Rotifères


Rotifères

Rotifera

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Rotifères
 Philodina
Philodina
Classification classique
Règne Animalia
Infra-règne Bilateria
Sous-division Lophotrochozoa
Embranchement
Rotifera
Cuvier, 1817
Position phylogénétique

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Les Rotifères constituent un embranchement du règne animal. Ce sont de petits organismes bilatériens (i.e. triploblastiques) protostomiens syndermés mesurant entre 50 µm et 3 mm qui ont souvent une forme de trompette, cylindrique ou sphèrique. Ils possèdent deux couronnes de cils autour de leur bouche ainsi qu'un système organique spécialisé avec notamment un tube digestif.

On sait désormais que l'embranchement des Acanthocephala est en fait un groupe de Rotifères devenus parasites[1]. La notion actuelle de Rotifère (s.l.) est donc élargie aux Acanthocéphales et devient ainsi identique au clade des Syndermata.

Sommaire

Description

Un rotifère un mouvement.

Ces pseudocœlomates ont un corps en trois parties bien distinctes : la tête (appareil rotateur) le tronc et le pied terminé par deux orteils. La tête et la partie postérieure ne sont pas couvertes par la cuticule.

Le terme Rotifère (du latin rota, « roue ») leur vient des deux couronnes de cils entourant leur bouche, dans la région antérieure, qui tourbillonnent en sens contraire pour faire entrer l'eau et les particules de nourriture qui vont avec ; ces cils peuvent aussi servir à la locomotion chez certaines espèces. Au fond du pharynx musculeux se situe un appareil masticateur caractéristique, le mastax, constitué de sept pièces dures et mobiles servant à broyer la nourriture.

Postérieur, leur pied possède souvent une glande adhésive qui permet à certaines espèces de se fixer au substrat. L'anus est en position postérieure et le système excréteur est formé de deux protonéphridies à l'intérieur du pseudocœlome. Le pseudocœlome renferme les organes internes. Cette cavité corporelle est en partie tapissée de mésoderme. Le liquide du pseudocœlome sert de squelette hydraulique, ce sont les mouvements de l'organisme qui assurent la répartition du liquide dans tout le corps afin de permettre la diffusion des nutriments et des déchets.

Le système nerveux est formé d'un ganglion cérébral dorsal antérieur et d'un nombre variable de nerfs. Le système sensoriel est composé d'organes photorécépteurs rudimentaires et de cils. Il n'y a pas d'appareil respiratoire ou circulatoire et le dioxygène diffuse à travers les tissus. La paroi du corps comporte une cuticule, la lorica. L'animal est souvent transparent mais sa couleur peut être verte, orange, rouge ou brun selon la nourriture ingérée.

Reproduction

Les rotifères ont une multiplication asexuée, mais peuvent aussi se multiplier de manière sexuée, surtout dans de mauvaises conditions de vie.

Certains espèces se reproduisent uniquement par parthénogénèse thélytoque et ne comptent ainsi que des femelles. D'autres produisent deux sortes d'œufs, la première sorte donne des femelles et la seconde donne des mâles simplifiés incapable de se nourrir. Ces mâles produisent cependant des spermatozoïdes qui iront féconder les ovules femelles. Les zygotes ont la particularité de pouvoir survivre même si leur milieu de vie s'assèche. Lorsque les conditions redeviennent plus favorables, les zygotes sortent de leur léthargie et deviennent de nouvelles femelles qui se reproduisent par parthénogénèse.

La survie de nombreuses espèces de Rotifères en dépit de l'absence de mâle est une caractéristique assez insolite dans le monde animal. Il semble qu'une classe de Rotifères, les Bdelloïdés, se reproduisent par parthénogénèse depuis plus de 35 millions d'années, sans qu'aucune trace de l'existence de mâle n'ait été découverte. La plupart des animaux et des végétaux se reproduisent par voie sexuée au moins de temps en temps, cela afin d'éviter l'accumulation de mutations nuisibles dans leur génôme, assurant à leurs espèces une bien meilleure pérénnisation que celle des espèces asexuées. Ainsi, la raison pour laquelle les Bdelloïdés ont réussi à passer outre cette règle de la nature depuis aussi longtemps demeure inconnue.

Écologie

Ils vivent principalement en eau douce mais quelques espèces occupent les eaux salée ainsi que les milieux humides. Ils se nourrissent essentiellement de microorganismes en suspension dans l'eau. Certains Rotifères sont des parasites de crustacés, de mollusques et d'annélides. Ils composent une grande partie du zooplancton d'eau douce et constituent une source de nourriture importante dans les écosystèmes d'eau douce. En milieu terrestre, ils interviennent dans la décomposition des sols.

Place dans le monde vivant

L'embranchement des Rotifères contient 3 classes, 8 ordres, 33 familles, 112 genres pour 1816 espèces. Le plus ancien fossile connu, appartenant à Keratella sp, a été découvert à la base de l'Éocène moyen d'Australie et remonte à −45 Ma [2].

Systématique

Les Rotifères se décomposent en :

  • Classe Monogononta Plate, 1889
    • Ordre Collothecaceae Harring, 1913
    • Ordre Flosculariaceae Harring, 1913
    • Ordre Ploimida Delage and Herouard 1897
  • Classe Bdelloidea Hudson, 1884
    • Ordre Bdelloida
  • Classe Seisonacea Wesenberg-Lund, 1899
    • Ordre Seisonaca

et désormais :

La position exacte des Rotifères parmi les Lophotrochozoaire n'est pas résolue, mais on les place fréquemment dans le groupe des Gnathifères et eux-mêmes parmi les Platyzoaires.

Aquaculture et aquariophilie

Certaines espèces de rotifères comme Brachionus plicatilis sont utilisées en aquaculture et aquariophilie pour l'élevage des larves de poisson. Elles constituent souvent la première nourriture distribuée aux larves avant les artemias.

La culture des rotifères se fait dans des cuves munies d'une bonne aération (diffuseur d'air ou d'oxygène) et la nourriture est constituée d'algues (Nannochloris, Isochrisis...), de levure de boulanger ou d'autres produits spécifiques à la culture ou l'enrichissement des rotifères.

Notes et références

  1. James R. Garey et al. 1996. Molecular evidence for Acanthocephala as a subtaxon of Rotifera
  2. Classification phylogénétique du vivant 3e édition, Guillaume Lecointre & Hervé Le Guyader, éd. Belin, 2001, ISBN 2-7011-4273-3, p. 223
  3. Martín García-Varela, 2002. Phylogenetic analysis based on 18S ribosomal RNA gene sequences supports the existence of class polyacanthocephala (Acanthocephala).

Voir aussi

Références bibliographies

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