Futur


Futur
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Futur (homonymie).

Le futur, ou l'avenir, est l’ensemble des configurations possibles d'un système qui n'ont pas eu lieu. Dans la ligne du temps, le futur vient après le présent et le passé.

Les membres de l'espèce humaine, à partir d'un certain âge, se distingue par des capacités élevées cognitives, de conceptualisation et d'imagination qui lui permettent d'envisager le futur proche et de s'y projeter, mais aussi d'imaginer des futurs possibles plus lointains où vivront ce qu'on appelle maintenant les générations futures. Les êtres humains peuvent ainsi développer des stratégies anticipatrices, individuelles et parfois collectives, dites de court, moyen et long terme, qui sont un des enjeux de la gouvernance.
La prospective est la démarche, multidisciplinaire, consistant à estimer des probabilités et scenarii de « futurs possibles » et probables ou désirables ; plutôt à court et moyen terme[1], au service de l'aie à la décision
La futurologie étudie aussi les scénarios possibles ou plausibles du futur, souvent à plus long terme, à partir des données socio-économiques et surtout technologiques.
La science-fiction ou le roman d'anticipation utilisent le futur comme cadre d'histoires et intrigues romancées souvent situées sur d'autres planètes.

Cependant, bien qu'on ait une claire conscience du temps qui passe, la notion physique du temps et son origine restent difficile à appréhender par l'esprit et sont un objet de science et de philosophie.

Sommaire

En physique

Le cône de lumière de l'évènement e0.
La flèche rose montre la dimension temporelle et les flèches grises, les dimensions spatiales.

En physique classique, le temps est universel, partout le même à chaque instant. Le futur correspond aux évènements dont la date, coordonnée de temps, est supérieure à celle du présent. Ce qui est futur pour un observateur, à un moment donné, est futur pour tout observateur simultané. C’est la conception triviale du futur que nous utilisons tous les jours. Non seulement le futur est le même, mais l’échelle de temps qui lui donne sa structure est la même pour tout observateur. Ce qui est un futur éloigné pour tel observateur est un futur éloigné pour tel autre observateur contemporain.

En relativité restreinte cependant, les choses ne sont pas aussi simples. La vitesse de la lumière étant la limite de causalité, le futur d’un évènement A dans un espace-temps plat (Espace de Minkowski) peut être représenté en trois dimensions par ce qu’on appelle un cône de lumière, correspondant à l’ensemble des évènements pouvant succéder à ce point. C’est le ‘’futur absolu’’, il correspond à l’ensemble des points que pourrait atteindre un rayon lumineux émanant de A, et donc à tout évènement susceptible de dépendre de A. Ce cône de lumière est représenté avec la pointe vers le bas, correspondant à A. Chaque point a donc son cône de lumière, et donc chaque observateur son futur absolu, comprenant des intersections variables avec le futur d’autres évènements, selon leur proximité spatiale. Avec des observateurs en mouvement, à des vitesses non négligeables par rapport à la vitesse de la lumière, l’intersection des cônes de lumière est réduite, et une part non négligeable du futur est spécifique à chacun des évènements. Par ailleurs, les échelles de temps qui y règnent ne sont pas les mêmes : un évènement peut être situé dans un futur plus rapproché pour un observateur que pour un autre, comme l’illustre l’expérience de pensée des Jumeaux de Langevin. Avec la relativité générale, les déformations de l’espace-temps dues à la gravité conduisent à des orientations différentes du temps, se traduisant par un ralentissement du temps pour un observateur en mouvement. De même, au niveau de l’horizon d’un trou noir, les déformations sont maximales. Ceci conduit à exclure du futur, pour un observateur hypothétique se trouvant en deçà de l'horizon, tout ce qui se trouve à l'extérieur. Pour un observateur extérieur ou intérieur, le temps régissant l'observateur traversant l'horizon d'un trou noir semblerait se figer sur cet instant.

Dans les religions

Dans le christianisme, tourner son regard vers le futur est une question de salut, comme le montre ce passage de l'Évangile :

« Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas fait pour le Royaume de Dieu. » (Lc, 9, 62)

La constitution pastorale Gaudium et Spes promulguée par Paul VI à la fin du concile Vatican II en 1965 insiste sur l'importance de l'interprétation des signes des temps pour répondre aux questions des hommes sur le sens de la vie présente et future[2] :

« L’Église a le devoir, à tout moment, de scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Évangile, de telle sorte qu’elle puisse répondre, d’une manière adaptée à chaque génération, aux questions éternelles des hommes sur le sens de la vie présente et future et sur leurs relations réciproques. Il importe donc de connaître et de comprendre ce monde dans lequel nous vivons, ses attentes, ses aspirations, son caractère souvent dramatique. Voici, tels qu’on peut les esquisser, quelques-uns des traits fondamentaux du monde actuel. »

Où commence le futur ?

