Ermenonville

Ermenonville

49° 07′ 36″ N 2° 41′ 48″ E / 49.1266666667, 2.69666666667

Ermenonville
Chateau d'Ermenonville
Chateau d'Ermenonville
Armoiries
Administration
Pays France
Région Picardie
Département Oise
Arrondissement Senlis
Canton Nanteuil-le-Haudouin
Code commune 60213
Code postal 60950
Maire
Mandat en cours
Alain Pétrement
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Valois
Démographie
Population 948 hab. (2007)
Densité 57 hab./km²
Géographie
Coordonnées 49° 07′ 36″ Nord
       2° 41′ 48″ Est
/ 49.1266666667, 2.69666666667
Altitudes mini. 71 m — maxi. 123 m
Superficie 16,49 km2

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Ermenonville est une commune française, située dans le département de l'Oise et la région Picardie. Ses habitants sont les Ermenonvillois et les Ermenonvilloises.

Sommaire

Géographie

Prise de vue aérienne du village d'Ermenonville avec la forêt du même nom.

Le village se situe au sud-est de la forêt d'Ermenonville et à la limite de la plaine agricole du Valois, à 13 km de Senlis et à 40 km au nord-nord-est de Paris. Ermenonville est accessible par l'autoroute du Nord via l'échangeur n° 07 « Chantilly, Survilliers, Ermenonville, Fosses » à Saint-Witz, au sud-ouest, éloigné de 13 km, et les RD 922 et 126. La RN 330 Creil - Meaux passe directement par Ermenonville, mais le village a bénéficié d'une déviation par le sud et par l'ouest. La RN 330 permet de rejoindre la RN 2 au Plessis-Belleville à 4,5 km au sud-est. Un autre axe routier d'importance régionale est la RD 922, qui, dans un sens est-ouest, relie Mareuil-sur-Ourcq et Nanteuil-le-Haudouin à Beaumont-sur-Oise et Luzarches. Cette route dessert directement le centre d'Ermenonville. - La gare S.N.C.F. le plus proche, celle du Plessis-Belleville est éloignée de près de 6 km du village, et celle de Nanteuil-le-Haudouin de 9 km environ. Ces deux gares sont situées sur la ligne Paris Nord - Crépy-en-Valois - Laon (ligne K du Transilien et TER Picardie). Ermenonville est desservie par la ligne routière départementale n° 20 Le Plessis-Belleville - Senlis, mais en dehors des jours scolaires, la desserte se limite à deux allers pour Senlis le matin et l'après-midi, et un retour en début de soirée[1]. La LGV Nord passe à 1,7 km au sud-est du village.

Bien que le territoire communal d'Ermenonville dépasse la moyenne d'une commune française avec 16,49 km², la commune ne compte que cinq communes limitrophes. En effet, la commune de Fontaine-Chaalis, la troisième de l'Oise de par sa superficie, côtoye Ermenonville sur presque la moitié de sa circonférence, qui est de 25,5 km environ. Ainsi, le bois de Perthes à l'est du village est entièrement situé en dehors du territoire communal. Par contre, un peu plus à l'est, Ermenonville arrive jusque devant les premières maisons de Montagny-Sainte-Félicité, et l'aérodrome du Plessis-Belleville au sud-est se situe pour moitié sur le territoire d'Ermenonville (dont l'ensemble des bâtiments). En forêt d'Ermenonville, les limites administratives correspondent toujours au découpage des parcelles forestières[2].

La route du Carreau dans la forêt d'Ermenonville.
Le chemin de la Mare des Eaux à l'ouest d'Ermenonville.

Ermenonville est traversée du sud au nord par la Launette, ruisseau prenant sa source au sud de la commune voisine de Ver-sur-Launette. Malgré sa modestie, son rôle est primordial pour le remplissage des pièces d'eau du parc d'Ermenonville : le « Gouffre » et le « Petit étang » au parc Jean-Jacques Rousseau, la « Grande rivière » au parc nord, et même l' « étang du Désert » sont alimentés par la Launette. C'est à l'endroit où cette dernière quitte le territoire communal, près de l'abbaye de Chaalis, que se situe le point le plus bas d'Ermenonville, à 71 m au-dessus du niveau de la mer. C'est au poteau d'Ermenonville, dans la forêt, que se trouve le point le plus élevé, avec 123 m. Toutefois, sur le plateau agricole au sud-est, plusieurs endroits atteigent une altitude de 118 m et 119 m. Globalement, le relief de la commune est peu varié et souvent plat, mais l'on distingue clairement les dépressions de la vallée de la Launette et de deux ruisseaux temporaires adjacents (au sud du bois de Perthe et au sud-est du parc Jean-Jacques Rousseau). L'église d'Ermenonville a été bâtie sur une butte, perceptible notamment depuis l'ouest et le nord. Le paysage bâti au centre du village prend l'aspect d'un bourg campagnard, mais ne subsistent aujourd'hui qu'un commerce de proximité, une boulangerie-pâtisserie, sans compter les quatre établissements de restauration.

