Marie-Thérèse Eyquem

Marie-Thérèse Eyquem
Marie Thérèse Eyquem
Naissance 6 septembre 1913
La Teste de Buch
Décès 8 août 1978
Nationalité Française
Profession Inspectrice Jeunesse et Sport
Activité principale Fondatrice du Mouvement démocratique féminin (MDF)
Autres activités Secrétaire générale du Rayon sportif féminin. Membre éminent du Parti socialiste.

Marie-Thérèse Eyquem, née le 6 septembre 1913, morte le 8 août 1978, était à la fois théoricienne et organisatrice du sport féminin, militante féministe et cadre du Parti socialiste.

Sommaire

Biographie

Marie-Thérèse Eyquem naît le 6 septembre 1913, à La Teste-de-Buch, en Gironde.

En 1924, elle part habiter avec sa famille à Paris.

En 1926, âgée de 14 ans, elle quitte l’école pour travailler ; elle continue son parcours scolaire par correspondance. Elle enchaîne alors des métiers alimentaires, comme coursière ou dactylo, tout en obtenant une licence de lettres classiques.

Les patronages et le sport

En parallèle, elle pratique le sport dans un patronage catholique. Celui-ci est affilé au Rayon sportif féminin qui la recrute comme secrétaire en 1931.

En 1936, elle en est promue secrétaire nationale. Avec les monitrices générales du RSF – sa sœur Geneviève, Eugénie Duisit et Olga Batany – elle structure les filiales régionales, intensifie la formation des cadres, organise fêtes de masse et compétitions. Avec cette équipe, elle se fait connaître pour avoir multiplié par dix le nombre des adhérentes.

En 1939, elle intègre l'administration, en qualité de rédactrice principale au Commissariat général à l'information.

Après l'exode, elle passe au commissariat général à l'éducation physique et aux sports, où elle devient directrice des sports féminins du gouvernement de Vichy. Dans un premier temps, bénéficiant de la confiance de Jean Borotra, le haut commissaire aux Sports, elle mène des actions en faveur du sport féminin, qui se développe, malgré l’interdiction de certaines activités jugées peu féminines. Avec Olga Batany, elle organise la fête de Coubertin et celle de la Sportive[1]

En 1942, le colonel Joseph Pascot remplace Jean Borotra. Marie-Thérèse Eyquem est alors nommée sous-chef de bureau et n’est plus libre de mener à bien ses projets.

En 1945, à la Libération, nommée inspectrice des sports féminins, elle n’est pas inquiétée pour son action au sein du gouvernement de Vichy.

Elle publie alors un essai : « La Femme et le sport[2] ».

Elle est également l’auteur d’un roman : « Jeunes filles au soleil[3] ».

Chacun de ces ouvrages, à sa manière, vise à la diffusion du sport féminin.

Plus tard, elle publie la première biographie de Pierre de Coubertin, ainsi que d'Irène Popard.

Elle conserve son engagement bénévole à la Fédération Sportive de France

En 1947, à Prague, elle est nommée à la présidence d'une commission technique de la Fédération internationale catholique d’éducation physique et sportive (FICEP).

Parallèlement elle poursuit sa carrière d'écrivain et collabore à la revue "Mâtines" de l'Union Universelle des Ecrivains catholiques, dirigé par l'Abbé Ducaud-Bourget (1949/1951) Elle se lie d'amitié avec l'écrivain-réalisateur Henry Zaphiratos.

Elle poursuit ces activités associatives jusqu'en 1960.

En 1961, les projets développés dans ce cadre, à l’international, pour le sport féminin, aboutissent à son élection à la présidence de la « Fédération internationale d'éducation physique et sportive féminine[4] » ; elle conserve ce poste jusqu’en 1965.

Cette même année 1961, Marie-Thérèse Eyquem est promue inspectrice principale de la Jeunesse et des sports.

