Quebec solidaire


Quebec solidaire

Québec solidaire

Québec solidaire
Logo Québec solidaire.svg
Parti provincial actif
Fondation 4 février 2006
Chef Amir Khadir et Françoise David[1]
Président Françoise David
Permanence Montréal, Québec
Idéologie politique Anticapitalisme, Gauche antilibérale, socialiste, écologiste, partisan de la démocratie participative, féministe, altermondialiste, pluraliste et souverainiste
Alignement international {{{international}}}
Couleurs Orange
Site web www.quebecsolidaire.net

Québec solidaire est un parti politique québécois créé le 4 février 2006 à Montréal. Il est né de la fusion de l'Union des forces progressistes et d'Option citoyenne, respectivement un parti politique et un mouvement politique. Depuis les élections générales du 8 décembre 2008, le parti compte un député à l'Assemblée nationale.

Françoise David et Amir Khadir sont les deux porte-parole. Lors d'un Conseil national qui s'est tenu du 29 septembre au 1er octobre 2006, les délégués de QS ont décidé officiellement de placer plus à l'avant Françoise David, en vue de la période électorale qui eut lieu en 2007, tout en conservant tout de même deux porte-parole. En 2007, Québec solidaire fut donc le premier parti de l'histoire du Québec à présenter une femme comme candidate au poste de première ministre.

Amir Khadir et Françoise David se sont respectivement dénommés «leader de l'aile parlementaire» et «leader de l'aile extraparlementaire» de Québec solidaire[2].

Le logo du parti (qui évoque celui de L'Organisation internationale de la francophonie) est un être humain stylisé. Il fut choisi lors du Conseil national qui eut lieu à Québec le 27 mai 2006. Le choix de ce logo vise à démontrer que, pour Québec solidaire, l'humain est au centre de tout choix politique.

Le 31 décembre 2008, le parti comptait environ 5 210 membres, ce qui est une chute d'un peu plus de 6% par rapport au 1er janvier de la même année (5 557 membres). Entre temps, le nombre de membres avait chuté à 3 457 en date du 23 août. Ces données incluent les «membres jusqu'à 15 mois», alors que le membership ne dure qu'un an à Québec solidaire[3].


Sommaire

Déclaration de principes

Au moment de la fondation du parti, le Congrès de fusion a adopté à l'unanimité (après une heure de débats portant sur les améliorations pouvant être amenées à l'avenir) un document appelé Déclaration de principes. Dans ce document, on retrouve énoncés les principes et les valeurs qui ont mené les deux organisations à fusionner. On retrouve :

Toutefois, le parti a toujours annoncé que le bien commun et leurs visées politiques et sociales sont au cœur de leur projet. Tout membre qui adhère à cet aspect est bienvenu dans le parti.

Amir Khadir intervenant lors du congrès de fondation de Québec solidaire

Structure

Il n'y a pas de « chef » à proprement parler dans ce jeune parti, qui compte plutôt deux porte-parole, comme c'était le cas dans Option citoyenne et dans l'Union de forces progressistes. Les tâches généralement dévolues au chef sont réparties entre la présidente, le secrétaire général et les porte-parole.

Régent Séguin fut élu secrétaire général du parti lors du congrès de fondation et a agit comme chef de parti au sens de la Loi électorale du Québec jusqu'au printemps 2008. Lors du congrès du printemps 2008, Benoît Renaud l'a remplacé à ce poste. Alexa Conradi était présidente de la fondation du partien 2006 à juin 2009. Françoise David est devenue présidente-porte-parole par la suite. La direction du parti est assumée par le Comité de coordination national, composé de 16 personnes élues par le Congrès de fondation. Une personne de l'équipe des bénévoles de la permanence y siège également.

Les porte-parole nationaux de Québec solidaire disposent d'une plus grande visibilité que le secrétaire général et sont donc plus connus. Françoise David a été nommée Personnalité de l'année par Le Point et Amir Khadir est connu pour être devenu le premier député du parti lors des élections dans Mercier en 2008.

L'unité de base du parti est l'association locale. Il y a une association locale pour chacune des 125 circonscriptions électorales au Québec. Ces associations locales sont regroupées dans 19 associations régionales qui ont pour mandat premier de soutenir la fondation d'associations locales. En mars 2007, Québec solidaire compte 61 associations locales organisées. Les étudiant-e-s et le personnel des établissements d'enseignement supérieur sont regroupés au sein d'associations de campus qui participent aussi à la vie démocratique du parti. Deux commissions nationales font aussi partie de la structure de Québec solidaire: la Commission politique et la Commission nationale des femmes. La première est composée de 14 commissions thématiques et est chargée de proposer aux membres un programme. Elle a été responsable de la rédaction de la plate-forme électorale du parti aux élections générales de 2007. La Commission nationale des femmes est composée de déléguées de chacune des régions et est chargée de s'assurer que le féminisme soit une valeur transversale au sein du parti.

