Frontenac (Louis de Buade, comte de)

Frontenac (Louis de Buade, comte de)

Louis de Buade de Frontenac

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Buste de Frontenac au Monument aux Valeureux, à Ottawa
Louis de Buade, Comte de Frontenac, statue de la façade de l'hôtel du Parlement, Québec

Louis de Buade, comte de Frontenac est né au château de Saint-Germain-en-Laye en France le 22 mai 1622. Nommé gouverneur de la Nouvelle-France, il développe la colonie et la défend contre les attaques anglaises. Il meurt à Québec en 1698.

Sommaire

Biographie

Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau, est une des figures les plus importantes de l'histoire de la Nouvelle-France. Il est aujourd'hui très connu au Québec pour avoir défendu la colonie contre les attaques anglaises et iroquoises.

L'origine de sa famille se situe très certainement dans le Sud-Ouest de la France.

Le grand-père et le père de Louis sont gouverneurs du château de Saint-Germain-en-Laye. C'est pourquoi Louis est né dans le château vieux (l'actuel château) le 22 mai 1622. Il est baptisé dans la chapelle le 30 juillet 1623. Louis XIII, roi de France, devient son prestigieux parrain.

À l'âge de dix-sept ans, Louis de Frontenac entre dans l'armée française. Il participe à plusieurs campagnes de la guerre de Trente Ans. Au siège d'Orbitello en 1646, il est blessé au bras droit, blessure dont il ne guérira jamais. En octobre 1648, Frontenac épouse Anne de la Grange-Trianon, célèbre pour sa beauté physique, si bien que son portrait se trouve à Versailles. Elle est l'héritière d'une immense fortune. Le père d'Anne s'oppose violemment à ce mariage et quand il apprend que les noces ont quand même eu lieu, il déshérite sa fille. En mai 1651, Anne donne naissance à François-Louis, le seul enfant de Frontenac. L'une des sœurs de Louis, Henriette-Marie, est l'épouse de Henri Louis Habert de Montmor

Le premier gouvernement de Frontenac

Le 7 avril 1672, Louis de Frontenac obtient du roi la charge de gouverneur général de la Nouvelle-France. Le 28 juin 1672, il embarque (sans sa femme) à La Rochelle à destination de sa nouvelle mission américaine. À cette époque, la Nouvelle-France est gérée comme une province métropolitaine, même si l'éloignement nécessite des aménagements importants. Frontenac, en sa qualité de gouverneur, a alors pouvoir absolu sur les affaires militaires, il possède même le droit de véto à l'égard des décisions des autres dirigeants. Le départ de l'intendant Jean Talon en novembre 1672 donne au gouverneur encore davantage de pouvoirs.

L'entreprise la plus glorieuse a lieu au début du gouvernement de Frontenac : il s'agit de la découverte du Mississippi par Louis Jolliet (originaire de Montréal) et le père Jacques Marquette (originaire de Laon en France). Puis est construit un immense fort sur le Lac Ontario, auquel on donne le nom de Fort Frontenac (aujourd'hui Kingston dans l'Ontario). Le gouverneur nomme La Vallière commandant de l'Acadie, il entretient des relations avec les Bostonnais, il assure l'alliance avec les Abénaquis et il maintient la paix avec les Iroquois. Mais un complot mené contre Frontenac par un sous-ministre français désireux de prendre le contrôle de la traite des fourrures, entre 1672 et 1682, entraînent en 1682 son rappel vers la France.

Le deuxième gouvernement

Statue de Frontenac dans la cour du Château Frontenac, à Québec

Après un interrègne de sept ans, le comte revient en Nouvelle-France en 1689, et doit faire face à des Anglais de plus en plus belliqueux alliés à la Confédération Iroquoise. Il fait réoccuper le Fort Frontenac (qui avait entre temps été pris par les Anglais) et fait entreprendre des travaux de fortifications à Québec et à Montréal.

