Période médiévale

Période médiévale

Moyen Âge

La visite d'un chantier de bâtisseurs.

Le Moyen Âge est une époque ou période historique occidentale située entre l’Antiquité et la Renaissance, ou encore les Temps modernes. Il s’étend sur une période d'environ mille ans que les historiens ont divisée en plusieurs parties.

Sommaire

Définition

Le terme « Moyen Âge » fut pour la première fois utilisé par les humanistes. En 1469, l'expression figure en latin - media tempestas - dans la correspondance de Giovanni Andrea dei Bussi (Johannes Andrea Bussi (de Buxis))[1], évêque d'Aléria, premier bibliothécaire du Vatican et secrétaire du cardinal Nicolas de Cues. Flavio Biondo de Forlì le mentionne de même dans son ouvrage publié à Venise en 1483 Historiarum ab inclinatione Romanorum Imperii decades[2] (« Décades historiques depuis le déclin de l’Empire romain »).

Au XVIIe siècle, Christoph Keller, philologue allemand mieux connu sous le nom latinisé de Cellarius, reprend l'expression de « grand Âge » pour sa chronologie tripartite de l'histoire afin de marquer l'époque s'écoulant du IVe au XVe siècles[3]. Le Moyen Âge est ainsi défini par opposition à la Renaissance qui l'aurait suivi. Le terme est pris en mauvaise part et traduit le mépris affiché des savants pour une époque jugée « obscure » ou « gothique ». Il faut attendre le XVIIIe siècle et les écrits d'Herder, de Joseph de Maistre ou d'Edmund Burke pour que la période reçoive un traitement historiographique plus généreux[4].

En français, l'adjectif correspondant à « Moyen Âge » est « médiéval ». « Moyenâgeux », vieilli, est quant à lui généralement affublé d'une connotation péjorative (« une ambiance médiévale », « une ambiance moyenâgeuse »). L'histoire du Moyen Âge, en tant que discipline, se nomme aussi « Histoire médiévale ». Un historien qui étudie le Moyen Âge est appelé « médiéviste ». Cependant, l'expression « Moyen Âge » ne veut rien dire en tant que telle. Elle vient de l'expression latine medium ævum qui signifie « âge intermédiaire » ou « âge moyen » d'un homme. Ainsi, « moyen âge » représente un âge intermédiaire entre différentes époques, différents courants artistiques.

L'historiographie contemporaine a plutôt tendance à considérer la Renaissance comme une période de transition entre époque médiévale et époque moderne, aux limites chronologiques assez floues (plus ou moins entre 1420 à 1630). On peut donc parler à bon droit d'une période médiévale de la Renaissance.

Chronologie du Moyen Âge

Article détaillé : Chronologie du Moyen Âge.

Les limites exactes du Moyen Âge ainsi que le découpage en différentes périodes sont discutées et font encore l'objet de débats entre historiens. En effet, un événement unique ne peut jouer qu'un rôle symbolique dans un changement d'époque, qui en fait est un processus.

Le début du Moyen Âge est généralement situé vers 500 ; plusieurs dates symboliques ont été proposées par les historiens :

La fin du Moyen Âge est généralement située vers 1500 ; plusieurs dates symboliques ont été proposées par les historiens :

Plus généralement, les grandes découvertes marquent le début de ce qu'on peut déjà appeler la mondialisation (accroissement des échanges entre différents pays distants, permis par de nouvelles inventions et découvertes).

Occident et Orient médiéval

Définition de l'Occident médiéval

Église Saint-Michel à Hildesheim, en Allemagne

Le mot occident désigne à la fois un territoire et une civilisation au Moyen Âge. L'Occident est l'endroit ou le soleil se couche (Le Couchant, ou Ponant) à l'opposé de l'Orient (le Levant). Le territoire de l'Occident couvre l'ouest de l'Europe (le terme Europe est très peu employé avant la Renaissance), sans recouper exactement les limites de l'Empire romain d'Occident. Dans l'acception de la plupart des auteurs et des contributeurs qui emploient ce terme, "l'Occident est le domaine du christianisme romain dont la langue est le latin, fidèle au pape de Rome : il s'oppose aux territoires des païens, des "schismatiques" et des musulmans" et il correspond à l'aire de diffusion du christianisme catholique (et ultérieurement protestant) en pays latin, celte ou germanique. Cela n'est pas toujours explicitement défini et les limites orientales de cet ensemble sont floues et mouvantes au cours de la période : tantôt elles incluent, tantôt elles excluent l'Europe centrale[6].

Après le Schisme de 1054 en effet, l'Occident exclut l'Empire byzantin, resté orthodoxe, fidèle aux quatre autres patriarches (Constantinople, Antioche, Jérusalem et Alexandrie). Cette dichotomie religieuse et culturelle correspond aux deux anciennes moitiés de l'Empire romain issues du partage de 395 : l'Occident (de culture surtout latine, mais aussi celtique et germanique) et l'Orient (de culture surtout grecque, mais aussi slave, arménienne ou araméenne). La rupture avec Byzance est consommée en 1204, lorsque Constantinople est prise par les croisés de la quatrième croisade. Cet épisode laissera des blessures profondes.

Le primat unificateur de la culture ne doit pas faire oublier les divisions politiques et linguistiques qui émergent dès l'époque carolingienne. L'apparition des langues vulgaires et plus tard du protestantisme remet en question la prétendue unité occidentale. L'Occident chrétien est donc au Moyen Âge synonyme de chrétienté latine et s'étend de façon remarquable grâce à l'action des missionnaires et des croisés, avant de conquérir des mondes nouveaux, avec les grandes découvertes du XVIe siècle.

Le système social constitue une pyramide, au pied de laquelle se trouvent les paysans qui représentent 90% de la population et au sommet le roi. On distingue deux branches : la féodalité et le clergé. Sur ces branches, le prince et l'évêque sont au même rang. Dessous se trouvent les nobles, la petite noblesse et les propriétaires terriens.

