Norodom Sihanouk


Norodom Sihanouk
Dans ce nom khmer, le nom de famille, Norodom, précède le prénom.
Norodom Sihanouk
1972 Norodom Sihanouk.jpg
Norodom Sihanouk en 1972
pendant une visite en Roumanie.

Titre
Roi du Cambodge
25 avril 19412 mars 1955
&&&&&&&&&&&0509013 ans, 11 mois et 7 jours
Couronnement septembre 1941
Premier ministre Lui-même
Son Ngoc Thanh
Sisowath Monireth
Sisowath Youtevong
Sisowath Vatchayavong
Chean Vam
Penn Nouth
Yem Sambaur
Ieu Koeus
Yem Sambaur
Lui-même
Sisowath Monipong
Oum Cheang Sun
Huy Kanthoul
Norodom Ranariddh
Ung Huot
Hun Sen
Prédécesseur Sisowath Monivong
Successeur Norodom Suramarit
1er Premier ministre cambodgien
18 mars 194513 août 1945
Monarque Lui-même
Prédécesseur Poste créé
Successeur Son Ngoc Thanh
12e Premier ministre cambodgien
28 avril 195030 mai 1950
Monarque Lui-même
Prédécesseur Yem Sambaur
Successeur Sisowath Monipong
16e Premier ministre cambodgien
16 juin 195224 janvier 1953
Monarque Lui-même
Prédécesseur Huy Kanthoul
Successeur Penn Nouth
20e Premier ministre cambodgien
7 avril 195418 avril 1954
Monarque Lui-même
Prédécesseur Chan Nak
Successeur Penn Nouth
23e Premier ministre cambodgien
3 octobre 19555 janvier 1956
Monarque Norodom Suramarit
Prédécesseur Leng Ngeth
Successeur Oum Cheang Sun
25e Premier ministre cambodgien
1er mars 195624 mars 1956
Monarque Norodom Suramarit
Prédécesseur Oum Cheang Sun
Successeur Khim Tit
27e Premier ministre cambodgien
15 septembre 195615 octobre 1956
Monarque Norodom Suramarit
Prédécesseur Khim Tit
Successeur Sam Yun
35e Premier ministre cambodgien
9 avril 195717 juillet 1957
Monarque Norodom Suramarit
Prédécesseur Sam Yun
Successeur Sim Var
36e Premier ministre cambodgien
10 juillet 195919 avril 1960
Monarque Sisowath Monireth (régent)
Sisowath Kosamak (régente)
Prédécesseur Lui-même
Successeur Pho Proeung
Chef d'État du Royaume du Cambodge
20 juin 196018 mars 1970
Premier ministre Pho Proeung
Penn Nouth
Lui-même
Nhiek Tioulong
Chau Sen Cocsal Chum
Norodom Kanthoul
Lon Nol
Son Sann
Penn Nouth
Lon Nol
Prédécesseur Chuop Hell (régent)
Successeur Cheng Heng (intérim)
Roi du Cambodge
24 septembre 19937 octobre 2004
&&&&&&&&&&&0403111 ans, 0 mois et 13 jours
Premier ministre Hun Sen
Prédécesseur Chea Sim
Successeur Norodom Sihamoni
Biographie
Dynastie Norodom
Nom de naissance Norodom Sihanouk
Date de naissance 31 octobre 1922
Lieu de naissance Flag of Colonial Vietnam.svg Phnom Penh
Père Norodom Suramarit
Mère Sisowath Kosamak
Conjoint 1) Neak Moneang Phat Kanhol
2) Sisowath Pongsanmoni
3) Anak Munang Thach
4) Sisowath Monikessan
5) Devisa Naralakshmi
6) Mam Munivarni Barni Varman
7) Monique Izzi, dite Norodom Monineath Sihanouk
Enfants Premier mariage :
Prince Bopha Devi
Prince Norodom Ranariddh
Deuxième mariage :
Prince Norodom Yuvaneath
Prince Norodom Racvivong Sihanouk
Prince Norodom Chakrapong
Princesse Norodom Sorya Roeungsay
Princesse Norodom Kantha Bopha
Prince Norodom Khemanourak Sihanouk
Princesse Norodom Botum Bopha
Quatrième mariage :
Prince Norodom Naradipo (adopté)
Sixième mariage :
Princesse Norodom Socheatha Sujata
Prince Norodom Arunrasmy
Septième mariage :
Prince Norodom Sihamoni
Prince Norodom Narindrapong

