Loup dans la culture européenne


Loup dans la culture européenne
Loup européen

Le Loup gris, une sous-espèce de Canis lupus plus simplement appelé localement loup, est un des animaux les plus emblématiques d'Europe, il était à l'honneur durant l'Antiquité chez la totalité des anciens peuples européens[1].

Les mythologies européennes, depuis les côtes de la Méditerranée jusqu'au nord de la Scandinavie, n'ont eu de cesse de relier le loup à la fécondité, à la protection, à la destruction, à la punition, au soleil et aux divinités héroïques qui incarnaient ces valeurs comme Apollon ou Belen[2].

L'aspect particulier de l'approche des peuples indo-européens par rapport aux Amérindiens du Nord est que le loup symbolise à la fois la protection et la destruction. Il existe donc à l'origine une dualité dans le culte ou la vision de cet animal[3]. Le loup occupe une place dans toutes les religions d'Europe même monothéistes, il est respecté, vénéré ou craint.

Cette symbolique du loup se retrouve aussi chez les peuples turcs et mongols, originaires des steppes. Il est à rappeler que l'hypothèse kourgane (hypothèse majoritaire chez les spécialistes même si elle reste controversée), place l'origine des Indo-Européens dans la steppe pontique située au Nord de la Mer Noire et de la Mer Caspienne. On peut donc présumer une concurrence forte entre le loup et l'Homme dans ce biome.

Avant le développement de l'agriculture et de l'élevage, de nombreux peuples d'Europe se disaient descendants des loups et vouaient ainsi un culte au dieu-loup ancêtre.

Dans l'Antiquité, voir un loup avant le début d'une bataille était aussi présage de victoire, le loup étant l'animal symbolique du chasseur et du guerrier.

Sommaire

Paléolithique et Néolithique

En Europe les premières interactions confirmées entre le loup et l’Homme datent du Paléolithique. Plus tard des loups seront domestiqués pour donner naissance au chien actuel[4] sans que le premier ne disparaisse de l'imaginaire des hommes.

Au Paléolithique, les artistes gravaient des loups sur les parois des cavernes[5].

La plus anciennes trace de cohabitation entre les deux espèces datent d'il y a 14000 ans.

Des traces d'association entre les espèces humaine et canine ont été découvertes en Rhénanie, à Oberkassel aux alentours de Bonn[6]. Elles datent d'environ 12 000 avant J.C., c'est-à-dire 2 000 ans avant la révolution néolithique et 5 000 ans avant la domestication d'autres espèces. Le loup est donc le premier animal domestiqué par l'Homme.

Également en Europe, on a trouvé dans les couches magdaléniennes (11 000 avant J.C.) de la Kniegrotte[7] (" caverne du genou ") en Thuringe (Allemagne) plusieurs ossements de canidé. D'après l'archéozoologue tchèque Musil, ce canidé se distingue du loup du paléolithique supérieur européen par sa taille plus petite, mais aussi par le resserrement des dents jugales. Il ne ressemble toutefois pas encore au chien actuel. Le chien domestique apparait donc vraiment avec des caractères propres à l'issue d'une longue cohabitation avec le loup.

Le loup est le symbole de la puissance de la nature (un peu à l'image du lion en Afrique), qui tantôt protège, tantôt détruit, une sorte de roi de la faune européenne, il est également l'unique réel prédateur organisé capable de concurrencer l'homme dans l'environnement européen. En effet le loup vit en meute comme l'homme vit à cette époque en tribu.

Chez les chasseurs-cueilleurs il était donc l'adversaire et l'exemple à travers son organisation sociale hiérarchisée et sa capacité à utiliser toutes les ressources de la meute pour chasser et assurer la survie du clan.

À cette époque les loups sont beaucoup plus nombreux que les hommes en Europe et ces derniers en rencontrent aisément.

Monde celtique

Carte montrant les volcae en Gaule

Le loup était un symbole pour les Celtes. Lug, dieu suprême de la mythologie celtique, est représenté accompagné de deux loups[8], ce qui s’explique probablement par la ressemblance indo-européenne entre leuks, « la lumière », base du nom de Lug, et lukwos (ou wlkwos) qui signifie « le loup ».

Les Volcae sont une confédération de tribus celtes établies en Gaule et le long du Danube. Volcae signifie "les loups".

Chez les Gaulois

Dans la tradition celtique bretonne Blez est un des derniers grands druides, il est l'instructeur de Merlin l'Enchanteur, futur guide spirituel du roi Arthur. Il vivait comme un ermite dans la forêt avec les animaux qu'il soignait entouré de loups. Le loup étant un des animaux attributs du Dieu Belen son protecteur. Bleiz[9] était de ce fait considéré et surnommé « l'homme-loup ». On retrouve son nom de saint Blaise (en breton : bleiz = loup) célébré le 3 février.


