sud-africaine qui refuse le recours à la violence et participe aux premières élections multiraciales du pays. Avec encore 4 députés en 2005, il a vampirisé son espace politique et est devenu un parti respectable et respecté alors que l'ancien Parti national finit sa carrière en fusionnant avec l'ANC en 2004.

Autriche

L'Autriche est le pays européen au sein duquel l'extrême-droite obtient l'audience la plus importante. Le Parti autrichien de la liberté (FPÖ) y est représenté au Parlement depuis 1956. Le FPÖ doit se contenter de scores avoisinant les 5 % jusqu'en 1986, date à laquelle il effectue une percée avec 9,7 % des voix, avant de battre un nouveau record, quatre ans plus tard, avec 16,6 % aux élections législatives de 1990. Les scores du parti ne cessent d'augmenter lors des scrutins législatifs suivants jusqu'à atteindre 27 % des suffrages exprimés en 1999. Le FPÖ était alors la deuxième force politique d'Autriche. Il s'effondre ensuite lors des deux législatives suivantes avec un score de 10 %. Les législatives de 2008 ont cependant vu un retour en force de l'extrême-droite autrichienne, avec un score de 18 % pour le FPÖ et de 11 % pour sa scission de l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ) pour un total cumulé record de 29 % des suffrages exprimés.

Allemagne

L’extrême droite (Parti national-socialiste) a été au pouvoir en Allemagne de 1933 à 1945 sous le régime du Troisième Reich.

En 2008 en Allemagne, il existe au moins trois partis d'extrême droite :

  • le NPD (« Parti national démocratique allemand », environ 5 000 membres, 9,2% des voix lors des élections en Saxe en 2004) ;
  • la Deutsche Volksunion (DVU) (« Union du peuple allemand », 6,1% des voix lors des élections du Brandebourg 2004) ;
  • Die Republikaner (« les Républicains »), 1,9% des voix lors des élections européennes de juin 2004.

Actions de l'extrême droite allemande

  • Réunions et discours : le 31 juillet 2004, entre 300 et 400 boneheads, à l'initiative de mouvements allemands, avaient loué les salles du club de football d'Hipsheim (en Alsace, Bas-Rhin). Les participants avaient déployé des drapeaux frappés de la croix gammée et de l'aigle impérial, et proféré des chansons et slogans nazis[réf. nécessaire].
  • 13 février 2005 : à l'occasion des commémorations du bombardement allié de Dresde en 1945, entre 3 000 et 5 000 manifestants d'extrême droite ont manifesté devant le parlement de Saxe. 70 personnes ont été interpelées à la suite d'affrontements[réf. nécessaire].
  • En 2007, 845 cas de violences attribuées à l'extrême droite ont été recensés en Allemagne, particulièrement en Bavière[4].

Angleterre

Belgique

Partis se situant en dessous des 0,1 % aux élections de 2007

Canada

  • Adrien Arcand (Parti national social chrétien) et Paul Bouchard (fondateur du journal La Nation) représentèrent des groupuscules d'extrême droite fascisants au Québec durant les années 1930. Les Jeune-Canada, mouvement de jeunes de la même décennie, étaient également proche de ces idées. Bouchard fut directeur d'un périodique nationaliste tenté par l'indépendance du Québec et inspiré par les idées de Salazar et Mussolini. L'ultra fédéraliste et anglophile Arcand fonda, quant à lui, différents journaux antisémites où il défendait des idées corporatistes tout en se revendiquant de Hitler et de certains mouvements anglais à prétention fasciste comme celui d'Oswald Mosley. Les activités de nombreux militants furent interrompues brusquement au début de la Seconde Guerre mondiale, alors qu'on fit emprisonner beaucoup de sympathisants fascistes en vertu de la loi des mesures de guerre. Adrien Arcand a des admirateurs toujours actifs qui rééditent régulièrement ses brochures.
  • Plusieurs représentants du clergé canadien menèrent une lutte soutenue contre le communisme et fondèrent différents périodiques anticommunistes durant la Guerre froide. Adrien Arcand se recycla à cette tâche durant les années 1950.
  • Le Parti de l'Héritage chrétien du Canada (en anglais le Christian Heritage Party of Canada) demeure marginal. Aucunement lié avec le Parti conservateur du Canada, il revendique de manière plus catégorique des valeurs conservatrices partagées par plusieurs mouvances politiques nord-américaines, entre autres en militant contre les droits accordés ou reconnus à quelques minorités sexuelles et religieuses.
  • Le Heritage Front, mouvement nationaliste d'extrême droite actif en Ontario et dans l'Ouest canadien. Ses activités sont concentrées dans la région de Toronto.
  • La politique canadienne se situant souvent au centre gauche, le Parti conservateur du Canada tout comme plusieurs politiciens indépendants sont parfois décrits à tort comme étant d'extrême droite, bien qu'ils ne supportent aucunement les idéologies de l'extrême droite, ni dans leurs programmes, ni dans leurs rangs pas plus que dans leurs valeurs. En effet, au Canada, il n'existe aucun parti d'extrême droite organisé comparable au Front national français, par exemple.
  • Le Ku Klux Klan (qui comprend plusieurs divisions dans l'ouest canadien en particulier) et Aryan Nations sont implantés surtout au Canada anglais, mais leur influence est très restreinte.
  • Le négationniste Ernst Zündel qui a longtemps vécu au Canada a encore plusieurs disciples dans la région de Toronto qui perpétuent son activité éditoriale et révisionniste.

