Histoire De L'esclavage


Histoire De L'esclavage

Histoire de l'esclavage

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L'histoire de l'esclavage est celle des différentes formes prises par la condition sociale d'êtres humains privés par d'autres du droit de propriété sur eux-mêmes. Si l'esclavage est mentionné dans les premières civilisations écrites, les conditions de son émergence sont, en l'absence de sources, impossibles à déterminer avec précision. Le statut et la fonction de l'esclave ont varié selon les époques et les lieux : les sources et les justifications de l'esclavage, la position et les tâches matérielles conférées aux esclaves ainsi que les conditions de sortie de la condition d'esclaves sont autant d'éléments qui confèrent sa spécificité à chaque configuration historique.

Sommaire

Dans les civilisations de l'Antiquité

Esclave noir, Égypte Ptolémaïque, IIe / Ier siècle avant J.-C.

L'esclavage existe à l'époque antique, il est mentionné dans les toutes premières traces écrites, comme le Code d'Hammourabi et d'autres écrits analysés comme des transcriptions d'histoires orales. Les critères de propriété liés à l’esclavage impliquent un certain niveau d’organisation des sociétés, ce qui rend incertain l’existence de l’esclavage pour les temps préhistoriques. Les preuves sûres de l’existence de l’esclavage commencent avec les sociétés historiques possédant l’écriture, et peuvent être extrapolées, avec prudence, pour les civilisations protohistoriques qui les précèdent. Les déductions uniquement basées sur l’ampleur impressionnante de certains vestiges (pyramides, monuments, digues, etc.) restent conjecturales. Les egyptiens s'en servaient pour la construction de pyramides.

Ainsi, l'esclavage est la réduction d'une personne à un état de privation de toute liberté, celle-ci allant de libertés sociales aux libertés les plus fondamentales. L'esclave est exclu de la société tout en étant dans les sociétés esclavagistes un élément moteur.

Certains artistes de l'Antiquité, comme le fabuliste grec Ésope (VIe siècle av. J.-C.), étaient des esclaves affranchis. Le latin Térence (-184,-159) était esclave, ce qui étonne Diderot. Le philosophe grec Epictète (50, vers 130) était également esclave.

Au Moyen Âge

Article détaillé : Esclavage au Moyen Âge.

En Europe Occidentale

Sans qu'aucune vraie révolution ne soit opérée, l'influence grandissante du christianisme amène une évolution progressive et renforce un mouvement d'émancipation en réalité entamé sous les empereurs païens de la Rome antique.

L'Église considère maîtres et esclaves comme des égaux devant Dieu, et s'oppose, en principe, à ce que des chrétiens appartiennent à d'autres chrétiens. L'esclave peut se marier, sa famille est reconnue. Il a pu aussi, à certaines époques, se faire moine, trouver asile, et donc être soutenu contre son maître. À la fin de la Rome antique correspond donc, en Occident, le passage progressif de l'esclavage à une forme "adoucie", le servage, généralisé à partir du VIIIe siècle.

Ainsi Louis X le Hutin, roi de France, publie un édit le 3 juillet 1315 qui affirme que «selon le droit de nature, chacun doit naître franc». Officiellement, depuis cette date, «le sol de France affranchit l'esclave qui le touche».

Contrairement à l'esclave qui est bien meuble, le serf jouit d'une personnalité juridique. Tout d'abord, il n'appartient pas à son seigneur ; en outre, il possède des biens, peut ester et témoigner en justice, peut contracter (mariages, contrats de vente) plus ou moins librement. Sa condition de servage peut elle-même faire l'objet d'un contrat. Mais ce qui lie avant tout le serf à son seigneur c'est une obligation de stricte obéissance : il la lui doit comme dernier étage de la pyramide féodale. Ce devoir, comme tout lien féodal, a une contrepartie : le seigneur lui doit protection.

