Wish You Were Here (album)


Wish You Were Here (album)
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Wish You Were Here
Album par Pink Floyd
Sortie 15 septembre 1975
Enregistrement 6 janvier au 19 juillet 1975
aux studios Abbey Road (Londres)
Durée 44 minutes (approx.)
Genre Rock progressif
Hard rock
Folk rock
Format 33 tours
Producteur Pink Floyd
Label Drapeau du Royaume-Uni Harvest (EMI)
Drapeau des États-Unis Capitol, puis Columbia
Classement Drapeau du Royaume-Uni N° 1
Drapeau des États-Unis N° 1
Critique Allmusic 5/5 étoiles
Blender 5/5 étoiles
Rolling Stone 5/5 étoiles
Robert Christgau (A-)
Singles
Have a Cigar
Albums de Pink Floyd
The Dark Side of the Moon (1973)
Animals (1977)

Wish You Were Here est le neuvième album studio du groupe Pink Floyd. Enregistré durant la première moitié de 1975, l’album est sorti le 15 septembre de la même année. Malgré des critiques mitigées, il rencontre un succès commercial immédiat, si bien qu'EMI est incapable de produire suffisamment de copies pour satisfaire la demande. Il est depuis souvent compté parmi les meilleurs albums de Pink Floyd, apparaissant dans de nombreux classements musicaux, dont celui des 500 plus grands albums de tous les temps. David Gilmour et Rick Wright, membres du groupe, ont déclaré plus tard qu'il était leur album favori de Pink Floyd.

Sommaire

Historique

Contexte

L’essentiel de l’album est conçu durant une série de concerts en Grande-Bretagne et en France, en 1974, lors de la première tournée de Pink Floyd depuis la sortie de The Dark Side of the Moon, en mars 1973. Au cours de l’année, le groupe ébauche trois nouvelles compositions — Raving and Drooling, You Gotta Be Crazy et Shine On You Crazy Diamond — et les développe tranquillement, en les interprétant en première partie de leurs concerts, avant de jouer l’intégralité de Dark Side of the Moon[1]. Les deux premières chansons durent généralement plus de dix minutes, mais Shine On You Crazy Diamond, à mesure qu’elle se développe, atteint les vingt minutes. C’est ainsi que le pivot central de l’album prend naissance.

Premières tentatives

Les séances d’enregistrement pour Wish You Were Here sont divisées en deux périodes — de janvier à la mi-mars, puis durant trois semaines en juillet 1975, avant une nouvelle tournée de concerts en Amérique du Nord[2]. Les premières sessions d’enregistrement sont difficiles, jusqu’à ce que Roger Waters ait l'idée de diviser en deux la pièce centrale, Shine On You Crazy Diamond, et d’insérer entre les deux parties trois nouvelles compositions. Raving and Drooling et You Gotta Be Crazy sont laissées de côté (elles seront retravaillées pour l’album Animals sous les titres de Sheep et Dogs) et remplacées par de nouveaux morceaux : Welcome to the Machine, écrit par Waters et élaboré en studio, Have a Cigar, développée durant la tournée nord-américaine de 1975, et Wish You Were Here, qui donne son nom à l'album.

L'ingénieur du son pour The Dark Side of the Moon, Alan Parsons, décline la proposition du groupe de continuer à travailler avec eux et part fonder son propre groupe, The Alan Parsons Project[3]. Brian Humphries a déjà travaillé avec Pink Floyd pour More (1969), enregistré aux studios Pye[4], et à nouveau en 1974, en remplacement d'un ingénieur inexpérimenté[5]. Il constitue donc un choix logique pour le nouvel album du groupe, même si sa méconnaissance des studios Abbey Road entraîne tout d'abord quelques difficultés, notamment lorsqu'il gâche par accident les bandes de Shine On, que Waters et Mason avaient passé de longues heures à retravailler : l'écho indésirable oblige le groupe à réenregistrer le morceau tout entier[6],[7].

Le groupe, qui travaille dans le studio n° 3[8], a tout d'abord du mal à produire de nouveaux titres : le succès phénoménal de The Dark Side of the Moon a laissé les quatre Pink Floyd épuisés sur les plans physique et émotionnel. Par la suite, Rick Wright a décrit ces premières sessions comme « tombant dans une période difficile », et Waters les a qualifiées de « torture »[9]. Le batteur Nick Mason trouve la technique d'enregistrement multipiste longue et fastidieuse[10], tandis que David Gilmour préfèrerait améliorer les titres déjà existants. En outre, le mariage de Mason bat de l'aile, entraînant un malaise général et une certaine apathie dont son jeu se ressent[9]. Mason a depuis admis que la violente tribune de Nick Kent dans le NME a pu avoir comme effet de maintenir le groupe soudé[11],[12].

