Allegre

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Allègre

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Allègre
Photographie représentant symboliquement la Commune
Le village d'Allègre, dominé par la silhouette de son château féodal ruiné.
Carte de localisation de Allègre
Pays France France
Région Auvergne
Département Haute-Loire
Arrondissement Arrondissement du Puy-en-Velay
Canton canton d'Allègre
(chef-lieu)
Code Insee 43 003
Code postal 43 270
Maire
Mandat en cours
Robert Baylot
2001-2008
Intercommunalité communauté de communes des Portes d'Auvergne
Latitude
Longitude
45° 12′ 01″ Nord
       3° 42′ 45″ Est
/ 45.2002777778, 3.7125
Altitude 880 m (mini) – 1 172 m (maxi)
Superficie 23,57 km²
Population sans
doubles comptes
1 007 hab.
(1999)
Densité 42 hab./km²

Allègre est une commune française, située dans le département de la Haute-Loire et la région Auvergne.

Le reparium des d’Alegre, chevaliers puis barons des lieux, et Grasacum, bourg au pied du volcan de Baury, se fondirent et devinrent Allègre. Les Tourzel seront les nouveaux barons puis marquis jusqu’au XIXe siècle. Leur bastille « en botte de chandelles » et les deux enceintes, bâties au début du XVe siècle et dont subsistent des ruines, comptaient 23 tours.

Allègre fut un bourg rural prospère par ses foires et marchés. Il y avait presque un commerce par maison ! Les Allégrois s’employèrent dans les dentelles puis dans les industries du bois, l’élevage et la culture raisonnés, l’enseignement et l’éducation.

George Sand est venue s’imprégner du Mont Bar, volcan éteint situé à proximité, Germaine Tillion est née rue du Mont Bar, Baptiste Marcet fut élevé à Allègre, Camille Robert, auteur de la musique de « La Madelon », y séjourna, de même que Robert Sabatier que la guerre mena à Allègre.

Sommaire

Héraldique

Allègre.svg

Blasonnement : De gueules à une tour d’azur crénelée, maçonnée et ajourée de sable, accostée de six fleurs-de-lis en deux pals[1].

Géographie

Le Velay est le massif qui possède le plus grand nombre de volcans : environ 500. On remarquera la variété des pierres : laves rouge ou verte, basalte noir, granits.

Étymologie

« Allègre » : fougueux, gaillard, ardent, vif, élevé, ainsi nomma-t-on ce lieu du Velay, entre 1 000 m et 1 100 m, sur ses quatre volcans : Mont-Bar, Mont-Baury, Montchaud, Ringue. « Vif » et « élevé » sont les sens originels les plus probables du nom d’Allègre.

Histoire

Des groupes néolithiques montés par les vallées de la Loire et de l’Allier, ont occupé les plateaux volcaniques de Velay, laissant mégalithes et roches à bassins.

Une tribu gauloise celte, les Vellaves, donna son nom à la région.

Parmi les antiques familles de chevalerie installées là, les premières croisades en conduisirent au déclin, d’autres prospérèrent, dont une qui se rendit maître de ces terres dont elle porta le nom : les d’Alegre.

Au pied du flanc sud ensoleillé du volcan de Baury, était un bourg nommé Grasacum, connu bien avant l’An Mil, rassemblé autour de son église romane dédiée à saint Martin. Grazac s’élargit à l’époque faste des XIIIe et XIVe siècles jusqu’à fusionner avec le site des d’Alegre en haut du mont Baury.

Les Monts du Forez et du Velay étaient une frontière dans le jeu politique mouvant entre les seigneurs du Domaine Royal, ceux de Bourgogne ou de Savoie, les comtes-évêques du Puy. Les terres et le château des d’Alegre sont sur cette frontière. Il ne reste aucune trace de leur forteresse.