Cependant, l'institution de l'esclavage subsiste tout au long du Moyen Âge. Plus ou moins disparu au nord des Alpes, le nombre d'esclaves augmente en Catalogne et particulièrement en Italie entre XIIIe et XVe siècle. Les grandes républiques maritimes de Gênes et de Venise sont les plus grands marchands d'esclaves à cette époque. Sont réduits en esclavage surtout des individus capturés au nord de la mer Noire, où la colonie génoise de Caffa représente la plaque tournante du trafic d'esclaves. Les esclaves mâles sont pour la plupart exportés vers l'Égypte mamelouk où ils constituent une ressource indispensable pour le recrutement de soldats, tandis que les femmes esclaves sont amenées en majorité en Italie et sur les grandes îles méditerranéennes (Crète, Sicile, Majorque, Chypre), où elles trouvent leur place dans le service domestique.[1]

Article détaillé : Servage.

Au Moyen-Orient


L'islam prend naissance dans un monde dont l'esclavage est une composante, et Mahomet accorde un statut aux esclaves différent de celui accordé aux esclaves chez les Grecs et les Romains avant lui[2],[3]. Seul livre religieux établissant un plan d'état et privé d'affranchissement systématique et progressif des esclaves[4], comme le fait de séparer une part du budget de l'État pour l'émancipation systématique des esclaves[5],[6],[7]. Le Coran n'interdit pourtant pas formellement l'esclavage[8],[9],[10], il en légalise en fait la pratique. Cela explique en partie le fait que le Soudan ou la Mauritanie pratiquent toujours l'esclavage des Noirs chrétiens et animistes.

  • Malgré les interdictions formelles concernant les musulmans, les califes et les sultans n'hésitent pas à réduire en esclavage les rebelles ou les « mauvais musulmans », notamment en Espagne au temps d'al-Andalus.
  • En Égypte, les enfants esclaves en provenance de la mer Noire ou des Balkans, et amenés en grande partie par des marchands italiens, ont constitué une ressource indispensable pour le recrutement des mamelouks.

De la Renaissance aux Lumières

Alors que l'esclavage recule en Europe du fait de l'extension du christianisme, sans toutefois disparaître, il prend son essor dans les colonies américaines. Au XVIe siècle, des compagnies d’hommes de guerre espagnols faisaient le trafic des Amérindiens revendus à Cuba ou Hispaniola[11]. La Couronne espagnole hésita sur la position à tenir face à l'esclavage. D'un côté Isabelle la Catholique réprouvait l'esclavage, mais l'autorisait lorsqu'il s'agissait des [Taïnos] anthropophages[12]. L'esclavage était possible dans le cadre d’une « guerre juste »[13].

Les bulles pontificales Sublimus Dei (29 mai 1537) et Veritas ipsa du pape Paul III (2 juin 1537) condamnent l'esclavage des Amérindiens[14] ainsi que « toute mise en doute de la pleine humanité de ceux-ci ».

Après la découverte de l'Amérique, les maladies ramenées involontairement par Espagnols et Portugais, ainsi que les maltraitances (travail forcé, encomienda), ont décimé les populations indiennes. Pour remplacer cette main d'œuvre disparue, les conquistadores ont fait venir des captifs africain. La traite négrière allait bientôt concerner toute l'Europe.

Une décision qui marque paradoxalement le départ de la traite transatlantique. Les nations européennes, en particulier le Portugal, la France, la Hollande et l'Angleterre se lancent dans le commerce triangulaire entre des ports de l'Europe, le Golfe de Guinée et les Amériques (Brésil, Antilles). La motivation première des négriers est économique et l'esclave noir est considéré comme une marchandise. Le pays ayant reçu le plus d'esclaves noirs est de loin le Brésil avec environ 5,5 millions d'Africains déportés du XVIe siècle à 1850, soit 40 % du total[15].

Alors que l'esclavagisme sur le continent américain atteint son rendement maximum au XVIIIe siècle, les philosophes des Lumières ébauchent la prise de conscience abolitionniste.

