Roman d'aventure


Roman d'aventure

Roman d'aventures

Verne Tour du Monde.jpg

Le roman d’aventures est un type de roman populaire qui met particulièrement l'accent sur l'action en multipliant les péripéties plutôt violentes, dans lequel le lecteur, plutôt masculin et jeune, s'identifie à des héros, en général positifs, et où le souci de la forme littéraire est relativement peu important.

Centré sur l'intérêt dramatique, le suspense, parfois au détriment de la vraisemblance, le roman d'aventure inclut des personnages nombreux mais simplifiés et des références fonctionnelles à une réalité aussi bien historique que géographique souvent exotique, ce qui le distingue aussi bien du roman d'analyse psychologique que du roman d'analyse sociale ou sociologique qui visent une plus grande complexité. Il est également sous-tendu par une morale plutôt schématique qui divisent les hommes en bons et méchants, le héros (généralement vainqueur) défendant le camp du bien, d'où la place qu'on lui a fait dans la littérature pour la jeunesse.

Le roman d'aventure (ou d'aventures) qui appartient au domaine de la littérature populaire a connu son âge d'or en Europe entre 1850 et 1950, en France et en Angleterre en particulier, au moment de l'établissement d'empires coloniaux, et aux États-Unis dans le contexte de la conquête de l'ouest : il est marqué en effet par l'exploration du monde dit « sauvage », sa domination par l'Occident et sa transformation par la technologie moderne. De célèbres auteurs de romans d'aventure ont marqué l'histoire du genre comme Walter Scott, Alexandre Dumas père, Fenimore Cooper, Robert Louis Stevenson, Jules Verne, Rudyard Kipling ou Joseph Conrad, avant que ce type de roman ne soit concurrencé fortement par le cinéma populaire, puis à partir de 1950 par les bandes dessinées et aujourd'hui par les séries télévisées et les jeux video.

Au XXe siècle, les sous-genres du roman d'aventure comme le roman policier ou le roman d'anticipation étant devenus des genres autonomes, le roman d'aventure a perdu son sens général et se définit maintenant de manière restrictive comme un roman d'action non typée avec des personnages fonctionnels à la psychologie plutôt sommaire et un arrière-plan simplifié.

Cependant le classement des œuvres en "romans d'aventure" reste délicat et discuté.

Sommaire

Un genre ambigu et en évolution

Jules Verne et Adolphe d'Ennery - Michel Strogoff 1880.jpg

La définition du roman d'aventure fait d'autant plus question qu'elle a évolué avec le temps. On hésite même dans son intitulé entre « roman d'aventure » au singulier et « roman d'aventures » au pluriel, et Albert Thibaudet, quant à lui, intitule son article de la NRF en 1919 " Le roman de l’aventure "...

On rencontre l'expression « roman d'aventure » à la fin du XIIIe siècle dans un fabliau intitulé « Des deux bordeors ribauz » (voir texte [2]). Si l'auteur anonyme parle indifféremment de chanson de geste (vers 64) et de « romans » (vers 74) à propos d'œuvres épiques contant les exploits des chevaliers qu'il s'amuse à mélanger (Guillaume au court nez, Ogier de Danemark, Renaud de Montauban), il établit une distinction particulière pour le cycle de la Table Ronde pour lequel il parle de « romans d'aventure » : Ge sai des romanz d'aventure,// De cels de la réonde Table,// Qui sont à oïr delitable) (vers 82-84). C'est sur la connotation merveilleuse de ces romans que repose cette distinction avec des figures comme celle de Merlin l'enchanteur, de la Dame Blanche ou des éléments mystiques comme le Graal : c'est le monde imaginaire, à la fois épique et féerique, des « Temps Aventureux » contés par Chrétien de Troyes dont les héros Gauvain, Perceval ou Lancelot entrent dans la « forêt aventureuse », qui correspond au genre anglais de la « chivalric romance ».