Ermenonville entre dans le Parc naturel régional Oise-Pays de France pour la totalité de son territoire. La ZNIEFF type 1 n° national 220014323 « Massif forestier de Chantilly / Ermenonville » protège les parties boisées et couvertes de landes du territoire communal à l'ouest. La ZNIEFF inclut le secteur sud du parc d'attractions « La Mer de sable », mais non le secteur nord où se concentrent les attractions[3]. Le territoire de la ZNIEFF constitue en même temps un élément du site naturel classé « Forêts d'Ermenonville, de Pontarmé, de Haute Pommeraie, clairière et butte de Saint-Christophe » (classement par décret du 28 août 1998)[4]. En outre, cette ZNIEFF ainsi que l'ensemble de la commune d'Ermenonville entrent dans le vaste site inscrit de la vallée de la Nonette (inscription par décret du 6 février 1970)[5]. Ce site inscrit à préfiguré le Parc naturel régional, son découpage étant à peu près identique avec la partie du Parc située dans l'Oise. S'y superpose un deuxième site inscrit d'origine plus ancienne, dénommé « Domaine d'Ermenonville » (inscription par décret du 22 février 1938)[6]. Ce site exclut curieusement une partie du parc d'Ermenonville, le parc ouest appelé « le Désert » ; en même temps, il englobe une petite partie de la forêt d'Ermenonville.

Un diverticule du GR 1 partant du hameau de Loisy à l'ouest arrive à Ermenonville depuis l'ouest, en provenance de la forêt de Chantilly et de la gare d'Orry-la-Ville - Coye. Le sentier s'arrête toutefois au rond-point sur la RN 330, obligeant le randonneur de marcher les dernières centaines de mètres sur la plate-bande de la route. Une alternative est le chemin de la Mare des Eaux, un peu plus au nord, qui évite ce passage peu agréable. - L'itinéraire principal du GR 1 contourne Ermenonville au nord de la Mer de Sable. Finalement, il est important de signaler que tout le secteur de la forêt d'Ermenonville entre le chemin de la Mare des Eaux au sud et le GR 1 au nord, appartenant à l'Institut de France, est interdit d'accès. De ce fait, aucune liaison piétonne entre le massif principal et le massif annexe du bois de Perthe sans passer par le centre d'Ermenonville ou par Montlognon n'est possible.

Histoire

La ville est habitée depuis le néolithique. Au VIIe siècle, elle fait partie des domaines des seigneurs de Chantilly, les Bouteiller.

En 987 à l'époque d’Hugues Capet, le château d'Ermenonville est construit sur la villa d’Irminon, l’évêque de Senlis. En 1351 Robert de Lorris en fait l'acquisition. En 1402, Michel de Laillier est seigneur d’Ermenonville et du Vivier les Aubervilliers.

En 1590, Ermenonville appartient à Dominique de Vic dont les descendants vendront Ermenonville à René Hatte, financier du roi Louis XV, en 1754. Son gendre René-Louis de Girardin en hérite en 1763. Il aménage le parc, qui n'était qu'un marais[7], en suivant les idées de Jean-Jacques Rousseau dans La Nouvelle Héloïse dont la lecture l'avait fortement marqué. L'écrivain résidera à Ermenonville les dernières semaines de sa vie et sera inhumé dans l'Île des Peupliers dans un tombeau dessiné par Hubert Robert. Cette présence illustre attirera des touristes illustres tels que la reine Marie-Antoinette, le roi de Suède Gustave III, Benjamin Franklin, Robespierre, Mirabeau, Danton, Saint-Just, Camille Desmoulins et enfin Napoléon Bonaparte, alors premier consul. Pendant la Révolution, la commune d'Ermenonville est temporairement renommée « Jean-Jacques Rousseau »[8]. En 1794 un décret impose le transfert des cendres de Rousseau au Panthéon.

En 1880, le prince Radziwill acquiert Ermenonville. Il fait disparaître la maison de Rousseau ainsi que la tour GabrielleHenri IV et Gabrielle d'Estrées avaient l'habitude de se rencontrer. Une grande partie du domaine sera par la suite achetée par Nélie Jacquemart-André qui en fera don à l'Institut de France en 1902. Le château appartient un temps à Bugatti qui y effectue des recherches mécaniques.

