Egbert de wessex

Egbert de wessex

Egbert de Wessex

Egbert
Roi du Wessex
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Portrait imaginaire d'Egbert

Règne
802-839
Prédécesseur Beorhtric
Successeur Ethelwulf

Autres fonctions
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Biographie
Décès 839
Père Ealmund
Descendance Ethelwulf
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Egbert (ou Ecgberht), mort en 839, fut roi du Wessex de 802 à sa mort. Son père était Ealmund de Kent. Dans les années 780, Egbert fut contrait à l'exil par Offa de Mercie et Beorhtric de Wessex, mais à la mort de ce dernier, il rentra au pays et s'empara du trône.

On ne sait que peu de choses des vingt premières années de règne d'Egbert, mais on présume qu'il parvint à maintenir l'indépendance du Wessex vis-à-vis du royaume de Mercie, qui dominait à l'époque les autres royaumes du sud de l'Angleterre. En 825, Egbert vainquit Beornwulf de Mercie à la bataille d'Ellendune, et s'empara des dépendances merciennes du sud-est de l'Angleterre. En 829, il vainquit Wiglaf de Mercie et le chassa de son royaume, sur lequel il régna directement pendant une brève période. Plus tard la même année, Egbert vit se soumettre à lui le roi de Northumbrie à Dore, près de Sheffield. La Chronique anglo-saxonne attribua ultérieurement le titre de bretwalda, ou « souverain de Bretagne », à Egbert.

Egbert ne parvint pas à asseoir sa position dominante, et moins d'un an plus tard, Wiglaf reprit le trône de Mercie. Toutefois, le Kent, le Sussex et le Surrey restèrent sous le contrôle du Wessex ; Egbert les attribua à son fils Ethelwulf, qui y régna comme sous-roi. À la mort d'Egbert, Ethelwulf lui succéda ; les royaumes du sud-est furent finalement absorbés par le Wessex après la mort d'Ethelwulf, en 858.

Sommaire

Famille

La plus ancienne version connue de la Chronique anglo-saxonne, la Chronique de Parker, commence par une préface généalogique qui retrace l'ascendance d'Ethelwulf, le fils d'Egbert, à travers Ealhmund (on suppose qu'il s'agit d'Ealmund de Kent), Eoppa et Eafa (inconnus par ailleurs) jusqu'à Ingild, frère du roi Ina, qui abdiqua en 726. Elle remonte ensuite jusqu'à Cerdic, fondateur de la maison de Wessex[1]. Egbert naquit vers 769 ou 771. Il aurait eu pour demi-sœur Alburga, reconnue ultérieurement comme sainte. Elle épousa Wulstan, ealdorman du Wiltshire, et entra dans les ordres à sa mort[2]. La seule source mentionnant la femme d'Egbert est un manuscrit médiéval tardif conservé au Trinity College d'Oxford : il indique qu'Egbert épousa Redburga, regis Francorum sororia, c'est-à-dire une sœur, une belle-sœur ou une nièce de l'empereur des Francs[3]. Cela semble cohérent avec les liens d'Egbert avec la cour royale franque, où il résida en exil, mais manque de références contemporaines.

On ignore le nombre exact d'enfants qu'eut Egbert. Son successeur Ethelwulf, qui gouverna en tant que sous-roi le Kent, l'Essex, le Surrey et le Sussex, était son fils. Certaines versions de la Chronique anglo-saxonne (par exemple les Chroniques de Worcester et Laud) font d'Athelstan le fils d'Egbert, mais la Chronique de Parker le montre comme fils d'Ethelwulf, et donc petit-fils d'Egbert, une reconstruction généralement préférée[4]. Quelques auteurs postérieurs à la conquête normande font de sainte Edith (Eadgyth) de Polesworth la fille d'Egbert, mais cette filiation est douteuse[5].