« Je dois dire que c'était une période très difficile. Tous nos rêves d'enfants avaient été en quelque sorte réalisés, nous avions les plus grosses ventes de disques au monde et tout ce que ça supposait ; les filles, l'argent, la gloire, et tout ça, c'était... tout nous avait comblé, en quelque sorte, et il fallait redéfinir la raison pour laquelle nous continuions, et ç'aura été une période plutôt confuse et assez vide pendant un moment... »

— David Gilmour[13]

Idée de concept

Les mythiques studios Abbey Road, où furent enregistrés la plupart des albums de Pink Floyd, mais aussi ceux des Beatles.

Au bout de plusieurs semaines, Waters commence cependant à entrevoir un nouveau concept[9]. Les trois compositions inédites de la tournée 1974 constituent un point de départ valable, et Shine On You Crazy Diamond est un choix plausible comme pièce maîtresse du futur album : les quatre premières notes de ce long titre de plus de vingt minutes, quasiment instrumental et semblable à Echoes, rappellent à Waters l'ombre de Barrett qui plane toujours sur le groupe[9]. Gilmour avait composé ce passage par accident, mais la réaction positive de Waters l'encourage[14].

Waters souhaite diviser Shine On You Crazy Diamond en deux et intercaler deux nouveaux titres au milieu. Gilmour n'est pas d'accord, mais il est le seul à penser ainsi, et l'idée de Waters est donc adoptée par trois voix contre une[15]. Les critiques tout juste déguisées de l'industrie du disque de Welcome to the Machine et Have a Cigar constituent un bon contrepoint à Shine On, et l'ensemble résume l'ascension et la chute de Barrett[16]. Raving and Drooling et You Gotta Be Crazy n'ont plus de place dans le nouveau concept et sont donc écartées ; elles formeront par la suite la base de Sheep et Dogs sur l'album suivant du groupe, Animals[17].

Visite de Syd Barrett

L'un des événements les plus notables survenus durant l'enregistrement de Wish You Were Here a lieu le 5 juin 1975. Ce jour-là, Gilmour épouse sa première femme Ginger, et la deuxième tournée américaine du groupe cette année-là est sur le point de débuter[18]. Le groupe est sur le point d'achever le mix final de Shine On[19] lorsqu'un individu corpulent, au crâne et aux sourcils rasés, entre dans la pièce, une poche en plastique à la main. Waters commence par ne pas le reconnaître[20], de même que Wright. Celui-ci imagine qu'il s'agit d'un ami de Waters et demande à ce dernier de qui il s'agit, mais il réalise finalement qu'il s'agit de Syd Barrett[21]. Gilmour croit tout d'abord qu'il s'agit d'un employé d'EMI[14], et Mason ne le reconnaît pas non plus ; il est « horrifié » lorsque Gilmour lui apprend la vérité. Dans son livre, Mason se souvient de la conversation de Barrett comme « décousue et pas entièrement cohérente[22] ». « Deux ou trois personnes ont pleuré. Il s'est assis et a causé un moment, mais il n'était pas vraiment là », se souvient Storm Thorgerson[23].

Waters semble avoir été profondément troublé par la vision de son ancien collègue. Celui-ci dit être prêt à offrir ses services au groupe, mais ne semble pas avoir compris, en écoutant le mix de Shine On, que la chanson parlait de lui. Il se mêle aux invités de la réception de mariage de Gilmour à la cantine d'EMI, puis part sans dire au revoir à personne. Aucun des membres du groupe ne le reverra avant sa mort, en 2006[24]. Il est possible que la présence de Barrett ait influé sur la version finale de la chanson, même si les paroles étaient déjà écrites : vers la fin de l'album, un passage de See Emily Play joué par Wright est clairement audible[22].