Dans le langage commun, le ’’’futur’’’ est la portion du temps dans laquelle nous plaçons notre représentation de l’avenir. Elle est relativement éloignée: on pense à des projets qui seront réalisés, des gens qui ne seront plus là... puis à la science-fiction avec ses mondes imaginés et plus particulièrement avec ses histoires de voyages dans le temps. Il est cependant peu habituel d’établir le ‘’début’’ du futur. La limite imaginaire se situe entre ce que nous considérons comme certain (je vais continuer à lire cette page, je me réveillerai dans mon lit demain, etc.), et ce où nous prenons pleinement conscience qu’il s’agit d’une vue de l’esprit : l’année prochaine, j’aurai fini d’aménager mon nouvel appartement, dans 10 ans il n'y aura que des voitures électriques…. Mais entre ces deux notions, niveaux de certitude et de précision de la description varient considérablement, et généralement en sens inverse de l’éloignement dans le temps . Si nous y réfléchissons, nous pouvons nous rendre compte qu’aussi près qu’il soit du présent, le futur garde une part d’incertitude. En fin de compte, le futur est immédiat, et notre activité lui est entièrement vouée: nous passons notre temps à gérer le futur. Dans le futur proche, nos actions ont un bon niveau de réussite, car notre système cognitif a de bonnes performances à court terme, et nous ne nous rendons pas compte de son fonctionnement. Le futur éloigné demande plus de réflexion : c’est là que nous prenons pleinement conscience de notre activité de prévision.

Dans "Le voyageur imprudent", René Barjavel fait part de sa pensée concernant le futur par la bouche d'un personnage du roman. Le présent, selon lui, n'existerait tout simplement pas dans notre espace-temps car cela signifierait l'absence totale de mouvement tant du temps que de l'espace donc l'inexistence. Le "moment présent" est donc le futur. Le temps n'est alors composé que du passé et du futur, ainsi le futur est un éternel commencement.

Connaissance du futur ou des futurs possibles

La prospective est un outil d'aide à la décision et un cadre aux conduites de gouvernance et d'aménagement du territoire relevant de l'anticipation. Les prospectivistes cherchent à explorer les futurs possibles et plus ou moins probables, à partir des éléments de l'environnement humain physique et naturel, social, sanitaire, économique (des invariants et "tendances lourdes" aux signaux faibles d'émergences)[3]. Ils produisent des scenarii en balisant le futur plus ou moins proche par des critères de probabilité ou de potentialité. Selon les thèmes traités, les futurs qu'ils dessinent sont par exemple de type « inévitables », ou ce sont des futurs « évitables », ou encore des « futurs interdits » ou « insoutenables » (proches du « futur redouté »)[3]. Ces futurs possibles sont confrontés au « futur tendanciel » (la poursuite du scenario tendanciel) à des « futurs alternatifs », incluant éventuellement un « futur libre » (à créer proactivement, avec une certaine marge de manoeuvre, théoriquement permise par une meilleure anticipation)[3]

La futurologie en tant qu'étude du futur à long terme, est une science spéculative. Elle fonctionne essentiellement par la modélisation de phénomènes connus au présent et par l'histoire (le passé), auxquels on applique différentes hypothèses, afin d’observer les configurations plausibles de l’avenir.

La météorologie est une de sciences où la prévision du futur occupe une place majeure, car c’est la seule chose qu'elle puisse fournir, contrairement à la plupart des autres sciences qui peuvent apporter des possibilités d’agir sur le futur, par des méthodes dont on a testé l’efficacité.

Certains domaines d’investigations du futur n’utilisent pas les modélisations, mais certaines croyances relatives à des liens ésotériques, pour donner des configurations de l’avenir d’un individu, d’une société ou même de l’humanité. Ce sont les arts divinatoires, tels l’astrologie ou la cartomancie. Il existe des individus prétendant avoirs des informations sur le futur par des voies surnaturelles : les médiums et les chamans par exemple. Enfin, de rares personnes pensent assister à des évènements futurs, au cours de rêves que l'on appelle prémonitoires, ou obtenir des informations sur le futur par précognition.

Le futur déterminé

Divers courants de pensée philosophiques ou théologiques comprennent des attitudes spécifiques vis-à-vis du déroulement du futur, entamant son caractère indéterminé. Le déterminisme découle de considérations scientifiques, relatives à l’enchaînement inéluctable de l’avenir aux conditions initiales et selon le principe de causalité, mais se trouve limité par la prise en compte du principe d'incertitude. Le fatalisme découle par contre de convictions relatives au contenu du futur, et non à son mode de réalisation. Il concerne certains évènements pour lesquels la survenue pourrait être guidée par certaines prédispositions du monde à les contenir, à la différence du finalisme, qui s’attache plutôt à doter le futur d’un but particulier, indépendamment d’évènements particuliers. La prédestination est une considération relative aux destins individuels. Les eschatologies sont les doctrines ou les considérations théologiques ou philosophiques sur une fin du monde ou sur un au-delà de la situation actuelle de l'humanité.