Contexte politique et jeunesse

La Grande-Bretagne à l'avènement d'Egbert (802)

Offa de Mercie, qui régna de 757 à 796, fut le souverain le plus puissant d'Angleterre durant la seconde moitié du VIIIe siècle. Les relations entre Offa et Cynewulf, roi du Wessex de 757 à 786, sont mal connues, mais il semble probable que Cynewulf ait conservé une certaine indépendance vis-à-vis de la suzeraineté mercienne. Les relations entre rois peuvent être éclairées par les chartes, des documents accordant des terres à des suivants ou des hommes d'Église, et sur lesquelles apparaissaient comme témoins les rois ayant le pouvoir d'accorder ces terres. Dans certains cas, un roi peut apparaître comme subregulus, ou « sous-roi », ce qui montre clairement qu'il avait un suzerain[6],[7]. Cynewulf apparaît comme « roi des Saxons de l'Ouest » sur une charte d'Offa en 772[8], et il fut vaincu au combat par Offa en 779 à Bensington, mais rien d'autre ne permet de suggérer que Cynewulf n'était pas son propre maître, et on ignore s'il reconnaissait Offa comme suzerain[9]. Offa exerçait une influence certaine sur le sud-est du pays : une charte de 764 le montre aux côtés de Heabert de Kent, ce qui suggère que l'influence d'Offa aida Heabert à monter sur le trône[10]. L'étendue du contrôle exercé par Offa sur le Kent entre 765 et 776 est sujette à débat, mais il semble que les rois du Kent aient disposé d'une certaine indépendance vis-à-vis de la Mercie entre 776 et 784[10],[11].

Un autre Egbert, Egbert de Kent, régna dans les années 770 ; il est mentionné pour la dernière fois en 779, dans une charte accordant des terres à Rochester[10]. En 784, un nouveau roi du Kent, Ealmund, apparaît dans la Chronique anglo-saxonne. D'après une note dans la marge, « ce roi Ealhmund était le père d'Egbert [de Wessex], Egbert était le père d'Æthelwulf ». Cette mention s'accorde avec la préface du texte A de la Chronique, qui nomme le père d'Egbert Ealmund sans plus de détails. Cette préface date probablement de la fin du IXe siècle ; la note en marge apparaît dans le manuscrit F de la Chronique, une version kentique datant des alentours de l'an 1100[12].

Ealmund ne semble pas s'être maintenu longtemps sur le trône ; il n'apparaît plus après 784. Il existe cependant de nombreuses preuves de la domination d'Offa sur le Kent à la fin des années 780, et son objectif semble être devenu alors l'annexion pure et simple du royaume[10] ; il a été décrit comme « le rival, non le suzerrain, des rois kentiques[13]. Il est possible que le jeune Egbert ait fui au Wessex vers 785 ; une entrée ultérieure de la Chronique indique que Beorhtric, le successeur de Cynewulf, aida Offa à exiler Egbert[10].

Cynewulf fut assassiné en 786. Egbert contesta peut-être la succession, mais Offa intervint en faveur de Beorhtric dans la lutte intestine qui s'ensuivit[12],[14]. La Chronique anglo-saxonne indique qu'Egbert passa trois années en Francie, exilé par Beorhtric et Offa, avant de devenir roi. Le texte note « iii », mais il s'agit peut-être d'une erreur pour « xiii », treize années. Le règne de Beorhtric dura seize années, pas treize, et tous les textes existants de la Chronique s'accordent sur ce « iii », mais de nombreux historiens modernes estiment qu'Egbert passa bien treize années en Francie. Cela nécessite de supposer que l'erreur de transcription est commune à tous les manuscrits de la Chronique ; la plupart des historiens acceptent cette supposition, mais d'autres la considèrent comme improbable, eu égard à la cohérence des sources[15] Quoi qu'il en soit, Egbert fut probable exilé en 789, lorsque son rival Beorhtric épousa la fille d'Offa de Mercie[16].