Le commerce triangulaire à partir de 1674

L'année 1674 est celle du grand virage, pour l'esclavage. Jusque là, depuis des siècles, des africains sont emmenés à travers le Sahara vers les pays du monde arabe, où ils deviennent domestiques, mais le voyage, long et coûteux, et la demande modeste limite le prélèvement sur les populations africaines.

Une des routes du commerce triangulaire. En vert, les royaumes européens où s'armaient les navires négriers. En rouge, la zone d'origine des esclaves. En bleu, la zone de destination des esclaves.Le commerce triangulaire fut la base économique du développement des plantations dans les colonies des Amériques, aux Caraïbes comme dans les États sudistes nord-américains. Le chemin des marchands d'esclaves partait des ports atlantiques; ils échangeaient des produits manufacturés contre le bois d'ébène et les revendaient pour les plantations. Les nations principales le pratiquant étaient l'Angleterre, le Portugal, la Hollande, la France.

Les planteurs de sucre espagnols du Venezuela et portugais du Brésil achètent aussi des esclaves mais en quantité limitée, car le transport, par le système de l'Asiento est le monopole des marchands hollandais, qui se limitent aux expéditions les plus rentables, tandis que le prix élevé du sucre sur le marché mondial empêche sa commercialisation à grande échelle.

Le commerce triangulaire prend son essor à partir de 1674, l'année où les français et les Anglais se lancent en même temps sur le marché et disputent aux hollandais, d'abord discrêtement, le monopole du transport des esclaves de la côte africaine vers les Amériques, où deux grandes îles, la Jamaïque et Saint-Domingue et trois petites, la Martinique, la Guadeloupe et la Barbade deviennent la principale zone mondiale d'importation des esclaves.

Le futur roi Catholique anglais Jacques II crée en 1674 la compagnie royale d'Afrique tandis que son cousin français Louis XIV fonde la Compagnie du Sénégal la même année et dissout la Compagnie des Indes de Colbert, l'un des premièrs compagnies coloniales françaises, à qui il reproche son incapacité à importer des esclaves pour rentabiliser son activité et contribuer ainsi au financement du chateau de Versailles. L'année 1674 est celle où Louis XIV devient un monarque absolu et prend ses distances avec Colbert, pour se rapprocher de sa maitresse la Marquise de Maintenon, qui a passé son enfance à la Martinique et vient de racheter avec l'argent du roi, le chateau de Maintenon à Charles François d'Angennes, qui devient quelques années plus tard le plus riche planteur de Martinique.

L'arrivée des Français et des Anglais en 1674 sur les côtes d'Afrique fait fait brutalement monter le prix des esclaves, entraînant le développement de nouveaux circuits d'approvisionnement à intérieur du continent, qui affaiblissent les sociétés africaines traditionnelles.

L'arrivée en masse de nouveaux esclaves aux Antilles fait parallèlement baisser leur prix d'achat par les planteurs de Canne à sucre, tandis que la production de sucre progresse très vite, ce qui a pour effet d'abaisser le prix de cette denrée sur le marché mondial, et de favoriser sa consommation en Europe.

Pour laisser la voie libre aux planteurs de sucre, Jacques II et Louis XIV tentent d'étouffer financièrement les petits planteurs de tabac des Antilles, par ailleurs soupçonnés de collusion avec les flibustiers et autres Frêres de la Côte. En France, la ferme du tabac est un monopole créé en 1674. Le prix d'achat aux planteurs est abaissé et le prix de vente au contraire relevé. Du coup, les producteurs sont découragés et la plupart des consommateurs préfèrent s'approvisionner en tabac de Virginie et du Maryland, où Jacques II vient justement d'octroyer à des aristocrates catholiques des terres pour créer d'immenses plantations de tabac qui fonctionnent elles à base d'esclaves.