Cette connotation merveilleuse s'est effacée peu à peu et le roman a été assimilé au XVIIe siècle à la fiction en général comme le fait Pierre-Daniel Huet dans son Traité de l'origine des romans,1670, les sous catégories n'apparaissant que peu à peu et a posteriori chez les historiens de la littérature (roman héroïque,roman picaresque...). Pendant longtemps tout roman est roman d'aventures, et c'est à ce caractère exceptionnel et imprévu d'une histoire, d'une aventure, que fait référence Napoléon quand il s'écrie : « Quel roman que ma vie ! ».

Au début du XIXe siècle la définition s'affine et le roman d'aventure va être distingué du « roman d'analyse » ou « roman psychologique » (et son avatar le roman sentimental populaire qui joue sur le ressort de l'émotion [1]), centré sur l'approfondissement des personnages, type Madame Bovary de Flaubert, et du roman « sociologique » ou « sociétal » centré sur l'observation de la société, type Germinal de Zola). Le roman d'aventure se caractérisera par la place centrale faite à des événements multiples, inventés et sortant de l'ordinaire, par un récit dynamique au service de l'action, délaissant la complexité psychologique et le réalisme du contexte. Cette orientation vers le divertissement placera le roman d'aventure dans la littérature populaire, certains critiques contestant même le mot « littérature », encore au XXe siècle, comme François Mauriac pour qui « le roman d'aventures n'est qu'un enchevêtrement factice de circonstances » (Le Roman, 1928).

L'importance de la production créera peu à peu à la fin du XIXe siècle des sous-genres, parfois poreux, qui deviendront des genres à part entière avec des spécificités propres comme la reconstitution d'un monde éloigné dans le temps pour le roman historique (et des sous-sous-genres comme le roman de cape et d'épée qu'illustre Michel Zévaco)– type Ivanhoé de Walter Scott ou La Fille du capitaine d'Alexandre Pouchkine -, l'invention d'une réalité et de personnages relevant de l'imaginaire pur pour le roman d'anticipation - type La guerre des mondes de H.G. Wells ou Dune de Frank Herbert -, ou encore le roman fantastique qui joue sur la perturbation du réel - type La Vénus d'Ille de Prosper Mérimée -, et ses variantes comme le roman gothique (Le moine de Lewis) et son héritier moderne le « thriller » dont le ressort est l'effroi (Le silence des agneaux de Thomas Harris). A la fin du XIXe siècle trouveront place le roman policier [2] dont la base est la résolution d'une énigme criminelle avec des personnages emblématiques (Sherlok Holmes chez Conan Doyle, Arsène Lupin chez Maurice Leblanc, Hercule Poirot chez Agatha Christie...) et, à partir du milieu des années 1930, le roman noir venu d'Amérique qui associe crime et description d'un monde d'antihéros, type Le facteur sonne toujours deux fois de James M. Cain -, en même temps que se développera le roman d'espionnage qui met en scène un affrontement politique à travers des agents secrets (Ian Fleming, John Le Carré). On peut ajouter une catégorie elle aussi imprécise et recoupant les précédentes, celle des romans pour la jeunesse marqués par la simplification et le souci de l'enseignement moral et de l'identification à des personnages miroirs pour les enfants ou les adolescents, souvent héros de séries comme Prince Éric de Serge Dalens ou le Club des Cinq d’Enid Blyton avec ses jeunes débrouillards.

Définition(s)

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La définition générale du genre s'établira au début du XIXe siècle et s'appliquera à un roman dont le centre d'intérêt principal est l'intrigue, le récit préservant l'intérêt dramatique, le suspense avec une multiplication des péripéties extra-ordinaires et violentes, parfois au détriment de la vraisemblance. [3]. Par ailleurs le roman d'aventure a longtemps été sous-tendu par une morale positive défendant les valeurs de la civilisation occidentale et où le bien l'emporte sur le mal, le héros (même s'il meurt parfois) l'emportant dans l'esprit du lecteur sur les méchants. Jean-Paul Sartre l'évoque dans Les mots quand il parle de « roman de cape et d'épée républicain » à propos de Michel Zévaco [4].