Durant l'exil d'Egbert, la Francie était gouvernée par Charlemagne, qui maintint l'influence franque en Northumbrie et dont on sait qu'il soutint les adversaires d'Offa dans le sud. À la même époque, le prêtre Odberht était également exilé en Gaule ; il s'agit presque certainement d'Eadbert Praen, qui devint par la suite roi du Kent. D'après le chroniqueur du XIIe siècle Guillaume de Malmesbury, Egbert apprit à gouverner durant son exil en Gaule[17].

Début de règne

La dépendance de Beorhtric vis-à-vis de la Mercie se poursuivit sous Coenwulf, qui devint roi de Mercie quelques mois après la mort d'Offa[9]. Beorhtric mourut en 802 et Egbert lui succéda, probablement avec le support de Charlemagne et, peut-être, de la papauté[18]. Les Merciens continuèrent à s'opposer à Egbert : le jour de son avènement, les Hwicce (qui avaient formé à l'origine un royaume indépendant, mais avaient été absorbés par la Mercie) attaquèrent, menés par leur earldorman Ethelmund. Weohstan, un earldorman du Wessex, l'affronta avec des hommes du Wiltshire[12] ; d'après une source du XVe siècle siècle, Weohstan avait épousa Alburga, la sœur d'Egbert, et était donc le beau-frère du roi[19]. Les Hwicce furent vaincus, mais Weohstan fut tué, de même qu'Ethelmund[12]. On ne sait rien des relations d'Egbert avec la Mercie durant les vingt années qui suivirent cette bataille. Il semble probable qu'Egbert n'ait eu aucune influence au-delà de ses frontières, mais rien ne prouve qu'il se soumit jamais à la suzeraineté de Coenwulf. Ce dernier était le suzerain du reste du sud de l'Angleterre, mais le titre de « suzerain de l'Angleterre du sud » n'apparaît jamais dans ses chartes, probablement en raison de l'indépendance du Wessex[20].

La Chronique anglo-saxonne note, pour l'année 815, qu'Egbert ravagea la totalité du territoire du royaume breton de Domnonée, que l'auteur de la Chronique appelle « Gallois de l'Ouest » ; leur royaume s'étendait approximativement sur les Cornouailles actuelles[12][21]. Dix ans plus tard, une charte datée du 19 août 825 indique qu'Egbert guerroyait à nouveau en Dumnonée ; on peut possiblement la relier à une bataille enregistrée par la Chronique en 823, entre les hommes du Devon et les Bretons de Cornouailles[22].

La bataille d'Ellendune

L'Angleterre sous le règne d'Egbert

C'est également en 825 qu'eut lieu l'une des batailles les plus importantes de l'histoire anglo-saxonne : la victoire d'Egbert sur Beornwulf de Mercie à Ellendun (aujourd'hui Wroughton, près de Swindon). Cette bataille marqua la fin de la domination mercienne sur le sud de l'Angleterre[23]. La Chronique relate comment Egbert réagit après sa victoire : « Alors il envoya son fils Æthelwulf, et son évêque Ealhstan, et son earldorman Wulfheard, au Kent avec une grande troupe ». Ethelwulf chassa Baldred, le roi du Kent, au nord de la Tamise, et d'après la Chronique, les hommes du Kent, de l'Essex, du Surrey et du Sussex se soumirent tous à Ethelwulf « parce qu'ils avaient auparavant été arrachés à ses parents[12] ». Il s'agit peut-être d'une référence aux interventions d'Offa dans le Kent à l'époque où Ealmund, le père d'Egbert, devint roi ; si tel est le cas, la remarque du chroniqueur indique peut-être également qu'Ealmund avait des liens dans le reste du sud-est de l'Angleterre[18].