Danemark

  • Depuis 2001, le pays est gouverné par le Parti libéral et le Parti populaire conservateur avec l'appui des parlementaires du Parti populaire danois (Dansk Folkeparti en danois), formation nationaliste et populiste connue pour ses prises de positions très dures en matière d'immigration. En progression quasi-constante depuis son accession au Parlement, le DF a battu un nouveau record en 2007 en obtenant 24 sièges de députés au Folketing avec un score national de 13,2 % des voix.

États-Unis

Quelques petits partis classés à l'extrême droite existent aux États-Unis mais n'ont qu'une influence très limitée. Le plus important, le Constitution Party (Parti constitutionnaliste), nationaliste et populiste, s'oppose fondamentalement à la politique étrangère menée par la Maison Blanche ces dernières années et accorde une très grande importance à la défense de l'identité nationale et à la lutte contre l'immigration. D'autres formations de moindre envergure viennent concurrencer le Constitution Party : le chrétien et ultra-conservateur American Heritage Party (Parti de l'Héritage américain) ainsi que le très nationaliste American Patriot Party.

De nombreux groupes racistes et néofascistes existent également, la Constitution leur garantissant une liberté d'expression très large. C'est bien évidemment le cas du célèbre Ku Klux Klan, du Parti nazi américain, du National Socialist Movement (Mouvement national-socialiste) ainsi que de l'Alliance nationale, mais aussi de toute une série de groupuscules dont l'influence n'est souvent que locale.

Lors de l'élection présidentielle de 2008, le National Socialist Movement présentera un candidat, John Taylor Bowles[6], lequel se réclame du White Power.

France

Article détaillé : Extrême droite en France.

En France, l'apparition de l'idée d'une extrême droite remonte à la deuxième moitié du XIXe siècle et coïncide avec la fin de la monarchie. Parmi les idées des mouvements classés à l'extrême droite, ont figuré à titres divers notamment l'antiparlementarisme, l'antisémitisme ou le nationalisme.

La première apogée de l'extrême droite intervient pendant les années 1930 et au début des années 1940, au travers du succès des différentes ligues, puis avec le régime de Vichy.

L'extrême-droite française restera longtemps marginale après la guerre jusqu'à l'irruption sur le spectre politique du Front national (FN) en 1984 : après une première percée de 11 % aux élections européennes, le mouvement de Jean-Marie Le Pen s'ancrera durablement dans le débat politique français, connaissant des succès croissants. Cette montée en puissance atteindra son paroxysme en 2002 lorsqu'avec 17 % des suffrages Le Pen accède au second tour de l'élection présidentielle. Ce succès sera régulièrement confirmé lors des scrutins suivant jusqu'à l'élection présidentielle de 2007 au cour de laquelle Le Pen s'effondre à près de 10,5 % des voix. Le FN subit ensuite une déroute aux élections législatives organisées un mois plus tard avec 4,3 %, un score trop faible pour lui permettre de continuer à penser de manière significative sur la vie politique nationale. Le parti frontiste se maintient depuis à un étiage un peu supérieur, avec notamment un score de 6,3 % aux élections européennes de 2009 qui l'ont tout de même vu perdre quatre de ses sept eurodéputés.

Finlande

Longtemps absente du paysage politique national, l'extrême finlandaise connaît depuis peu un succès limité avec l'entrée au Parlement du parti des « Vrais finnois », qui a obtenu un score de plus de 4 % des suffrages exprimés aux élections législatives de 2007. Ce parti est en outre devenu la cinquième force politique du pays en frôlant les 10 % aux élections européennes de 2009.