Linguistique

Dans la plupart des langues, le futur est considéré comme situé « devant soi »... sauf chez une population andine, les Aymaras pour lesquels, linguistiquement, l'avenir est dans le dos, les yeux étant tournés vers ce qui est vu, donc le présent et le passé[4].

Bibliographie

  • Les Trous noirs – Jean-Pierre Luminet – 1987
  • Le Temps et sa flèche - sous la direction d'Étienne Klein et de Michel Spiro - Éditions Frontières - 1994

Notes et références

  1. Michel GODET.Manuel de Prospective stratégique- Tome 1 Une indiscipline intellectuelle, Édition Dunod, 2004
  2. Gaudium et Spes, n° 4
  3. a, b et c Philippe Gabilliet ; Les conduites d'anticipation. Des modèles aux applications ; éd. L'Harmattan, 2008, 179 p, ISBN:978-2-296-05551-3 (voir notamment la préface du prospectiviste Michel Godet)
  4. (en)With the Future Behind Them: Convergent Evidence From Aymara Language and Gesture in the Crosslinguistic Comparison of Spatial Construals of Time, E Núñez, E Sweetser, Cognitive Science, 2006, Vol. 30, No. 3, Pages 401-450

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Futur de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • futur — futur …   Dictionnaire des rimes

  • futur — futur, ure [ fytyr ] adj. et n. m. • XIIIe; lat. futurus, p. fut. de esse « être » I ♦ Adj. 1 ♦ Qui appartient à l avenir. ⇒ prochain, ultérieur. Les générations futures. ⇒ 1. suivant. Les siècles futurs (cf. À venir). Besoins actuels et futurs.… …   Encyclopédie Universelle

  • futur — futur, ure (fu tur, tu r ) adj. 1°   Qui sera. Le temps futur. •   Que direz vous, races futures, Si quelquefois un vrai discours Vous récite les aventures De nos abominables jours ?, MALH. II, 4. •   Grâces aux immortels, l effort de mon courage …   Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré

  • Futur I — сложное будущее время, одно из шести времён немецкого языка. Наряду с Futur II выступает показателем отнесения действия к будущему. По частоте своего употребления первое будущее время используется более часто, чем второй. Последний постепенно… …   Википедия

  • Futur II —   это сложное будущее время, одно из шести времён немецкого языка. На сегодняшний день данная форма считается практически неупотребимой в разговорной и письменной речи, хотя играет важную роль   Futur II выражает относительное будущее время,… …   Википедия

  • Futur — Sn Zukunft erw. fach. (15. Jh.) Entlehnung. Entlehnt aus l. (tempus) futūrum, zu l. futūrus zukünftig , eigentlich sein werdend .    Ebenso ne. future, nfrz. futur, nschw. futurum, nnorw. futurum. Zur germanischen Verwandtschaft s. bauen. ✎ Leser …   Etymologisches Wörterbuch der deutschen sprache

  • Futur 80 — est un album de reprises de tubes français des années 1980 par la chanteuse de R n B Leslie initialement annoncé pour une sortie en 2008 avant que sa commercialisation soit définitivement abandonnée après la promotion radio des titres Boule de… …   Wikipédia en Français

  • Futur TV — est une entreprise de production télévisuelle dirigée par Guy Job. Production Elle produit principalement des émissions culinaires : Bon appétit bien sûr, diffusée sur France 3 L école des chefs, diffusée sur France 2 Liens externes Site… …   Wikipédia en Français

  • fùtūr — m 〈G futúra〉 lingv. glagolski oblik koji 1. {{001f}}znači radnju u budućnosti [radit ću]; buduće vrijeme 2. {{001f}}izriče nesigurnu tvrdnju ili nagađanje [bit će deset sati = mislim da je deset sati] ✧ {{001f}}lat …   Veliki rječnik hrvatskoga jezika

  • futur — fùtūr m <G futúra> DEFINICIJA lingv. glagolski oblik koji 1. znači radnju u budućnosti [radit ću]; buduće vrijeme 2. izriče nesigurnu tvrdnju ili nagađanje [bit će deset sati = mislim da je deset sati] ETIMOLOGIJA lat. futurum (tempus):… …   Hrvatski jezični portal

  • Futur — »Zukunft«: Der grammatische Fachausdruck ist entlehnt aus gleichbed. lat. (tempus) futurum. Lat. futurus »sein werdend« ist Part. Fut. zum Verbalstamm fu (in lat. fuisse »gewesen sein«; über weitere etymologische Zusammenhänge vgl. ↑ bauen). Die… …   Das Herkunftswörterbuch


Share the article and excerpts

Direct link
Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.