La Chronique laisse entendre que Baldred fut chassé peu après la bataille, mais ce ne fut probablement pas le cas. Il subsiste un document du Kent, daté de 826, qui parle de la troisième année du règne de Beornwulf. Il est donc probable que Beornwulf ait toujours possédé une certaine autorité sur le Kent à cette date, en tant que suzerain de Baldred ; ce dernier devait donc toujours être au pouvoir[22],[24]. En Essex, Egbert expulsa le roi Sigered à une date inconnue ; peut-être seulement en 829, vu qu'un chroniqueur tardif associe cette expulsion avec une campagne d'Egbert contre les Merciens cette année-là[22].

La Chronique anglo-saxonne ne précise pas qui était l'assaillant à Ellendun, mais une histoire récente indique que Beornwulf était presque certainement celui qui attaqua. De ce point de vue, Beornwulf voulut peut-être profiter de la campagne du Wessex en Domnonée à l'été 825. Il aurait été motivé par des menaces d'agitation ou d'instabilité dans le sud-est : ses liens dynastiques avec le Kent faisaient du Wessex un menace contre la domination mercienne[22].

Les conséquences d'Ellendun dépassèrent la perte de pouvoir mercienne immédiate dans le sud-est. D'après la Chronique, l'Est-Anglie demanda la protection d'Egbert contre les Merciens la même année, ou peut-être l'année suivante. En 826, Beornwulf envahit l'Est-Anglie, probablement pour reprendre sa suzeraineté. Il fut cependant tué, de même que son successeur, Ludeca, qui envahit l'Est-Anglie en 827, de toute évidence pour la même raison. Il est possible que les Merciens comptaient sur un soutien au Kent : il y avait des raisons de croire que Wulfred, l'archevêque de Cantorbéry, ait été mécontent de la suzeraineté du Wessex, étant donné qu'Egbert mit un terme à la monnaie de Wulfred et commença à frapper la sienne à Rochester et Cantorbéry[22] ; et on sait qu'Egbert s'empara de propriétés appartenant à Cantorbéry[25]. Les affaires d'Est-Anglie se soldèrent par un désastre pour les Merciens, ce qui confirma la puissance du Wessex dans le sud-est[22].

Victoire sur la Mercie

L'année 827 dans le manuscrit [C] de la Chronique anglo-saxonne liste les huit bretwaldas.

En 829, Egbert envahit la Mercie et poussa le roi Wiglaf à l'exil. Cette victoire donna à Egbert le contrôle des monnaies londoniennes, et il frappa des pièces en tant que roi de Mercie[22]. C'est après cette victoire que le scribe du Wessex, dans un passage célèbre de la Chronique anglo-saxonne, le décrit comme bretwalda, terme signifiant « souverain de Bretagne » ou « souverain [de] vaste[s terres] ».

Le chroniqueur nomme également les sept précédents bretwaldas, les mêmes que ceux dont Bède le Vénérable affirme qu'ils eurent l'imperium, commençant avec Ælle de Sussex et concluant avec Oswiu de Northumbrie. On estime souvent que la liste est incomplète et omet plusieurs puissants rois de Mercie, comme Penda et Offa. Le sens exact de ce titre est sujet à débat : on l'a décrit comme « un terme de poésie élégiaque[26] », mais il existe également des éléments qui prouvent qu'il impliquait un rôle certain de meneur militaire[27].

Plus tard en 829, selon la Chronique anglo-saxonne, Egbert reçut la soumission des Northumbriens à Dore (aujourd'hui dans la banlieue de Sheffield) ; le roi de Northumbrie était probablement Eanred[28]. D'après un chroniqueur ultérieur, Roger de Wendover, Egbert envahit et pilla la Northumbrie avant que Eanred se soumette : « Quand Egbert eut obtenu tous les royaumes du sud, il mena une grande armée en Northumbrie, et dévasta cette province par un pillage sévère, et fit payer tribut au roi Eanred ». On sait que Roger de Wendover incorpora des annales northumbriennes dans sa version ; la Chronique ne mentionne pas ces événements[29]. Cependant, la nature de la soumission d'Eanred est incertaine : un historien a suggéré que la rencontre à Dore représentait plus probablement une reconnaissance mutuelle de souveraineté[30].