En 1963, Jean Richard, inaugure le premier parc d'attractions à thème français, La mer de sable, profitant d'une zone où la terre de bruyère retirée pour alimenter le marché parisien a laissé place à une grande étendue sablonneuse, qui lui permet de créer à quelques pas de Paris des décors du Far West américain.

Une vingtaine d'habitants d'Ermenonville travaillent pour Air France (l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle est proche) en 2009, et lorsque survient la disparition du vol 447 Air France le 1er juin 2009, trois membres du conseil municipal faisaient partie de l'équipage et des passagers de l'appareil[9].

Administration

Mairie-école et calvaire.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1989 2001 André Guiraud SE  
mars 2001 2008 Josette Friez    
mars 2008 2014 Alain Pétrement SE  
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie

Évolution démographique

D’après le recensement Insee de 2007, Ermenonville compte 908 habitants (soit une augmentation de 9 % par rapport à 1999). La commune occupe le 10 198e rang au niveau national, alors qu'elle était au 10 122e en 1999, et le 169e au niveau départemental sur 693 communes.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués à Ermenonville depuis 1793. Le maximum de la population a été atteint 2009 avec 948 habitants.

Années 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
Population 477 491 475 508 488 508 455 450 440
Années 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
Population 461 454 410 409 498 487 484 487 505
Années 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
Population 498 485 520 470 545 525 477 435 441
Années 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
Population 493 528 604 778 782 831 897 908 938
Années 2009 - - - - - - - -
Population 948 - - - - - - - -
Notes, sources, ... Sources : base Cassini de l'EHESS pour les nombres retenus jusqu'en 1962[10], base Insee à partir de 1968 (population sans doubles comptes puis population municipale à partir de 2006)[11],[12]

Pyramide des âges

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (18,7 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) tout en étant toutefois inférieur au taux départemental (17,5 %). Contrairement aux répartitions nationale et départementale, la population masculine de la commune est supérieure à la population féminine (50,5 % contre 48,4 % au niveau national et 49,3 % au niveau départemental).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 50,5 % d’hommes (0 à 14 ans = 23,5 %, 15 à 29 ans = 15,3 %, 30 à 44 ans = 25,2 %, 45 à 59 ans = 21,6 %, plus de 60 ans = 14,4 %) ;
  • 49,5 % de femmes (0 à 14 ans = 18,1 %, 15 à 29 ans = 13,2 %, 30 à 44 ans = 25,1 %, 45 à 59 ans = 20,5 %, plus de 60 ans = 23,1 %).
Pyramide des âges à Ermenonville en 2007 en pourcentage[13]
Hommes Classe d'âge Femmes
0,2 
90  ans ou +
3,1 
5,6 
75 à 89 ans
8,8 
8,6 
60 à 74 ans
11,2 
21,6 
45 à 59 ans
20,5 
25,2 
30 à 44 ans
25,1 
15,3 
15 à 29 ans
13,2 
23,5 
0 à 14 ans
18,1 
Pyramide des âges du département de l'Oise en 2007 en pourcentage[14]
Hommes Classe d'âge Femmes
0,2 
90  ans ou +
0,8 
4,5 
75 à 89 ans
7,1 
11,0 
60 à 74 ans
11,5 
21,1 
45 à 59 ans
20,7 
22,0 
30 à 44 ans
21,6 
20,0 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
19,9 

Héraldique

Armes de Ermenonville

Les armes de Ermenonville se blasonnent ainsi :

de gueules à la foi d'argent mouvant des flancs, surmontée d'un écusson d'azur bordé d'or et chargé d'une fleur de lys du même.

Lieux et monuments

Monuments historiques

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Le parc Jean-Jacques Rousseau

Article détaillé : Parc Jean-Jacques-Rousseau.