Il y a au sein de Québec solidaire ce que l'on nomme des collectifs. Un collectif est un ensemble de membres en règle du parti qui peuvent, en respect des exigences, faire la promotion de leurs idées politiques respectives à l'intérieur de Québec solidaire. Par contre, contrairement à ce qui existait à l'UFP, ces collectifs ne bénéficient pas d'une représentation formelle au Congrès, au Conseil national ou dans les autres instances du parti[4]. Québec solidaire compte actuellement 2 collectifs environnementalistes et 5 aux principes plus radicaux que le parti lui-même. Il s'agit entre autres des collectifs du Parti communiste du Québec, de Gauche socialiste, de Masse critique et de Socialisme International.

Parti communiste du Québec

Article détaillé : Parti communiste du Québec.

Le Parti communiste du Québec est une organisation marxiste. Elle estime nécessaire de créer un parti révolutionnaire des travailleurs qui a pour objectif d’éliminer le capitalisme mondial. Le PCQ a comme priorité la construction du socialisme et l'indépendance du Québec tout en prônant la solidarité internationaliste[réf. nécessaire]. Dans son site Internet, il est affirmé que les opinions qui y sont exprimées «n'engagent que leurs auteurs et/ou le PCQ», selon le cas. Elles n'expriment pas forcément une position officielle de la part de Québec solidaire dans son ensemble[5]. Quatre membres du Parti communiste étaient candidats pour Québec solidaire lors de l'élection générale québécoise de 2008[6]. Ce collectif, de part le parti qu'il représente, est historiquement associé à la IIIe Internationale.

Gauche Socialiste

Gauche Socialiste soulève « [l]a réalité de l'oppression nationale du Québec » et critique « [l]a domination de la bourgeoisie canadienne » qui agit en « complicité [avec] la bourgeoisie québécoise ». Il critique l'étapisme. Il rejette « l'indépendantisme interclassiste » ; pour Gauche socialiste, il faut « [m]obiliser la majorité ouvrière dans un parti de classe ». En somme, Gauche Socialiste souhaite « un Québec socialiste et démocratique » dans « une perspective internationaliste[7] ». Ce collectif est rattaché à la IVe Internationale[8]. 1 des 16 membres du Comité de coordination national de Québec solidaire est membre de ce collectif[9]. Il s'agit de Josée Larouche, responsable du Financement[10].

Masse critique

Masse critique est une organisation ayant une base anticapitaliste et indépendantiste. Elle estime que l'accession du Québec à la souveraineté politique doit passer par la formation d'une Assemblée constituante chargée de rédiger une constitution. Masse critique dit appuyer à la fois la politique des urnes et la politique de la rue[11]. Ce collectif élabore plusieurs formations (éco-socialisme, éducation, économie participative, médias, etc.) dans le but de faire de l'éducation populaire au sein du parti et à l'extérieur[réf. nécessaire]. 3 des 16 membres du Comité de coordination national de Québec solidaire sont membres de Masse critique, ce qui en fait le collectif le plus fortement représenté au sein de l'exécutif du parti[9]. 3 membres de Masse critique se sont d'ailleurs présentés comme candidats lors de l'élection générale québécoise de 2008[12].

Socialisme International

Socialisme International se décrit comme étant « un réseau international de socialistes et de militantes et militants anticapitalistes. Nous participons aux luttes contre la mondialisation, l'impérialisme, la guerre, la brutalité policière, le racisme, le sexisme, l’homophobie, l’assaut contre les droits des travailleuses et travailleurs, bref contre tout ce qui nous divise et sape la solidarité[13] ». Le coordinateur et secrétaire général de Québec solidaire, Benoît Renaud, est membre de Socialisme International[12].


Controverses

Difficultés lors de la fusion UFP-OC

Selon le quotidien La Tribune de Sherbrooke, le directeur général des élections du Québec ne reconnaîtrait pas la fusion entre l'Union des forces progressistes et l'Option citoyenne puisque cette dernière est un mouvement politique et non un parti politique enregistré. Selon le directeur général, la fusion des actifs de ces deux entités revient à un don financier d'une personne morale (Option citoyenne) à un parti politique (Union des forces progressistes), ce qui est illégal au Québec.