Tout dans le roman d'aventure étant au service de l'action, le genre s'est séparé du roman réaliste et de ses ambitions de vérisme pour retrouver le plaisir de conter des aventures comme dans les romans de chevalerie ou le roman picaresque, sans se préoccuper outre mesure de la vraisemblance des personnages dont la psychologie est volontairement schématisée ainsi que l'explique Robert Louis Stevenson : « Les personnages ne doivent être dotés que d'un seul registre de qualité» [5]. Il en va de même pour l'enchaînement des péripéties, où le hasard heureux ou malheureux domine (par exemple, la découverte de la carte du trésor par Jim dans le roman de Stevenson ou le miracle de la vue recouvrée par Michel Strogoff), et du contexte de l'action, qu'il s'agisse du monde quotidien (comme dans Les mystères de Paris d'Eugène Sue) et de réalités exotiques (la Turquie de Pierre Loti – le grand nord de Jack London) ou virtuelles (le centre de la Terre chez Jules Verne ou le royaume de l'Atlantide chez Pierre Benoit).

La définition large est encore d'actualité et communément le roman d'aventure se définit comme un roman d'intrigue à suspense, avec un schéma actanciel et narratif dynamique peu soucieux de vraisemblance profonde, avec des personnages plutôt schématisés, psychologiquement et moralement, évoluant dans un contexte simplifié, éloigné des reconstitutions minutieuses des auteurs réalistes. Il fait preuve aussi d'une grande liberté de ton puisque si le registre dramatique domine naturellement, le registre pathétique est assez souvent présent (par exemple, la mort du signor Vitalis dans Sans famille d'Hector Malot) et le registre comique fondé sur la complicité avec le lecteur n'est pas rare comme les rapports maître-valet dans Le tour du monde en 80 jours ou la confrontation de Tarzan avec le monde britannique.

L'Empire britannique (délimité en rose) en 1897

Dans la seconde moitié du XXe siècle, les spécialistes de l'histoire littéraire et les éditeurs ont élevé certaines formes de romans d'aventure au rang de genres littéraires autonomes, se fondant sur une différence de degré plutôt que sur une vraie différence de nature : on l'a vu, la part faite au contexte historique, passé ou futur, détermine par exemple le classement en roman historique ou roman d'anticipation, alors que la démarche enquêtrice définira le roman policier...On parle aussi parfois de « robinsonnades », de « romans westerns », de « romans exotiques », de « romans de guerre », etc... Ce qui conduit à une définition plus restrictive du roman d'aventure mais qui reste vague et négative : on appellera en fait romans d'aventure les romans d'action tels que définis dans le § précédent qui ne se rattachent pas à un (sous) genre caractérisé. D'où le flou des classements. D'autant que tous ces genres présentent des actions violentes hors de l'ordinaire, une confrontation ambiguë avec la sauvagerie que l'on combat mais à laquelle on se livre aussi, et une mise en avant de l'exotisme, parfois seulement social et non géographique et historique, comme dans les Mystères de Paris ou Le Parrain [6]. Ce type d'ouvrages définit globalement le même type de héros particulier, valeureux et moral, qui permet l'identification du lecteur en l'emmenant loin de son quotidien banal et soumis.

Il est par ailleurs assez souvent délicat de séparer le roman d'aventure (au sens large de roman d'action) des romans d'analyse psychologique ou « historico-sociale ». Comment classer certaines œuvres ? La voie royale et La condition humaine d'André Malraux méritent-ils le qualificatif de roman d'aventure [3] comme Capitaine Conan de Roger Vercel, évident roman d'aventure prix Goncourt 1934, comme le roman de Malraux l'année suivante ? Et Notre Dame de Paris peut-il lui aussi être qualifié de roman d'aventure [4] ? Et Le Cabinet des Antiques de Balzac dont on affirme que « C'est un véritable roman d’aventure, truffé de rebondissements, avec un suspense presque policier créé par les manœuvres du jeune d’Esgrignon qui fabrique des faux et risque le bagne. » ?