Définition de l'Orient médiéval

Hippocrate: fresque byzantine du XIVème siècle.

Le mot orient désigne l'est de l'Europe : dans l'acception de la plupart des auteurs et des contributeurs qui emploient ce terme, il correspond à l'aire de diffusion du christianisme orthodoxe en pays grec, dans les Balkans ou en pays slave. Mais là encore les limites occidentales de cet ensemble sont floues et les pays baltes, la Hongrie, les pays slaves de tradition catholique (Pologne, Bohême, Slovaquie, Slovénie, Croatie) sont tantôt inclus, tantôt exclus de l'"Orient".

L'Orient de l'Europe médiévale ne se définit pas principalement par la religion, mais plutôt par l'exclusion de la notion d'Occident chrétien. Après Cyrille et Méthode et une fois la christianisation des peuples slaves achevée IXe siècle, il n'y aura dans l'Europe orientale médiévale ni missionnaires, ni croisades, ni inquisition, et les églises orthodoxes, multiples, vont se trouver en position de subordination face aux pouvoirs politiques des tzars, des voïvodes, des hospodars chrétiens, voire des sultans musulmans de l'Empire ottoman. Toutefois, en pratique, l'Europe orientale médiévale correspond en gros aux peuples dont la référence spirituelle est le Patriarcat de Constantinople, de tradition orthodoxe ou initialement orthodoxe (mais pour certains, tels les Bosniaques, la majorité des Albanais ou les pomaques, devenus musulmans)[7].

Dans le système social de l'orient médiéval, la féodalité et le clergé ne sont pas à égalité : ce dernier est en position subordonnée. C'est le "césaro-papisme"[8],[9],[10] . L'église orthodoxe ne perçoit pas d'impôts : de nombreux popes sont pauvres et travaillent. Mais les aristocrates peuvent lui faire des dons, et les princes lui offrir des domaines : certains monastères s'enrichissent et deviennent des centres culturels et artistiques importants. Par ailleurs l'aristocratie n'est ni étanche ni endogame : les voïvodes et grands boyards ont le pouvoir d'anoblir des roturiers et de les élever socialement, de sorte que l'église n'est pas le seul ascenseur social ouvert aux roturiers, et si elle l'est, c'est aussi par décision des pouvoirs séculiers.

Religion catholique

Le christianisme est au cœur de l'histoire médiévale : il modèle la pensée de la période, principalement en raison de son universalisme et à cause de la montée en puissance, en Occident, de l'Église catholique organisée autour de la papauté de Rome. Les frontières de l'Occident médiéval qui échappe à toute unité politique, se confondent aussi avec celles de l'Église catholique.

Organisation de l'Église catholique

Devenu religion d'État dans l'Empire romain pendant l'Antiquité tardive (à partir de l'édit de Milan, en 313, qui accorde aux chrétiens la liberté de culte), le christianisme, en effet, se diffuse au haut Moyen Âge à partir de plusieurs foyers : l'Irlande, les royaumes francs, les royaumes anglo-saxons et Rome.

La dilatation de la chrétienté s'accompagne de la mise en place de la hiérarchie ecclésiastique — l'Église en venant à désigner cette dernière — et la papauté, qui se hisse à la tête de celle-ci, devient un des principaux pouvoirs en Occident : l'évêque de Rome, dont l'autorité spirituelle s'appuie sur la primauté du siège de l'apôtre Pierre, devient le souverain pontife.

Cette évolution est lente (VeXIIIe siècle) et se heurte à de nombreux obstacles :

  • en premier lieu, à des résistances internes : les dogmes de l'Église, formulés lors des conciles, se définissent progressivement et se confrontent aux "hérésies" (l'arianisme des Wisigoths demeure la foi des rois de la péninsule ibérique jusqu'au VIIe siècle ; celui des Lombards menace un temps — jusqu'au milieu du VIIIe siècle — Rome de disparition).

Bientôt, l'église romaine doit s'imposer face à Byzance, notamment pendant la crise iconoclaste (726843). Au XIe siècle, la rupture avec le christianisme oriental est consommée, mettant fin à l'unité de l'église.

Presqu'aussi importante est la question de l'adoption d'une liturgie unique : les Églises nationales possèdent leurs propres traditions qui ne se fondent que progressivement : la liturgie irlandaise, qui fixe la fête de Pâques à une date différente, l'emporte dans les îles britanniques jusqu'au synode de Whitby (664). En développant la mission chrétienne (à partir de 610) et en tissant des relations privilégiées avec les souverains « barbares » (notamment, en s'appuyant sur les rois anglo-saxons et sur l'expansion des Francs en Germanie), Rome parvient partout à unifier les traditions de l'Église et dans le même temps, à affirmer son rôle à la tête de celle-ci, sauf chez les slaves orientaux qui demeurent dans la sphère d'influence byzantine.

  • Des résistances externes s'opposent à l'influence de la papauté, parce que les pouvoirs laïcs entendent s'immiscer dans les affaires de l'Église et diriger celle-ci dans leur aire d'influence : les rois lombards, tout d'abord, veulent soumettre l'Église romaine. Aussi, le pape fait appel aux Carolingiens (milieu du VIIIe siècle), mais ces derniers, comme leurs prédécesseurs, ne se privent pas pour distribuer les terres de l'Église à des laïcs. Lorsque l'Empire chrétien renaît en Occident (800), le rapport entre les pouvoirs de l'Empereur et du pape ne sont pas définis autrement qu'en termes de rapport d'influences. Il tourne dans un premier temps au détriment de la papauté, alors que l'Église, mais aussi le pouvoir impérial traverse à tous points de vue une crise grave, au Xe siècle, et il faut attendre la réforme grégorienne (seconde moitié du XIe siècle – premier tiers du XIIe siècle) pour que le pape n'affronte l'Empereur germanique, lors de la querelle des Investitures. Cette dernière, qui s'achève sur un compromis, est déterminante pour assurer l'indépendance du siège apostolique. Au XIIIe siècle, enfin, la papauté triomphe, grâce à son arme principale : l'excommunication, à son rôle dans l'essor de la chrétienté, à travers la croisade, mais aussi grâce à son pouvoir temporel et grâce à ses richesses. Le pape Innocent III applique lors de son « règne » (11981216) les principes de la théocratie pontificale, qu'avaient formulés pour la première fois les Dictatus Papæ du pape Grégoire VII en 1075).