Le féminisme et le parti socialiste

En 1962, elle prend la tête du Mouvement démocratique féminin (MDF), qui préfigure le renouveau féministe des années 1968-1970. Ce mouvement compte des personnalités telles qu'Évelyne Sullerot, Colette Audry, Gisèle Halimi ou Yvette Roudy ; il rassemble des femmes de la gauche non-communiste. Marie-Thérèse Eyquem y milite pour l'intégration des femmes à la vie politique, la légalisation de la contraception et l’égalité dans le travail. En tant que présidente, elle organise des débats, crée des sections en province, tisse des liens avec d’autres mouvements féministes, des syndicats et des personnalités politiques de premier plan.

C’est dans le cadre précité qu’elle rencontre François Mitterrand, avec lequel elle se lie d’amitié ; il la tient en haute estime ; elle devient l’une de ses plus proches collaboratrices. Cet engagement politique étant estimé incompatible avec la neutralité associative, Gilbert Olivier, président de la FSF l'invite à démissionner et elle perd à l'occasion ses mandats internationaux à la FICEP. Son seul lien avec ce passé reste son amie Eugénie Duisit.

Parallèlement, le MDF se rapproche de l’union de la gauche et participe au congrès fondateur de la Convention des institutions républicaines (CIR), dont il devient l’un des principaux clubs. Marie-Thérèse Eyquem entre à la CIR et à la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS), puis au PS. Elle est, dans ces partis, la seule femme à siéger parmi les dirigeants.

Avec Mai 68, les partis et le mouvement de Marie-Thérèse Eyquem sont fortement perturbés ; l’union de la gauche connaît une période difficile ; le MDF résiste mal à l’émergence du nouveau féminisme que constitue le MLF. Avec la fondation du PS, le MDF disparaît, mais Marie-Thérèse Eyquem retrouve ses anciennes collaboratrices pour lutter en faveur d’une meilleure représentation des femmes au sein du parti.

Elle écrit une pièce de théâtre : La Grande Mademoiselle, sur la duchesse de Montpensier et le beau Lauzun, pièce qui recevra le grand-prix du Casino d'Enghien.

En 1973, elle lance une réforme imposant un pourcentage minimum de femmes (10%) à tous les degrés de l’organisation du PS. Dans le même temps, elle organise des conférences et des débats sur le thème « Socialistes et chrétiens », renouant avec ses premiers engagements.

En 1975, elle est nommée secrétaire nationale du PS, chargée des relations avec les Organismes associés et le secteur associatif. Avec Édith Cresson, elle est alors la seule femme à accéder à cette fonction.

Marie-Thérèse Eyquem meurt le 8 août 1978[5] à Egletons (Corrèze), peu avant l’élection de François Mitterrand ; elle n’accède donc pas à des fonctions supérieures.

Notes et références

  1. (fr) Hervet 1948, p. 114
  2. La Femme et le sport, Paris, J. Susse, collection « Tous les sports », 1944, 307 p. Préface conçue et rédigée par le Dr Maurice Boigey. Réédition à Montpellier, Association sport et histoire, collection « Tous les sports », 1999, 307 p.
  3. Jeunes filles au soleil, Paris, Denoël, 1946, 152 p.
  4. En anglais : « International Association of Physical Education and Sports for Girls and Women » (IAPESGW)
  5. (fr) Florys Castan-Vicente, « EYQUEM Marie-Thérèse » sur maitron.org, Centre national de la recherche scientifique. Consulté le 18 juillet 2011

Bibliographie

  • Florys Castan Vicente, Marie-Thérèse Eyquem. Du sport à la politique. Parcours d’une féministe, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, Centre d’Histoire sociale du XXe siècle, juin 2008.
    Mémoire de Master 2 sous la direction de Michel Dreyfus. Prix Jean Maitron 2008.
     
  • Robert Hervet (préf. François Hébrard), La FSF de 1898 à 1948, Paris, 1948, 173 p. (OCLC 66302325) 

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Marie-Thérèse Eyquem de Wikipédia en français (auteurs)

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