Les Tourzel, nouveaux seigneurs d’Allègre, bâtirent leur château au tout début du XVe siècle sur le neck volcanique à l’extrémité sud du rebord du cratère du Mont-Baury. Ce fut « une bastille en paquet de chandelles », bloc de 9 tours rapprochées, reliées par de solides courtines. Une « nouveauté » fut son couronnement supérieur, partout à la même hauteur, qui formait une terrasse sur laquelle on pouvait déplacer rapidement hommes et bouches à feu.

L’influence de la toute récente Bastille de Charles V est incontestable. Charles était frère de Jean, duc de Berry, protecteur du nouveau seigneur d’Allègre.
L’ensemble comprenait trois espaces successifs et 23 tours.

Écus des seigneurs d’Allègre

La première famille d’Alègre avait élevé ses terres au rang de seconde baronnie d’Auvergne et blasonnait « de gueules, semé de fleurs-de-lis d’or ».

La baronnie d’Allègre échoit aux chevaliers de Tourzel qui portaient « de gueules, à une tour crénelée d’argent, ajourée et maçonnée de sable ». Tel est l’écu du gisant en marbre d’Yves II.

De 1525 à 1527 apparaît le nouvel écu de Gabriel, baron puis marquis d’Allègre, bailli de Caen : « de gueules, à une tour d’argent, crénelée de cinq pièces, ajourée et maçonnée de sable, accostée de six fleurs-de-lis d’or en deux pals ». Telles sont les armes encore portées à Allègre de nos jours, mais on trouve cinq fleurs-de-lis en 1526, six « en orle » autour de la tour et six en deux pals de trois en 1527.

Au milieu du XVIIe siècle, Marguerite d’Alègre, épouse de Charles Emmanuel Lascaris d'Urfé, fait représenter les fleurs-de-lis en orle à la Bâtie d’Urfé où on peut les voir.

Graphies

On écrit Alegre pour la première famille et Allègre pour la cité. Le nom de la famille (de alegrio), s’est fixé au XIIe siècle, en latin, sans accent sur le e pour faire è. Le nom du village ne s’est stabilisé que bien plus tard avec deux L et un accent.

Des d’Alegre aux Tourzel d’Allègre

Les d’Alègre, chevaliers puis barons, étaient connus sur ces lieux dès 1122. Eustache a lié sa baronnie Vellave à l’Auvergne en menant en 1321 un long procès contre la sénéchaussée de Beaucaire qui voulait la tenir attachée au Languedoc. Ces premiers d’Alègre s’éteignent en 1361 avec Armand IV, tué lors d’une razzia de « routiers » de Seguin de Badefol, la « compagnie à Margot », ou de Thomas de la Marche. « Routiers » (du latin rutta) était le nom, devenu péjoratif vers 1350-1370, des compagnies tantôt mobilisées, tantôt congédiées pendant les Guerres de Cent Ans.

Le bourg de Grazac avait été pillé, mais la forteresse des Alègre, assiégée en 1361 et en 1365, n’avait pas été prise. La veuve d’Armand IV et son neveu se disputent la baronnie. Le duc de Berry tranche en y plaçant Morinot de Tourzel, un de ses favoris. Demi-frère de Charles V et oncle de Charles VI, rapace notoire et esthète reconnu, Berry conforte la frontière de ses domaines en plaçant ses affidés le long de ses frontières : Viverols, Baffie, Allègre, etc.

La nouvelle famille venue de Tourzel (Puy de Dôme) écarte ses rivaux de 1385 à 1393, puis bâtit sa « bastille » et ses enceintes. Dès lors le château et la ville appartiennent à ces puissants chevaliers de Tourzel, Champeix, Cunlhat, qui deviendront les « Tourzel d’Allègre » dits d’Alegre.

Tandis que son père est capitaine de Nonette, Morinot refond Allègre. Son fils Yves Ier reçoit Charles VII en janvier 1425. Pierre laisse sa vie à Azincourt. Autorisés et confirmés par Yves (1435) et son fils Jacques (1463 et 1484), les huit hôtels du XVe siècle sont bâtis dès 1435, quatre ans après la mort de Jeanne d’Arc. Bertrand, sire de Busset, marie ses filles à deux branches des Bourbon.