Le DGEQ considère que, légalement, Québec solidaire est le nouveau nom de l'Union des forces progressistes, tout comme Union des forces progressistes était le nouveau nom du Parti de la démocratie socialiste, lui-même le nom modifié du Nouveau Parti démocratique du Québec. De manière formelle, Québec solidaire est la continuation, sous une nouvelle identité, du NDP-Québec. Pour se fusionner officiellement à l'Union des forces progressistes/Québec solidaire, Option citoyenne aurait dû s'enregistrer comme parti politique[14]. Le DGEQ a rencontré la direction de l'Union des forces progressistes et d'Option citoyenne à quelques reprises au cours de l'année 2005 afin d'élaborer les scénarios possibles pour assurer la fusion des deux entités.

Le 13 février 2006, le DGEQ a autorisé le changement de nom du parti de l'Union des forces progressistes qui est devenu Québec solidaire[15].

Autres controverses

Fin juillet 2006 une controverse a éclaté quand un journal local a cité Ginette Lewis, candidate de Québec solidaire. Selon ce journal, dans une déclaration publique, madame Lewis disait son admiration pour l'organisation terroriste Hezbollaz disant lui donner un «appui inconditionnel», vantant sa «résistance féroce» et disant que l'organisation radicale musulmane était «un signe d'espoir[16]».

Françoise David, le porte-parole officiel du parti, a dissocié le parti des déclarations de Lewis le jour suivant, soulignant que le QS est un parti pacifiste. Cependant, Ginette Lewis n'a pas renié ses déclarations, et n'a pas non plus condamné l'organisation islamiste radicale, prétendant qu'elle avait été citée de façon inexacte : «je n'ai jamais soutenu le Hezbollah. J'ai dit que j'étais sur le côté de solidarité, la justice et la paix [...][17]».

En entrevue à La Presse en 2006, Amir Khadir a déclaré qu'il n'était pas convaincu de l'explication officielle des États-Unis concernant les attentats du 11 septembre 2001 et se disait en faveur d'une enquête internationale, au regard de la théorie du complot concernant ces attaques.[18]

Le député nouvellement élu de Québec solidaire dans Mercier a également été critiqué[19] pour avoir lancé des chaussures sur une effigie du président des États-Unis, George W. Bush, lors d'une manifestation tenue le 20 décembre 2008 à Montréal[20], en réaction au geste du journaliste irakien Muntadhar al-Zeidi, qui avait lancé des chaussures au président lors d'une visite de ce dernier en Irak, quelques jours plus tôt.

Gauche ou extrême gauche?

Se réclamant de la gauche, Québec solidaire fut néanmoins associé par plusieurs intellectuels, majoritairement de droite, à l'extrême gauche. Richard Martineau du Journal de Montréal souligne le fait que cette formation politique ait laissé une place dans ses instances au Parti communiste du Québec[21], alors que Antoine Robitaille du journal Le Devoir affirme que Québec solidaire rassemble les cinq tendances de l'«extrême gauche plurielle» telles que définies par le livre du politologue français Philippe Raynaud, rappelant au passage que Françoise David fut autrefois une partisante de la révolution[22]. QS se défend en les accusant de «se fier à des préjugés», indiquant que le collectif du PCQ «n’est pas plus stalinien que Québec solidaire» et qu'il respecte le programme électoral du parti[23]. Très critique de Québec solidaire, l'ex-ministre Joseph Facal, associé à la droite du Parti québécois, affirme en parlant de Françoise David que «[p]our la première fois, l’extrême gauche a une porte-parole qui ne fait pas trop peur au monde[24]». André Parizeau, ancien chef du Parti communiste du Québec, estime que «Joseph Facal est vraiment un démagogue de bas étage[25]».

Bien que le parti se réclame d'abord de la gauche social-démocrate et souhaite réformer le capitalisme dans le but de l'humaniser[réf. nécessaire], Québec solidaire reconnaît en son sein des collectifs (Voir dans la section Structure ci-haut) de différentes tendances de la gauche plurielle passant de groupes modérés à des groupes plus radicaux, ce qui a attiré des critique à l'endroit du parti. Les collectifs n'ont cependant aucun droit de vote propre dans les instances du parti qui affirme: «Les collectifs participent aux débats qui mènent aux engagements électoraux, mais une fois qu’ils sont adoptés, ils s’y soumettent comme le reste des membres[26]».

Françoise David estime que «[c]e n'est pas tout le monde qui nous prend pour des espèces de, je ne sais trop, gauchistes extraterrestres qui ne comprennent rien à rien». Quant à Amir Khadir, il a affirmé que «[n]ous ne sommes ni gauche caviar ni gauche radicale[2]».

