Cathédrale Saint-Lazare d'Autun


Cathédrale Saint-Lazare d'Autun
Cathédrale
Saint-Lazare d'Autun
Image illustrative de l'article Cathédrale Saint-Lazare d'Autun
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattaché à Diocèse d'Autun, Chalon et Mâcon (siège)
Début de la construction 1120
Fin des travaux 1146
Modifications importantes aux XIIIe et XVe siècles
Style(s) dominant(s) Roman
Gothique
Protection Monument historique (1840)
Géographie
Pays Drapeau de France France
Région Bourgogne
Département Saône-et-Loire
Ville Autun
Coordonnées 46° 56′ 42″ N 4° 17′ 57″ E / 46.945, 4.29916746° 56′ 42″ Nord
       4° 17′ 57″ Est
/ 46.945, 4.299167
  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
CathédraleSaint-Lazare d'Autun

La cathédrale Saint-Lazare d'Autun fut construite au XIIe siècle et consacrée comme cathédrale à la fin du XXe siècle, en remplacement de la cathédrale Saint-Nazaire.

Sommaire

Historique

Une première cathédrale a été construite à Autun à partir du Ve siècle siècle, consacrée plus tardivement à saint Nazaire (il en reste une chapelle du XIVe siècle). La cathédrale Saint-Lazare (dédiée à Lazare d'Aix et non au saint Lazare de l'Évangile) fut projetée par Étienne de Bagé afin de conserver les reliques du dit saint, jusqu'alors situées dans le premier édifice.

Commencée vers 1120 par l'évêque d'Autun, Étienne Ier de Baugé, elle fut achevée en 1146, le porche étant achevé quelques années plus tard. Elle est bâtie sur le modèle de l'abbatiale de Paray-le-Monial. Elle possède, tout comme à Cluny et à Paray, une voûte en berceau brisé, construite peu de temps après sa consécration comme cathédrale, puisqu'on ajouta des arcs-boutants à cette époque. Une flèche fut construite en 1469 par le cardinal Rolin (le fils du chancelier Rolin), au-dessus de la croisée du transept, à la place d'un clocher roman détruit par la foudre. Elle atteint 80 m de haut.

Plan de la cathédrale d'Autun

En 1766, l'édifice eut à subir plusieurs dommages du fait des chanoines du chapitre de la cathédrale[1]. L'art médiéval était peu apprécié à l'époque et les chanoines voulaient renouveler l'aspect de la cathédrale[2] dans un style plus baroque[3]. Le portail latéral et son tympan furent détruits et les pierres réemployées pour la construction des maisons voisines. La fameuse Tentation d'Ève fut donc incluse dans un mur avant d'être redécouverte. Le jubé et le monumental Tombeau de saint Lazare qui se trouvait derrière l'espace du chœur ont été également démantelés (les statuaires restantes du tombeau sont exposées au musée Rolin). Tout l'espace du chœur fut détruit, y compris la mosaïque du 12e siècle, remplacée par un pavé neuf. Le fameux tympan du Jugement Dernier de Gislebert, a été recouvert de plâtre, les chanoines d'alors le jugeant de mauvais goût. Cela lui valut d'être préservé du vandalisme de la période révolutionnaire qui prit pour cible, entre autres, les tympans et linteaux d'églises de Saône-et-Loire[4],[5],[6]. Il a été redécouvert en 1837 et restauré. La tête du Christ, ayant été sectionnée au cours du premier plâtrage et conservée au musée Rolin à côté, n'a été remise en place qu'en 1948.

La cathédrale et le quartier (ville haute ou Hauts-quartiers) ainsi que la ville moyenne, sont intégrés dans un secteur sauvegardé de 74 ha depuis 1973. Ce secteur compte nombre de lieux remarquables.

Description

Le tympan

Tympan Le Jugement dernier

Il s'agit de l'élément le plus remarquable de la cathédrale. Exceptionnellement, on connaît le nom du sculpteur qui fut l'auteur au moins du Jugement dernier : il s'agit de Gislebert, qui signe de son nom aux pieds du Christ (Gyslebertus hoc fecit)[7].

On peut le décomposer en une scène centrale représentant le Christ en Majesté, surmontant un linteau et entourée de deux arcades, l'externe comprenant de nombreux médaillons figuratifs comportant des représentations des signes zodiacaux, et des travaux aux différents mois de l'année. Le tout repose sur des colonnes à chapiteaux historiés.