« Je suis très triste pour Syd. Bien sûr, il était important, et le groupe n'aurait jamais connu ce putain de décollage sans lui, vu qu'il écrivait toutes les chansons. Ça n'aurait pas pu avoir lieu sans lui, mais en même temps, ça n'aurait pas pu continuer avec lui. Shine On ne parle pas vraiment de Syd — il symbolise juste l'absence extrême à laquelle certaines personnes sont tentées de céder, parce que c'est la seule façon pour elles de supporter la tristesse de la vie moderne, de se retirer complètement. Je trouve cela terriblement triste[25]. »

Sessions finales

Les séances d'enregistrement sont interrompues à deux reprises par des tournées aux États-Unis, en avril, puis en juin[26]. Les dernières sessions, qui prennent place après la première interprétation publique de l'album à Knebworth, se révèlent particulièrement difficiles pour Waters[15]. Il lui faut plusieurs prises pour parvenir à une version acceptable du chant sur Have a Cigar, du fait de sa faible tessiture, mais aussi de la fatigue entraînée par l'enregistrement du chant de Shine On. Il demande à Gilmour de chanter à sa place[22], mais celui-ci refuse, et le groupe demande finalement au chanteur Roy Harper de tenir ce rôle. Harper enregistre son propre album dans un autre studio d'Abbey Road, et Gilmour a déjà joué un peu de guitare pour lui. Par la suite, Waters a regretté cette décision, déclarant qu'il aurait dû se charger du chant lui-même[27].

Comme dans The Dark Side of the Moon, le groupe emploie des synthétiseurs, notamment le VCS3 sur Welcome to the Machine, mais tempérés par la guitare acoustique de Gilmour et les percussions de Mason[6]. Le début de Shine On inclut des bribes d'un projet inachevé du groupe, The Household Objects : le son produit par un doigt passant sur le bord de verres de vins remplis à différents degrés passé en multipistes[17].

Les violonistes Stéphane Grappelli et Yehudi Menuhin jouent au même moment dans un autre studio, et Pink Floyd les invite à enregistrer un passage pour l'album. Grappelli joue sous le regard de Menuhin ; le groupe décide en fin de compte de ne pas retenir sa performance, et enregistre par-dessus[28]. Il n'est pas crédité (le groupe ayant pensé qu'il pourrait se sentir insulté), mais est payé 300 livres[29]. Le saxophoniste Dick Parry, déjà présent sur The Dark Side of the Moon, revient sur Shine On[12].

L'essentiel de Wish You Were Here est joué pour la première fois en public le 5 juillet 1975 au festival à ciel ouvert de Knebworth. Le chanteur Roy Harper est également présent, et il saccage l'une des camionnettes de Pink Floyd en découvrant que son costume de scène a disparu. L'incident entraîne un retard dans l'installation de l'équipement du groupe ; deux Spitfire de la Seconde Guerre mondiale étaient censés survoler le groupe au moment de son entrée sur scène, et ils ne peuvent être repoussés. En outre, un problème de courant désaccorde les claviers de Rick Wright, ce qui handicape sérieusement le son du groupe : à chaque fois que le volume de la sono principale est haussé, les claviers se désaccordent à nouveau. Au bout d'un moment, Wright quitte la scène, mais le spectacle se poursuit avec un clavier moins sensible, un piano, et un jeu de lumières plus simples. Après un bref entracte, le groupe revient sur scène pour interpréter The Dark Side of the Moon. Les critiques, frustrés de s'être vus refuser l'accès aux coulisses, descendent le concert dans leurs articles[30],[31].

Caractéristiques artistiques

Analyse musicale

Wish You Were Here est le second album de Pink Floyd structuré autour d'un thème conçu par Roger Waters, qui a l'impression que la camaraderie qui régnait jusqu'alors au sein du groupe a largement disparu[17]. Avec cet album, Pink Floyd continue ses expérimentations sonores, avec l’usage d’effets sonores et de synthétiseurs, déjà présents sur le précédent album du groupe, The Dark Side of the Moon. Les paroles des chansons, toutes signées par le bassiste Roger Waters, explorent principalement les thèmes de l’absence, inspirées par le souvenir de l’ex-membre du groupe Syd Barrett, qui a été exclu en raisons de son instabilité psychologique due à sa prise significative de LSD. Les textes présentent également une critique rageuse de l’industrie musicale ; Waters la peint comme dénuée d’humanité, plus intéressée par l’argent que rapporte la musique qu’à la musique elle-même.