Le commerce triangulaires se développe encore, côté Français, à la fin des années 1680 avec le renforcement de la communauté des Irlandais de Nantes, des réfugiés religieux jacobites qui vont créer de puissantes sociétés commerciales comme la Compagnie d'Angola.

Abolitions de l'esclavage

Image d'une campagne abolitionniste britannique

Une longue bataille

Le servage disparaît progressivement en Europe occidentale à la fin du Moyen-Age ; au XVIIIe siècle, il avait quasiment disparu en France. Mais il faudra attendre la fin du XIXe siècle pour qu'il disparaisse de l’Europe orientale et sera aboli en 1861 en Russie. Dès 1759 les Quakers de Pennsylvanie sont les premiers Blancs à condamner l'esclavage[14].

En Suède, une forme répandue de servage dès le XVIIIe siècle était le statut de statare (ou voir Wiki suédois), lesquels étaient des ouvriers agricoles qui recevaient quelques vivres et le logis comme salaire. Leurs conditions de vie étaient généralement très dures. Des écrivains suédois du XX siècle issus de ces milieux ont décrit les conditions de vie de ces derniers serfs européens.

Le 16 mars 1792 une ordonnance du Roi du Danemark et de Norvège prévoit l'interdiction de la traite négrière pour les sujets de son royaume et l'interdiction de l'importation d'esclaves sur son territoire à compter de 1803[16]. Le 2 mars 1807 Britanniques et Américains s'interdisent la traite négrière puis sous leur pression en 1815 au congrès de Vienne ils sont suivis par la plupart des autres puissances européennes. La traite se poursuivit de façon clandestine et il fallut attendre une succession d'abolitions de l'esclavage pour que ce trafic cesse au cours du XIXe siècle.

En France

Proclamation de Victor Hughes à la Guadeloupe le 1er novembre 1794

En 1789, les villages et villes de France eurent à rédiger leurs cahiers de doléances pour la convocation des États Généraux. Les habitants de Champagney mettent dans leur cahier un article unique en son genre (l'article 29), dit Vœu de Champagney qui condamne avec énergie la traite des Noirs et réclame fermement son abolition.

La Convention abolit l'esclavage le 4 février 1794 grâce à l’action de la Société des amis des Noirs de l’abbé Grégoire, sur l'exemple de l'affranchissement décrété à Saint-Domingue par Léger-Félicité Sonthonax. De ce fait, on peut dire de la France qu'elle fut la première nation dans le monde à abolir l'esclavage dans ses colonies. À l'occasion du traité d'Amiens du 26 mars 1802, qui restitue à la république la Réunion et la Martinique, où les Britanniques ont maintenu l'esclavage, cette situation est confirmée par Napoléon Bonaparte, avec la Loi du 20 mai 1802[18]. Elle ne concerne ni la Guadeloupe, ni Saint-Domingue, territoires où l'esclavage a été aboli [19]. Par transgression de cette loi, entre juillet et août 1802 l'amiral Jean-Baptiste Lacrosse, le préfet Daniel Lescallier et le général Antoine Richepance rétablissent progressivement l'ancien "code noir" et l'esclavage en Guadeloupe. Ce qui ranime la guerre à Saint-Domingue où l'esclavage ne sera jamais rétabli, l'indépendance étant acquise le 1er janvier 1804.

Le 29 mars 1815 Napoléon Bonaparte décrète la suppression immédiate de la traite et l'interdiction des ventes d'esclaves aux colonies.[réf. nécessaire]

La seconde et définitive abolition officielle de l'esclavage date du 27 avril 1848 notamment grâce à l'action du député Victor Schoelcher et ses amis.

Il faut cependant attendre l'aube du XXIe siècle pour voir se développer un travail de mémoire autour de l'esclavage. Le 10 mai 2001, le Parlement Français vote la loi Taubira qui reconnaît l'esclavage comme crime contre l'humanité. Suite à cette loi et au comité pour la mémoire de l'esclavage, présidé par l'écrivain guadeloupéen Maryse Condé, Jacques Chirac annonce le 30 janvier 2006 la création d'une journée annuelle de la mémoire de l'esclavage, qui se tiendra tous les 10 mai.