Christianisation de l'Europe occidentale

Le baptême de Clovis, par Le Maître de Saint-Gilles, peinture sur bois, vers 1500. Cette cérémonie scelle l'alliance de l'Église de Gaule avec le pouvoir franc.
Cathares expulsés de Carcassonne en 1209. Le catharisme était une hérésie combattue par l'Église catholique au XIIIe siècle.

L'essor de l'Église ne peut être dissocié de l'effort de christianisation de la société et des consciences : cette dernière demeure un combat constant durant tout le Moyen Âge.

Selon les conceptions chrétiennes, conformément au modèle des apôtres dans les Évangiles, l'Église conçue comme l'assemblée des fidèles unis dans la foi doit se répandre « jusqu'aux confins de la terre ». Pour cela, elle peut s'appuyer sur le soutien de ses membres influents — comme en Germanie, où elle accompagne le conquérant franc — mais surtout, elle doit reposer sur un acte d'adhésion volontaire et, en cela, elle ne peut compter que sur les effets de la prédication : cet état de fait est à l'origine du double visage de l'expansion chrétienne au Moyen Âge : à la fois pacifique et d'ordre spirituel, mais aussi marquée par la guerre et par la violence.

Durant le haut Moyen Âge, les missions chrétiennes de prédicateurs isolés, appuyés par Rome lorsqu'elle le peut, repoussent avec succès les limites politiques de la chrétienté en amenant à la conversion des rois barbares et en s'appuyant sur l'influence des rois chrétiens — comme les rois francs, dont l'adhésion au christianisme remonte à Clovis (496 ou 498) — mais leur préoccupation dernière, qui est de faire entendre le message du Christ aux peuples des derniers, demeure un objectif des plus difficiles à quantifier. Elles sont le plus souvent l'œuvre de moines, comme saint Colomban en Gaule, saint Augustin de Canterbury dans le Kent ou saint Boniface en Frise.

À cette fin, l'Église se heurte également à des résistances à l'intérieur même de la chrétienté, où le clergé séculier est à la tête de l'encadrement des fidèles, surtout dans les campagnes : symptomatique, le mot « païen » — paganus, celui qui habite la campagne — désigne celui qui pratique l'ancienne religion polythéiste avant de désigner tout ce qui n'est pas chrétien. Le respect de la morale chrétienne, en particulier, fait l'objet d'injonctions des conciles, des synodes mérovingiens, puis carolingiens. Ces derniers ne cessent de rappeler les interdits, notamment l'esclavage, de condamner les coutumes païennes et de tenter de limiter la violence privée.

  • Réformes, lutte contre la violence et les hérésies

Pendant la période féodale, les synodes s'attachent à lutter contre les violences seigneuriales (Paix de Dieu, trêve de Dieu), la vente des sacrements et des fonctions ecclésiastiques (simonie), les clercs indignes (nicolaïsme), et enfin contre les hérésies. Ces dernières se développent sporadiquement (autour de l'an Mil) et, très rarement, s'installent durablement comme en Languedoc, avec le catharisme ou en Bohême, avec Jean Hus (13691415), etc. À partir du XIIIe siècle, la papauté peut s'appuyer pour cette tâche sur les ordres mendiants, franciscains et surtout, dominicains.

Mais la tentation du recours à la force est grande et la violence caractérise souvent, en dernier recours, le combat pour l'unité de l'Église, qu'implique sa première définition : elle marque la « christianisation » forcée de la Saxe par Charlemagne (seconde moitié du VIIIe siècle), donne lieu à la croisade des Albigeois, à la naissance du tribunal de l'Inquisition sous le pape Grégoire IX (12271241), aux guerres hussites, etc.

Manifestations de la foi catholique

Ange reliquaire du XVe siècle, France.

Les fidèles manifestent leur foi de façon ostensible et la religion est omniprésente : des milliers de personnes répondent aux appels à la croisade ou se lancent sur les chemins de pèlerinage. Des sommes considérables sont engagées pour ériger des églises par dizaines. On vient toucher les reliques et on les sort pendant les processions. La frontière entre le sacré et le profane est toujours ténue : la peur de l'enfer et du diable motive bien des comportements. Le Moyen Âge est aussi l'époque de l'épanouissement de la mystique chrétienne.

Importance de l'Église catholique

L'Église catholique perçoit des impôts tels que la dîme dans le royaume de France. Elle reçoit des dons en terres, en meubles ou en argent de la part des puissants qui attendent en retour son aide spirituelle (prières) et politique. Les grandes abbayes disposent de biens fonciers parfois très étendus sur lesquels elles prélèvent des redevances et imposent des tonlieux. Dans le Saint-Empire romain germanique, les évêques deviennent de véritables seigneurs à la tête de riches principautés.

Le clergé se fait obéir et respecter des fidèles. Il distribue les sacrements nécessaires au salut de l'âme. Le curé qui baptise les enfants, marie les couples, bénit les moissons et entend les confessions est un personnage incontournable de la vie quotidienne. L'église et le cimetière sont au cœur du village et sont des lieux d'asile et de réunion. Les cloches rythment le temps et le calendrier célèbre les temps forts de la vie de Jésus. Le clergé exerce des fonctions sociales telles que la charité, l'éducation (écoles monastiques puis épiscopales), les soins (hôtel-Dieu, hospice).