L'album s'ouvre sur une introduction instrumentale de près de neuf minutes. Il débute par plusieurs nappes de claviers enregistrées en re-recording par Rick Wright, puis entre en scène David Gilmour, dans ce qui reste son chorus le plus célèbre[32]. Enfin arrivent les paroles de Roger Waters sur Shine On You Crazy Diamond. Il s'agit d'un hommage à Syd Barrett, ex-membre du groupe que des troubles mentaux aggravés par la drogue avaient forcé à quitter le groupe en 1968[20]. Les paroles offrent des souvenirs émus de Barrett, à l'image de « Remember when you were young, you shone like the sun » (« Rappelle-toi ta jeunesse, tu brillais comme le soleil ») ou « You reached for the secret too soon, you cried for the moon » (« Tu as découvert le secret trop tôt, tu as hurlé à la lune »)[33].

L'album critique également l'industrie musicale : Shine On se fond dans Welcome to the Machine, qui débute sur le son d'une porte qui s'ouvre, décrit par Waters comme symbolisant les découvertes et avancées musicales trahies par des marchands de musique poussés par l'appât du gain et de la gloire. Elle s'achève sur les bruits d'une fête, témoignage du « manque de contacts et de vrais sentiments entre les gens ». Have a Cigar décrit également avec mépris l'industrie du disque, avec des paroles comme « we call it riding the gravy train » (« on appelle ça la pompe à fric ») ou « by the way, which one's Pink » (« au fait, lequel d'entre vous est Pink ? ») – une question réellement posée au groupe[6]. Les paroles de la chanson-titre ne se rapportent pas uniquement à l'état de Barrett, mais aussi à la dichotomie du personnage de Waters, partagé entre son idéalisme et sa personnalité dominante[34]. L'album s'achève sur une reprise de Shine On et une longue conclusion instrumentale.

Pochette

Les studios Warner Bros. de Los Angeles, où a été prise la photographie de la pochette

La pochette et la conception artistique de Wish You Were Here comptent parmi les plus complexes des albums du groupe. Storm Thorgerson a suivi Pink Floyd lors de la tournée 1974 et a longuement réfléchi aux paroles de Waters, concluant que les chansons tournent autour d'une idée de « présence inaccomplie », plutôt que la maladie de Barrett[35].

La thématique de l'absence se retrouve dans les idées issues de ses longues séances de réflexion avec le groupe. Ayant remarqué comment l'album de Roxy Music Country Life était vendu dans un emballage de cellophane vert opaque qui dissimulait sa pochette, Thorgerson reprend cette idée, cachant la pochette de Wish You Were Here dans un emballage de plastique noir, si bien que la pochette est elle-même « absente ». Le concept sous-tendant Welcome to the Machine et Have a Cigar suggère l'image d'une poignée de main (geste souvent dénué de sens), et George Hardie conçoit un autocollant à placer sur le plastique noir : deux mains mécaniques engagées dans une poignée de main.

La pochette de l'album part de l'idée que les gens ont tendance à dissimuler ce qu'ils ressentent vraiment, de peur de « se faire griller » : elle représente deux hommes d'affaires se serrant la main, l'un d'entre eux étant en feu. Il s'agit de deux cascadeurs, Ronnie Rondell et Danny Rogers, ce dernier portant une tenue anti-feu sous son costume-cravate. Sa tête est protégée par une capuche, dissimulée sous une perruque. La photographie a été prise aux studios Warner Bros. de Los Angeles[36],[37]. Le vent souffle tout d'abord dans la mauvaise direction, rabattant les flammes vers Rondell et mettant le feu à sa moustache. Les cascadeurs échangent donc leurs positions, et l'image est ultérieurement inversée[38].

La pochette arrière dépeint un « représentant en Floyd » dépourvu de visage, « vendant son âme » dans le désert, selon l'expression de Thorgerson (la photographie a été prise dans le désert de Yuma, en Californie). Ses poignets et chevilles sont invisibles, si bien qu'il apparaît sous la forme d'un « costume vide ». L'intérieur de la pochette présente deux photographies encore liées au thème de l'absence : d'abord un voile rouge flottant au vent dans une clairière du Norfolk, derrière lequel, en y regardant très attentivement, on entrevoit une silhouette de femme apparemment nue, puis les jambes d'un nageur dépassant de la surface du lac Mono – il semble venir tout juste de plonger, mais la surface du lac ne présente aucune vague[37],[36]. Columbia Records, distributeur américain des disques de Pink Floyd, s'oppose (sans pouvoir y faire quelque chose) à la décision de dissimuler la pochette sous un plastique noir ; à l'inverse, EMI n'y voit aucun problème[38],[39]. Le groupe semble avoir été extrêmement satisfait du produit final, accueillant une maquette de pré-production par des applaudissements spontanés[36].