Par ailleurs, au cours du mois de janvier 2009, l'animateur de radio de Québec Sylvain Bouchard de la station CJMF 93,3 FM a critiqué la mention de Françoise David dans un manuel du cours d'Éthique et culture religieuse. Sylvain Bouchard a parlé de «propagande politique communiste» et de «brainwashage socialiste de vos profs syndiqués en faveur d'un parti», appelant les enfants, dans le cadre d'un concours, à arracher la page et à l'envoyer à sa radio. Il a affirmé que Françoise David est une «soviétique». Il souligne le fait qu'on n'aurait pas accepté qu'un manuel scolaire offre une telle chance à un autre politicien, par exemple Mario Dumont, qui est selon lui un défenseur de la «famille moyenne québécoise». Madame David a critiqué l'attitude de Monsieur Bouchard. Elle a envoyé une lettre à la radio CJMF 93,3 FM pour qu'on mette un terme au concours, sans quoi elle pourrait recourir à «d'autres mesures», sans les préciser[27]». Le passage du manuel sur Françoise David fait partie d’un chapitre intitulé « Le féminisme : un autre regard sur la justice » et la décrit comme l’une des féministes contemporaines les plus connues au Québec. On y souligne, notamment, ses années passées à la présidence de la Fédération des femmes du Québec, et aussi le rôle qu'elle a joué dans la marche Du pain et des roses et la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence. Plusieurs groupes de femmes ont appuyé la démarche de Mme David[réf. nécessaire].

Peu de temps avant le 1er mai 2009, fête internationale des travailleurs, Québec solidaire a produit un manifeste institué Pour sortir de la crise : dépasser le capitalisme?

Québec solidaire et le Parti Québécois

Québec solidaire espère s'attirer les électeurs écologistes, de gauche, féministes, altermondialistes, et les réformateurs démocratiques. Le parti pourrait atténuer l'appui au Parti québécois, parti souverainiste formant actuellement l'opposition officielle au parlement de Québec. Mis à part le fait que Québec solidaire se situe à gauche sur l'échiquier politique, la principale différence entre les deux partis est la façon dont ils conçoivent le projet souverainiste. L'objectif premier du Parti québécois est de faire du Québec un pays souverain, alors que pour QS la souveraineté politique fait partie d'un projet de société plus ample et progressiste fondé sur la justice sociale, la protection de l'environnement, les droits des femmes, la défense de la langue française et de la culture québécoise, etc. Le Parti québécois est d'une idéologie davantage nationaliste et souhaite défendre la langue française et la culture québécoise, sortir les Québécois de leur statut de minorité, défendre les intérêts fondamentaux du Québec, etc., sans qu'il ne s'agisse d'un projet politique se plaçant sur l'axe gauche/droite. Le PQ et QS recourent par ailleurs à des méthodes différentes pour réaliser la souveraineté du Québec. Alors que le PQ souhaite uniquement tenir un référendum sur la souveraineté pour y parvenir, Québec solidaire propose plutôt de créer une assemblée constituante élue par la population, chargée de rédiger une constitution pour un Québec souverain, laquelle serait soumise au peuple lors d'un référendum sur la souveraineté du Québec.

L'apparition de Québec solidaire fait réagir le Parti québécois, historiquement le principal parti souverainiste au Québec. Alors que certains, comme Jean-Pierre Charbonneau, encouragent à créer une forme d'alliance entre les deux partis pour ne pas diviser le vote souverainiste, d'autres ferment la porte sans hésiter, dont André Boisclair, chef du parti de novembre 2005 à mai 2007. Sa principale rivale lors de la course à la chefferie, Pauline Marois, qui appelait alors à une alliance quelconque entre le parti QS et le PQ, refuse maintenant de donner son avis sur la question. Cette dernière a quitté la vie politique le 20 mars 2006, mais est revenue à l'été 2007 lorsqu'elle a été couronnée chef du Parti Québécois.

Élections partielles

Le 10 avril 2006, Québec solidaire participait à sa première élection partielle dans la circonscription de Sainte-Marie—Saint-Jacques. La candidate de Québec solidaire, Manon Massé, a remporté 22 % des voix, terminant ainsi troisième. Le Parti libéral du Québec a terminé deuxième avec quelques points de pourcentage de plus et le Parti québécois premier avec un peu plus de 40 % des voix. Le Parti vert du Québec, l'Action démocratique du Québec, ainsi que deux candidats indépendants participaient également à cette élection.