La scène centrale représente un Jugement dernier, avec le Christ en mandorle. Il possède plusieurs éléments classiques de ce sujet :

  • résurrection des morts, dont certains se cachent déjà le visage, d'autres portent les emblèmes du pèlerin (coquille Saint-Jacques) ;
  • la vierge folle aux seins mordus par les serpents, représentant la Luxure ;
  • un Christ immense dominant la scène ;
  • à sa droite, Saint Pierre fait entrer les justes au Paradis ; au-dessus, une grande place est faite à la Vierge Marie intercédant ;
  • à la gauche du Christ, a lieu la pesée des âmes ; comme d'habitude dans ce genre de scènes, le Diable triche en appuyant sur la balance, mais exceptionnellement l'archange Saint-Michel triche lui aussi en faveur des humains. L'enfer occupe une place réduite.

On a donc une représentation optimiste du Jugement dernier, en cohérence avec l'époque prospère de sa réalisation.

Le trumeau est bien postérieur puisqu'il date du XIXe siècle et représente saint Lazare et ses deux sœurs. Jugé barbare par les chanoines le tympan fut plâtré par ceux-ci en 1766. Peu après le passage de Stendhal à Autun, d'autres chanoines le dégagèrent, sans la tête qui manquait au Christ. Ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale que le chanoine Denis Grivot la remit à sa place.

De juin à octobre 2009, le tympan en cours de restauration est recouvert d'une bâche avec sa reproduction en trompe-l'œil et en grandeur nature. Elle est retirée le 9 novembre 2009. Cette restauration a duré de juin à octobre. Deux restaurateurs d'art ont rénové les sculptures à l'aide de micro-laser, micro-sablage et de tampon avec solvant selon la nature de la pierre. La teinte noirâtre d'une des voussures a disparu. Sept fragments des réserves du Musée Rolin retrouvent leur place, dont une mèche du Christ, sa tête a été légèrement repositionnée. Cette opération a coûté 110 000 euros dont 20 000 pour un système anti pigeons utilisé également à Fribourg et Berne. Le tympan restauré est inauguré le 13 novembre 2009 en présence des autorités départementales et épiscopales.

L'intérieur

Piliers de la nef
Le Martyre de Saint-Symphorien, huile sur toile de Dominique Ingres (1834), est exposé à l'entrée de la sacristie.

Les nefs centrales et latérales sont en voûte brisée, non contrebalancées, à l'origine par des arcs-boutants, rendant l'ensemble assez instable. Ces derniers ont été rajoutés au XIIIe siècle.

Le chœur a été refait au XVe siècle en style gothique et les vitraux datent du XIXe siècle et XXe siècle.

Le retable Noli me tangere est le seul retable du XVIe siècle de la cathédrale. Sainte Marie-Madeleine et le Christ se dressent de part et d'autre d'un arbre supportant les armoiries des commanditaires. Sur le phylactère partiellement brisé est retranscrite la phrase que prononce Jésus à l'intention de Marie-Madeleine  : « Noli me tangere » (« Ne me touche pas »).

Des chapiteaux historiés ornent les colonnes de la nef centrale. Bien que remarquables, ils sont assez peu visibles du fait de leur éloignement et de la relative pénombre.

La cathédrale possède un grand tableau de Dominique Ingres représentant le martyre de Saint Symphorien, situé à l'entrée de la sacristie. Un autre tableau, de François-Joseph Heim, La résurrection de Lazare, est représentatif du renouveau de la penture religieuse en France au XIXe siècle ... même s'il illustre le saint Lazare de l'Évangile et non Lazare d'Aix, qui est le saint honoré dans cette cathédrale. Une Piétà, œuvre du Guerchin et un Christ mort de Daniel Seyter sont également présentés dans la cathédrale.

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Les vitraux, datant de 1868, fabriqués par l'atelier Lusson de Paris, représentent la vie de saint Léger (616-678)), évêque martyr d'Autun, illustrant sa consécration comme évêque, sa présentation au roi Childéric II, son arrestation par les soldats d'Ébroïn, maire du palais et rival de saint Léger et sa décapitation[8]. Peu avant l'entrée de la salle capitulaire, se trouvent les statues funéraires de Pierre Jeannin et d'Anne Guéniot qui sauvèrent de nombreuses vies lors du massacre de la Saint-Barthélemy. Le tombeau de l'ancien président du Parlement de Bourgogne, décédé en 1623, et de son épouse a été détruit lors de la Révolution française, mais leurs statues, après avoir été transférées hors de la cathédrale, y ont été replacées en 1807.

La salle capitulaire

Ancienne bibliothèque, la salle capitulaire rassemble aujourd'hui une trentaine de chapiteaux, réalisés pour la plupart par Gislebertus[9], et extraits lors de la rénovation des piliers soutenant le clocher par Eugène Viollet-le-Duc. Les chapiteaux représentent des scènes bibliques ou des créatures extraordinaires.

La salle capitulaire à la cathédrale Saint-Lazare d'Autun


Comme fréquemment en Bourgogne, les toits sont couverts de tuiles vernissées aux couleurs variées, formant des motifs géométriques.