Royal Arms of Cambodia.svg
Monarques du Cambodge
Premiers ministres cambodgien

Norodom Sihanouk (en khmer : នរោត្តមសីហនុ) (né le 31 octobre 1922 à Phnom Penh) est un homme d'État et monarque cambodgien, actuel Roi-Père[1] du Cambodge. Il fut l'une des principales figures de la vie politique cambodgienne au XXe siècle, exerçant notamment une période de pouvoir personnel entre 1953 et 1970, sous les titres successifs de roi, puis de chef de l'État à vie, avant de redevenir roi dans les années 1990. Il fut également à plusieurs reprises premier ministre, cumulant parfois cette charge avec ses fonctions de roi ou de chef de l'État. Il est aussi poète, compositeur, romancier, journaliste et cinéaste.

Le nom dynastique Norodom dérive du sanskrit Narottama : "le meilleur (uttama) des hommes (nara)", épithète de Vishnu. Le prénom Sihanouk est issu du pâli Sihahanu : "à la mâchoire (hanu, cf. Hanuman) de lion (siha)", qui est une épithète du Bouddha et le nom du grand-père paternel de celui-ci.

Il est considéré comme l'un des Pères fondateurs de la Francophonie, avec le Sénégalais Léopold Sedar Senghor et le Nigérien Hamani Diori.

Sommaire

Jeunesse

Norodom Sihanouk suit des études secondaires au Lycée Chasseloup Laubat de Saïgon au Vietnam, le Cambodge n'ayant pas d'écoles secondaires.

Résumé de sa carrière politique

Famille

La dernière épouse Paule-Monique Izzi.

Sihanouk a pratiqué la polygamie. Il a eu sept épouses et 14 enfants, dont 5 ont péri sous le régime des Khmers rouges. En 1952, il se marie avec Paule-Monique Izzi (fille du français d'origine corse Jean-François Izzi et de Pomme Peang de Phnom Penh). Il eut avec cette dernière épouse :

Action politique

Un roi jeune

C'est le gouverneur général de l'Indochine, l'amiral Decoux qui lui annonce au début 1941 que la France nourrit des ambitions politiques pour sa personne et lui remet quelques mois plus tard la couronne d'or des souverains d'Angkor. Il a alors 18 ans. « J’ai appris la nouvelle en versant un torrent de larmes. Je suis trop jeune et je ne m’en sens pas capable », écrira-t-il plus tard dans ses mémoires Souvenirs doux et amers.

En soutenant l'accession de Norodom Sihanouk au trône, en 1941, la France aurait espéré qu'il serait aussi docile que l'empereur du Vietnam Bảo Đại.

Devenu Dieu Roi, il se fait appeler Samdedh'Euv (Monseigneur Papa) et exige que les paysans se prosternent à ses pieds, considérant que « c'est l'expression de l'unité du royaume ».

En mars 1945, l'Empire du Japon prend le contrôle de l'Indochine, détruisant l'administration coloniale française. Pressé par les Japonais, Norodom Sihanouk proclame l'indépendance du Cambodge, mais sans s'avancer dans la collaboration avec le Japon[2]. Toutefois, il est très vite mis sous la tutelle de Son Ngoc Thanh, un dirigeant nationaliste jusque-là en exil à Tokyo et qui, par sa francophobie, offrait de meilleures garanties de soutien aux autorités nipponnes. Son Ngoc Thanh, soutenu par les Japonais, s'auto-proclame chef du gouvernement dans la nuit du 8 au 9 août[2]. Cette première indépendance, toute relative, sera de courte durée et prendra fin en octobre de la même année, avec le retour des Français et l'emprisonnement en métropole de Son Ngoc Thanh.

Le monarque prend alors goût à la politique et dirige même pendant un mois, le gouvernement en 1950.

Il reviendra à la tête du gouvernement en juin 1952 et se donnera trois ans pour obtenir une indépendance totale. Il va lancer sa "campagne royale pour l’indépendance". En 1953, il vient en France, puis se rend au Canada et aux États-Unis, s’exile en Thaïlande pour faire pression sur Paris avant de rentrer triomphalement chez lui en novembre. Depuis le 17 octobre, le Royaume du Cambodge est pleinement souverain.