Le 14 août de la même année, Québec solidaire participa aux élections partielles dans les circonscriptions de Pointe-aux-Trembles et de Taillon. Le chef du PQ, André Boisclair, participait à l'élection dans cette première circonscription. Le PLQ et l'ADQ ne lui opposant pas de candidat, il a remporté l'élection haut la main. Québec solidaire a terminé troisième, derrière le Parti vert, avec 8 % des votes exprimés en sa faveur. Dans Taillon, Québec solidaire a terminé quatrième, derrière le PQ, le PLQ et l'ADQ, avec 7 % des voix. Bien que les journalistes y ont perçu un recul par rapport au score de 22 % obtenu dans Sainte-Marie—Saint-Jacques. Françoise David y voit au contraire une progression, puisque l'UFP avait reçu un résultat bien moindre lors de l'élection générale de 2003 dans ces deux circonscriptions. De plus, ces deux circonscriptions n'ont pas le même profil socio-économique que Sainte-Marie-Saint-Jacques.

Au mois de mai 2008, QS a participé aux élections partielles dans Hull, Bourget et à nouveau dans Pointe-aux-Trembles. Dans la circonscription de Hull, Bill Clennett a recueilli 9,70 % des votes, terminant troisième. C'est la candidate libérale qui a remporté la victoire. Dans la circonscription de Bourget, le candidat solidaire a recueilli 4,33% des votes. Enfin, dans la circonscription de Pointe-aux-Trembles, la candidate de Québec solidaire , a obtenu 1,65% des votes. Il s'agit donc là d'un net recul par rapport à l'élection partielle qui s'était tenue dans cette même circonscription deux ans plus tôt[28].

Élection générale québécoise de 2007

Lors des élections de 2007, Québec solidaire souhaitait présenter des candidates et des candidats dans chacune des 125 circonscriptions québécoises[réf. nécessaire]. Le parti a finalement trouvé 123 candidats et candidates et plus de la moitié d'entre eux étaient des femmes, 65 pour être plus précis, une première pour un parti politique en Amérique du Nord. Françoise David était candidate dans la circonscription montréalaise de Gouin, alors qu'Amir Khadir était candidat dans la circonscription de Mercier[29].

En 2003, le Parti vert du Québec avait évité de présenter des candidats au scrutin là où se présentaient des candidats UFP, tout en se réservant le droit de contester n'importe quelle circonscription. Lors des élections de 2007, considérant le fait que leur parti récoltait maintenant selon les sondages plus d'intentions de vote que Québec solidaire, les Verts avaient la nette intention de faire cavalier seul et de présenter des candidats dans le plus de circonscriptions possible. Ils en ont finalement présenté 108.

Quant au Parti communiste du Québec qui fait partie de Québec solidaire en tant que collectif, celui-ci a décidé de ne pas présenter de candidats et de candidates lors de cette élection et de plutôt appuyer ceux et celles de Québec solidaire. Il faut préciser que le PCQ était l'un des partis fondateurs de l'UFP, ancêtre de Québec solidaire. Le parti a décidé de ne rester actif qu'afin d'éviter qu'une nouvelle formation politique prenne son nom. Le chef du parti, André Parizeau, Francis Gagnon-Bergmann, membre de l'exécutif central, et Jocelyn Parent ont d'ailleurs été candidats pour QS dans les circonscriptions de l'Acadie, de Blainville et de Mirabel[réf. nécessaire].

Au cours de la campagne, Amir Khadir indiquait que « Québec solidaire pourrait livrer une chaude lutte aux partis traditionnels dans 10 à 15 » comtés électoraux[30]. Selon un analyste du quotidien Le Devoir, « [s]ur la base des résultats obtenus par l'UFP » lors des précédentes élections, « Québec solidaire a les meilleures chances dans Mercier, Taschereau, Joliette, Rosemont et Sainte-Marie-Saint-Jacques[31] ». Amir Khadir estimait par ailleurs que sa collègue, Françoise David, avait de bonnes chances de percer dans la circonscription de Gouin[30].

Pendant la campagne, le parti de Françoise David et d'Amir Khadir a défendu la plate-forme adoptée l'automne précédent lors de son Congrès d'orientation et intitulée: 25 engagements électoraux pour les 1000 premiers jours d'un gouvernement solidaire. Le 2 mars, les deux porte-parole présentaient le cadre financier d'un gouvernement solidaire[32].