En 830, Egbert mena avec succès une expédition contre les Gallois, très probablement pour étendre l'influence du Wessex sur les terres du Pays de Galles qui s'étaient auparavant trouvées dans l'orbite mercienne. Cet événement marque l'apogée de l'influence d'Egbert[22].

Reflux après 829

En 830, la Mercie retrouve l'indépendance sous Wiglaf : la Chronique dit simplement que Wiglaf « obtint de nouveau le royaume de Mercie[12] », mais il est plus probable que cela fut le résultat d'une révolte mercienne contre la puissance du Wessex[31].

La domination d'Egbert sur le sud de l'Angleterre prit fin avec le retour en force de Wiglaf, retour suivi par des preuves de son indépendance vis-à-vis du Wessex. Les chartes indiquent que Wiglaf exerça son autorité sur le Middlesex et le Berkshire, et dans une charte de 836, il utilise l'expression « mes évêques, duces et magistrats » pour décrire un groupe incluant onze évêques de l'archevêché de Cantorbéry, dont certains siégeaient en pays des Saxons de l'Ouest[32]. Il est significatif que Wiglaf ait pu assembler un tel groupe de notables : les Saxons de l'Ouest, même s'ils le pouvaient, ne tenaient aucun conseil de ce genre[25],[33]. Wiglaf ramena peut-être également l'Essex dans le giron mercien dans les années qui suivirent son retour au pouvoir[22],[30]. En Est-Anglie, le roi Athelstan frappa des pièces peut-être dès 827, mais plus probablement vers 830, après que l'influence d'Egbert fut réduite avec le retour de Wiglaf. Cette démonstration d'indépendance de la part de l'Est-Anglie n'est pas surprenante, étant donné que c'était probablement Athelstan qui avait triomphé de Beornwulf et Ludeca[22].

La soudaine montée en puissance du Wessex, à la fin des années 820, et son incapacité à conserver sa position dominante, ont été examinées par les historiens à la recherche de causes sous-jacentes. Une explication possible est que la bonne fortune du Wessex dépendait, à un certain degré, du support carolingien. Les Francs soutenaient Eardwulf lorsqu'il reprit le trône de Northumbrie, en 808, et il est donc plausible qu'ils aient apporté leur soutien à l'avénement d'Egbert en 802. Peu avant la mort d'Egbert, à Pâques 839, il était entré en contact avec Louis le Pieux, pour s'assurer un voyage sans heurt jusqu'à Rome. Une relation constante avec les Francs semble avoir été partie intégrante de la politique du sud de l'Angleterre durant la première moitié du IXe siècle[22].

Le soutien carolingien peut avoir été un des facteurs qui aida Egbert à remporter ses victoires des années 820. Cependant, les réseaux commerciaux rhénans et francs s'effondrèrent dans les années 820 ou 830, et en outre, une révolte éclata contre Louis le Pieux en février 830, première d'une série de conflits internes qui dura toute la décennie et au-delà. Ces distractions empêchèrent peut-être Louis de soutenir plus avant Egbert. Ainsi, le retrait de l'influence franque aurait laissé l'Est-Anglie, la Mercie et le Wessex face à face pour trouver un équilibre des pouvoirs indépendant de toute aide extérieure[22].

Malgré la perte de sa domination, les victoires d'Egbert modifièrent en profondeur le paysage politique de l'Angleterre anglo-saxonne. Le Wessex garda la mainmise sur les royaumes du sud-est, hormis peut-être l'Essex, et la Mercie ne put reprendre le contrôle de l'Est-Anglie[22]. Elles marquèrent également la fin du Kent et du Sussex indépendants : les territoires conquis furent administrés pendant un moment comme un sous-royaume, incluant le Surrey et peut-être l'Essex[34]. Si Ethelwulf était un sous-roi d'Egbert, il est clair qu'il maintenait sa propre cour, avec laquelle il voyageait dans son royaume. Les chartes du Kent décrivent Egbert et Athelwulf comme « rois des Saxons de l'Ouest, ainsi que du peuple du Kent ». Lorsque Ethelwulf mourut, en 858, le Wessex alla à un de ses fils et le sud-est à un autre, en accord avec ses dernières volontés, ce qui montre que les deux royaumes ne furent pas pleinement intégrés avant 858[35]. La Mercie restait cependant une menace : Ethelwulf donna des biens à Christ Church, Cantorbéry, probablement afin de contrer toute influence que les Merciens auraient encore pu y avoir[22].