Parution et réception

Succès commercial

L'album sort le 12 septembre 1975 au Royaume-Uni et le lendemain aux États-Unis[40]. Les 250 000 commandes britanniques le propulsent immédiatement en tête des charts, et la demande est telle qu'EMI informe les détaillants qu'ils ne pourront satisfaire que la moitié de leurs demandes[41], tandis qu'aux États-Unis, Columbia a reçu plus de 900 000 commandes (un record) pour l'album[42], qui se hisse en tête du Billboard dès sa deuxième semaine.

Pink Floyd et leur manager Steve O'Rourke sont mécontents du label américain de EMI, Capitol Records[43], et Wish You Were Here est le premier album de Pink Floyd à paraître aux États-Unis sous l'étiquette Columbia, filiale de CBS. Le groupe reste toutefois distribué par le label d'EMI Harvest en Europe[44]. Ce changement de label a donné au groupe la possession de ses enregistrements à partir de ce point : les albums qui suivent Wish You Were Here sont copyrightés « Pink Floyd Music Limited », puis « Pink Floyd (1987) Ltd. » après le départ de Waters, et non au label correspondant.

L'album a été certifié disque d'argent et disque d'or (respectivement 60 000 et 100 000 ventes) au Royaume-Uni le 1er août 1975, et disque d'or aux États-Unis le 17 septembre de la même année. Il a été certifié six fois disque de platine le 16 mai 1997[45], et ses ventes sont estimées en 2004 à environ 13 millions d'exemplaires dans le monde entier. Le premier single du groupe chez Columbia est Have a Cigar, avec Welcome to the Machine en face B[6].

Accueil critique

Si l'album se vend très bien, il fait cependant l'objet de critiques mitigées à sa sortie : dans Rolling Stone, Ben Edmunds affirme que le « potentiel » recelé par Shine On You Crazy Diamond ne se concrétise jamais, et que le groupe traite son thème de façon si terre-à-terre « qu'il pourrait aussi bien chanter sur le beau-frère de Roger Waters prenant un ticket de parking ». Comparant le groupe à tous les musiciens qu'il a inspirés, il écrit que les seconds ont au moins « une passion sincère pour leur "art" », « chose dont Pink Floyd est dépourvu »[46]. Robert Christgau est plus enthousiaste : pour lui, « la musique est non seulement simple et attirante, les synthétiseurs étant surtout employés pour la texture et les breaks de guitare en guise de commentaires, mais elle réussit en outre à atteindre une certaine dignité symphonique que The Dark Side of the Moon simulait avec pomposité »[47]. Mais pour Melody Maker, « de quelque direction que l'on approche Wish You Were Here, il sonne toujours faux avec sa sincérité pompeuse, témoignant d'un manque critique d'imagination dans tous les domaines[40] ».

Malgré les problèmes rencontrés durant la production, l'album est resté le favori de Wright : « c'est un album que je peux écouter pour le plaisir, et ils ne sont pas si nombreux que cela dans le catalogue du Floyd[48]. Gilmour partage cette opinion : « En ce qui me concerne, je dois dire que c'est mon album favori, l'album Wish You Were Here. Le résultat final de tout cela, quoi que cela ait été, a définitivement laissé pour moi un album dont je suis très, très heureux. Je l'aime énormément[13] ».

Rééditions

Wish You Were Here a été réédité en quadriphonie au Royaume-Uni (EMI Harvest Q4 SHVL 814) et aux États-Unis (Columbia PCQ 33453) en 1976. Une version audiophile est parue en 1980, au Royaume-Uni uniquement (EMI Harvest SHVL 814).

L'album connaît sa première sortie au format CD aux États-Unis en 1983 (Columbia CK 33453), puis en 1985 au Royaume-Uni (EMI CDP 7460352). Une version CD remasterisée est parue en 1994 avec une nouvelle pochette (EMI CD EMD 1062).

L'album est inclus dans les coffrets Shine On (1992) et Oh, By the Way (2007).