Le 10 février 2007, pendant la période préélectorale, Québec solidaire a pris position dans le débat entourant les accommodements raisonnables. Françoise David souhaite que cesse « la distinction entre « nous » et « eux », entre Québécois de souche et Néo-Québécois. De plus, le parti a critiqué le fait qu'aucune femme ne fut nommée par le premier ministre Jean Charest pour diriger la Commission sur les accommodements raisonnables, alors que la plupart des accommodements religieux déraisonnables exposés dernièrement s'attaquaient au principe de l'égalité entre les hommes et les femmes. Enfin, Amir Khadir a averti « les démagogues en mal de récolte électorale [qu'ils] font fausse route en attisant les tensions », pointant explicitement du doigt Mario Dumont et son parti[33].

Par ailleurs, malgré ses multiples demandes, Québec solidaire n'a pas pu participer au Débat des chefs, qui a eu lieu pour la première fois à Québec[34].

QS a reçu de nombreux appuis au cours de la campagne électorale : Laure Waridel, écosociologue et ex-présidente d'Équiterre, Luck Mervil, Serge Mongeau, Richard Desjardins, Omar Aktouf, Nycole Turmel, Gaétan Breton, Louis Gill, professeur retraité en économie à l'UQAM, Jean-Marc Piotte, Paul Ahmarani, Richard Thériault, Anne Latendresse, professeure de géographie à l'UQAM[35], Yvon Deschamps, artiste[36], le groupe punk MAP...

Le 26 mars 2007, Québec solidaire a participé à sa première élection générale. Le parti n'a pas réussi à faire élire de député, mais a récolté 144 418 voix en sa faveur, soit 3,64 % des votes exprimés[37]. Amir Khadir a recueilli plus de 29 % des votes dans Mercier, terminant ainsi deuxième derrière le péquiste Daniel Turp, qui a recueilli un peu plus du tiers des votes, et avec une avance de 10 points de pourcentage sur la candidate libérale Nathalie Rochefort[38]. Mme Rochefort avait été élue dans la même circonscription lors d'une élection partielle en 2001 pour ensuite être défaite en 2003 par le candidat péquiste[38]. Françoise David est elle aussi terminée deuxième dans sa circonscription de Gouin, recueillant plus de 26 % des suffrages, soit près de 8% de plus que la candidate libérale Nathalie Rivard[38].

Élection générale québécoise de 2008

Contrairement aux élections du 26 mars 2007, Québec solidaire a décidé de ne pas présenter de candidats dans la circonscription de Notre-Dame-de-Grâce, là où le Parti vert avait enregistré son meilleur score[39]. Ce dernier avait alors obtenu 15,73% des voix, arrivant deuxième derrière le candidat du Parti libéral[40]. Par ailleurs, Québec solidaire ne présente pas de candidat dans la circonscription de Gatineau et dans celle d'Abitibi-Ouest[41].

Parmi les candidats de Québec solidaire, on compte notamment André Parizeau dans l'Acadie et Francis Gagnon-Bergmann dans Blainville, respectivement l'ancien et le nouveau chef du Parti communiste du Québec, collectif reconnu au sein de Québec solidaire[42][43]. Deux autres communistes étaient candidats : Sabrina Perreault, dans Terrebonne, de Jean-Nicolas Denis, dans Bellechasse[6].

Diverses personnalités publiques ont donné leur appui à Québec solidaire. Parmi celles-ci, on compte Michel Chartrand, Raymond Lévesque, Dany Laferrière, Julius Grey et Judi Richards[44]. Par ailleurs, l'ex-ministre péquiste et ancien député de Mercier, Robert Perreault, a donné son appui à Amir Khadir[45].

À quelques jours du vote, Radio-Canada affirmait que la lutte était « féroce » dans la circonscription de Mercier entre le péquiste Daniel Turp et le porte-parole masculin de Québec solidaire Amir Khadir. Lors des élections de 2007, environ 1000 votes séparaient les deux candidats. Selon Amir Khadir, « Mercier est un terreau fertile pour son parti en raison de son profil sociodémographique. Ici, près de 30 % des électeurs oeuvrent dans le domaine des arts, de la culture, du loisir ou des sciences sociales[46] ». Selon Michèle Ouimet, journaliste à La Presse, un bénévole du Parti québécois l'ayant rejoint par téléphone par hasard lui a affirmé que Québec solidaire était en avance dans la circonscription de Mercier. Ainsi, Amir Khadir est devenu le premier député de ce parti à l'Assemblée nationale[47].

Dans la circonscription voisine de Gouin, on assiste plutôt à une lutte à trois entre le député péquiste sortant, Nicolas Girard, la porte-parole féminine de Québec solidaire, Françoise David, et la candidate libérale Édith Keays. Cette dernière qui aurait pu être favorisée par la division du vote entre le PQ et QS[48]. C'est finalement le péquiste Girard qui remporte la circonscription.