Hongrie

Le Parti de la justice et de la vie hongroise (MIEP) a été créé en 1993 par des dissidents du principal parti de droite, le Forum démocratique hongrois (MDF). Un de ses dirigeants a déjà été condamné en 2002 pour propos antisémites.

Il fait alliance avec la droite hongroise de Viktor Orban, le Jobbik, sur les « problèmes » des minorités juives et tziganes et demande que la nationalité hongroise soit accordée immédiatement à toutes les ethnies hongroises de l'étranger, en premier lieu aux Magyars de Slovaquie, Roumanie, Serbie et Ukraine. L'initiative a été rejetée par référendum en 2004.

Le Jobbik est un parti d'extrême droite qui dispose d'un mouvement milicien et paramilitaire, la Garde hongroise, qui se veut l'héritière du Parti des Croix fléchées.

Japon

La mouvance d'extrême droite nippone est essentiellement liée au militarisme et aux nostalgiques de l'expansionnisme shôwa.

Ces nostalgiques, représentés notamment par les Uyoku Dantai, contestent la validité des tribunaux de guerre internationaux comme le Tribunal de Tokyo et constituent la partie visible des nombreux groupes orientant l'idéologie de certains courant de la principale organisation de droite du pays, le Parti libéral démocrate (PLD), notamment quant au révisionnisme des manuels scolaires. La lutte antisyndicale de ces organisations est aussi parfois liée à la branche la plus conservatrice du patronat nippon.

Désireux de ne pas s'aliéner une bonne part de leur base, les politiciens de ce parti émettent fréquemment des déclarations à teneur négationniste sur les crimes de guerre japonais; les déclarations de l'ancien premier ministre PLD Shinzō Abe réfutant l'implication de l'armée impériale japonaise et de la marine impériale japonaise dans le dossier des femmes de réconfort en constituant l'exemple le plus probant.

Le sanctuaire de Yasukuni où sont honorés des criminels de guerre du régime shôwa constitue l'un des principaux points de ralliement des extrémistes. L'ex premier ministre (PLD) Koizumi a soulevé l'ire de ses voisins asiatiques par ses nombreux pèlerinages à cet endroit.

Plusieurs politiciens nippons impliqués au sein de la dictature shôwa, suspectés de crimes de guerre et emprisonnés par les forces d'occupation ont par la suite occupé des fonctions politiques importantes, le plus célèbre étant Nobusuke Kishi, premier ministre en 1957. Pour l'historien John Dower, « Même les pacifistes japonais qui ont endossé les idéaux de Nuremberg et de Tokyo, et qui ont travaillé à documenter et à publiciser les atrocités du régime shôwa, ne peuvent justifier la décision américaine d'exonérer l'empereur (Hirohito) de sa responsabilité pour la guerre et ensuite, au sommet de la guerre froide, de libérer et peu après de se lier à des criminels de guerre d'extrême droite accusés comme le futur premier ministre Nobusuke Kishi[7]. »

Norvège

Représenté au Parlement depuis les élections législatives de 1973, le Parti du progrès (FrP) est devenu avec le scrutin de 2005 le deuxième parti du pays. Le FrP a la particularité de se classer à l'extrême-droite de l'échiquier politique aussi bien sur les thèmes traditionnellement abordés par l'extrême-droite (nationalisme, patriotisme, conservatisme social, politiques anti-immigration) qu'au niveau des politiques économiques. A la fois ultraconservateur et ultralibéral, le FrP se distingue ainsi des autres partis nationalistes européens, beaucoup plus modérés en matière économique. Avec un score de près de 23 % des suffrages exprimés aux élections législatives de 2009, le FrP s'est imposé comme le parti européen d'extrême-droite le mieux représenté dans son pays.

Pologne

  • Młodzież Wszechpolska (Jeunesses polonaises) est un groupe d'extrême droite qui existe depuis 1922, dissout en 1945, et recréé en 1989. Lors de la Parade d'égalité du mouvement de libération gay du 11 juin 2005, ses membres ont jeté des pierres, des bouteilles, des pavés et des œufs contre les participants de la parade[8].
  • Le 5 mai 2006, en désaccord avec le centre-droit, le PiS crée une coalition avec le très conservateur Roman Giertych, dirigeant de la Ligue des familles polonaises (LPR), nommé au ministère de l'éducation. Ce dernier a l'intention d'insister dans les programmes scolaires sur « les valeurs chrétiennes de la Pologne éternelle[9] ». Ce cabinet de coalition, négocié par Jarosław Kaczyński, soulève l'inquiétude d'une partie des Polonais.