Cette commémoration s'ajoute aux dates de commémoration de l'abolition de l'esclavage en vigueur depuis 1983 dans les départements d'outre-mer: le 22 mai en Martinique, le 27 mai en Guadeloupe, le 10 juin en Guyane, le 20 décembre à La Réunion, le 27 avril à Mayotte.

L’exception haïtienne

À Saint-Domingue, il y eut plusieurs révoltes dont celle de 1702. Mais c'est en 1791 que profitant des troubles issus de la révolution française de 1789 et galvanisés par les idées de liberté, d’égalité et de fraternité, François-Dominique Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Henri Christophe, Alexandre Pétion et André Rigaud ont dirigé la seule rébellion d'affranchis et d’esclaves noirs qui ait été menée à terme.

En 1794, l'Assemblée nationale française proclame l'abolition de l'esclavage mais celui-ci est rétabli en 1802 par Napoléon 1er, dont l'épouse Joséphine de Beauharnais vient d'une famille de planteurs esclavagistes. Napoléon envoie contre Saint-Domingue plusieurs flottes de répression représentant un total de 45 000 hommes dont plus de la moitié vont périr des maladies tropicales. En 1804, l’ancienne colonie française de l'île Saint-Domingue est devenue Haïti.

Esclavage au XXe siècle

Article détaillé : Esclavage au XXe siècle.

Soit par survivance du phénomène esclavagiste traditionnel, soit à travers de nouvelles formes dites "modernes", l'esclavage est resté une réalité au XXe siècle. De nombreux comportements systématiques (camps de concentration ou de travail, proxénétisme) ont ainsi progressivement été analysées comme de nouvelles formes d'esclavage.

Dans les colonies, les colonisateurs ont préféré astreindre les populations locales au travail forcé. Dans les faits, le travail forcé constituait souvent des conditions analogues pour les Africains à celles en vigueur dans les plantations: surexploitation, punitions corporelles, statut d'infériorité, répressions violentes pouvant aller jusqu'au meurtre. Sous Léopold II une importante campagne d'information et de réprobation fut lancée au Royaume-Uni contre l'attitude des colons du Congo Belge (Zaïre). Mais il faut aussi rappeler qu'en arrivant sur ce territoire, les Belges avaient combattu et neutralisé les négriers arabes qui y opéraient depuis des siècles en accord avec les souverains indigènes.

En Union soviétique, Chine (et autres pays communistes) règnent la déportation brutale vers des camps de travaux forcés (Goulag ou Laogai) où l'individu est assujetti à un travail gratuit et dans des conditions qui l'écrasent, pouvant aller jusqu'à la mort. Parfois sa famille subit le même sort.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les envahisseurs (Allemands et Japonais) et leurs dictatures militaires criminelles ont organisé l'esclavage de masse dans les pays conquis, et même en partie au sein des leurs, avec les détenus politiques issus de leur propre population. L'Allemagne nazie a exploité environ 12 millions de personnes, principalement originaires de l'Europe de l'est [20], alors que le Japon shōwa en a exploité plus de 18 millions en Extrême-Orient[21]»

Ce quasi-esclavage poussé parfois jusqu'à l'extermination, s'est exercé au sein de camps de travail, de camps de concentration et aussi de camps d'extermination spécialisés. Les cas de prostitution forcée sont aussi fréquents, particulièrement dans le cas du Japon shōwa qui enrôla environ 200 000 femmes de réconfort.

Enfin, plusieurs pays anciennement colonisateurs, notamment des pays arabes, ont maintenu l'esclavage jusqu'au milieu du XXe siècle : Arabie saoudite et Oman mais également chez les Maures de certaines colonies françaises, en Mauritanie et au Soudan français, et ce malgré sa suppression officielle. La Mauritanie n'a supprimé l'esclavage des Harratins, noirs des oasis du Sahara, en 1980. Aujourd'hui, l'esclavage traditionnel résiste dans de nombreux pays d'Afrique et d'Asie.