Le 8 décembre 2008, Amir Khadir est devenu le premier député solidaire à l'Assemblée nationale en remportant circonscription de Mercier par 872 voix d'avance sur le député péquiste sortant Daniel Turp. Il a obtenu 8 861 votes (38,06%), contre 7 989 (34,32%) pour M. Turp. La libérale Catherine Emond est arrivé troisième avec 4 940 votes (21,22%). Le Parti vert du Québec, l'ADQ et le Parti indépendantiste sont arrivés respectivement en quatrième, cinquième et sixième places[49]. À l'échelle nationale, Québec solidaire a reçu 3.79 % des votes (123 061)[50], ce qui en pourcentage correspond essentiellement au score qu'il a obtenu lors des élections du 26 mars 2007 (3.6%)[51]. Le parti a néanmoins récolté 21 000 votes de moins qu'en 2007, alors que les libéraux et les péquistes recevaient respectivement 49 000 et 14 000 votes supplémentaires[52].

Quant à Françoise David, elle n'a pas remporté la circonscription de Gouin. Le péquiste sortant Nicolas Girard a remporté l'élection avec 10 276 votes (41,11%), soit une majorité de 2 289 votes sur la candidate de Québec solidaire qui a récolté 7 987 votes (31,95%). La candidate libérale a terminé troisième avec 19,90% des suffrages, suivie respectivement par la candidate adéquiste, le candidat du Parti vert et le candidat du Parti indépendantiste[53].

Outre Mercier et Gouin, Québec solidaire a obtenu ses meilleurs résultats dans Sainte-Marie-Saint-Jacques avec Manon Massé, dans Rosemont avec François Saillant, coordonnateur du FRAPRU, dans Hochelaga-Maisonneuve avec Serge Mongeau, dans Hull avec Bill Clennett, dans Taschereau (Québec) avec Serge Roy et dans Laurier-Dorion avec Rhuba Gazal. Ce sont toutes des circonscriptions établies dans des milieux urbains, principalement Montréal.

Programme électoral

Économie verte et sociale QS souhaite développer le transport en commun et le transport de marchandises, nationaliser l'éolien et développer les énergies renouvelables. Les ports méthaniers seraient interdits. Un gouvernement solidaire prendrait des mesures pour rendre les bâtiments moins énergivores, favoriser le compostage et le recyclage et mettre en oeuvre une politique de souveraineté alimentaire. Le mandat de la Caisse de dépôt et placement serait révisé afin qu'elle mette l'accent sur le développement d'une économie respectant des valeurs vertes et sociales. Les CAAF et l'Agence des partenariats publics-privés seraient abolis. Les sociétés publiques et parapubliques seraient appelées à favoriser l'achat local. Par ailleurs, Québec solidaire souhaite augmenter l'impôt des entreprises et des particuliers.

Lutte contre la pauvreté QS souhaite augmenter le salaire minimum, demander au gouvernement fédéral d'hausser ses transferts et construire 50 000 logements sociaux. Québec solidaire souhaite protéger 12% du territoire québécois, donner trois semaines de congés par année à tous, abroger les « lois antisyndicales » du gouvernement Charest, aider les organismes communautaires et adopter une loi anti-SLAPP.

Défense du secteur public QS souhaite lutter contre l'ouverture au privé dans la santé et créer Pharma-Québec, un fabricant public de médicaments génériques afin de faire baisser les coûts reliés aux médicaments pour l'État. L'éducation serait gratuite, y compris à l'université. Un gouvernement solidaire cherchera à trouver des « alternatives à la judiciarisation et à l’incarcération de personnes ou de groupes vulnérables ».

Lutte contre la discrimination QS reconnaît l'égalité entre les hommes et les femmes et souhaiterait aider les groupes de défense des femmes. Un gouvernement formé par ce parti faciliterait l'intégration des immigrants notamment en misant sur la discrimination positive au sein des institutions publiques, renforcerait la Commission des droits de la personne et laisserait plus de place aux immigrants et aux femmes dans les cours d'histoire. QS opte pour la « laïcité interculturelle » et reconnaît les accommodements raisonnables. Enfin, un gouvernement solidaire laisserait plus de place aux handicapés.

Mise en place d'une politique familiale QS veut faire dont de plusieurs allocutions aux parents. 25 000 places en garderies seraient instituées. On aiderait les aînés.

Défense du français et de la culture québécoise QS veut étendre la portée de la Loi 101 aux entreprises de 25 à 50 employés et faciliter la francisation des immigrants. L'accès aux arts serait facilité et l'on instituerait « un véritable réseau de télédiffusion public ».