Peu d'études ont été faites sur le statut de la femme au Moyen Âge en France. L'image de la femme confinée à la sphère domestique et à l'éducation des enfants relève plus d'une idée préconçue qu'une réalité vraiment connue ou étudiée sérieusement. Ce que nous savons des femmes vient de celles qui ont exercé un artisanat ou travaillé en collaboration avec leur homme. Des lettres de famille font un rapport des mariages qui étaient des partenariats affectueux. Selon l'historienne Régine Pernoud, il semble important de sortir des caricatures qui caractériseraient la condition des femmes au Moyen Âge comme la pire. En effet, il s'avère, par exemple, qu'elles possédaient le "droit de vote" (dans les assemblées). Leur domaine s'est peu à peu confiné et réduit à la sphère domestique avec l'avènement de la culture classique antique. Auparavant, elles avaient un réel rôle social et une vie professionnelle. N'oublions pas que les reines aussi étaient couronnées par l'archevêque de Reims et qu'elles avaient leur autorité reconnue dans la sphère politique. Marie de Médicis fut la dernière reine couronnée. C'est plus tard que les reines seront complètement exclues de la sphère politique, à l'époque classique. Rappelons nous que les femmes n'ont pas toujours été écartées du trône au Moyen Âge. La première disposition en ce sens est faite par Philippe le Bel. Progressivement, les religieuses aussi se sont vues cloîtrées, mais cela n'a pas toujours été le cas au Moyen Âge. Certains abbesses avaient au Moyen Âge autant de pouvoir que certains seigneurs. Le rôle des femmes semble diminuer avec la montée de l'influence du droit romain qui ne leur est pas favorable et cette tendance se poursuivra avec la Renaissance. L'étude des actes notariés est une grande source pour comprendre et décrypter le statut des femmes; ceux-ci montrent qu'elles ont possédé une plus grande autonomie qu'on ne l'imagine. Ainsi le statut de la femme autant dans la société civile qu'ecclésiastique semble se modifier au XIIIe siècle. C'est seulement au XVIe siècle qu'un arrêt du Parlement de 1593 écarte explicitement les femmes de toute fonction de l'État. voir thèmes connexes aussi, mais on distingue les suivants : l'Amour courtois - les nonnes - les veuves - le mariage - la maternité - le travail - l'érudition.

Un aspect majeur de la religion au Moyen Âge est son rôle dans les arts et la culture : dès l'Antiquité tardive, en effet, la culture latine classique se réfugie dans les monastères, où l'on continue à enseigner le trivium et le quadrivium. Face à l'illettrisme du peuple et des aristocrates barbares, ces derniers et, plus largement, l'Église, demeurent le cadre par excellence où survit l'Écrit : les lettrés, théologiens, hagiographes et chroniqueurs qui témoignent de leur temps, sont des moines ou des évêques. Certaines idées héritées de la Rome antique, comme celle de l'État, qui disparaît au VIIe siècle, y sont conservées et pénétrées par le christianisme.

À travers la renaissance carolingienne, portée par Alcuin, la réforme clunisienne, la réforme grégorienne, puis avec la création des ordres mendiants et l'essor des Universités, au XIIIe siècle, les renouveaux culturels et spirituels émanent des gens de religion.

Portail gothique de la cathédrale de Cologne, Allemagne, XIIIe siècle.

L'art roman qui se diffuse avec Cluny et l'art gothique, qui naît à Saint-Denis avant de gagner l'Europe entière sont des arts religieux. Il faut en fait attendre la fin du Moyen Âge (XIVeXVe siècle) pour qu'une culture profane se développe à nouveau en France, dans l'entourage royal des légistes et en raison des démêlés du roi avec la papauté.

Enfin, en toute logique dans ce contexte, les textes à partir desquels se forme l'idéologie — en particulier de la société et du pouvoir — au Moyen Âge sont les sources chrétiennes : l'Ancien Testament donne son cadre à la royauté médiévale (Charlemagne est comparé au roi David), les œuvres des Pères de l'Église (notamment, saint Jérôme et, surtout, saint Augustin avec La cité de Dieu) encadrent les rapports sociaux et enfin, le Nouveau Testament, dont les Évangiles fournissent à la fois l'exemple de vie apostolique qui anime les ordres mendiants et le terreau de l'humanisme à travers l'Incarnation, se trouve à l'origine du renouveau idéologique qui marque la fin de la période. Aussi, dans une large mesure, la religion chrétienne inspire et modèle la société médiévale en lui fournissant à la fois sa hiérarchie (au sommet de laquelle se trouve le roi, intermédiaire avec le Christ qui règne sur la hiérarchie céleste) et la première de ses institutions : l'Église, qui supplée à la disparition de l'État.

Royauté médiévale en Occident

La couronne du Saint Empire, conservée au Trésor de Vienne.

L'Occident médiéval est gouverné par des souverains, mais qui n'ont pas tous les pouvoirs. La royauté est contractuelle et non absolue. La monarchie est le régime politique le plus répandu en Europe, même si certaines républiques apparaissent (République de Venise). Le roi doit tenir compte d'autres acteurs politiques tels que les princes, les seigneurs et l'Église. Au Moyen Âge classique, mais plus sûrement à la fin du Moyen Âge, les rois d'Europe occidentale (Angleterre, France, Espagne) tentent d'unifier leurs états en s'appuyant sur la féodalité et la légitimité définie par les juristes : les historiens parlent de monarchies féodales et de l'émergence des états nationaux.

À l'époque de la disparition du dernier empereur d'Occident (Ve siècle), les rois barbares ont implanté une nouvelle forme de pouvoir, jetant les bases de la royauté médiévale. Si l'élection reste en vigueur de manière théorique, le pouvoir royal se transmet dans les faits au sein d'une même famille d'ascendance noble ou sainte qui forme une dynastie. Le roi du Moyen Âge prend sous sa protection son peuple : pendant le haut Moyen Âge et encore au Moyen Âge classique, les sources écrites évoquent le roi des Francs (rex francorum), par exemple.