Suède

L'extrême-droite suédoise n'a jamais connu autre chose que la marginalité de toute l'histoire du royaume depuis l'instauration du suffrage universel à une exception près. En effet en 1991 la Nouvelle démocratie, mouvement nationaliste, conservateur et populiste fait son entrée au Parlement avec un score de 6,7 % des voix. Cette percée restera un épiphénomène, la Nouvelle démocratie perdant tous ses mandats de députés lors des élections générales suivantes. Le parti sera dissout quelques années plus tard après une érosion constante.

Un parti plus radical, les Démocrates suédois, a depuis pris le relai. En progression constante, les DS ont déjà fait leur entrée dans plusieurs conseils municipaux du sud du pays, où leurs électeurs sont les plus nombreux. Avec 2,9 % aux élections générales de 2006 les Démocrates suédois ont échoué de peu à obtenir une représentation parlementaire.

Suisse

En Suisse, l'extrême droite est actuellement composée principalement de deux formations[10] :

Les Démocrates suisses sont les descendants de l'Action nationale, fondée en 1961 par James Schwarzenbach. L'un de ses premiers combats fut le lancement de l'initiative « contre la surpopulation étrangère » qui vit Schwarzenbach, seul contre tous au Parlement, échouer devant le peuple (54 % de non). Actuellement, ce parti revendique, en plus des thèses habituelles de l'extrême droite (souveraineté, espace vital, etc.), une composante écologique, considérant que la Suisse serait surpeuplée et que cela nuirait à l'environnement. Depuis les élections de novembre 2007, ils ne sont plus représentés au parlement, mais sont par contre représentés dans quelques cantons, tous alémaniques. La présence des DS en Suisse romande est pratiquement nulle.

Le PNOS, dont l'emblème est un drapeau suisse portant en surcharge un Morgenstern, est un parti nettement plus extrémiste et proche des milieux néonazis, plus dirigé vers les manifestations que vers la politique traditionnelle. Des membres du PNOS se sont présentés à des élections locales et cantonales (BE, AG). Des personnages importants du PNOS ont déjà été condamnés à des amendes et/ou des peines de prison pour incitation au racisme ou agressions.

Turquie

Le parti de l'action nationaliste (MHP) et sa milice privée, les « Loups gris » sont les principales organisations extrémistes turques depuis 1969. Une idéologie national-islamiste est à la base de leurs actions violentes (les « Loups gris » sont considérés comme responsables de l'assassinat de quelque 700 personnes, durant les « Années de plomb » 1974-1980). Ils s'opposent à toute concession sur les droits des Kurdes ainsi qu'à l'entrée de la Turquie en Europe. Ils entretiennent aussi des liens étroits avec des cercles politiques et militaires turcs (un des chefs « clandestins » de la milice a été tué dans un accident de voiture en compagnie d'un ministre de l'État).

Ukraine

Le parti social-national (SNPU) et le parti républicain conservateur peuvent être assimilés à des partis extrémistes, mais l'organisation principale est l'Autodéfense nationale ukrainienne (UNA-UNSO), parti qui soutient ouvertement Ioulia Tymochenko et qui s'est fait remarquer par l'expulsion des prêtres russes d'églises orthodoxes, l'intimidation des minorités hongroises, polonaises et roumaines de l'ouest de l'Ukraine aux élections de 2004 et la demande de réhabilitation des combattants anticommunistes qui ont participé à côté des SS à l'invasion de la Russie. Le parti national-travailliste ukrainien (UNTP) milite lui aussi pour entre autres, la réhabilitation des membres de la division SS Galicie.