Yves II, beau frère du maréchal de La Palisse et compagnon de Bayard, est tué à Ravenne en 1512, ainsi que son fils Jacques II. Gabriel reçoit François Ier à Caen, dont il est gouverneur en 1532, puis à Allègre en 1533. C’est lui qui ajoute à la tour des Tourzel 5 fleurs-de-lis d’or en 1526, puis 6, d’abord en orle et enfin en deux pals, en 1527.

Yves III, créé marquis par Henri III en 1576, sera poignardé dans le château en 1577 par ses assassins déguisés en damoiselles.

Heures noires

Aux XVIe et XVIIe siècles, les Tourzel d’Allègre s’entre-tuent quand la France s’entre-égorge au nom de la religion. On se passe au fil de l’épée à Paris. On se canonne à Blainville, en Normandie. En Ile de France Christophe assassine Montmorency baron de Hallot. Yves IV est massacré avec sa maîtresse, la mère de Gabrielle d'Estrées, en 1592, à Issoire dont il était gouverneur. Anne devient la dernière comtesse de Laval, veuve de Coligny.

On fréquente Agnès de Langeac et François de Sales. Seigneurs de Viverols et de Beauvoir, la branche cadette de Christophe Ier d’Alègre, se détache de la maison mère en 1530.

Triomphe et fin de règne

Les Tourzel d’Allègre culminent en se mariant à des fils Colbert et Louvois, mais approchent de leur fin avec Yves V, marquis et maréchal de France, gouverneur de Metz. À Versailles où elles demeurent, son épouse et sa fille comtesse de Rupelmonde, se rendent célèbres par leurs prétentions fantaisistes et coûteuses. Leur fille Marie Emmanuelle, maréchale de Maillebois, continue la descendance, dont la duchesse de Tourzel Louise Elisabeth de Croy d’Havré.

En 1791, sous le nom de « baronne de Koorf », la duchesse de Tourzel sera de la fuite à Varennes par attachement à Marie-Antoinette et au petit Louis XVII dont elle est la gouvernante. La duchesse, et sa fille Pauline épouse du comte de Béarn, futur grand chambellan de Napoléon Ier, suivront Marie-Antoinette et Louis XVI en prison avec la princesse de Lamballe, mais échapperont à la guillotine et rédigeront leurs mémoires.

Incendie du château

Le 12 novembre 1698, Yves V est venu de Versailles à Allègre.
Le 15, un grand vent excite le feu qui ronfle dans la cheminée de la salle haute. Un incendie se déclare et se propage dans les abondantes charpentes des toits couverts d’ardoises. La toiture du « pavillon de la tour où sont les papiers communs appelés le Trésor » flambe. Au son des cloches, cinq cents personnes accourent et font la chaîne. Mais le château est embrasé en moins de cinq heures.
Il n’est cependant pas abandonné. Dès janvier 1699, Yves V fait « réparer » les communs puis le château lui-même. Son gendre poursuivra les travaux. En vain.

Le manoir

La maréchale de Maillebois, fille d’Yves V, fit édifier un manoir « moderne » aux pieds des ruines qu’elle aimait. Elle mourut en 1756.
Le marquisat d’Allègre fut vendu et les terres d’Allègre dépecées.
Les intempéries ont raviné les ruines. Les propriétaires ont réutilisé ou vendu les plus belles pierres. Les habitants sont venus puiser dans cette « carrière », ce qui explique le nombre des pierres de réemploi à Allègre.
Abandonné lui aussi, le manoir de la comtesse de Maillebois, dont le rez-de-chaussée, décoré de noir et rouge, qui servit de salle de justice de paix après la Révolution. Il fut rasé en 1830.