S'il y a bien une production « industrielle » comme le disait déjà Sainte-Beuve [7], vite oubliée de l'histoire littéraire (Gabriel Ferry ,Paul d’Ivoi...), le genre du roman d'aventure a produit des œuvres fortes qui ont, comme celles de Stevenson, Joseph Conrad, Pierre Loti, Jack London ou Joseph Kessel , marqué l'imaginaire de leurs très nombreux lecteurs et qui, échappant à un classement trop rigide, appartiennent tout simplement à la littérature romanesque.

Diffusion/Réception

Treasure Island-Scribner's-1911.jpg

Le roman d'aventures a vu son lectorat s'étendre avec l'alphabétisation croissante au XIXe siècle, il donnera d'ailleurs naissance à des formes narratives nouvelles comme le roman-feuilleton (Eugène Sue Les mystères de Paris, 1843) et à des collections nombreuses souvent illustrées chez des éditeurs spécialisées. On peut citer Hetzel l'éditeur de Jules Verne (Cinq semaines en ballon (1863)) , ou dans la première moitié du XXe siècle les éditions Ferenczi qui éditent par exemple Louis-Frédéric Rouquette (Le grand silence blanc) ou Louis Hémon (Battling Malone), et au milieu du XXe siècle, la Bibliothèque verte chez Hachette ou la collection Rouge et Or aux Presses de la cité. Le lectorat va se différencier sexuellement, les femmes et les filles s'attachant au roman sentimental avec des aventures où la relation amoureuse joue un rôle moteur alors que le public populaire masculin va faire le succès de romans où l'affrontement du héros avec l'adversité ou avec les autres prédomine, ce qu'on définira comme la classe générale des romans d'aventure dont le type fondateur est Robinson Crusoe de Daniel Defoe au XVIIIe siècle. Plus tard entrera en jeu le roman pour la jeunesse qui cherchera à associer péripéties, identification et valeurs morales - type Prince Éric de Serge Dalens -, retrouvant l'un des ressorts du roman de formation.

Le roman d'aventure a longtemps été étiqueté comme un genre populaire appartenant à une littérature de second ordre, méprisée par les élites cultivées, acceptable seulement pour la jeunesse. L'objectif avoué du divertissement est mal vu des esprits sérieux et religieux qui y voient une évasion frivole, coupable de « nous détourner de nous-mêmes » comme le dit François Mauriac (Le Roman, 1928, p.110), retrouvant ainsi les critiques du XVIIe contre le roman héroïque « vide des choses qui doivent rester dans l’esprit du Lecteur »[8]. On a aussi critiqué la médiocrité d'écriture et l'aspect superficiel du roman d'aventure qu'on qualifie de « bas », de « vulgaire » [9], et aussi de « dangereux » par l'exaltation de l'action physique et le goût du risque qu'il peut susciter.

Mais d'autres esprits comme Marcel Schwob au début du XXe siècle ont vu dans le roman d'aventure une source de renouvellement pour le roman français qui y trouverait l'art d'une intrigue captivante et des « effets saisissants » [10]. Pour sa part, Jacques Rivière dans un ouvrage célèbre en 1913 (http://livre.fnac.com/a839377/Jacques-Riviere-Le-roman-d-aventure) analyse le roman d'aventure comme une réaction à une littérature dominée par le symbolisme et l'impressionnisme et enfermée dans l'émotion atone et introspective à la Paul Bourget, caractéristique d'une fin de siècle exsangue que Marcel Proust décrira à la même époque. S'appuyant sur les exemples de Stevenson, de Dumas père ou de son ami Alain-Fournier, il présente le roman d'aventure comme une adhésion à la modernité, abandonnant le psychologisme des états d'âme pour l'action et la disponibilité à un monde ouvert à l'imagination. Jean-Yves Tadié quant à lui vante un « roman d’aventures littéraire » qui se caractérise par le souci du style, la complexité de la structure, la multiplication des niveaux de signification et la richesse symbolique[11]

Historique

Félix Nadar 1820-1910 portraits Jules Verne.jpg

Les origines du roman d'aventures se confondent avec celles du roman en général, marqué au delà de la langue romane, par une narration qui associe réalisme (ou du moins prise en compte du réel) et imaginaire.