Esclavage contemporain

Article détaillé : Esclavage moderne.

L'esclavage n'a cependant pas totalement disparu dans certaines régions du monde, comme la péninsule arabique ou le sous-continent indien. L'Organisation internationale du travail (OIT) estime à 25 millions le nombre de personnes vivant actuellement dans des conditions assimilables à de l'esclavage, d'où le terme d' « esclavage moderne ». Selon l'ONU, chaque année, deux millions de personnes sont réduites en esclavage.

L'esclavage réapparaît actuellement au Soudan. Les Musulmans du nord ont rétabli la Charia lors de la décolonisation et l'appliquent de force aux noirs chrétiens et animistes du sud qui se sont rebellés. Ceux-ci, repoussés dans la Province Équatoriale, la plus insalubre, ont résisté de leur mieux depuis l'indépendance. Aussi les forces gouvernementales ont-elles massacré les populations civiles de nombreux villages et continuent à y enlever de nombreux enfants pour les convertir à l'islam et les utiliser comme esclaves à Khartoum.

Dans les pays développés, par extension et suite à l'évolution des points de vue, le politiquement correct considère d'autres situations assimilable à de l'esclavage moderne.

En 2000, l'UNICEF estimait que 200 000 enfants étaient retenus en esclavage en Afrique centrale et occidentale. D'après l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) quelque 200 000 femmes et enfants sont victimes de l'esclavage. La pratique des enfants soldats peut également être assimilée à une forme d'esclavage, d'autant qu'à l'emprise psychologique mise en œuvre sur des enfants, s'ajoute la dépendance physiologique obtenue par l'usage de drogues fortes.