Le mur qui reliait les deux demi-tours pleines s’est partiellement écroulé, laissant un grand vide qui fait penser à un immense gibet ou à un portail géant. En 1946, le couronnement de mâchicoulis a bien failli tomber, suscitant un grand émoi parmi les Allégrois et chez tous les amoureux de cette cité en France comme à l’étranger. L’association des « Amis d’Allègre » était née. La tradition a nommé ces vestiges « la Potence ».

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
mars 2001 2008 Robert Baylot
2008 Jean-Luc Fraysse
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie

Évolution démographique
1962 1968 1975 1982 1990 1999
1487 1512 1459 1313 1176 1007
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

Lieux et monuments

Château ruiné

Le château féodal est l’oeuvre des premiers seigneurs de la deuxième dynastie de seigneurs d’Allègre, les Tourzel, et fut édifié au début du XIVe siècle. Morinot de Tourzel, à qui le duc de Berry venait de faire don de la baronnie d’Allègre (1385), entreprit des travaux de réfection et de construction de la muraille d’enceinte. Ces efforts furent poursuivis par son fils Yves Ier, qui s’attacha à embellir le château, le dotant notamment de sa caractéristique frise de mâchicoulis tréflés. Tel quel, ce château, avec ses 23 tours, fut l’un des plus beaux et des plus considérables de la région.

Ravagé par un incendie en 1698, et en dépit des tentatives de reconstruction faites dès l’année suivante, le château ne se remit pas de la catastrophe et fut finalement vendu au milieu du XVIIIe siècle. L’action des nouveaux propriétaires, qui usèrent du château comme d’une carrière de pierres, et le temps firent le reste : il n’en subsiste plus aujourd’hui, outre le vestige d’une autre tour plus petite, que deux tours du corps de logis, reliées entre elles par la seule corniche de l’ancienne courtine, dont le reste s’est effondré, donnant à cette ruine une silhouette singulière, qui lui valut l’appellation de la Potence.

La Potence, et une troisième tour à droite.
Reconstitution de la forteresse d'Allègre.
Château. Les parties en gris correspondent à la ruine actuelle.

La croix de « la Fontaine d’Armand »

La croix de « la Fontaine d’Armand », seigneur de la première famille des d’Alègre éteinte en 1361, marquait l’entrée sud du faubourg d’Allègre, au carrefour des routes de Toulouse et du Puy. Classée Monument historique (MH), elle présente un socle à sept écus gravés de signes à l’apparence de lettres gothiques et un croisillon du XVIe siècle. Au pied de la croix, la « pierre de présentation » ou « pierre des morts », sur laquelle on déposait les cercueils qui arrivaient des villages alentours. Le prêtre venait là recevoir et bénir les défunts avant de les conduire au cimetière.

À la sortie sud-ouest d’Allègre se trouve le Grand Tertre. En patois, les mots terme et tertre sont presque confondus et désignent à la fois une limite et un tertre.

Église

Vitraux de l'église.

Au Moyen Âge, une église romane dédiée à saint Martin de Tours est mentionnée à Grazac, faubourg d’Allègre. Une église gothique la remplace.

Le clocher s’effondra en 1822, reconstruit avec des pierres de la chapelle St.-Yves et de la Porte de Ravel. Les huit chapelles latérales furent démolies, leurs dalles tombales noyées sous les carrelages.

En façade, la dalle tombale érodée d’un religieux porte une croix gravée cantonnée d’un écu au monogramme IHS que porte une clef de voûte du choeur.

Les vitraux, datés de 1885 à 1900, forment un ensemble complet et cohérent, quoique non protégés au titre des MH.

On compta jusqu’à cinq congrégations religieuses à Allègre, dont des Dominicaines et des Franciscaines ainsi que des « pénitents blancs » qui sont des laïcs.

