Richard Tuheiava


Richard Tuheiava
Richard Tuheiava

Parlementaire français
Date de naissance 28 février 1974 (1974-02-28) (37 ans)
Mandat Sénateur
Début du mandat 1er octobre 2008
Circonscription Polynésie française
Groupe parlementaire socialiste (apparenté)
Ve république

Richard Ari'ihau Tuheiava est une personnalité politique française, sénateur de la Polynésie française, né le 28 février 1974 à Papeete, membre du parti Tāvini Huira'atira.

Sommaire

Biographie

Richard Tuheiava est originaire de l'île de Maupiti dans les îles Sous-le-Vent. Il obtient une licence en Droit privé à l'université de la Polynésie française en 1993, puis part à Aix-en-Provence, en France, et y obtient un DESS en droit.

Il devient avocat en fin 1997 et prête serment devant la Cour d'appel d'Aix en Provence[1].

En août 1998, Tuheiava retourne exercer à Tahiti, où il monte son propre cabinet d'avocat en 2002 (avec une certification ISO 9001 version 2000 de mars 2003 à fin 2006).

Dès 1999, Richard Tuheiava est membre de la Ligue des Droits de l’Homme et devient secrétaire général de la section polynésienne de 2001 jusqu'en juillet 2008.

Il adhère à la Jeune chambre économique de Tahiti en juin 2004 et dirige plusieurs commissions dont une, à objet culturel, relative à la préservation du patrimoine culturel et naturel polynésien. Il cofonde, en mai 2006, l’association patrimoniale "Nā Papa e Va’u" basée sur l'île de Ra'iātea œuvrant pour des échanges culturels à l'intérieur du "Triangle Polynésien" autour du grand marae international Taputapuātea, et militant pour l’inscription de ce site sacré au patrimoine mondial de l'UNESCO »[1], projet qu'il avait initié tantôt au sein de la Jeune Chambre économique de Tahiti.

Il est élu président de la Jeune chambre économique de Tahiti en début 2007, pour une année.

En février 2007 et en octobre 2008, il participe aux conférences UNESCO des États parties du Pacifique en Nouvelle-Zélande et en Australie où il défend le dossier d'inscription à l'UNESCO du site Taputapuātea. Tuheiava est élu secrétaire du bureau exécutif d'ICOMOS Pasifika, la section Pacifique de l'ICOMOS (Conseil international des monuments et des sites)[2]. Il adhère aussi à l'ICOMOS France.

Il rentre en politique en mars 2008 pour l'élection municipale à 'Ārue, sa commune de résidence, et, placé en deuxième position de la liste UPLD par sa tête de liste Mme Yolande Bennett, il est élu conseiller municipal dans l'opposition pour une durée de 6 années.

Il est proposé aux sénatoriales 2008 par Oscar Temaru le 2 août 2008 au conseil du Tāvini et de l'UPLD, qui l'élit candidat avec 72 voix contre 13 pour Jean-Marius Ra'apoto. Fort d'une alliance politique controversée entre les deux composantes politiques rivales de toujours, le Tāvini Huira'atira et le Tāhō'ēra'a Huira'atira, Richard Tuheiava est élu sénateur de la Polynésie française dès le premier tour avec 361 voix sur la liste UDSP menée avec Gaston Flosse (372 voix), contre les deux candidats soutenus par Tō Tātou 'Āi'a et l'UMP, Gaston Tong Sang n'obtenant que 318 voix et Béatrice Vernaudon-Coppenrath [3].

Le jeune sénateur fraîchement élu se retrouve "benjamin" de toute l'histoire du Sénat à 34 ans, compte tenu de l'abaissement en 2008 du plancher d'âge d'éligibilité de 35 à 30 ans.

Richard Tuheiava est profondément partisan de la pleine souveraineté de son pays, la Polynésie, et se considère comme « souverainiste ». Une fois cette souveraineté obtenue progressivement dans un cadre de partenariat "rénové", l'interdépendance politique et économique de la Polynésie à l'égard de la France, de l'Union européenne, ainsi qu'avec les pays composant la région Pacifique constituent pour lui une réelle vision politique à long terme. Les préalables à cette pleine souveraineté et interdépendance de la Polynésie constitue prioritairement le développement économique durable et endogène de la Polynésie, parallèlement à un toilettage statutaire adapté (assurant une stabilité politique, etc.) ainsi que l'engagement d'un processus de réinscription sur la liste des pays à décoloniser de l'ONU à l'instar ce que connaît actuellement la Nouvelle Calédonie.

Il est membre de la commission des lois constitutionnelles, et membre du Groupe d'amitié "France-Vanuatu & Iles du Pacifique" du Sénat. Il s'est affilié au Groupe Socialiste en tant que sénateur apparenté.

Sur invitation, il participe au Sommet Global des Peuples autochtones sur le Changement Climatique en avril 2009 à Anchorage (Alaksa, EUA) et participe aux travaux d'élaboration de la Déclaration d'Anchorage[4] qui sera présentée à l' Assemblée Générale des Nations Unies de décembre 2009 à Copenhague.

Grâce à sa profonde implication culturelle puis parlementaire dans les deux dossiers UNESCO polynésiens, Richard Tuheiava sollicite et obtient en mai 2009 et juin 2010 l'inscription du complexe sacré Te Pō/Vallée de Ōpoa, incluant le marae international Taputapuātea[5], sur l'île de Ra'iātea (Polynésie), sur la Liste indicative française[6] des biens à classer au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ceci, en complémentarité avec l'autre dossier UNESCO polynésien des Iles marquises déjà inscrit sur ladite liste depuis 1996. Il a participe notamment aux sessions 2007 et 2009 du Comité du Patrimoine mondial de l'UNESCO.