Quelques-uns de ces rois sont sacrés (le roi des Wisigoths, le roi d'Angleterre, le roi des Francs à partir de 752), ce qui les place au-dessus des autres seigneurs ; tous sont couronnés et portent des insignes (regalia) symbolisant leur autorité et leur mission. Et surtout, le souverain médiéval gouverne en étroite collaboration avec le clergé chrétien. Dans les États pontificaux, le pape renforce sa puissance et devient un véritable monarque au XIIIe siècle ; il lui arrive même de s'opposer violemment aux empereurs (Querelle des Investitures avec l'empereur germanique) et d'utiliser l'arme de l'excommunication.

Enfin, l'empereur est un souverain particulier : il entend exercer un pouvoir universel, du moins en théorie, et protéger l'Église. Il se réclame de l'héritage romain (Charlemagne, Otton Ier) et se trouve le seul à recevoir sa couronne des mains du pape.

Vassalité

Galerie des armes et armures, Metropolitan Museum of Art, New York.
Article détaillé : Vassalité.

La vassalité existait déjà pendant le haut Moyen Âge. Le système évolue en relations féodo-vassaliques au cours du XIe siècle.

La cérémonie suit des règles très précises. Le vassal avance devant son futur seigneur la tête nue en signe de respect. Il s'agenouille, devant lui, pour lui exprimer son humilité, les mains jointes. Le seigneur les prend entre les siennes et le relève.

Le jeune vassal reçoit un fief (le plus souvent une terre qui appartient au seigneur ou un droit de prélever des taxes sur un pont par exemple) et, en échange, il jure sur les saintes Écritures, ou sur une relique, sa fidélité au seigneur.

Féodalité

Article détaillé : Féodalité.

La période de la féodalité couvre du IXe au XIIIe siècle. C'est une organisation hiérarchique de la noblesse liant les membres entre eux. Le régime féodal est fait pour se protéger des envahisseurs, des guerres. Chaque seigneur s'engageait envers un seigneur plus puissant : il devenait son vassal. Le pouvoir d'un seigneur se mesurait au nombre de ses vassaux. Chaque vassal, en échange de leur loyauté, recevait un fief, un territoire. Tous les seigneurs ont des vassaux mais tous les vassaux ne sont pas des seigneurs.

Vie des chevaliers

Article détaillé : Chevalerie.

Civilisation médiévale

L'histoire de la civilisation rurale et de la culture matérielle du Moyen Âge a été rénovée par Jean-Marie Pesez, à l'EHESS, Michel de Boüard à l'université de Caen, à partir des années 1960, puis Gabrielle Démians d'Archimbaud à l'université d'Aix-en-Provence.

Les fouilles du castrum d'Andonne ont permis de mieux connaitre la vie dans un château vers l'an mille.

Essor urbain

Carcassonne.
Article détaillé : Ville au Moyen Âge.
  • La vocation militaire de la ville décline au profit du château-fort mais elle-même s'enferme derrière des murailles.
  • La civilisation urbaine (mise à mal durant l'Antiquité tardive) connaît un nouvel essor au Moyen Âge central. La ville redevient le lieu du pouvoir et les capitales se développent (Paris sous Philippe Auguste).
  • Les villes deviennent des centres de production et connaissent l'émergence d'une nouvelle couche sociale : la bourgeoisie ; auparavant, les villæ (grands domaines ruraux) jouaient ce rôle (de l'Antiquité jusqu'à la fin de la période carolingienne).

Foire et courants commerciaux

  • Marchés publics médiévaux où se pressent aux aurores les marchands afin de vendre leur(s) marchandise(s), les foires étaient d'une importance primordiale au Moyen Âge. En France, les plus importantes sont les foires de Champagne.
  • La vente de marchandises permettait en outre la facilité des échanges commerciaux via un pays. Effectivement, ces routes exportatrices de marchandises en tout genre - de la soie en passant par les épices - concernaient seulement l'Europe et quelques pays desquels l'Europe importait des marchandises. Les principaux axes commerciaux consistaient en fleuves, rivières... Les moyens de transport étaient donc le radeau, la gabare traversant essentiellement le détroit de Gibraltar et transportant hommes et marchandises. Ainsi, les commerçants étaient divisés en deux groupes bien distincts :
  • Les simples boutiquiers, installés dans les villes, qui achètent et revendent uniquement leur marchandise à une clientèle locale ou à des colporteurs.
  • Les commerçants riches, également appelés « corporations riches » qui vendaient souvent des marchandises précieuses telles que la soie, les épices, la teinture pour les tissus (pastels). Pour obtenir donc la marchandise désirée, ces marchands signaient des ententes, autrement dit « commendes » sur lequel un partenaire fournissait la somme récoltée et l'autre se chargeait d'entreprendre les voyages étrangers auxquels il participait. Bien entendu, tous deux se partageaient les profits équitablement. Les membres de la corporation étaient donc généralement des commerçants prospères qui achetaient des objets leur procurant un plaisir instantané (nourriture, vêtements...) au lieu d'objets qui durent des décennies (meubles...). On peut en outre noter que les femmes étaient rarement dans ce cercle.