Le parc Jean-Jacques-Rousseau (classé Monument historique par arrêté du 6 juillet 1939 et par arrêté du 26 janvier 1989[15]) : Il doit son nom au célèbre philosophe Jean-Jacques Rousseau qui y séjourna les six dernières semaines de sa vie. Il y mourut en 1778 et fut inhumé dans l'île des Peupliers. Le parc devint alors un lieu de pèlerinage littéraire, faisant oublier l'importance historique du parc en tant que premier parc à l'anglaise sur le continent. Créé entre 1766 et 1775 environ par le marquis René de Girardin avec la collaboration du paysagiste Jean-Marie Morel et du peintre Hubert Robert, il s'inspire notamment du parc de Leasowes de l'écrivain William Shenstone, tout en puisant certaines idées de la Nouvelle Héloïse, roman de Rousseau paru en 1761. Les « paysages philosophiques » sont arrangés de la manière qu'un peintre conçoit son tableau, et de nombreuses inscriptions poétiques sont destinées à faire refléchir le promeneur. Le message de Girardin est empreint du rationalisme et de la physiocratie. L'« enclos des cultures » à l'est de l'actuel parc du château était le terrain d'expérimentations agronomiques mais portait aussi un plaidoyer pour une réforme sociale, visant à réduire la pauvreté dans les campagnes en permettant à chaque paysan de vivre du fruit de son travail[16]. Domaine départemental ouvert au public moyennant un droit d'entrée, le parc actuel ne représente qu'une partie du parc initial, qui se départage entre trois propriétaires différents: le secteur ouest, appelé « le Désert », appartient à l'Institut de France, et le secteur nord appartient au domaine de l'hôtel-restaurant établi au château d'Ermenonville. Ces deux autres secteurs ne sont ouverts au public que de façon restreinte.

Le château d'Ermenonville

Article détaillé : Château d'Ermenonville.

Le château d'Ermenonville (inscrit Monument historique par arrêté du 11 juin 1930[17]) et le parc nord : Bâtiment de style classique avec deux longues ailes latérales encadrant la cour d'honneur ouverte sur le parc Jean-Jacques Rousseau de gauche et de droite. Les avant-corps des ailes latérales, de hauteur et de largeur réduites par rapport au bâtiment principal, sont ornés de frontons surbaissés richement sculptés, tout comme le corps central. Ce dernier est pourvu d'un balcon et de deux bas-reliefs sur les trumeaux du premier étage. Sinon, les décors de la façade se limitent aux Chaînages d'angle et aux modillons au milieu du linteau de chacune des fenêtres. C'est sous le seigneur Claude-Louis Lombard que le château a reçu son aspect extérieur actuel, en 1725. Le marquis René de Girardin fit ensuite dégager la cour des bâtiments qui l'encombraient, ouvrant ainsi la perspective sur le parc au sud. Il transforma aussi profondément l'intérieur pour en faire un lieu de vie agréable et comfortable[18]. - Le premier château fort d'Ermenonville avait été construit dès 987 à l'époque d'Hugues Capet, et au XVe siècle, le roi Louis XI y séjourne parfois. À la fin du XVIe siècle, le roi Henri IV qui venait souvent se reposer à Ermenonville a permis à son fidèle cavalier à la jambe de bois Dominique de Vic d'acquérir le château. Au XVIIIe siècle le château est transformé sur les fondations de l'ancien château-fort, dont restent deux tours rondes à l'est et deux à l'ouest, ainsi que les douves. En 1754, le château (avec seigneurie et vicomté) est vendu au collecteur des impôts du roi Louis XV, René Hatte. Son petit-fils, le marquis René de Girardin, hérita de lui en 1762 et devint le propriétaire unique du domaine grâce au rachat des parts des autres heritiers[19]. Le 31 mai 1991, le château est acheté par Les Hôtels Particuliers du groupe de Philippe Savry. Il est réaménagé en hôtel-restaurant de prestige[20]. Au nord du château subsiste le « Petit parc » le long d'un étang appelé la « Grande rivière », avec quelques fabriques de jardin de la fin du XIXe siècle. Cette partie de l'ancien parc d'Ermenonville de René de Girardin est réservée aux clients du hôtel-restaurant, qui peuvent y bénéficier de promenades en barque gratuites[21].

L'église Saint-Martin

L'église paroissiale Saint-Martin (classée Monument historique par arrêté du 14 octobre 1914[22]) : elle remonte vers la fin du XIIe siècle, comme son vocable le fait supposer, mais seule la troisième travée du bas-côté nord et des vestiges d'une tourelle d'escalier du premier clocher subsistent de cette époque. La nef et les bas-côtés ont en effet été reconstruits entre 1534 et 1540 dans un style gothique flamboyant tardif. Le chœur et ses bas-côtés sont toutefois plus anciens et datent du début du XIIIe siècle. Voûté d'ogives sexpartites, il se compose de deux travées, dont la première est dotée de bas-côtés, et dont la seconde se termine par un chevet plat. Un triplet éclaircit le chœur depuis l'est. Il est influencé par l'abbatiale de Chaalis, à l'instar des chœurs de Borest ou de l'église de Saint-Jean-aux-Bois. L'église a été lourdement rénovée pendant les années 1880 sous l'impulsion du prince et de la princesse Radziwiłł : réfection des voûtains, remplacement du mobilier par du mobilier néogothique de qualité, remaniement des façades. Cette dernière opération a été nuisible pour l'autenthicité de l'édifice, car exécutée dans un esprit d'une interprétation trop libre de la décoration d'origine. - L'église peut se visiter uniquement en contactant l'Office de tourisme. L'intérieur renferme des éléments remarquables, comme par exemple le maître-autel en marbre de différentes couleurs, orné d'un saint Martin peint en 1615, ou un triptyque florentin du XVIe siècle, offert par la princesse Radziwiłł[23].