Le loup était le symbole des guerriers gaulois, certains soldats gaulois allaient même jusqu’à recouvrir leur casque d’une tête de loup après avoir mangé leur cœur en rituel[10]. Cela dans le but de s'attribuer les qualités du loup. Le chien a peu à peu remplacé ce dernier dans le culte celtique, y ajoutant quelques attributs.

Mythologie germanique et nordique

Pierre runique représentant le loup Fenrir, Östergötland, Suède
Représentation de Fenrir
Fenrir arrache la main de Týr.
Manuscrit SÁM 66, 1765, Copenhague, Bibliothèque royale.

Quand Odin trônait dans son palais du Walhall, il était représenté avec deux grands loups qui étaient couchés à ses pieds comme dans le cas de Lug chez les Celtes[11].

Dans la mythologie germanique, Fenrir le loup, le « Destructeur » est celui à qui incombe la destruction de l’ordre du monde, c'est l’exécuteur du Destin. Avant la fin du Monde deux autres loups devaient également dévorer le Soleil et la Lune ce qui serait le signe de la fin du monde et de l'affrontement final[12].

Fenrir était le fils de Loki et de Hel, la gardienne des Enfers, il fut élevé par les Ases (dieux) mais il grandit si vite et devint si fort que ces derniers durent l'enchaîner.

Dans l'ancienne Germanie, comme chez les Gaulois, les guerriers se nourrissaient de loups pour acquérir ses qualités que sont la force, la rapidité et l'endurance. Ce rituel permettait de donner du courage aux combattants en les plaçant sous la protection des loups[13].

Les Winnilis, un peuple germanique dont le nom signifie "les loups". Ils ne s'appelaient donc pas hommes mais loups.

Beaucoup de prénoms germaniques sont composés de la racine (w)ulf ou (w)olf (= "loup") : Gundulf, Arnulf, Rodulf, Hariulf, Wolfgang, Wulfram, Wulfila (ou Ulfila), Askulf, Thorulf, Ragnulf, Oddulf, Ingenulf, Haulf, Adolf, Thiudulf, Landulf, Pandulf, Gisulf, Wulfgar, Wulfstan, etc. La plupart de ces prénoms, aujourd'hui désuets, ont progressivement disparu à l'époque médiévale.

Chez les Grecs anciens

Le loup était appelé "lycos" (rac. Λυκw terminée par une labio-vélaire évoluant en k- en gr. et p- en lat.)[14]. Dans la langue grecque primitive, les deux termes utilisés pour désigner la lumière et le loup étaient si proches qu'ils finirent parfois par se confondre : Apollon Lycien, selon les interprétations, désigne soit le dieu de la lumière soit le dieu-loup. Le loup est en également l'emblème du dieu solaire Apollon pour ses actes justiciers.

Zeus marié à Héra eut une aventure avec Léto qui était enceinte de celui-ci. Pour protéger Léto, Zeus la transforma en louve et la mena sur l’île de Délos, où elle mit au monde leurs deux enfants : Apollon et Artémis. Ayant une louve pour mère, ils furent surnommés Artémis Lycaea et Apollon lycien.

Dans Apollo the Wolf-god[15], Daniel E. Gershenson voit en Apollon un dieu d’origine indo-européenne, dont les attributs principaux seraient rassemblés dans l’expression Apollon dieu-loup. Cet auteur s’inscrit dans la lignée des travaux de Louis Gernet Dolon le loup et de Henri Jeanmaire Couroï et Courètes.

Par là, il faut entendre non pas le culte de l’animal en lui-même, mais de son symbolisme de loup mythique, pouvoir duquel est exercé par le vent considéré tant par ses vertus bénéfiques que destructrices. Les vents, comme Zéphyr le vent-loup, peuvent être favorables aux semences, mais sont aussi tenus pour issus des cavernes et cette origine souterraine les met en relation avec les Enfers. Le vent est ainsi le passage entre le chaos et le cosmos.

Ceci explique le rôle de la divinité comme tuteur des éphèbes, de jeunes guerriers qui accomplissent leur initiation d’adultes, sa fonction de protecteur du grain semé et enfin sa qualité de dieu de la prophétie qui révèle les mystères et initie les musiciens et les poètes. Le Lycée, créé par Aristote, est placé dans un gymnase jouxtant le temple d’Apollon Lykeios. Apollon Lykeios, le dieu-loup, serait le maître des passages, dieu qui transforme les forces chaotiques des confréries de loups-garous de l’adolescence vers l’âge adulte, qui dévoile par la prophétie ou la Pythie le monde caché vers le découvert.