Notes

  1. voir à ce sujet les divers articles et livres de Charles Verlinden, Michel Balard, Robert Delort, Jacques Heers etc.
  2. Mahomet interdit de battre son esclave sinon il faut l'affranchir ; al-Bulûghul Marâm d'ibn Hajar. Il faut le vêtir comme soi-même et le nourrir comme soi-même. Si on le charge lourdement il faut l'aider. (ar) Sahih-i Muslim, “kitâb'ul iman,” n°41. Si on le tue ou le mutile il faut appliquer le talion. (ar)Sunan-i Tirmidi, “Diyât,” n°32.
  3. (tr)T.C. "Ankara Üniversitesi, Sosyal Bilimler Enstitüsü, Temel islami Bilimler (Tefsir) Anabilim dalı. Çağdas Tefsirde "Kölelik" yorumu. Yüksek Lisans Tezi. Cahit GÜNGÖR. Ankara-2005." 259 pages. p.3 Thèse numéro : 5070/159784
  4. Prof. Dr. Muhammed Hamidullah, Kur’an-ı Kerim Tarihi, Beyan Yayınları, İstanbul, 2000 p.33
  5. "Les Sadaqats ne sont destinés que pour les pauvres, les indigents, ceux qui y travaillent, ceux dont les cœurs sont à gagner à l'islam, l'affranchissement des jougs, ceux qui sont lourdement endettés, dans le sentier de Dieu, et pour le voyageur en détresse. C'est un décret de Dieu ! Et Dieu est Omniscient et Sage." (Cor. IX, Le repentir : 60)
  6. (ar)Jâmi'ul Ahkâm'il Qur'ân, Qurtubî ;(Cor. IX, Le repentir : 60)
  7. ibn Sa'd (m.230) Tabaqat, Leyde, 1904-1912 ; V :260-272
  8. Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Le livre de poche, Paris, 2002 (ISBN 2253905933) , p. 117
  9. En séparant une part du budget de l'État pour l'affranchissement des jougs, le Coran systématise l'émancipation des esclaves musulmans d'abord mais également non musulmans Jâmi'ul Ahkâm'il Qur'ân, Qurtubî ;(Cor. IX, Le repentir : 60), mais l'esclavage n'est pas directement interdit. Selon Hamidullah, les successeurs de Mahomet n'ont plus asservi les prisonniers de guerre comme le veut la tradition arabe païenne. Pratique de nouveau appliquée plusieurs siècles après les successeurs directs de Mahomet, Cervantès, par exemple, fut bel et bien placé dans la situation de choisir entre le paiement d'une rançon par sa famille ou l'esclaves.De plus, Mahomet dira à une personne qui voulait avoir le paradis: « Délivrez vos frères des chaînes de l'esclavage »
  10. Malek Chebel,l'Esclavage en terre d'islam, édition Fayard, p. 
  11. Marianne Mahn-Lot, La conquête de l’Amérique espagnole, PUF, Que sais-je ?, 5e édition, p.21
  12. Marianne Mahn-Lot, La conquête de l’Amérique espagnole, PUF, Que sais-je ?, 5e édition, p.60
  13. Marianne Mahn-Lot, La conquête de l’Amérique espagnole, PUF, Que sais-je ?, 5e édition, p.59
  14. a  et b Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Le livre de poche, Paris, 2002 (ISBN 2253905933) , p.144
  15. Luiz Felipe de Alencastro, « La fusion brésilienne », dans L'Histoire, n°322, juillet-août 2007, p.45
  16. (fr) (no) Ordonnance de Sa Majesté le Roi du Danemark et de Norvège pour l'abolition de la Traite des Nègres, 16 mars 1792, 'Comité de Liaison et d'Application des Sources Historiques', Saint-Barthélemy. Consulté le 26 novembre 2008
  17. (fr) L'abolition de l'esclavage à Saint-Barthélemy, 9 octobre 1847, 'Comité de Liaison et d'Application des Sources Historiques', Saint-Barthélemy. Consulté le 17 décembre 2008
  18. L'intention originale de Napoléon Bonaparte était d'indiquer clairement dans la loi le maintien du "statut-quo", à savoir maintien de l'esclavage à la Martinique et à la Réunion, maintien de la liberté en Guadeloupe et à Saint-Domingue. Une commission dirigée par Cambacérès est chargée de préparer une loi en ce sens, elle conclut à la difficulté de légiférer sur deux régimes opposés dans la même loi. Il est décidé de légiférer sur le maintien de l'esclavage là où il existe et de ne rien dire sur les autres colonies. Il est vraisemblable que le maintien de l'esclavage dans les territoires récupérés des Britanniques résulte d'une négociation du traité d’Amiens visant à empêcher la propagation de l'abolition de l'esclavage aux autres colonies européennes
  19. Marcel Dorigny, The abolitions of slavery (2004), Ed. Berghahn Books, ISBN 1571814329, p.235
  20. Final Compensation Pending for Former Nazi Forced Laborers | Germany | Deutsche Welle | 27.10.2005
  21. Zhifen Ju, "Japan's atrocities of conscripting and abusing north China draftees after the outbreak of the Pacific war", 2002, Library of Congress, 1992, "Indonesia: World War II and the Struggle For Independence, 1942–50; The Japanese Occupation, 1942–45" Consulté le 9 février 2007.
  22. Dans nombre de pays, des lois punissent le proxénétisme mais tolèrent la prostitution à condition qu'elle soit volontaire et tant que cela ne trouble pas l'ordre public. Celle-ci est conforme à la déclaration des Droits de l'Homme autorisant chaque adulte à faire ce qu'il veut (ou peut) de sa personne.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