Faire du Québec un pays souverain QS fera la promotion de la souveraineté au Québec et sur la scène mondiale. S'il est porté au gouvernement, on procédera à l'élection d'une assemblée constituante chargée de rédiger une constitution et de statuer sur l'avenir du Québec. Le tout sera suivi d'un référendum. QS veut négocier d'égal à égal avec les autochtones. On remplacerait le mode de scrutin actuel par un mode de scrutin proportionnel mixte et compensatoire.

Développer une solidarité internationale QS reconnaîtra les droits des peuples autochtones et prendra les mesures nécessaires pour aider à leur développement. Un gouvernement solidaire développera des liens avec les « gouvernements progressistes » et s'opposera aux traités de l'ALÉNA, de la ZLÉA et du PSP. Enfin, QS prendra diverses mesures pour s'opposer à la guerre en général, dont celle en Afghanistan.

Toutes ces mesures seraient financées par une fiscalité plus progressiste, le retour de la taxe sur le capital et des mesures pour combattre l'évasion fiscale, principalement des entreprises.

Résultats électoraux

Élection Nombre de candidats Nombre de sièges  % des votes
partielles 2006 (avril) 1 / 1 0 22,2%
partielles 2006 (août) 2 / 2 0 7,68%
générale 2007 (mars) 123 / 125 0 3,64%
partielles 2008 (mai) 3 / 3 0 5,23%
partielles 2008 (septembre) 1 / 1 0 2,45%
générale 2008 (décembre) 122 / 125 1[49] 3,79%[50]

Références

  1. Amir Khadir et Françoise David sont en fait les porte-parole de Québec solidaire. Le chef du parti, au sens de la Loi électorale, est Benoît Renaud.
  2. a  et b Robert Dutrisac, « Khadir prête serment d'allégeance aux «mal pris» », dans Le Devoir, 18 décembre 2008 [texte intégral (page consultée le 18 décembre 2008)] .
  3. [pdf] Québec solidaire - Estrie, Bilan politique et organisationnel & Perspectives d'action, Québec solidaire - Estrie, Estrie , p. 24.
  4. [pdf] Québec solidaire, Statuts provisoires, Québec solidaire, Magog , p. 12.
  5. Parti Communiste du Québec sur www.pcq.qc.ca, 29 octobre 2008, Part communiste du Québec. Consulté le 29 octobre 2008
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  22. « QS et l’extrême gauche aujourd’hui ».
  23. « Mythe 1 : Parti de communistes ».
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  28. DIRECTEUR GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS DU QUÉBEC. «Résultats préliminaires», Élections partielles : Bourget, Hull, Pointe-aux-Trembles, 12 mai 2008.
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  33. QUÉBEC SOLIDAIRE, Accommodements raisonnables : nous sommes tous et toutes Québécois ! Québec solidaire, 10 février 2007, Montréal.
  34. Presse canadienne, « Québec Solidaire et le Parti vert exclus du débat des chefs », dans La Presse, Montréal, 27 février 2007 [texte intégral] .
  35. QUÉBEC SOLIDAIRE. QuebecSolidaire's Videos, You Tube.
  36. PATRY, David. « Yvon Deschamps : Un appui à Québec Solidaire », Le journal de Montréal, 1er novembre 2006.
  37. DIRECTEUR GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS DU QUÉBEC. « Résultats officiels par parti politique », Élections générales du 26 mars 2007.
  38. a , b  et c Voir article : Mercier (circonscription provinciale)
  39. Loin de la parité
  40. Élections générales du 26 mars 2007 : Notre-Dame-de-Grâce
  41. Liste de candidats : Québec solidaire.
  42. André Parizeau : chef du Parti communiste du Québec
  43. Fabien Deglise, « Francis Gagnon-Bergmann dans Blainville : Une brique à la fois vers la victoire », dans Le Devoir, 17 novembre 2008 [texte intégral (page consultée le 23 novembre 2008)] .
  44. Appuis à Françoise.
  45. « Amir Khadir reçoit l'appui d'un ancien ministre du Parti québécois ».
  46. « Dans Mercier, rien n'est joué ».
  47. « Mercier, la rebelle ».
  48. « Lutte à trois dans Gouin ».
  49. a  et b « Directeur Général des Élections du Québec : Résultats préliminaires dans Mercier ».
  50. a  et b « Directeur Général des Élections du Québec : Sommaire provincial ».
  51. [3].
  52. Joseph Facal, « L'avenir d'une illusion », dans Le Journal de Montréal, 31 décembre 2008 [texte intégral (page consultée le 31 décembre 2008)] .
  53. « Résultats préliminaires dans Gouin ».

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