Éducation et culture

Pendant le haut Moyen Âge et le Moyen Âge central

  • Havre de paix dans l'Occident depuis la fin du VIe siècle, la péninsule ibérique est le conservatoire de la culture antique ; la bibliothèque sévillane en est alors le centre le plus brillant sous l'impulsion de Léandre puis d'Isidore de Séville. L'invasion musulmane au VIIIe siècle provoque l'effondrement du royaume wisigoth, ce qui explique l'afflux de penseurs wisigoths à la cour de Pépin le Bref et de Charlemagne. De même, les invasions vikings amènent des érudits irlandais et northombriens. Cette concentration de culture favorise l'essor d'un nouvel Empire romain (après la chute du royaume romain wisigoth) et de la renaissance carolingienne dans un Occident secoué par des invasions à répétitions.
  • Dans les îles britanniques et particulièrement en Irlande, le monachisme s'est puissamment développé et dès le VIe siècle les monastères perpétuent les connaissances antiques. Ces monastères dispensent un enseignement particulièrement brillant dont le modèle sera repris lors de la renaissance carolingienne. En particulier un moine northumbrien, Bède le Vénérable sera à l'origine de la réintroduction des sept arts libéraux en Occident.
  • Au VIIIe et IXe siècle, l'instauration de l'empire carolingien crée une zone de stabilité en Europe où vont pouvoir se rencontrer les érudits parmi les Wisigoths, Britanniques, Italiens et Byzantins qui fuient leur pays d'origine menacé par les invasions sarrasines, vikings ou lombardes. Il en résulte la renaissance carolingienne et la restauration du latin classique qui devient une langue internationale (le latin parlé s'étant mué en langues vulgaires différentes). L'abbaye Saint-Martin de Tours constitue l'un des foyers de cette renaissance, grâce à l'action d'Alcuin. La caroline est mise au point pour faciliter l'écriture. L'unification linguistique et scripturale permet l'échange des connaissances dans tout l'empire. Les ateliers de copie (scriptoriæ) se multiplient. L'empereur s'attache à réformer les écoles. On y apprend les sept arts libéraux (trivium et quadrivium).
    Article détaillé : renaissance carolingienne.
  • La dissolution de l'empire carolingien en une multitude de principautés génère la naissance de la féodalité au IXe siècle. Le savoir ne circule plus et il faut attendre la renaissance ottonienne pour que cet élan culturel reprenne. Les monastères se regroupent par ordres lors de la renaissance ottonienne et de la réforme ecclésiastique qui y succède (ordre de Cluny, Gorze puis Cîteaux) sont pendant longtemps les dépositaires de la culture écrite au Moyen Âge. La règle bénédictine impose en effet aux moines le travail intellectuel : les copistes travaillent à la production de livres dans les scriptoria. Cette structuration religieuse, va favoriser l'apparition d'états stables dans lesquels va se développer la réforme. La circulation du savoir de monastère en monastère est accélérée par l'augmentation du nombres des pèlerins à l'approche de l'an mil.
    Article détaillé : An mil.

Pendant le bas Moyen Âge (à partir du XIIe siècle)

  • Les sciences et la philosophie acquis de la part de la civilisation arabo-musulmane (voir ci-dessous), ainsi que des auteurs grecs, viennent compléter les sept arts libéraux, sans les supprimer.
  • Dès le XIIe siècle, la scolarisation des jeunes se développe dans les villes, à travers les universités (auparavant l'enseignement était réservé aux clercs).
Carte de l'Europe au XIIIe siècle. Le "Saint Empire romain germanique" n'est pas un état unitaire mais un ensemble complexe de royaumes, duchés, principautés (dont certaines ecclésiastiques) et villes-républiques, l'empereur étant élu parmi les souverains par les électeurs palatins.

Arts

L'art médiéval est essentiellement un art religieux . En architecture, aux églises romanes de la période rurale, succèdent, dans la phase d'essor urbain, les grands chantiers des cathédrales gothiques. Les sculptures sont déjà présentes dans la période dite romane, avec des thèmes souvent inspirés de l'Ancien Testament. Les thèmes se diversifient, et la statuaire devient un art à part entière dans la période dite gothique (cathédrale de Reims). Le vitrail apparaît dans les cathédrales gothiques.

L’art roman

Production artistique de l'Occident s'étendant depuis la fin du Xe siècle jusqu'à la seconde moitié du XIIe siècle, l'art roman s'est développé principalement en Occident après la dissolution de l'Empire carolingien. L'art roman est un assemblage d'idées nouvelles, toujours sur un même thème: la société de l'époque étant profondément religieuse, il est certain que la religion va transparaître à travers l'art. On sent toutefois une influence directe de l'art carolingien, qui a précédé la période romane, que ce soit par l'édification des bâtiments ou par l'ornementation des manuscrits. Du côté de la peinture ornementale, cette forme d'art est tellement importante qu'on ouvre des écoles pour former les peintres. L'art roman s'est propagé à toute l'Europe en quelques décennies et se base généralement sur les courants précédents mais en étant toutefois dominé par les croyances religieuses de l'époque…

L’art gothique

La peinture gothique existe sous forme de miniatures et de retables, tableaux religieux sur bois de plusieurs pièces, qui viennent pallier l'absence de fresques sur les pierres nues des cathédrales. La Vierge et le Christ jouent un rôle important dans ces retables. Dans les livres, c'est la vie des nobles qui est présente (chasse, vie courtoise, banquets…). La couleur, la lumière et la perspective sont caractéristiques. Les visages sont délicats, les corps allongés, les extrémités petites, les doigts longs et fins. Les femmes sont représentées avec une taille haute et fine, mais un ventre rond. En effet, il est à la mode de porter un coussin sur l'abdomen.

Redécouverte d'auteurs antiques

Si l'on met à part le monde byzantin, les enseignements philosophiques et scientifiques du début du Moyen Âge n'ont été basés que sur de rares copies et commentaires d'anciens textes grecs survivant en Europe de l’Ouest après la chute de l'Empire romain de l'Ouest. Une large partie de l’Europe occidentale avait alors perdu le contact avec les connaissances du passé.