Témoignages

  • Mungo Park, Voyage dans l'intérieur de l'Afrique, FM/ La Découverte, Maspero, Paris 2009, ISBN 978-2-7071-5783-6.
  • Jehan Mousnier, Journal de la traite des Noirs, Editions de Paris, Paris, 1957.
  • Théodore Canot, Les Aventures d'un négrier, éd. La Découvrance, Paris, 2004.
  • Jean-Pierre Plasse, Journal de bord d'un négrier, éd. Les Mots et le Reste, Paris, 2005.
  • Dieudonné Gnammankou, Abraham Hanibal, l'aïeul noir de Pouchkine, éd. Présence Africaine, Paris, 1996, ISBN 2-7087-0609-8.
  • Olaudah Equiano, La Véridique Histoire par lui-même d'Olaudah Equiano, Africain, esclave aux Caraïbes, homme libre, Éditions caribéennes, Paris, 1987.

Ouvrages historiques

Examen d'ensemble

  • Olivier Pétré-Grenouilleau, Les Traites négrières, Essai d'histoire globale, NRF Gallimard, ISBN 2-07-073499-4
  • Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Le livre de poche, Paris, 2002, 320 p. (ISBN 2253905933) 
  • Olivier Pétré-Grenouilleau, La Traite des noirs, Que sais-je?, ASIN 2130484158
  • Hugh Thomas, "La Traite des Noirs, 1440-1870", Robert Laffont, ISBN 2-221-10559-1
  • François Renault et Serge Daget, "Les Traites Négrières en Afrique", éditions Karthala, ISBN 2-86537-128-X

Esclavagisme antique et médiéval

  • Michel Balard, La Romanie génoise, 2 tomes, Rome / Gênes, 1978.
  • Jacques Heers, Esclaves et domestiques au Moyen-Âge dans le monde méditerranéen, Paris, Hachettes, 1996, 296 p.
  • William D. Phillips, Slavery from Roman Times to the Early atlantic Trade, Minneapolis, The University of Minnesota Press, 1985
  • Youval Rotman, Les esclaves et l'esclavage. De la Méditerranée antique à la Méditerranée médiévale, VIe-XIe siècles, Paris, Les Belles Lettres, 2004, 403 p.
  • Verlinden, Charles, L'esclavage dans l'Europe médiévale, t.1: Péninsule ibérique - France, Bruges, De Tempel, 1955; t.2: Italie - Colonies italiennes du Levant - Levant latin - Empire byzantin, Gand, 1977.

Esclavagisme musulman

Esclavagisme euro-américain

  • Raymond-Marin Lemesle, Le Commerce colonial triangulaire, XVIIIe-XIXe siècles, Presses Universitaires de France, 1998, Que sais-je. ISBN 2130493408
  • Salvador de Madariaga, Le Déclin de l'Empire espagnol d'Amérique, Ed. Albin Michel, Paris, 1958.
  • Jean Meyer, Esclaves et Négriers, Gallimard, 1986, Decouverte Gallimard. ISBN 2070530183
  • Louis Sala-Molins, Le Code noir, PUF, Paris, 1986
  • Hannah Crafts, Autobiographie d'une esclave, Payot, Paris, 2005

Histoire de l'abolition

  • Annick Le Douget, Juges, esclaves et négriers en Basse-Bretagne, l'émergence de la pensée abolitionniste, l'auteur, s.l., 2000
  • Nelly Schmidt, Victor Schoelcher et l’abolition de l’esclavage, Fayard, Paris, 1994
  • Philippe Haudrère et Françoise Vergès, De l’esclave au citoyen, Gallimard, Paris, 1998
  • Jean Métellus, De l'esclavage aux abolitions - XVIIe - XXe siècle (en collaboration avec Marcel Dorigny), Cercle d'Art, Paris, 1998. ISBN 2702205488
  • François Renault, Libération d’esclaves et Nouvelles servitudes, Les nouvelles Editions Africaines, 1976
  • Gaston Martin, L’Abolition de l’esclavage (27 avril 1848), PUF, Paris, 1996
  • Mobiclic, "Moussa l'itinéraire d'un esclave" (2006), Milan presse, Toulouse ([2]
  • Portail de l’esclavage Portail de l’esclavage
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