Au sud-ouest, Egbert fut vaincu en 836 à Carhampton par les Danois[12], mais en 838, il remporta une victoire contre eux et leurs alliés bretons à Hingston Down, dans les Cornouailles. La lignée royale de Domnonée se poursuit après cette date, mais on peut considérer que cette date marque la fin de l'indépendance du dernier royaume breton[22]. On connaît assez mal les détails de l'expansion anglo-saxonne en Cornouailles, mais les toponymes fournissent quelques indices[36]. La rivière Ottery, qui coule vers l'est et se jette dans le Tamar près de Launceston, semble avoir constitué une frontière : au sud de l'Ottery, les noms sont en grande majorité corniques, tandis qu'au nord, ils sont plus fortement influencés par les nouveaux arrivants[37].

Succession

Lors d'un concile à Kingston-upon-Thames en 838, Egbert et Ethelwulf accordèrent des terres aux sièges épiscopaux de Winchester et Cantorbéry en échange de leur support à la succesion d'Ethelwulf sur le trône[25],[32],[38]. L'archevêque de Cantorbéry, Ceolnoth, accepta également Egbert et Ethelwulf comme seigneurs et protecteurs des monastères sous le contrôle de Ceolnoth. Ces arrangements, de même qu'une charte ultérieure dans laquelle Ethelwulf confirme les privilèges ecclésiastiques, suggère que l'Église avait reconnu le Wessex en tant que nouvelle puissance politique avec laquelle il fallait compter[22]. Des ecclésiastiques sacraient les rois durant les cérémonies du couronnement, et aidaient à écrire les testaments qui spécifiaient l'identité de l'héritier du roi ; leur soutien avait une valeur certaine pour l'établissement de la puissance du Wessex et d'une succession en douceur pour la lignée d'Egbert[39]. Le compte-rendu du Concile de Kingston et une autre charte de la même année contiennent la même expression : une condition de la cession est que « nous-mêmes et nos héritiers bénéficierons toujours par après de l'amitié ferme et inébranlable de l'archevêque Ceolnoth et de sa congrégation à Christ Church[38],[40],[41].

Si l'on ne sait rien d'autres prétendants au trône, il est probable qu'il ait existé d'autres descendants de Cerdic (l'ancêtre supposé de tous les rois du Wessex) susceptibles de réclamer le pouvoir. Egbert mourut en 839, et son testament, d'après le résumé qui en est fait dans le testament de son petit-fils Alfred le Grand, ne laissait la terre qu'aux membres mâles de sa famille, afin que la maison royale ne les perde pas par mariage. Les richesses d'Egbert, acquises par la guerre, étaient sans doute l'une des raisons pour lesquelles il put acheter le support des ecclésiastiques du sud-est ; et le sens de l'économie que dénote son testament indique qu'il comprenait l'importance de la richesse personnelle pour un roi[39]. La royauté du Wessex avait été fréquemment contestée entre diverses branches de la lignée royale, et il est remarquable qu'Egbert ait réussi à assurer à Ethelwulf une succession sans accroc[39]. En outre, l'expérience acquise par Ethelwulf en tant que sous-roi des conquêtes du sud-est, lui fut sans doute profitable lorsqu'il monta sur le trône[42].