Dès lors, le pouvoir appartient à Sihanouk. Il lance un mouvement – il insiste pour qu'on ne l’appelle pas "parti" -, le Sangkum Reastr Niyum, la communauté socialiste populaire.

Sihanouk et Mao en 1956

En mars 1955, Sihanouk accompli un geste peu banal : il abandonne sa couronne au profit de son père, Norodom Suramarit pour pouvoir mieux se consacrer à la politique.

En 1956, il devient co-fondateur du Mouvement des pays non-alignés avec le président Yougoslave Josip Broz Tito, le président Égyptien Gamal Abdel Nasser, le président Indonésien Soekarno et le premier ministre indien Jawaharlal Nehru.

En 1960, à la mort de son père, il ne reprend pas sa place de roi. Il prend le titre de chef de l'État et laisse le trône vacant, l'institution monarchique étant incarnée dans la personne de la reine mère Kossamak.

Au début des années 1960, il se rapproche des pays de l'Est et le Cambodge accueille alors plus de mille experts soviétiques. Il permet aussi à quarante mille soldats nord-vietnamiens et vietcong de s'installer dans son pays. De fait, sous couvert d'une neutralité officielle, il choisit le camp communiste, ce qui correspond à une déclaration de guerre contre les Américains. Plus tard, il expliquera qu'il avait fait cette alliance pour sauver sa monarchie et museler les communistes cambodgiens.

Sa police continue à pourchasser les communistes khmers qu'il qualifie de « rouges » et qu'il accuse de conspirer contre lui. En 1967, il déclare se moquer de la Constitution et des lois du royaume, et il fait exécuter sans jugement des centaines de khmers.

À la fin des années 1960, il entreprend un rapprochement avec les Chinois exprimant sa vénération pour Zhou Enlai et Mao Zedong, qui savait le flatter en lui disant que s'il était Chinois, il serait l'empereur de Chine. Les Russes n'apprécient pas ce rapprochement qu'ils considèrent comme une trahison.

En août 1966, il reçoit à Phnom-Penh le général de Gaulle, président de la République française, qui y prononce un discours clairement hostile à l'intervention américaine au Vietnam.

Au Cambodge même, de nombreux scandales financiers touchent la famille royale et la population commence à se fatiguer de ses facéties et de ses caprices. Une opposition se fait jour et le 6 janvier 1970, il se rend en France à Grasse, officiellement pour des problèmes neuro-psychologiques.

Coup d'État et destitution

Le 18 mars 1970, alors que Sihanouk est en visite en URSS, le général Lon Nol, chef du gouvernement, le renverse. Immédiatement, le roi part à Pékin pour fonder un gouvernement en exil, le Gouvernement royal d'union nationale du Kampuchéa, et se range du côté du Nord Viêt-Nam espérant du gouvernement de Hanoï de l'aide militaire pour lutter contre le gouvernement dissident du Cambodge. Le 23 mars 1970, il devient président du Front uni national du Kampuchéa et en avril, à Canton, il est l'initiateur de la conférence au sommet des peuples indochinois regroupant le premier ministre nord-vietnamien Pham Van Dong, le président du Front national de libération du Sud-Vietnam Nguyen Huu Tho et le président Souphanouvong du Neo Lao Haksat.

La période du règne des khmers rouges

Le 17 avril 1975 : l'Armée populaire de libération nationale du FUNC remporte la victoire militaire. Le Kampuchea démocratique est fondé et Norodom Sihanouk en devient le président. Cependant, en avril 1976, il démissionne et est détenu en résidence surveillée. En 1979, à la chute des Khmers rouges, il fuit le Cambodge avant l’invasion vietnamienne et trouve refuge en Corée du Nord.

Président en exil

En 1981, il crée le FUNCINPEC qui intègre en 1982 un gouvernement de coalition en exil mais reconnu par la communauté internationale, regroupant les différents partis politiques dont les Khmers rouges et Le FLNPK (partie républicain de Son Sann). Son rôle est alors essentiellement honorifique, le prince restant en exil à Pékin. Il se considère alors chef de la Résistance Nationale du Cambodge (contre l'État du Cambodge) et Président du Kampuchea démocratique, état qui en fait n'existe plus, mais reconnu par la communauté internationale.