Cimetière

L’ancien cimetière entourait l’église jusqu’après la Révolution. En 1823, le nouveau cimetière est transféré à 200 mètres, sur la route de Fix dans une ancienne carrière. Son calvaire est classé MH. Au pied du calvaire se trouve la tombe blasonnée des Grellet et des Morel de la Colombe, branche des d’Apchier. Avec les Morangiès, ces familles installées dans la région et à Allègre furent proches de l’affaire de la « bête du Gévaudan ».

Porte de Monsieur

Porte de Monsieur.

La « Porte de Monsieur » est l’entrée sud de l’enceinte extérieure du château.
Ses deux tours, au chemin de ronde jadis crénelé, sont percées d’archères canonnières, placées bas pour les tirs rasants. Les mâchicoulis tréflés sont une signature du château d’Allègre. La glissière de la herse est en parfait état, comme les gonds de l’ancienne porte et les logements des barres qui en bloquaient l’ouverture. Le clocheton métallique, au-dessus de l’horloge, date de 1816, à la cime d’un escalier en pierres resté intact.

Des départs de murs visibles sur la base des deux tours sont les vestiges d’ouvrages défensifs qu’un fossé sec et un pont-levis devaient compléter. La Porte de Monsieur est classée MH depuis 1926.

Place du Marchédial

« Marchédial », décliné du latin, désignait l’endroit où se tenait le marché quotidien. L’organisation des marchés était proche de ce qu’elle est de nos jours et le marché d’Allègre a toujours lieu chaque mercredi matin sur cette place qui fut un foirail très couru où s’alignaient animaux et produits des fermes.

Hôtels particuliers

Huit hôtels du XVe siècle ont été construits dès une autorisation de 1435.

L’Hôtel de Chardon

L’Hôtel de Chardon (rue Notre-Dame de l’Oratoire) fut fondé par Pierre de Chardon quand les « Anglais » eurent brûlé son manoir au lieu-dit Chardon. L’hôtel devint le Couvent de Saint-Dominique. En 1868, quand la rue fut tracée, la façade fut amputée de sa tour octogonale avec porte blasonnée.

L’Hôtel du Chier.

L’Hôtel du Chier (rue Notre-Dame de l’Oratoire) fut bâti par Pierre, écuyer, descendant de Pons seigneur du Chier. Les Roux du Claud achètent l’hôtel en 1559 et y sculptent leur écu à quatre roses à la cime de la tour, au fond de ce petit accès, vestige de la cour d’honneur, et qui contient ce qui fut le plus bel escalier à vis d’Allègre.

Durand Mozac de Beaurecueil restaure l’hôtel en 1621, date qu’il ajoute sur l’écu qu’il a respecté en mémoire des précédents occupants.

L’Hôtel du Chier devint l’une des boucheries qui donnèrent à la rue son ancien nom vernaculaire de « rue des Boucheries ».

Hôtel des Guérin.

Il a été construit par Pierre de Guérin qui fut capitaine du château. Faites le tour de sa façade exposée au Nord. Son angle au bord de la rue du Château cache un escalier à vis en parfait état. Sa façade sur la rue du Château et la maison d’en face portent des traces d’une ouverture cintrée. Ses descendants, dont « le beau Lugeac », s’installeront à Lugeac, laissant l’hôtel à la branche cadette de Pouzols.

Hôtel des Mozac.

Fondé par Antoine de Sailhans, l’hôtel passe aux Mozac, capitaines de la Porte. Il possède deux tours : celle de la Porte de Monsieur permettait au corps de garde d’accéder au chemin de ronde, et l’autre dessert le logis et présente une porte murée au-dessus de laquelle Antoine Mozac fit sculpter son monogramme AM entrelacé et surmonté d’une croix. Une niche tout contre la Porte de Monsieur abrite une pietà en pierre, polychrome.

Dans le cadre au-dessus de la porte de la tour de droite, les Amis d’Allègre ont mis en valeur cet « orant », une des statues de la chapelle du château (XVe siècle).