Egbert fut inhumé à Winchester, tout comme son fils Ethelwulf, son petit-fils Alfred le Grand et son arrière-petit-fils Édouard l'Ancien. Winchester commence à présenter des signes d'urbanisation au IXe siècle, et il est probable que cette suite d'inhumations indique que la lignée royale du Wessex avait une haute opinion de Winchester[43].

Précédé par Egbert de Wessex Suivi par
Beorhtric
Roi du Wessex
802-839
Ethelwulf
Baldred
Roi du Kent
825-839
Sigered
Roi de l'Essex
825-839
?
Roi du Sussex
825-839
Wiglaf
Roi de Mercie
829-830
Wiglaf

Notes

  1. G. N. Garmonsway (éd.), The Anglo-Saxon Chronicle, J. M. Dent & Sons, Ltd., Londres, pp. xxxii, 2, 4
  2. D. H. Farmer, The Oxford Dictionary of Saints, p. 10
  3. W. G. Searle, Anglo-Saxon Bishops, Kings, and Nobles, Londres, 1899, p. 343 ; Alison Weir, Britain's Royal Families: The Complete Genealogy, 1989, p. 4
  4. G. N. Garmonsway (éd.), The Anglo-Saxon Chronicle, J. M. Dent & Sons, Ltd., Londres, p. 62-63 ; Swanton, Anglo-Saxon Chronicle, p. 63, note 11. Certains ouvrages populaires, comme Weir, op. cit., p. 5., indiquent Athelstan comme fils d'Egbert.
  5. Yorke, Nunneries and the Anglo-Saxon Royal Houses, p. 39, note 58, suggère qu'Edith était princesse de Mercie ; voir aussi Thacker, Kings, Saints and Monasteries, p. 19. Encore une fois, Edith est la fille d'Egbert dans divers ouvrages populaires, comme Weir, ibidem.
  6. Hunter Blair, Roman Britain, p. 14–15.
  7. P. Wormald, « The Age of Bede and Æthelbald », in Campbell et al., The Anglo-Saxons, p. 95–98
  8. Anglo-Saxons.net: S 108, Sean Miller. Consulté le 17 novembre 2008
  9. a  et b Stenton, Anglo-Saxon England, p. 209–210
  10. a , b , c , d  et e Kirby, Earliest English Kings, p. 165–169
  11. Stenton, Anglo-Saxon England, p. 207
  12. a , b , c , d , e , f , g  et h Swanton, The Anglo-Saxon Chronicle, p. 58–63
  13. Wormald, « Bede, the bretwaldas and the origins of the Gens Anglorum », in Wormald et al., Ideal and Reality, p. 113 ; cité dans Kirby, Earliest English Kings, p. 167 et note 30.
  14. Fletcher, Who's Who, p. 114
  15. Par exemple, Fletcher présume qu'Egbert passa la quasi-totalité du règne de Beorhtric en Francie ; voir Fletcher, Who's Who, p. 114. De la même façon, Swanton annote « 3 années » par « en fait treize années [...] erreur commune à tous les mss ». Voir la note 12 dans Swanton, Anglo-Saxon Chronicle, p. 62–63. En revanche, Stenton accepta le chiffre de trois ans : voir Stenton, Anglo-Saxon England, p. 220. Stenton ajoute en note qu'« il est très dangereux de rejeter une lecture si bien attestée ».
  16. Stenton, Anglo-Saxon England, p. 220.
  17. Kirby, Earliest English Kings, p. 176–177
  18. a  et b Kirby, Earliest English Kings, p. 186
  19. La source, un poème du Chronicon Vilodunense, est décrite par Yorke comme « de l'aveu général [...] loin d'être idéale. Voir Barbara Yorke, « Edward as Ætheling », in Higham & Hill, Edward the Elder, p. 36.
  20. Stenton, Anglo-Saxon England, p. 225
  21. La frontière avait été repoussée jusqu'au Tamar par Ina de Wessex en 710. Voir Kirby, Earliest English Kings, p. 125
  22. a , b , c , d , e , f , g , h , i , j , k , l , m , n , o  et p Kirby, Earliest English Kings, p. 189–195
  23. Stenton, Anglo-Saxon England, p. 231
  24. Anglo-Saxons.net: S 1267, Sean Miller. Consulté le 17 novembre 2008
  25. a , b  et c P. Wormald, « The Age of Offa and Alcuin », p. 128, in Campbell et al., The Anglo-Saxons.
  26. Stenton, Anglo-Saxon England, p. 34–35.
  27. Kirby, Earliest English Kings, p. 17
  28. Kirby, Earliest English Kings, p. 197
  29. P. Wormald, « The Ninth Century », p. 139, in Campbell et al., The Anglo-Saxons
  30. a  et b Yorke, Kings and Kingdoms, p. 51
  31. Stenton cite l'entrée pour 839, qui indique qu'Ethelwulf « accorda » ou « donna » le royaume du Kent à son fils, comme exemple du vocabulaire qui aurait été employé si Wiglaf avait reçu le royaume des mains d'Egbert. Voir Stenton, Anglo-Saxon England, p. 233-235
  32. a  et b Stenton, Anglo-Saxon England, pp. 233–235
  33. P. Wormald, « The Ninth Century », p. 138, in Campbell et al., The Anglo-Saxons.
  34. Yorke, Kings and Kingdoms, p. 32
  35. Abels, Alfred the Great, p. 31
  36. Yorke, Kings and Kingdoms, p. 155
  37. Payton, Cornwall, p. 68.
  38. a  et b Anglo-Saxons.net: S 1438, Sean Miller. Consulté le 17 novembre 2008
  39. a , b  et c Yorke, Kings and Kingdoms, p. 148–149
  40. Anglo-Saxons.net: S 281, Sean Miller. Consulté le 17 novembre2008
  41. P. Wormald, « The Ninth Century », p. 140, in Campbell et al., The Anglo-Saxons
  42. Yorke, Kings and Kingdoms, pp. 168-169
  43. Yorke, Wessex, p. 310