Le musée Rolin

Situé à proximité de la cathédrale, le musée Rolin expose des vestiges des rénovations anciennes de la cathédrale.

Article détaillé : Musée Rolin.

On y trouve, en particulier l'un des premiers nus de l'histoire de la sculpture romane[10], représentant La Tentation d'Ève ou Ève couchée, attribué à Gislebert[11]. La cathédrale étant orientée Nord-Sud, ce haut-relief ornait le linteau du portail est. Les pèlerins sortaient par ce portail pour se rendre en face dans l'ancienne cathédrale Saint Nazaire qui, elle, était orientée est-ouest. Il fut démonté en 1766, en même temps que le Tombeau de saint Lazare et le Jubé, les chanoines du XVIIIe siècle étant peu sensibles aux beautés de l'art médiéval. Ce linteau représente Ève couchée, le corps ondulant dans une posture sensuelle, détournant les yeux du geste qu'elle s'apprête à commettre. Elle tend la main dans son dos, tenant la pomme représentant le péché originel. À droite, se trouve l'arbre de la connaissance, le serpent encore présent et le diable qui fuit, représentant la force qui pousse l'humanité au mal. Le visage d'Ève est traité en deux à-plats à angle quasi droit sur l'arête du nez, dans un style proche du cubisme, et reflète l'expression d'une femme qui va consommer le péché.

Le musée conserve d’autres vestiges du tympan du portail détruit, comme une Assomption de la Vierge et la sculpture d'un moine. Des vestiges du Tombeau de saint Lazare, qui se dressait derrière le maître-autel de la cathédrale, sont également exposés au musée Rolin ainsi que des chapiteaux de la cathédrale[6].

Par ailleurs, la tête d'une statue de saint Pierre du XIIe siècle provenant du Tombeau de saint Lazare est conservée au Musée du Louvre, et une Vierge à l’enfant, initialement présente dans la cathédrale, est exposée au Metropolitan Museum of Art de New York.

Voir aussi

Liens externes

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Bibliographie

  • Collombet, François, Les plus belles cathédrales de France, Sélection du Readers Digest, Paris (France), ISBN 2-7098-0888-9, 1997; pp. 142–145.
  • Denizeau, Gérard, Histoire visuelle des Monuments de France, Larousse, Paris (France), ISBN 2-03-505201-7, 2003; pp. 60–61.
  • Oursel, Raymond, Bourgogne romane, (7e édition), Édition Zodiaque, La Pierre-qui-Vire (France), 1979.
  • Marcel Durliat, L'art roman, 1989, Ed. Citadelles/Mazenod (rééd. avec mise à jour en 2009).
  • Denis Grivot et George Zarnecki, Gislebertus, sculpteur d'Autun, Paris, 1960
  • Francis Salet, La sculpture romane en Bourgogne, à propos d'un livre récent, dans Bulletin Monumental, tome 119, oct.-déc. 1961, p.325-343

Références et notes

  1. Le Guide vert, Bourgogne Morvan, 2000, éd. du Voyage
  2. Annales de la société Éduenne (1853-1857), Autun, 1858. p.352-355. Citation (p.352) : Lettre du chapitre à l'évêque d'Autun, 25 janvier 1765 : « Monseigneur, le vif intérêt que vous avez paru prendre aux réparations que nous faisons au chœur de notre église ne nous permet pas de vous laisser ignorer celles que nous nous proposons de faire pour le sanctuaire ; plus nous l'examinons et plus nous nous apercevons qu'il ne peut subsister dans l'état où il est. Le goût de nouveauté que nous donnons à notre chœur ne peut convenir et s'allier avec un sanctuaire aussi antique et aussi mal entendu » Livre en ligne, Google Books
  3. L'art roman, Marcel Durliat, 1989, éd. Citadelles/Mazenod, p.588
  4. Le Guide du routard, Bourgogne Franche-Comté, éd. 2001-2002
  5. Henri Nicolas, Églises romanes du Brionnais, éd. La taillanderie, mai 2000
  6. a et b Site sur l'Art Roman en Bourgogne, Autun, cathédrale Saint-Lazare
  7. L'art roman, Marcel Durliat, 1989, éd. Citadelles/Mazenod
  8. D'après un panneau explicatif situé dans la cathédrale
  9. Francis Salet, « La sculpture romane en Bourgogne. À propos d’un livre récent », in Bulletin Monumental, tome 119, octobre-décembre 1961, p. 325-343
  10. Encyclopédie de l'Art, éd. La pochotèque/Garzanti, 1986 (it) et 1991 (fr), p.1238
  11. Francis Salet, La sculpture romane en Bourgogne. À propos d’un livre récent, in Bulletin Monumental, t. CXIX, octobre-décembre 1961, p. 325-343

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