Hôtel de la Clède.

Fondé par Jean de La Clède. Il passe aux Grellet et reste dans cette famille jusqu’en 2000. La porte d’entrée est du XVe. Les masses d’arme (en façade) et haches de guerre (sur l’arrière) découpées dans les volets de la baronnie rappellent le nom des d’Apchier (d’Acher) installés là et dans le pavillon de la Comtesse mitoyen. Le nom des Grellet est rappelé par les grelots décoratifs qui reviennent en de nombreux endroits avec les autres motifs de leurs armoiries.

Hôtel de Bar.
Hôtel des Grellet.

3 rue du Château, cet hôtel occupait l’angle du mur ouest et du mur de la deuxième enceinte. Robert Grellet, écuyer, était arrivé à Allègre parmi les hommes d’armes de Morinot de Tourzel dans le corps d’armée du duc de Berry, comte de Poitou, dont il portait les couleurs. Son petit fils fonda l’hôtel. La branche aînée des Grellet le quitta pour l’Hôtel de la Clède, le laissant à la branche cadette. Des drapiers y tinrent leur magasin jusqu’au XIXe siècle.

Hôtel de Bar.

Au fond de sa cour d’honneur il garde un aspect proche de sa création par Lancelot de Bar, écuyer, capitaine du château en 1422. L’hôtel passe à des familles déjà propriétaires de manoirs dans les environs. Au début du XVIIIe siècle il est acheté par la famille Grangier, qui donna des baillis du marquisat. Sa tour, bien visible au milieu de sa façade, contient un bel escalier en pierre.

Hôtel d’Artasse.

À droite de l’Hôtel de bar, l’Hôtel d’Artasse, autre très ancienne famille, fut fondé par Jean d’Artasse. Il passe par mariages et héritages aux de Crozet qui le vendent à la famille Breul, qui y installe l’Hostellerie de l’Etoile d’Or. Une tour s’élevait à la place de l’escalier extérieur à droite de sa façade qui garde son encadrement de porte en accolade.


À leur création, ces huit hôtels particuliers furent des lieux de repli en cas d’attaque des maisons fortes ou fermes fortifiées où vivaient usuellement ces familles vassales des barons puis marquis d’Allègre, et que les « routiers anglais » et pilleurs locaux, avaient razzié pendant les guerres de Cent Ans.

Pavillon de la comtesse

Sa façade haute et étroite, ainsi que son toit pentu en ardoises se remarquent. Cette charmante demeure du XVIIIe siècle fut habitée par des familles alliées par mariages aux Grellet. Les blasons de ces familles sont sculptés sur les chiens-assis du côté du parc.

Murailles

Les murs du côté est n’étaient pas bien hauts, en surplomb des roches qui affleurent. Moyennant un Louis d’or, des maisons sont construites sur l’emplacement des fossés du côté ouest, ce qui date le démantèlement des ouvrages de défense devenus inutiles en face de l’artillerie « moderne ». Au XVIIIe siècle, on autorise les habitants à percer portes et fenêtres dans les murailles.

Porte de Ravel

Une tour témoigne de la Porte de Ravel, entrée nord du château, symétrique de la Porte de Monsieur au sud. Trouvant qu’elle gênait le passage des charrettes, sa démolition fut votée en 1845. Elle était pourtant plus large que la Porte de Monsieur... On devine l’emplacement de la herse et des équipements identiques à ceux de la Porte de Monsieur. Ses pierres servirent à remonter le clocher de l’église, effondré en 1822.

Écuries du château

Les écuries du château, bâtiment castral, nous sont parvenues dans un état proche du XVe siècle. Autour se trouvaient des greniers. C’est dans ces écuries, consacrées, qu’eurent lieu durant 40 ans les cérémonies religieuses pendant la reconstruction de l’église.