La conquête de l'Espagne par les Berbères musulmans au VIIIe siècle et celle de l'Anatolie par les Turcs au XIe siècle mettent en contact la culture européenne et la culture islamique. L'Espagne et l'Empire byzantin étaient des conservatoires de la culture antique : les bibliothèques sévillane, ravennoise et constantinopolitaine en étaient alors les centres culturels les plus brillants sous l'impulsion respectivement de Léandre et d'Isidore, de Boèce et de Cassiodore, d'Étienne de Byzance. Ces conquêtes provoquent l'effondrement à terme des très cultivés royaume wisigoth et Empire byzantin, havres de paix depuis la fin du VIe siècle, où étaient recopiés et commentés les grands écrivains chrétiens du IVe au VIe siècle, en particulier Augustin (354-430), Cassiodore (485-580), Grégoire le Grand (540- pape 590-604) mais aussi des pères latins plus anciens : Tertullien (155-222), Cyprien de Carthage (200-258), Hilaire de Poitiers (315-367), Ambroise (340-397). L'effondrement de leur royaume explique largement l'afflux de grands esprits wisigoths comme Théodulf ou Benoît d'Aniane à la cour de Pépin le Bref ou de Charlemagne. De la même manière les invasions Vikings font venir des érudits irlandais et northombriens. La renaissance carolingienne et la création d'un nouvel Empire romain (le "Saint-Empire romain germanique") découlent logiquement de cet afflux de connaissances vers les nouveaux espaces de stabilité d'un Occident secoué par les grandes invasions, mais désireux d'imiter Rome et d'égaler Byzance. Sous le règne de Charlemagne, poussée par le développement intense du monachisme (voir: Benoît d'Aniane) et l'adoption d'une écriture unique et facile à déchiffrer (la caroline, la culture se répand en Occident.

Article détaillé : Renaissance carolingienne.

Cette renaissance ne perdurera que le temps de l'empire carolingien qui se dissoudra en de multiples principautés féodales. Mais à partir du milieu du Xe siècle, de grands États se structurent en Europe soutenus par de puissants ordres religieux (en particulier l'ordre de Cluny). Les anciens États de la marche d'Espagne en contact direct du monde musulman, accueillent de nombreux juifs et mozarabes andalous fuyant les persécutions d'Al-Mansur. Les monastères dont les bibliothèques conservaient déjà le savoir du royaume wisigoth, s'enrichissent encore. Les réseaux monastiques qui relient toute l'Europe sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle vont diffuser ce savoir. C'est surtout par l'Espagne que la culture arabe pénètre en Occident et essentiellement par la Catalogne[11].

Contrairement à une idée souvent répandue, on lit beaucoup d'auteurs antiques au Moyen Âge. Cela se passe dans les scriptoria des monastères, qui reproduisent les livres des auteurs latins en écriture caroline, sur des manuscrits enluminés, puis dans les écoles urbaines (à partir du XIIe siècle) et les universités (à partir du XIIIe siècle).

D'après les manuscrits dont on connaît aujourd'hui l'existence - ce qui ne préjuge pas de celle d'autres ouvrages - on peut affirmer qu'à l'époque carolingienne, on connaît Platon. À l'époque ottonienne (920-1000), on trouve l’Art d'aimer d'Ovide, l’Aratea de Cicéron, Tite-Live, Salluste, Térence, Plaute, Catulle. On assiste à un renouveau des études sur Aristote (Abbon de Fleury, ...). Gerbert d'Aurillac (Sylvestre II, pape de l'an mil) avait une culture exceptionnelle, et connaissait notamment Stace, Juvénal, Perse, Ovide, Salluste, César, Sénèque, Pline l'Ancien, Cicéron, saint Augustin et a largement contribué à réintroduire les mathématiques en Occident.

De 1060 à 1200, le mouvement se poursuit, avec la présence d'œuvres de Cicéron (œuvres philosophiques et morales), Suétone, Sénèque, mais aussi des poètes Virgile, Lucain, Stace, Juvénal, Perse, Martial, Ovide. Il s'agit surtout d'auteurs latins, en grande partie en raison des relations avec Byzance qui sont très distendues.

Art du manuscrit

L'art des manuscrits s'est aussi développé durant le Moyen Âge avec des enluminures et des miniatures en marge des textes sacrés ou liturgiques.

Littérature

La littérature du Moyen Âge faisait un usage très fréquent de l'allégorie. Le premier auteur à avoir employé l'écriture allégorique fut Prudence au IVe siècle. Il eut une influence en littérature pendant tout le Moyen Âge. Le genre de l'amour courtois se développa dès le XIe siècle. D'autres genres eurent une grande popularité (chansons de geste, littérature de voyage, …).

Musique

Article détaillé : Musique médiévale.

La musique du Moyen Âge est à la fois profane et sacrée.

Folklore

À côté de la philosophie et de la religion, la tradition populaire véhicula aussi une culture éminemment riche de récits, de croyances, de coutumes, de mœurs, de légendes, de contes, de musiques, de danses, de jeux, d'habitude de vie… Dont la compréhension est parfois difficilement appréciable à l’heure actuelle. Citons, à titre d’exemple, la faune fantastique qui parcourait les croyances médiévales, telle que le dragon ou la sirène.

Sports et jeux

La plupart des sports étaient violents, le sport ayant valeur d'école de combat pour les jeunes nobles. On attendait ainsi des garçons de la noblesse qu'ils puissent tirer à l'arc, monter à cheval. Les sports préférés des nobles étaient les chasses et tournois. Le peuple pratiquait des combats de coqs et des traques d'ours. On aimait aussi les jeux d'équipe. En telle circonstance, un village entier pouvait parfois participer (comme la soule). Il y avait des règles et des arbitres, et certains jeux ressemblaient souvent à une émeute. On finit d'ailleurs par les interdire légalement.