Gershenson présente de nombreux témoignages dans le monde européen qui pourraient montrer que ce dieu-loup et dieu-vent remonte à une période antérieure à la séparation des peuples européens qui ont pénétré en Europe centrale et méridionale. Ses déductions ont été confirmées plus tard par Bernard Sergent, un auteur qui a notamment souligné le lien d'Apollon avec les loups et son rôle joué dans les initiations, ainsi que son origine indo-européenne. Apollon est particulièrement associé à Borée, le Vent du Nord. Lug, son équivalent celtique, est un « chevaucheur de tempêtes ». Sergent a cependant accusé Gershenson de donner une vision trop réductrice d'Apollon, ce dieu ayant une personnalité beaucoup plus riche que celle décrite dans cette thèse

À Delphes, le temple d'Apollon était gardé par un loup de bronze, en souvenir d'un vrai loup qui aurait protégé les trésors du temple contre un voleur.

Dans la mythologie grecque, le dieu Hadès, maître des Enfers apparait également vêtu d'un peau de loup.

Chez les troyens

Dolon le Loup décrit par Homère était un guerrier troyen qui s'habillait avec une peau de loup et qui imitait ce dernier. Toutefois dans les récits Dolon ne parviendra jamais à s'accaparer les qualités guerrières de cet animal.

Chez les Étrusques

Carte de l'Étrurie à son expansion maximum

Dans la tradition étrusque, les éléments et monuments funéraires sont ornés d'une forme humaine à tête de loup nommée Aita. On peut souvent voir des mains crochues saisissant un corps humain. Cet être hybride ne serait que l'ancêtre loup des Étrusques ainsi que le soutient Salomon Reinach. Les Étrusques comme d'autres peuples d'Europe et d'Anatolie prétendaient descendre des loups.

Chez les Romains

Statue de la louve allaitant Rémus et Romulus

Faunus Lupercus était le dieu des troupeaux, on le vénérait et invoquait sa protection contre les attaques de loups, il était particulièrement célébré pendant les Lupercales.

Dans la mythologie romaine il était également le symbole de Mars, dieu de la guerre. Chez les Sabins, peuple qui a fortement influencé la culture romaines, Mars (ou plus exactement Quirinus) était un dieu-loup ce qui a sans doute joué un rôle l'adoption du loup comme animal emblématique de Rome.

La Louve était et est toujours l'emblème de Rome, symbole de fécondité et de protection. Les jumeaux Romulus et Remus abandonnés au bord du Tibre furent recueillis, nourris et élevés par une louve, celle-ci devient donc l'emblème de la ville et sera par la suite vénérée par tous les citoyens de l'Empire. Le loup est à la fois le symbole du père Mars et de la mère nourricière du premier roi de Rome.

À Rome toujours, de la graisse de loup frottée sur la porte de la maison des nouveaux époux leur portait bonheur.

Il est également à noter que les prostituées romaines était appelées lupa : « les louves », terme qui donnera le mot lupanar désignant une « maison close ».

Les Daces

La Dacie romaine
Article détaillé : Religion des Daces.

Les Daces[16] se nommaient les loups ou ceux qui sont semblables aux loups.

Ils se considéraient descendants des loups comme les Étrusques. Le dieu loup est celui qui guide l’âme des morts vers l’autre monde[17].

Selon Maria Runcanu, ethnologue du Musée ethnographique de Comanesti, dans l’Est de la Roumanie: La stabilité de son comportement reproducteur, la férocité avec laquelle il procure sa nourriture, sa dignité [...] tous ces traits ont fait du loup, pendant l’Antiquité, une vraie divinité.

Croyances slaves

Le loup fascinait les peuplades slaves, comme en témoignent de nombreux contes anciens. Les slaves sont issus des peuples germaniques et baltes. On lui prêtait la faculté de se métamorphoser selon les circonstances et il jouait ainsi un rôle d'initiateur.

Les Lutices, peuple slave se disaient descendants des loups. Lutices signifie "les loups".

Croyances judéo-chrétiennes

Neuw Jag vnnd Weyderwerck Buch, Francfort 1582

Chez les Hébreux, les loups étaient une manifestation concrète de la toute puissance divine. Selon les textes bibliques, Dieu aurait créé les fauves qui peuplent la terre dans le but de punir les hommes qui seraient coupables d'impiété : aux habitants de Jérusalem qui avaient refusé de se convertir, il aurait envoyé "le loup du désert" pour les ravager.

Plus tard, l'église chrétienne tenta de reprendre cette explication. Cependant pour les habitants des campagnes dans une Europe en pleine expansion démographique et en phase de défrichement massif, le loup passait plutôt pour un envoyé du Diable, et comme il était un des symboles du paganisme, les autorités religieuses de l'époque se mirent donc à le diaboliser et à prôner son extermination.