N'ayant jamais eu le moindre démêlé judiciaire, le Conseil disciplinaire de l'Ordre du barreau de Papeetē l'a toutefois suspendu de son droit d'exercer sa profession d'avocat pour deux ans, dont un an avec sursis, pour « manquements à la délicatesse, à la probité et à l'honneur de la profession ». Une affaire ordinale, provoquant la stupéfaction générale, qui ne concernait que d'anciens manquements déontologiques, tous apurés par l'intéressé, relatifs à un passif financier, des retards chroniques de diligences et quelques écarts organisationnels reconnus, remontant à 2007 et début 2008. Au terme de l'enquête ordinale, Richard Tuheiava était toutefois exempt du moindre reproche comptable, de toute fraude, déviance morale ou malversation financière. Il a fait appel de la sanction qu'il juge sévère[7]. Il a porté plainte au pénal à l'encontre du Conseil de l'Ordre du barreau de Papeete, pour délit de violation du secret professionnel, s'estimant "trahi par ses pairs" à cause de son appartenance souverainiste et en particulier à une période extrêmement instable sur le plan de la politique locale. En effet, la décision disciplinaire avait été divulguée illicitement à la presse pour diffusion générale, avant même sa notification individuelle à l'intéressé. En appel en matière disciplinaire, la sanction a été confirmée et un pourvoi en cassation a été formé.

Son activité parlementaire et politique est toutefois intense :

Sous son impulsion, le Centre du Patrimoine Mondial de l'UNESCO a co-organisé avec la municipalité de l'île de Maupiti (Polynésie française), l'Atelier du Patrimoine Mondial des Pays du Pacifique 2009 sur ladite île du 1er au 7 novembre 2009. Les financements ont pu être obtenus de l'UNESCO, des gouvernements australien et français, de la Confédération Océanienne de Football et de la Commune de Maupiti. Une première en Polynésie, voire dans un territoire français ultra-marin. Au terme de cet Atelier UNESCO, Richard Tuheiava est à l'origine d'une "Déclaration des Pays du Pacifique sur la dimension culturelle de l'Océan"[8] qui sera annexée au Plan d'Action Pacifique de l'UNESCO pour la période 2010-2015.

Il soumet au Président du Sénat ainsi qu'aux différentes commission qui le compose une proposition de "mission d'information commune", sorte de mission d'enquête parlementaire englobant les différents groupes politiques au Sénat, relativement aux enjeux des Zones économiques exclusives (Z.E.E.) ultramarines dans la politique maritime française.

Lors du 22e Congrès des communes de la Polynésie française en août 2010, il est à l'origine d'une "Déclaration des communes de Polynésie française sur le changement climatique" dont il obtient l'adhésion des 48 communes polynésiennes. Une performance inégalée dans les annales des communes de la République, qui vaut le soutien de l'ONERC (Office National d'Etude sur le Réchauffement Climatique) et qui propulse l'intéressé dans les méandres bureaucratiques de la Commission européenne à Bruxelles.

A Bruxelles, il convainc la Commission européenne, sous son organisation, de financer le premier séminaire d'information au programme thématique environnemental E.N.R.T.P. (Programme thématique pour la Gestion durable des ressources naturelles (dont l'Energie), en faveur des communes des 3 PTOM français dans le Pacifique (incluant la Nlle Calédonie et Wallis-Futuna) ainsi que certains pays ACP. Un tel séminaire est organisé du 23 au 27 mai 2011 à Tahiti, et rencontre un très vif succès notamment par sa nouveauté, par la présence de 45 communes polynésiennes sur 48, ainsi que 3 communes calédoniennes, une représentant de l'Assemblée de Wallis & Futuna et des représentants de 3 Pays ACP (Vanuatu, Iles Marshall et Iles Cook), et par la mobilisation médiatique qu'il provoque.

Investi à cet effet par son parti politique (Tāvini Huira'atira), il participe au sein de la délégation Kanake F.L.N.K.S. au 18e Sommet du Groupe mélanésien du Fer de Lance qui se tient à Suva (Fidji) du 23 au 31 mars 2011 afin d'y défendre, au nom de M. Oscar Temaru, l'épineux dossier relatif à la réinscription de la Polynésie française sur la liste des territoires non-autonomes de l'ONU, en prévision du Forum des Iles du Pacifique 2011 à Auckland (Nlle Zélande) en septembre 2011.

Au terme d'une loi proposée par sa collègue centriste au Sénat, Catherine Morin-Desailly, puis votée à l'unanimité par la Haute-chambre ainsi que l'Assemblée Nationale, l'ensemble des têtes momifiées d'origine maorie entreposées dans les musées de France ont fait l'objet d'une restitution vers la Nouvelle Zélande. Dans ce cadre, Richard Tuheiava a participé au vote de cette loi, puis a tenu à être présent tant à la cérémonie de départ de la tête maorie du Musée de Rouen, qu'à son arrivée officielle au Musée National Te Papa de Wellington, en Nouvelle Zélande. Une preuve d'engagement fort du jeune élu vers la cause décolonisante.

Propositions de loi

  • n°10-763 du 12 juillet 2011, relative à la mobilité professionnelle des magistrats et à l'égalité d'accès des postes en outre-mer[9].

Pour lutter contre un «immobilisme mal perçu par les populations locales» et pour «favoriser le nombre de magistrats originaires d'outre-mer», qui seraient «73 magistrats originaires de l'outre-mer sur un ensemble d'environ 7 900 magistrats» (soit 0,92% pour 3% à 4% de la population française[10]) en 2009.

Mandats

  • Sénateur de la Polynésie française depuis octobre 2008
  • Conseiller municipal de'Ārue depuis mars 2008

Lien externe

Notes et références



Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Richard Tuheiava de Wikipédia en français (auteurs)

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