L'ermitage de Jean-Jacques Rousseau

L'« ermitage de Jean-Jacques Rousseau » ou « la cabane du Bonhommme » , avant l'arrivée du philosophe, au site du « Désert » (inscrit Monument historique par arrêté du 8 mai 1933[22]) : Cette cabane simple couverte de chaume est la plus ancienne des fabriques du parc. Le philosophe y passait des journées entières à méditer et contempler la nature. À son souvenir, une inscription « Jean-Jacques est immortel » a été portée sur un rocher en face. Devant la cabane, des bancs de mousse invitaient au repos. Nombreux sont les vers de Rousseau gravés sur les rochers des alentours. Le lieu était initialement consacré à la célébration de l'œuvre de Rousseau, « Julie ou la Nouvelle Héloïse[24]. L'ermitage de Jean-Jacques Rousseau n'est pas accessible au public, sauf dans le cadre des visites guidées du Désert organisées par le parc Jean-Jacques Rousseau (voir ci-dessous, autres éléments du patrimoine).

Autres éléments du patrimoine

L'étang du Désert ; vue depuis l'ouest de la RN 330.
Bruyère cendrée, près de la route de la Haute-Chaume.
Monument pour Jean-Jacques Rousseau de 1908.
La fontaine de la place J.-J. Rousseau.
Le lavoir sur la Launette, rue René-de-Girardin.

Le site du Désert

Appelé également parc ouest, ce secteur du parc d'Ermenonville comprenait les alentours des deux étangs, l'étang du Désert et l'étang des Crapauds. Le parc resta dans son intégralité dans la famille de Girardin jusqu'en 1874, année du décès d'Ernest-Stanislas de Girardin, petit-fils de René de Girardin. Le domaine passa à un membre de la branche cadette des Girardin[25], qui, endetté, vendit aussitôt le secteur du parc appelé « le Désert », au nord-ouest, à Pamela Vatry née Hainguerlot[26]. Le Désert est mis en vente pour une deuxième fois, avec le domaine de Chaalis, en 1902. L'ensemble est acquis par Nélie Jacquemart-André, qui le lègue à l'Institut de France à l'instar du duc d'Aumale avec le domaine de Chantilly. L'Institut devient donc propriétaire du désert en 1912, année du décès de Nélie, et le reste à ce jour. Le Désert n'a jamais été aménagé comme jardin anglais ; la nature y a toujours regné en maîtresse et les aménagements du marquis de Girardin s'étaient limités à l'ajout de quelques fabriques simples et probablement la création de sentiers. La fabrique la plus connue est la cabane du philosophe (voir ci-dessus, monuments historiques). Le Désert se voit aujourd'hui privé de la plupart des surfaces dégagées, avec étendues sablonneuses, genêts, landes et bruyères, en raison de la décimation de la population de lapins dans les années 1950 suite à l'apparition de la myxomatose. Les pins et bouleaux ont rapidement envahi l'espace[27]. Ainsi, le Désert ne ressemble plus que vaguement à ce qu'il avait encore été au début du XXe siècle. L'Institut de France a loué les étangs au Comité central d'entreprise de la société Air France comme étangs de pêche. Le site n'est accessible qu'en visite guidée, proposée par le parc Jean-Jacques Rousseau les week-ends de début avril à fin septembre, sans horaires fixes[28]. Le tarif est celui du billet combiné pour le parc Jean-Jacques Rousseau et l'abbaye de Chaalis (€ 7,00 pour le billet plein tarif en 2011)[29].

La forêt d'Ermenonville

Article détaillé : Forêt d'Ermenonville.