En 1997, l'album est réédité chez Columbia (CK 64405) dans une nouvelle version remasterisée, plus longue de quelques secondes que le remaster de 1994. Son label reprend le logo original de la poignée de main mécanique, sur fond noir et bleu. L'album a été réédité le 25 avril 2000, à l'occasion du vingt-cinquième anniversaire de sa sortie, chez EMI et Capitol (72438297502) : cette version reprend le remaster du coffret Shine On sous la pochette de la réédition de 1994[37].

Liste des chansons

Face A
No Titre Auteur(s) Chant principal Durée
1. Shine On You Crazy Diamond (Parts I–V) David Gilmour, Roger Waters, Richard Wright Roger Waters 13:40
2. Welcome to the Machine Roger Waters David Gilmour 7:38
Face B
No Titre Auteur(s) Chant principal Durée
3. Have a Cigar Roger Waters Roy Harper 5:08
4. Wish You Were Here David Gilmour, Roger Waters David Gilmour 5:34
5. Shine On You Crazy Diamond (Parts VI–IX) David Gilmour, Roger Waters, Richard Wright Roger Waters 12:31

Fiche technique

Interprètes

Pink Floyd

Musiciens additionnels

Équipe de production

Bibliographie

Références

  1. (en) Nicholas Schaffner, Saucerful of Secrets, Sidgwick & Jackson, 1991 (ISBN 0-2830-6127-8), p. 178 .
  2. Wish You Were Here Songbook
  3. Mason op. cit., p.177
  4. Mason op. cit., p.134, 200
  5. Mason op. cit., p.200
  6. a, b, c et d Schaffner, p. 187
  7. Mason op. cit., p.202-203
  8. Mason op. cit., p.208
  9. a, b, c et d Schaffner op. cit., p.184-185
  10. Mason op. cit., p. 202
  11. Mason op. cit., p.201
  12. a et b Blake op. cit., p.224
  13. a et b In the Studio with Redbeard, Barbarosa Ltd. Productions, 1992
  14. a et b Watkinson & Anderson op. cit., p. 119
  15. a et b Povey, p. 190
  16. Schaffner, p. 185-186
  17. a, b et c Mason, p. 204
  18. Les sources ne s'accordent pas sur les dates de la visite de Barrett et du mariage de Gilmour. Selon Blake, le mariage se déroule le 7 juillet, mais des témoins affirment avoir vu Barrett à la réception donnée à Abbey Road. Pour d'autres auteurs, la réception et la visite de Barrett se sont produits le 5 juin.
  19. Nick Mason a émis des doutes à ce sujet (Mason, p. 208).
  20. a et b (DVD) The Pink Floyd and Syd Barrett Story, BBC, 2003
  21. Schaffner, p. 189
  22. a, b et c Mason, p. 206-208
  23. Watkinson & Anderson, p. 120
  24. Schaffner, p. 189-190
  25. Watkinson & Anderson, p. 121
  26. Schaffner, p. 186-187
  27. Schaffner, p. 187-188
  28. Mason, p. 206
  29. Schaffner, p. 188-189
  30. Schaffner op. cit., p.192-193
  31. Mason op. cit., p.211-212
  32. Aymeric Leroy, Pink Floyd, plongée dans l'œuvre d'un groupe paradoxal, Le Mot et le Reste, 2009, p.97.
  33. Di Perna, p. 23
  34. Schaffner, p. 188
  35. Schaffner, p. 190
  36. a, b et c Schaffner, p. 190-192
  37. a, b et c Povey, p. ??
  38. a et b Julia Stuart, « Cover stories », The Independent, 7 mars 2007. Consulté le 21 août 2009 (inscription obligatoire)
  39. Danuta Kean, « Cover story that leaves authors out of picture », ft.com, 21 juin 2007. Consulté le 12 octobre 2009
  40. a et b Povey op. cit., p.197
  41. Schaffner op. cit., p.193
  42. Blake op. cit., p. 235
  43. Harris, p. 158-161
  44. Schaffner, p. 173
  45. RIAA - Gold & Platinum, riaa.com. Consulté le 2009-08-15
  46. (en) « Album Reviews: Wish You Were Here », Ben Edmonds, 1975, Rolling Stone. Consulté le 21 octobre 2009.
  47. (en) « Pink Floyd - Wish You Were Here », Robert Christgau, 1975. Consulté le 4 décembre 2009.
  48. Redbeard, Pink Floyd - Richard Wright Tribute, inthestudio.net, 28 septembre 2008. Consulté le 15 octobre 2009.


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