Le roman d'aventure est l'héritier des romans de chevalerie de la fin du Moyen Âge marqués par la classe sociale dominante et l'idéal de la courtoisie comme les œuvres emblématiques de Chrétien de Troyes. L'influence d'une classe de lecteurs bourgeois périmera ce roman de chevalerie avec des figures dérisoires comme Don Quichote et les récits s'inscriront dans un contexte moins virtuel avec Boccace, en Italie, et plus tard en France avec Rabelais. Des romans plus réalistes se multiplieront avec la littérature de colportage et le développement du roman picaresque au XVIIIe siècle sous l'influence espagnole et anglaise. Au début du XIXe siècle, bien que plutôt méprisé par les classes éduquées, le roman d'aventure gagnera un lectorat croissant dans le reste de la population qui accède progressivement à la lecture. Dans les années 1840 apparaît en même temps que le mélodrame au théâtre, le roman-feuilleton qui tient en haleine le lecteur par le fameux « à suivre » annonçant de nouvelles péripéties palpitantes. Authentiques romans d'aventures, ces romans-feuilletons connaîtront leur moment de gloire avec Alexandre Dumas père (Le Comte de Monte-Cristo, 1844-1846) et Les Mystères de Paris d’Eugène Sue (1842-1843) : la vogue durera comme en témoigne l'énorme succès de Fantômas écrit dans les années 1910 par Pierre Souvestre et Marcel Allain. La présence de personnages récurrents participera aussi au succès du roman d'aventure - par exemple Chéri-Bibi de Gaston Leroux -, comme la fresque étendue sur plusieurs générations, par exemple Le Royaume du nord de Bernard Clavel (1983-1989)).

Les transformations du XIXe siècle nourriront le roman d'aventure qui prendra en compte la développement des villes et leur nouvelles populations (Les Mystères de Paris d'Eugène Sue, Les Mystères de Londres de Paul Féval, Les Mystères de Marseille de Zola), l'importance politique du peuple (Jacquou le croquant de Eugène Le Roy), le progrès technologique et scientifique qu'illustrent les nombreuses œuvres de Jules Verne, qu'elles exploitent les réalisations techniques du temps (Le tour du monde en 80 jours) ou la projection dans le futur (Voyage au centre de la terre). La motorisation des transports, la facilité et la vitesse des déplacements par le train, l'automobile puis l'avion feront rêver les lecteurs alors que la nostalgie d'un monde d'avant le progrès accompagnera les aventures de Tarzan imaginées par Edgar Rice Burroughs, ou les exploits des marins traditionnels (Fortune carrée de Kessel).

« La France au Siam - 1904 ».

Un autre facteur du succès du roman d'aventure est le goût de l'ailleurs entretenu par les récits de voyages et les biographies des explorateurs, par exemple À travers le continent mystérieux d'Henry Morton Stanley Voyage aux grands lacs d'Afrique orientale de Richard Francis Burton, Journal d'un voyage à Temboctou de René Caillié ou encore Les Très Riches Heures de l'humanité de Stefan Zweig qui évoque entre autres les exploits de Roald Amundsen et de Robert Falcon Scott dans la conquête des pôles. L'exploration et l'occupation de nouvelles régions du monde trouvent leur écho dans le roman d'aventure avec Pierre Loti (le Japon des geishas : Madame Chrysanthème ), Rudyard Kipling (l'empire britannique des Indes : L'homme qui voulut être roi ), Fenimore Cooper (l'Amérique et ses Indiens : Le dernier des Mohicans), Jack London, James Oliver Curwood ou Louis-Frédéric Rouquette (le grand nord), le désert du Sahara et la conquête coloniale (Joseph Peyré, L'escadron blanc).