La forêt d'Ermenonville appartient à la région forestière Valois et Vieille France, telle que définie par l'Inventaire forestier national[30], ainsi qu'à la sylvoécorégion (SER) définie par l'IFN du « Bassin parisien tertiaire »[31]. La forêt d'Ermenonville s'étend au nord jusqu'à la vallée de la Nonette, à l'ouest jusqu'à la Forêt de Chantilly (dont elle est séparée par l'autoroute du Nord), au sud jusqu'à la vallée de la Thève, le parc de Vallière à Mortefontaine et le village d'Ermenonville et à l'est jusqu'au plateau du Valois. La forêt domaniale couvre huit communes sur 3 319 hectares : Mont-L'Évêque, Borest, Fontaine-Chaalis, Montlognon, Baron, Ermenonville, Ver-sur-Launette et Mortefontaine. Elle est constituée d'une partie centrale, à l'ouest de la N 330, et de deux autres bois périphériques à l'est de cet axe de communication: les bois de Perthe au sud et de Montlognon au nord[32]. Un certains nombre de bois de grande taille prolongent la forêt domaniale formant ainsi un massif d'environ 6 500 ha. La forêt de Chaalis, située au milieu de la forêt domaniale appartient au domaine de l'abbaye de Chaalis, propriété de l'Institut de France (600 hectares). La forêt occupe un territoire vallonné, variant entre 70 et 123 m d'altitude au carrefour d'Ermenonville. Le sol de la forêt est presque exclusivement couvert de sables, avec quelques couches de grès et calcaires. Les grès forment par endroits des tables modelées par l'érosion, voire des chaos rocheux à l'image de ceux que l'on peut trouver en forêt de Fontainebleau. Les plus importants sont la Pierre Sorcière (dans le bois de Perthe, parcelle 245), les Bruyères de Frais Vent (dans le bois de Montlognon, parcelles 51-52) et les grès Sainte-Marguerite (parcelle 166)[33],[34].

La Mer de sable

Article détaillé : La Mer de sable.

La Mer de sable[35], sur la RN 330 au nord-ouest de la commune, en face de labbaye de Chaalis est le premier Parc à thème français, créé en 1963 par Jean Richard dans la forêt d'Ermenonville, sur une zone où la terre de bruyère retirée pour alimenter le marché parisien a laissé place à une grande étendue sablonneuse[36], propice à la création de décors paysagers du Far West américain. Ses thèmes principaux sont l'aventure, la découverte et l'évasion. Le parc est plutôt destiné aux enfants de moins de 14 ans[37]. En 2011, le parc propose vingt-six attractions et trois spectacles. On y trouve également plusieurs restaurants et des boutiques thématisées.

Petit patrimoine

Le monument pour Jean-Jacques Rousseau, sur la petite place Jean-Jacques Rousseau, rue du Prince Radziwill : exécuté en 1908 par le sculpteur beauvaisien Henri-Léon Greber (1855-1944)[38]. Il représente le philosophe assis sur un bloc de rocher, vêtu selon la mode de convenance à l'époque, appuyant la main droite sur la canne de voyage et regardant vers un point lointain. En haut à gauche, une muse représentée comme jeune femme à torse nu qui semble veiller sur Rousseau en le protégeant d'un voile qu'elle soulève avec son bras droit. Avec sa main gauche, elle repousse les branches d'un buisson que l'on voit en haut à droite.

La fontaine de la place Jean-Jacques Rousseau, rue du Prince Radziwill : érigée en 1911 par les habitants en hommage aux bienfaiteurs de la commune, la princesse et le prince Constantin de Radziwiłł (1850-1920), alors propriétaires du parc et du château d'Ermenonville[39]. De style néorenaissance, la fontaine se présente comme un portail plein cintre muré, avec deux colonnes doriques non cannelées supportant un linteau ainsi qu'un fronton en arc de cercle, orné tout en haut par une tête de Neptune. Le tympan se présente comme une coquille Saint-Jacques renversée. L'eau est dispensée par un simple robinet.

Le lavoir rue René-de-Girardin, au sud du pont de la Lanterne, sur la Launette : Situé sur l'emprise du parc Jean-Jacques Rousseau, coincé entre le barrage de l'étang inférieur du parc et le pont, il est constitué d'un bassin, de deux plate-formes à gauche et à droite, avec des murs de soutènement rehaussés vers l'extérieur, et de toits en appentis sur les plate-formes. La couverture est en ardoise. Le barrage arrive au niveau des gouttières, soit environ 1,50 m au-dessus du niveau des plate-formes. L'on y descendait depuis la rue, elle aussi surplombant le lavoir, par des escaliers ; un de chaque côté. Côté ouest, subsiste toujours un genre de potager ayant servi au rechauffement de l'eau.