Notes et références

  1. « L'extrême droite, le mot est équivoque dans la mesure où il comporte le mot extrême. Nos adversaires confondent volontairement, et dans l'intention de tromper, une position géographique sur l'échiquier politique avec une position d'extrémisme politique. Or notre philosophie, notre principe d'action et notre programme ne sont pas extrémistes et par conséquent nous occupons la place qui est libre. Je crois qu'il n'y a pas de droite, le centre actuel n'est pas la droite, bien qu'une grande partie du peuple de droite vote pour les candidats du centre et même de la gauche. » (Jean-Marie Le Pen, in Jean-Pierre Apparu, La Droite aujourd'hui, Paris, Albin Michel, 1978, p. 176).
  2. Jean-Marie Le Pen au journal télévisé de la nuit sur TF1, 15 janvier 1982.
  3. Jean-Yves Camus, « La montée de l'extrême droite en Europe », Universalia 2003, Encyclopædia Universalis, 2003, p. 219-222.
  4. « Passage à l'acte néonazi », dans Courrier international du 15-12-2008, [lire en ligne]
  5. http://www.rfi.fr/actufr/articles/059/article_31639.asp
  6. Site de campagne
  7. John Dower, Embracing Defeat, 1999, p. 562.
  8. (en) (fr) (pl) « Equality Parade - Parada Równości », pl.indymedia.org.
  9. Véronique Soule, Maja Zoltowska, « La Pologne à droite toute », Libération, 13 mai 2006.
  10. L'Union démocratique du centre (en allemand Schweizerische Volkspartei, SVP ; en italien Unione Democratica di Centro, UDC ; en romanche Partida Populara Svizra, PPS), ne constitue pas un parti d'extrême droite à proprement parler, dans la mesure où elle se réclame des valeurs traditionnelles de la Suisse démocratique, participe aux coalitions gouvernementales et compte parmi ses rangs des personnalités modérées, comme le Bernois Adolf Ogi, ancien Président de la Confédération suisse en 1993 et 2000. Ses adhérents se partagent entre deux courants : un courant national-populiste, particulièrement développé dans la section zurichoise et dont l'homme fort est Christoph Blocher, et un courant plus modéré, plus proche du consensus gouvernemental et dont les bastions sont situés en Suisse romande.

Voir aussi

Bibliographie

Travaux universitaires

  • Joseph Algazy, L’Extrême droite en France, L’Harmattan, 1989.
  • Alain Bihr, L'Actualité d'un archaïsme : la pensée d'extrême droite et la crise de la modernité, Éd. Page deux, 1999. 1919 pages. (ISBN 2-940189-11-0).
  • Collectif (sous la direction de Hugo De Schampheleire et Yannis Thanassekos), Extreem rechts in West-Europa/L'extrême droite en Europe de l’Ouest, Bruxelles, Presses Universitaires de la Vrije Universiteit Brussel, 1991, 407 pages.
  • Vincent Duclert, L'Histoire contre l'extrême droite. Les grands textes d'un combat français. Mille et une nuits, 2002, Les petits libres. 121 pages. (ISBN 2842057120).
  • Pierre Milza, L'Europe en chemise noire. Les extrêmes droites en Europe de 1945 à aujourd'hui, Flammarion, collection « Champs », 2002.
  • Collectif (sous la direction de Madeleine Rebérioux), L’Extrême droite en questions, EDI, 1991.
  • Pierre-André Taguieff, L'Illusion populiste. Essai sur les démagogies de l'âge démocratique, Flammarion, collection « Champs », 2007, 459 p. (ISBN 978-2-0812-0365-5)
  • Michel Winock, Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France, Seuil, 2004. 432 pages.
  • Jean-Pierre Rissoan, Traditionalisme et révolution : les poussées d'extrémisme des origines à nos jours. 1, du Moyen-Âge à 1914-1918, Lyon, Aléas, 2007, 445 p., (ISBN 978-1-4092-7779-8). Second volume Du fascisme au 21 avril 2002, 2007, 416 pages, (ISBN 978-1-4092-7757-6).

Travaux non universitaires

  • Christophe Bourseiller, La Nouvelle Extrême droite. Monaco, Paris, Éditions du Rocher, 2002, collection Documents. 235 pages (ISBN 226804419X).
  • Jean-Christophe Cambadélis et Éric Osmond, La France blafarde, 2001.
  • Patrice Chairoff, Dossier néo-nazisme, éditions Ramsay, 1977.
  • Olivier Guland, Le Pen, Mégret et les Juifs. L'obsession du « complot mondialiste », La Découverte, 2000.
  • Collectif (REFLEXes), Bêtes et méchants, petite histoire des jeunes fascistes français, Éditions Reflex, Paris, 2002 (ISBN 291451901X).

Travaux d'auteurs proches de l'extrême droite

  • François Duprat, Les Mouvements d'extrême droite en France de 1940 à 1944. Paris, Éditions de l'Homme Libre, 1999. 324 pages.
  • Id., Les Mouvements d'extrême droite en France de 1944 à 1971. Paris, Éditions de l'Homme Libre, 1998. 196 pages.
  • Id., La Droite nationale en France de 1971 à 1975. Paris, Éditions de l'Homme Libre, 2002. 168 pages.
  • Emmanuel Ratier, Les Guerriers d'Israël, Éditions FACTA, 1993 (sur l'extrême droite juive)

Articles connexes

Liens externes

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