Ce goût de l'aventure mêlant modernité et exotisme est bien illustré par Arthur Rimbaud qui, répondant au désir de Baudelaire, va en Abyssinie, « au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau », comme il le sera au XXe siècle par la figure de l'alpiniste, « conquérant de l'inutile » (Roger Frison-Roche, Premier de Cordée 1942).

Le roman d'aventure lié à ce contexte de modernité a connu un âge d'or au XIXe et XXe siècle avant d'être concurrencé par le cinéma populaire (qui lui emprunte néanmoins souvent ses scénarios comme le montre Le Parrain ou Da vinci code), les bandes dessinées et les séries télévisées, ou même, aujourd'hui, les jeux video où le joueur dépassant l'identification aux personnages a l'illusion de vivre l'aventure lui-même.

Topos/thèmes récurrents

Jack London 1914 Sunset Magazine.jpg

Auteurs notables

Ils peuvent être également classés ailleurs : roman policier, fantastique, science-fiction pour d'autres œuvres.

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Popiersie Joseph Conrad ssj 20071009.jpg
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France

Grande-Bretagne :

États-Unis :

Allemagne:

  • Karl May, Le Trésor du lac d'argent, 1890
  • B Traven, Le trésor de la Sierra Madre, 1927

autres

Bibliographie

  • Robert Louis Stevenson, Essais sur l'art de la fiction, la Table ronde, Paris, 1988 (réédition : Petite bibliothèque Payot/Documents, Paris, 2002)
  • Jean-Yves Tadié, Le Roman d'aventures, PUF, coll. écriture, Paris, 1982 (ISBN 2130374557)

Liens externes

Notes

  1. http://www.cg49.fr/medias/PDF/themes/culture_sports/bdp/boite_outils/roman_sentimental.pdf
  2. http://www.cg49.fr/medias/PDF/themes/culture_sports/bdp/boite_outils/Le%20roman%20policier.pdf
  3. Jean-Yves Tadié : « C'est un récit dont l’objectif premier est de raconter des aventures, et qui ne peut exister sans elles. L’aventure est l’irruption du hasard, ou du destin, dans la vie quotidienne
  4. « Je lisais tous les jours, dans Le Matin, le feuilleton de Michel Zévaco : cet auteur de génie, sous l'influence de Hugo, avait inventé le roman de cape et d'épée républicain. Ses héros représentaient le peuple; ils faisaient et défaisaient les empires, prédisaient dès le XIVe siècle la Révolution française, ...Sartre, Les Mots, 1964, p. 109
  5. « Les personnages ne doivent être dotés que d'un seul registre de qualité : le guerrier, le formidable. Dans la mesure où ils apparaissent insidieux dans la fourberie et fatals dans le combat, ils ont bien servi à leur fin. Le danger est la matière de ce genre de roman ; la peur, la passion dont il se moque. Et les personnages ne sont dessinés que dans le seul but de rendre le sens du danger et de provoquer l'attrait de la peur. Ajouter plus de traits qu'il n'en faut, être trop malin, courir le lièvre de la visée morale ou intellectuelle alors que nous chassons le renard des intérêts matériels, voilà qui n'est pas pou)r enrichir mais pour ôter toute valeur à votre histoire. Robert Louis Stevenson, Essais sur l'art de la fiction, Payot, p.238
  6. http://mletourneux.free.fr/presentation/Presentation-generale.html
  7. article fameux de Sainte-Beuve De la littérature industrielle paru le 1er septembre 1839 dans La Revue des deux mondes voir [1]
  8. phrase de Lenoble qui condamne « Les longs Romans pleins de paroles et d’aventures fabuleuses, et vides des choses qui doivent rester dans l’esprit du Lecteur et y faire fruit »Camille Esmein
  9. « De nos jours le bas-fond remonte sans cesse, et devient vite le niveau commun, le reste s’écroulant ou s’abaissant. » Sainte-Beuve
  10. http://igitur-archive.library.uu.nl/dissertations/2003-1107-100331/full.pdf page 191 et suivantes
  11. Jean-Yves Tadié, Le Roman d'aventures, PUF, 1982)
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