Bibliographie

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu d’une traduction de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Egbert of Wessex ».
Sources primaires
Sources secondaires
  • Richard Abels, Alfred the Great: War, Kingship and Culture in Anglo-Saxon England, Longman, 2005 (ISBN 0-582-04047-7)
  • James Campbell, Eric John, Patrick Wormald, The Anglo-Saxons, Penguin Books, Londres, 1991 (ISBN 0-14-014395-5)
  • Richard Fletcher, Who's Who in Roman Britain and Anglo-Saxon England, Shepheard-Walwyn, Londres, 1989 (ISBN 0-85683-089-5)
  • N. J. Higham, D. H. Hill, Edward the Elder, Routledge, 2001 (ISBN 0-415-21496-3)
  • Peter Hunter Blair, Roman Britain and Early England: 55 B.C. – A.D. 871, W.W. Norton & Company, New York, 1966 (ISBN 0-393-00361-2)
  • D. P. Kirby, The Earliest English Kings, Routledge, Londres, 1992 (ISBN 0-415-09086-5)
  • Philip Payton, Cornwall: A History, Cornwall Editions, 2004 (ISBN 1-904880-00-2)
  • Frank M. Stenton, Anglo-Saxon England, Clarendon Press, Oxford, 1971 (ISBN 0-19-821716-1)
  • Dorothy Whitelock, English Historical Documents v.l. c.500–1042, Eyre & Spottiswoode, 1968
  • Patrick Wormald, D. Bullough, R. Collins, Ideal and Reality in Frankish and Anglo-Saxon Society, Oxford, 1983 (ISBN 0631126619)
  • Barbara Yorke, Kings and Kingdoms of Early Anglo-Saxon England, Seaby, Londres, 1990 (ISBN 1-85264-027-8)
  • Barbara Yorke, Wessex in the Early Middle Ages, Leicester University Press, Londres, 1995 (ISBN 0-7185-1856-X)
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