Chapelle Notre-Dame

Son chœur est l’oratoire fondé en 1547 par Antoine Mozac pour abriter une pietà, un Ecce Homo, et d’autres statues en bois rapportées par son frère Jean, prieur de Crevon près d’Évreux. Après la mort de Christophe II (1640), sa veuve Louise de Flaghac fit édifier la chapelle (1650) et peindre la « litre mortuaire » à ses armes. Les deux époux au parcours tumultueux avaient été conseillés par la mère Agnès de Langeac.

Des guérisons miraculeuses attribuées à la Piéta firent de Notre-Dame de l’Oratoire un lieu de pèlerinage.

Les vitraux du XIXe siècle sont aux armes des Grellet et de familles collatérales. Dans le mur ouest, par la porte murée visible du dehors, entrait la marquise d’Allègre. Le sol était beaucoup plus bas ! Notre Dame de l’Oratoire hérita des statues en pierre de la chapelle St.-Yves. L’une d’elles est en façade de l’hôtel de Mozac.

Chapelle castrale

La chapelle castrale (aussi dite église), servie par un chapelain, fut dédiée à saint Laurent et à saint Yves. On y trouvait un autel en marbre blanc, qui présentait une pietà, un saint Laurent et un saint Yves.

Un beau gisant de marbre blanc y était dédié à Yves II d’Allègre, tué à la bataille de Ravenne en avril 1512. Tous deux sont exposés au château de Cordès, près d’Orcival, une des demeures des marquis d’Allègre. Plusieurs des seigneurs d’Allègre, certains de leurs enfants et épouses, y furent inhumés sous les trophées de guerre et les guidons pris à l’ennemi.

Trouvant que la chapelle lui masquait les pentes de Bar, une fille d’Yves V conçut le projet de la déplacer. Après la vente du marquisat en 1766, la chapelle ne fut plus entretenue et fut rasée au XIXe siècle. Le manoir construit au pied des vestiges du château fut lui-même rasé vers 1830.

Le Mont Bar

Reserve naturel france.gif

Le Mont Bar (1 175 m), volcan éteint situé à peu de distance au sud-est de la cité, est couvert, sur son sommet aplati, d’une tourbière, laquelle constitue la Réserve naturelle régionale du Cratère du Mont-Bar, créée en 1990.

Personnalités liées à la commune

  • George Sand est venue en 1859 s’imprégner de la force de Bar[précision nécessaire] avant d’écrire Jean de La Roche dont l’action se déroule non loin d’Allègre au château de la Rochelambert, et Le marquis de Villemer, deux de ses « romans champêtres » parus en 1860. Son amant, le graveur Manceau, et l’actrice Bérangère l’accompagnaient.
  • Baptiste Marcet, (1883-1964), fondateur de la Fédération nationale des mutilés du travail. Né au Puy, orphelin, il fut élevé à Allègre par un oncle. Apprenti maréchal-ferrant il fréquente les centrales syndicales de Paris où il rencontre Pierre Monatte. Non-violent, il fait voter des lois au bénéfice des mutilés du travail. Il meurt à Allègre où il est inhumé.
  • Pierre Monatte, syndicaliste révolutionnaire (1881-1960), né à Monlet qui jouxte Allègre, correcteur en imprimerie, il a fondé La Vie Ouvrière (1909) et La Révolution prolétarienne (1925). Acteur de la tendance syndicaliste révolutionnaire de la CGT sous le pseudo (anagramme de Monlet) de Lémont Pierre.
  • Camille Robert (1872-1957), séjourna souvent en Velay, à Allègre. Chef de l’orchestre symphonique de l’Élysée, compositeur, auteur de la musique de la chanson La Madelon, paroles de Louis Bousquet, créée le 23 avril 1914 par le comique troupier Bach et adoptée par les poilus pendant la guerre 1914-1918. Il serait inhumé à Allègre.

Voir aussi

Notes et références

  1.  : Armoral général du Velay. Georges Paul. En Français. Laffite reprints. 1912. 1995.

Liens externes

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