Ruines du relais de chasse « la Foursière », sur une route forestière « la prairie Secheron » qui part de la RN 330, après l'étang du Désert, côté droit (est) : petite tour ronde, avec un étroit chemin de rond autour du premier étage, pris dans l'épaisseur de la tour, avec un toit en poivrière. Subsistent en outre des vestiges des murs. - Foursière ou froissière signifie réservoir rempli de carpes[40], ce qui peut expliquer l'existence d'une tour de guet à cet endroit.

Personnalités liées à la commune

Notes et références

  1. Cf. Horaires sur Oise Mobilité. Consulté le 16 juillet 2011.
  2. Communes limitrophes et autres renseignements topographiques selon la carte topographique 1 : 25 000e « TOP 25 » de l'IGN, consultable en 3D sur le site Geoportail. Consulté le 1er juillet 2011. Distances mesurées par l'outil proposé dans le mode de visionnage en 3D.
  3. Cf. Massif forestier de Chantilly / Ermenonville sur le site DREAL Picardie - Recherche par commune des zonages du patrimoine naturel et paysager de Picardie. Consulté le 16 juillet 2011.
  4. [PDF] Forêts d'Ermenonville, de Pontarmé, de Haute Pommeraie, clairière et butte de Saint-Christophe sur le site DREAL Picardie - Recherche par commune des zonages du patrimoine naturel et paysager de Picardie. Consulté le 16 juillet 2011.
  5. [PDF] Vallée de la Nonette sur le site DREAL Picardie - Recherche par commune des zonages du patrimoine naturel et paysager de Picardie. Consulté le 16 juillet 2011.
  6. [PDF] Ermenonville - Domaine d'Ermenonville sur le site DREAL Picardie - Recherche par commune des zonages du patrimoine naturel et paysager de Picardie. Consulté le 16 juillet 2011.
  7. Voyage pittoresque des environs de Paris par M D*** 4e edition 1779
  8. Roger de Figuères, Les noms révolutionnaires des communes de France : listes par départements et liste générale alphabétique, 1901 [lire en ligne (page consultée le 17 octobre 2010)], p. 47 
  9. Le « village d’Air France » perd trois de ses élus, Le Parisien, 3 juin 2009
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur site de l'École des hautes études en sciences sociales. Consulté le 26 octobre 2010
  11. Évolution et structure de la population (de 1968 à 2007) sur Insee. Consulté le 26 octobre 2010
  12. Recensement de la population au 1er janvier 2006 sur Insee. Consulté le 26 octobre 2010
  13. Évolution et structure de la population à Ermenonville en 2007 sur le site de l'Insee. Consulté le 26 octobre 2010
  14. Résultats du recensement de la population de l'Oise en 2007 sur le site de l'Insee. Consulté le 26 octobre 2010
  15. Notice no IA60001210, sur la base Mérimée, ministère de la Culture. Ce classement porte sur la plupart des fabriques et éléments architecturaux et paysagers du parc, mais l'embarcadère et le jeu d'arc font seulement l'objet d'une inscription, par l'arrêté cité en référence.
  16. Cf. Catherine Dumas, « Ermenonville: un paysage philosophique », dans Géographie et cultures, Paris, L'Harmattan, no 37, 2001, p. 59-80 (ISBN 2-7475-0586-3) .
  17. Notice no PA00114678, sur la base Mérimée, ministère de la Culture.
  18. Cf. Geneviève Mazel, Ermenonville : l'histoire et la vie du village, le château et les jardins du marquis de Girardin, le souvenir de Jean-Jacques Rousseau : bulletin spécial n°73-75, Beauvais (60), Groupe d’Étude des Monuments et Œuvres d’art de l’Oise et du Beauvaisis (GEMOB), 1996  ; p. 32-41.
  19. Cf. Jean-Claude Curtil, Ermenonville : La glaise et la gloire, Bernard Gallier, La Ferté-Macé, 1978, 153 p.; p. 66-67.
  20. Cf. Historique (suite). Consulté le 17 juillet 2011 sur le site Château d'Ermenonville. Les Hôtels Particuliers. Cet aperçu historique contient cependant de nombreuses erreurs et des informations démenties par plusieurs sources, citées dans le présent article.
  21. Cf. Découvrir sur place. Consulté le 17 juillet 2011 sur le site Château d'Ermenonville. Les Hôtels Particuliers.