En 1690, les Anglais organisent un plan de campagne par terre et par mer contre la Nouvelle-France. L'amiral William Phips s'empare du Fort Pentagouet et de Port-Royal (Acadie), alors que l'expédition partie de New York contre Montréal échoue sur les bords du Lac Champlain. Toutefois, la flotte énorme de Phips remonte le Saint-Laurent et vient assiéger Québec le 16 octobre 1690. Louis de Frontenac organise la défense et la résistance. L'amiral anglais envoie au gouverneur un parlementaire portant une sommation rédigée par avance. Frontenac organise une ruse pour faire croire au délégué qu'il y a beaucoup plus de soldats à Québec qu'il n'avait en réalité. Le délégué présente à Frontenac un ultimatum « au nom de leurs majestés Guillaume III et Marie, roi et reine d'Angleterre » où il invite les Français à se rendre sans combats et termine en disant : « Votre réponse positive dans une heure, rendue par votre trompette avec le retour du mien, est ce que je vous demande sur le péril qui pourra s'en suivre ». Là, le parlementaire anglais tire une montre de sa poche et fait voir l'heure au gouverneur.

Frontenac recevant l'émissaire de William Phips selon Charles William Jefferys

Frontenac répond sans délai : « Je ne connais pas le roi Guillaume, usurpateur qui a violé les droits les plus sacrés du sang en voulant détrôner Jacques II, son beau-père ; quant à votre général, qu'il sache que je n'ai point de réponse à lui faire que par la bouche de mes canons et à coups de fusils ; qu'il apprenne que ce n'est pas de la sorte qu'on traite un homme tel que moi et, quand bien même je voudrais me rendre, tous ces braves officiers que vous voyez n'y consentiraient jamais ».

Le lendemain, des renforts dirigé par M. de Callières arrivent de Montréal. Mais le 18 octobre, les Anglais de Phips débarquent à Beauport, pendant que quatre de leurs navires bombardent Québec. L'attaque dure trois jours, elle est un échec et Phips quitte définitivement la Nouvelle-France.

Suite à leur lourde défaite, les Anglais n'organisent plus eux-mêmes d'autres attaques contre la colonie française, ils préfèrent armer les Iroquois pour attaquer les Canadiens à leur place. En 1691, un fort groupe de guerriers Iroquois, armés par les Anglais, vient camper à l'embouchure de la rivière des Outaouais,à Lachine, près de Montréal, et sème la désolation dans toute la région (on donne donc comme nom à cette tuerie le massacre de Lachine). En 1693 à nouveau, les Anglo-Iroquois reviennent devant Montréal. À chaque fois, ces tentatives, bien que meurtrières, sont des échecs.

Dans le même temps, Frontenac continue à encourager l'établissement de nouveaux postes de traite à l'Ouest. Ainsi, des forts sont bâtis dans la région du Mississippi et dans les Prairies, permettant ainsi aux coureurs des bois d'échanger avec les Sioux et les Amérindiens des plaines. En 1697, la paix est signée entre la France et l'Angleterre (traité de Ryswick). Le gouverneurs continue alors ses projets de consolidation et d'expansion de la Nouvelle-France. Mais à l'automne 1698, Frontenac tombe gravement malade, et sa santé se dégrade rapidement. À la mi-novembre, sentant sa fin proche, il fait la paix avec l'intendant et l'évêque, et meurt le 28 novembre 1698. Il est inhumé en l'église des Récollets de Québec.

Lien interne

Liens externes


Précédé par Louis de Buade de Frontenac Suivi par
Daniel de Rémy de Courcelles Gouverneur de la Nouvelle-France
Pavillon LouisXIV.svg
1672 - 1682
François de Montmorency-Laval


Précédé par Louis de Buade de Frontenac Suivi par
Jacques-René de Brisay, Marquis de Denonville Gouverneur de la Nouvelle-France
Pavillon LouisXIV.svg
1689 - 1698
Louis-Hector de Callière Bonnevue


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