Le retour au pays et nouveau règne

Images de Norodom Sihanouk à l'aéroport de Siem Reap

Le 17 juillet 1991, Norodom quitte la présidence du Kampuchéa démocratique et de la R.N.C. pour se placer au-dessus des factions et partis politiques Cambodgiens. Les 11 membres du Conseil national suprême du Cambodge l'élisent président.

Grâce aux accords de Paris sur le Cambodge de 1991, le pays se dote d'une nouvelle constitution, celle d'une monarchie constitutionnelle. Il retrouve en 1993 son titre de roi. Il abdique en 2004, pour des raisons de santé. Il souffre d'un lymphome depuis 1993. Pour se soigner, il fait de longs séjours à Pyongyang (Corée du Nord) puis à Pékin.

Il laisse le trône à son avant-dernier fils, Norodom Sihamoni. Il prend alors le titre de Roi-Père. En 2010, ses activités de monarque, bien que réduites à quelques rares apparitions publiques, continuent.

Il vit à Siem Reap ou à Phnom Penh quand il est au Cambodge, mais il fait de longs séjours à Pékin pour se faire soigner.

Religion

Bouddhiste, considérant que « monogamie égale monotonie », il prend plusieurs épouses et leur fait de nombreux enfants. Au début de son règne, il s'occupe aussi beaucoup du Ballet royal.



Livres

  • Norodom Sihanouk: La CIA contre le Cambodge, éd. Maspero, 1974.
  • Norodom Sihanouk: Souvenirs doux et amers, éd. Hachette, 1981.
  • Norodom Sihanouk: Prisonnier des Khmers rouges, éd. Hachette, 1986.

Liens externes

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Bibliographie

  • (fr) Article du Monde du 20 mars 1970.
  • (fr)[vidéo] Gilles Cayatte, Les 9 vies de Norodom Sihanouk, film documentaire de 55 minutes, prod. France 5, Alegria, INA, 2008.
  • (fr) Hélène Cixous, L’Histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge, pièce de théâtre, création le 11 septembre 1985 à la Cartoucherie de Vincennes par le Théâtre du Soleil (Mise en scène d'Ariane Mnouchkine)
  • (fr) Olivier de Bernon et Pascal Geneste (dir.), Clothilde Roullier, Les archives de Norodom Sihanouk (1970-2007), Paris, Archives nationales - Ecole française d'Extrême-Orient - Somogy, éditions d'art, 2010.

Notes et références

  1. Site officiel de N. Sihanouk
  2. a et b Pierre Montagnon, La France coloniale, t.2 : retour à l'Hexagone, Pygmalion-Gérard Watelet, 1990
Précédé par Roi du Cambodge Suivi par
Sisowath Monivong
Royal Arms of Cambodia.svg
Norodom Sihanouk
1941-1955
Norodom Suramarit
Précédé par Chef de l'État cambodgien Suivi par
Norodom Suramarit (roi)
Flag of Cambodia.svg
Norodom Sihanouk
1960-1970
Cheng Heng
Précédé par Président du Kampuchea démocratique Suivi par
Sak Sutsakhan
(Président de la République khmère)
Flag of Democratic Kampuchea.svg
Norodom Sihanouk
1975-1976
Khieu Samphan
Précédé par Chef de l'État cambodgien
(Président du Conseil national suprême du Cambodge)
Suivi par
Chea Sim
Flag of Cambodia.svg
Norodom Sihanouk
1991-1993
Lui-même (roi)
Précédé par Roi du Cambodge Suivi par
Norodom Suramarit
Royal Arms of Cambodia.svg
Norodom Sihanouk
1993-2004
Norodom Sihamoni

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  • Norodom Sihanouk — Norodọm Sihanouk   [ sia nuk], König von Kambodscha, Sihanouk …   Universal-Lexikon

  • Norodom Sihanouk — /ˈnɒrədɒm ˈsiənʊk/ (say noruhdom seeuhnook) noun → Sihanouk …   Australian English dictionary

  • Norodom Sihanouk — No•ro•dom Si•ha•nouk [[t]ˈnɔr əˌdɒm ˈsi əˌnʊk, dəm[/t]] n. big Prince, born 1922, Cambodian statesman: premier 1952–60; chief of state 1960–70 and 1975–76 …   From formal English to slang

  • Norodom Sihanouk — /nawr euh dom see euh nook , deuhm/ Prince, born 1922, Cambodian statesman: premier 1952 60; chief of state 1960 70 and 1975 76 …   Useful english dictionary


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