  22. a et b Notice no PA00114679, sur la base Mérimée, ministère de la Culture.
  23. Cf. L'Eglise d'Ermenonville sur OTSI d'Ermenonville. Consulté le 17 juillet 2011.
  24. Cf. Auteur anonyme (textes) et Mérigot fils (gravures), Promenade ou itinéraire des jardins d'Ermenonville, Paris, 1783 (réédition 1788), 72 p. [Lire en ligne sur google livres lire en ligne]  ; p. 48-49.
  25. Cf. J.-Henri Volbertal, Ermenonville ses sites ses curiosités son histoire, Senlis, Imprimeries réunies de Senlis, 1923, 196 p.  ; p. 14.
  26. Cf. Sauvegarde de Senlis, Bulletin de liaison n° 46, Senlis, mars 2010, ISSN 1293-1072, 21 p. ; p. 19 ; Lire en ligne et René Mathieu, Parc d'Ermenonville, Nouvelles éditions latines, Paris, 1970, 32 p.; p. 22.
  27. Cf. Jean-Claude Curtil, « Le Désert d'Ermenonville », dans Comptes rendus et mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Senlis, s.l., s.n., 2008-2009, p. 97-104  ; p. 99.
  28. Cf. Service au public sur Conseil général de l'Oise (site officiel). Consulté le 11 juillet 2011.
  29. Cf. Informations pratiques sur Conseil général de l'Oise (site officiel). Consulté le 11 juillet 2011.
  30. [PDF] Inventaire forestier départemental : Oise - IIIe inventaire, Inventaire forestier national, 2001 [lire en ligne (page consultée le 17 juillet 2011)], « Région forestière - Valois », p. 49-52 
  31. Cf. Poster des sylvoécorégions sur IFN. Consulté le 18 avril 2010
  32. Cf. Pascal Corpart, Découvrons le massif forestier d'Ermenonville, Orry-la-Ville, Parc naturel régional Oise-Pays de France, s.d., 16 p.  ; p. 2-3.
  33. Carte géologique de la forêt d'Ermenonville sur Géoportail. Consulté le 15 avril 2010.
  34. [PDF] Notice de la carte géologique de la France, Senlis, 1/50 000e, XXIV-12 sur brgm.fr. Consulté le 29 août 2009
  35. Site de La mer de sable
  36. Cf. Robert-Henri Bautier, « Nouveaux documents sur l'état du parc d'Ermenonville au début du XIXe siècle et sur l'origine de la mer de sable », dans Comptes rendus et mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Senlis, s.l., s.n., 1995-1997, p. 365-370  ; p. 368-370.
  37. Cf. « En 1963, Jean Richard inaugure la Mer de sable », dans [Parisien, édition de l'Oise], Saint-Ouen (93), S.N.C. « Le Parisien libéré », 9 avril 2011 (ISSN 0767-3558) [texte intégral (page consultée le 17 juillet 2011)] .
  38. Notice no 000SC020189, sur la base Joconde, ministère de la Culture
  39. Cf. l'inscription en haut du monument.
  40. Cf. Amédée Vicomte de Caix de Saint-Aymour, « Description de la terre et seigneurie d'Ermenonville (milieu du XVIIe siècle) », dans Comité Archéologique de Senlis, Comptes-rendus et Mémoires, Senlis, Imprimerie d'E. Vigon fils, 5e série, vol. V, 1913, p. 155-161 [Lire sur Gallica texte intégral (page consultée le 16 juillet 2011)]  ; p. 160.

Annexes

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Articles connexes

Bibliographie

  • Amédée Vicomte de Caix de Saint-Aymour, « Les De Vic, vicomtes d'Ermenonville », dans Comité Archéologique de Senlis, Comptes-rendus et Mémoires, Senlis, Imprimerie de Eugène Dufresne, 4e série, vol. II, 1897-1898, p. 1-16 
  • Amédée Vicomte de Caix de Saint-Aymour, « Description de la terre et seigneurie d'Ermenonville (milieu du XVIIe siècle) », dans Comité Archéologique de Senlis, Comptes-rendus et Mémoires, Senlis, Imprimerie d'E. Vigon fils, 5e série, vol. V, 1913, p. 155-161 [texte intégral (page consultée le 16 juillet 2011)] 
  • Jean-Claude Curtil, Ermenonville : La glaise et la gloire, La Ferté-Macé, Bernard Gallier, 1978, 153 p. 
  • Geneviève Mazel, Ermenonville : l'histoire et la vie du village, le château et les jardins du marquis de Girardin, le souvenir de Jean-Jacques Rousseau : bulletin spécial n°73-75, Beauvais (60), Groupe d’Étude des Monuments et Œuvres d’art de l’Oise et du Beauvaisis (GEMOB), 1996 

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