Cependant St François d'Assise considère Frère Loup comme un semblable tandis qu'à l'époque contemporaine le scoutisme européen qu'il soit ou non de spiritualité chrétienne est très favorable au loup et au louveteau.

Contexte

Grâce aux progrès de l'agriculture, l'homme étendait toujours ses terres cultivables et ses cheptels au détriment des espaces forestiers. La féodalité et la chasse de loisir diminua le gibier, les loups commencèrent donc à s'attaquer davantage aux troupeaux de moutons qui constituent un proie facile en période de manque de nourriture.

Le loup en temps normal n'attaque pas l'homme, en effet, même affamé, il craint l'humain, surtout s'il est face à lui en position débout. Face à l'homme le loup s'éloigne ou s'enfuit.

Toutefois, les loups du Moyen Âge suivaient les hommes lorsqu'ils se promenaient la nuit hors des village mais ils restaient toujours à distance. Sans doute faisaient-il cela pour se nourrir, pensant l'homme en train de chasser et qu'il pourront récupérer des restes de gibier. Ces récits de loups qui suivent au loin les hommes parfois seuls sur des dizaines de kilomètres accentua le phénomène de peur du loup.

Cependant des attaques de loups envers l'homme sont pour la première fois relatées vers la fin du Moyen Âge à partir de la guerre de Cent ans, ces attaques sont également corrélées avec les épidémies de rage qui expliquent un changement comportemental. À cette époque de famine, le loup se serait mis à dévorer les cadavres laissés derrière elles par les armées. Des loups non enragés mais habitués à la viande humaine auraient ainsi commis des actes de prédation envers des hommes affaiblis. Ces cas de prédation disparaissent vers 1820 en raison de l'absence de charniers à ciel ouvert à partir de cette époque. Il subsistera néanmoins quelques attaques isolés liées aux épidémies de rage, mais dans ce cas la cause (la maladie) est identifiée.

Au XVIIIe siècle, les prêtres catholiques affirmaient que la bête qui ensanglantait le Gévaudan avait été envoyée par le seigneur pour châtier les hommes impurs.

Article détaillé : Bête du Gévaudan.

Le loup fut de plus en plus exterminé.

Toutefois, même après la raréfaction et disparition de l'espèce dans de nombreux pays qu'il occupait jadis, l'animal continua à alimenter l'imaginaire des peuples à travers les expressions linguistiques et les contes.

Liens internes

Notes et références

  1. http://www.e-monsite.com/louploup/rubrique-1014153.html La vie des Loups - le loup en détail - la place du loup pour les différentes culture indo-européennes
  2. Ygora - la symbolique du loup en Europe http://www.oldwishes.net/ygora/nav/recits/contes/traditionnels/loups/symbolique.htm
  3. Thomas Stahler - Le mythe du Loup
  4. http://www.vetopsy.fr/histoire/domest_cn.php Domestication du chien à partir de loup
  5. http://donsmaps.com/frenchcavesfr.html Grottes et abris sous roches Français et Espagnols - gravures de loups
  6. Die Wildsäugetiere in der Umwelt des Menschen von Oberkassel bei Bonn und das Domestikationsproblem von Wolfen im Jungpaläolithikum
  7. Studies on Early Dog Remains from Northern Europe - N. Beneke - Journal of archaeological science (J. archaeol. sci.) ISSN 0305-4403 CODEN JASCDU - L'analyse discriminante confirme que les restes de canidés de Mezin, Dobritz-Kniegrotte, Starr Carr et Drigge (Paléolithique Supérieur et Mésolithique) représentent un stade initial de la domestication du loup. Ils se situent entre les loups de Knabstrup et Ertebolle et les chiens de Bonn Oberkassel et Senckenberg
  8. http://breizh.novopress.info/?p=1147 Thomas STAHLER Breizh Novopress
  9. http://www.rhedae-magazine.com/Bleiz-l-Initiateur_a105.html - Bleiz l'initiateur - Rhedae magazine
  10. http://www.haut-koenigsbourg.net/loups/documents/moyena.htm Loup au Moyen Âge - Site du Haut-Koenigsbourg - château-fort alsacien
  11. http://mythologica.fr/nordique/odin.htm Mythologica - Mythologie Nordique
  12. Histoire du Monde - Fenrir http://www.histoiredumonde.net/article.php3?id_article=74
  13. Le loup gris - Le loup dans la Mythologie http://cybcharlotte.free.fr/mythologie/mythologie.htm
  14. http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/itinera/ebook/etymons.pdf - Étymons grecs et latins du vocabulaire scientifique français
  15. Journal of Indo-European Studies, vol. 8, 1991
  16. Les Daces et les loups - Mircea Eliade
  17. Romania radio International - Le loup, fêtes et traditions

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Loup dans la culture européenne de Wikipédia en français (auteurs)

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