  • Les enfants :
Les petits jouaient avec des roues, des toupies, des billes et des poupées. Certains - habitants en bord de mer - construisaient des châteaux de sable sur la plage. Les garçons s'encourageaient aux "jeux de combats" comme les boxes et les luttes.
L'événement principal de ce jeu d'armes festif était la joute équestre (Tjost, en allemand). Un duel à cheval, auquel chaque cavalier essayait de désarçonner son adversaire à l'aide d'une lance épointée. Les tournois étaient particulièrement en vogue. Les chevaliers pouvaient montrer ainsi leur dextérité à monter à cheval et à manier les armes. Mais de nombreux chevaliers y furent grièvement blessés ou même tués.
Les plus pratiqués étaient les jeux des échecs, des dames et le Ludus duodecim scriptorum (sorte de Trictrac). Les échecs servaient d'exercice pour la tactique de la bataille. Les jeux de cartes n'arrivèrent qu'au XVe siècle. Même si les gens travaillaient longtemps, ils disposaient de beaucoup de temps libre en raison des nombreux jours de fête et jours fériés religieux, soit environ quarante jours de congé par an. Les jeux de hasard, comme les dés, étaient considérés par l'Église comme un péché, mais étaient largement prisés. Les paris aux combats de coqs et semblables combats animaux étaient également d'usage.
Les humains jouaient déjà dans les temps les plus reculés avec des balles. La plupart étaient des jeux religieux. Au Moyen Âge, les balles sont faites de bois, de boyaux ou d'estomacs animaux, ou de cuir rembourré de tissus. Des moines développèrent un jeu préfigurant le tennis.
Au XIVe siècle, la chasse était plus considérée comme un sport que comme un moyen de se procurer de la viande. Dans les pays densément peuplés comme l'Angleterre, une grande partie des terres non bâties était utilisée par les propriétaires comme chasse gardée. La chasse était interdite aux paysans qui devaient se nourrir exclusivement d'animaux issus de l'élevage : mouton, porc, volaille… et prendre le risque de braconner de petits animaux sauvages. La pêche à la ligne n'était pas regardée comme un sport - le résultat relevant moins de bravoure au combat que de ruse. La fauconnerie (même avec des vautours) était autant appréciée par les nobles que la chasse à courre. Le sport vint d'Asie et arriva en Europe vers le Xe siècle.

Progrès techniques

  • Le moulin hydraulique se répand dans l'Occident médiéval dès l'époque carolingienne.
  • L'introduction de la jachère, puis l'assolement triennal permettent d'accroître la productivité de l'agriculture.
  • Les rendements s'améliorent à partir de 1000 grâce à la diffusion d'outils en fer et à l'essor de la charrue.
  • La technique d'attelage : le collier d'épaules remplace le « collier de cou » et permet de tirer des charges plus lourdes.

Guerre

  • Le Moyen Âge central est l'âge de la chevalerie, marqué par la supériorité de la cavalerie sur l'infanterie. Le service armé, appelé ost, fait partie des obligations du vassal envers son seigneur.
  • À la fin du Moyen Âge, les armes de tir - arc long anglais lors des batailles de Crécy en 1346 et d'Azincourt en 1415 - puis armes à feu à Castillon en 1453, annoncent la fin de la chevalerie. Le retour à la prépondérance de l'infanterie est acquise grâce aux piquiers flamands (bataille des éperons d'Or en 1302) et suisses (Grandson en 1475 puis Morat en 1476). Ces victoires confirment les théories d'armées permanentes de Machiavel (Le Prince) constituées de milices urbaines ou bourgeoises.
  • Les premiers châteaux forts en pierre apparaissent à la fin du Xe siècle. Un grand nombre de villes médiévales sont entourées de remparts (Paris, Rouen, Carcassonne).

Échanges avec les civilisations islamique et byzantine

Premiers contacts

À l'époque de Charlemagne eurent lieu les premiers contacts avec les peuples de confession musulmane : essentiellement par les guerres dans les marches d'Espagne.

À partir des premières décennies du IXe siècle, et jusque dans le courant du Xe siècle, l'empire carolingien fut attaqué et envahi de trois côtés :

Lorsque les abbayes furent pillées, ce le fut par les Vikings. Cependant, les hommes de l'époque de Charlemagne ne faisaient pas la différence entre les Sarrasins (qui provenaient de la civilisation musulmane alors en pleine expansion), et les autres peuples envahisseurs. Tous étaient considérés comme « païens » (plutôt péjoratif), ou même « infidèles ».

À partir de la fondation de Cluny (909 ou 910) et jusqu'en 950 environ, la situation se rétablit dans les monastères où la vie monastique se restructura progressivement grâce à la Règle de saint Benoît remise à jour par Benoît d'Aniane.

Essor catalan

Al-Andalus qui fut un havre de tolérance et de culture se transforme avec l'avènement d'Al-Mansur. Le nouveau vizir de Cordoue brille en effet par sa violence et son intolérance religieuse. De nombreux juifs et mozarabes fuient l'Al-Andalus vers les États de la marche d'Espagne. Un afflux de connaissances scientifiques et techniques arrive en Catalogne dont les monastères renferment encore des œuvres antiques conservées depuis le royaume wisigoth.

En 985, Al-Mansur, le vizir de Cordoue, situé au sud de l'Espagne, attaque et pille Barcelone, emmenant avec lui de nombreux esclaves. Le comte Borell II demande de l'aide à son suzerain Hugues Capet. Ce dernier ne daignant pas lui répondre, le comte prend une indépendance de fait. Paradoxalement, cet événement marque le début d'une phase de développement de la Catalogne qui entraîne les autres États de la Marche d'Espagne. Le comte réorganise la défense du pays mais doit traiter dans un premier temps avec Al-Mansur: de nombreux Catalans s'enrôlent comme mercenaires du vizir. Revenus en Catalogne, ils utilisent les techniques agricoles connues dans le califat de Cordoue (les habitants d'Al-Andalus étaient des paysans utilisant des techniques particulièrement développées) et réinjectent leur solde dans l'économie. Ils construisent des moulins, irriguent la terre. Les échanges commerciaux avec le califat et le monde méditerranéen augmentent rapidement. Il en résulte une poussée démographique et technique dès la fin du Xe siècle. La poussée monastique et le développement du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, va permettre la transmission de cette poussée technique aux autres États de la marche espagnole, puis au reste de l'Europe, avant le début des croisades. C'est surtout par l'Espagne que la culture arabe pénètre en Occident et essentiellement par la Catalogne[11].

An mil : Gerbert d'Aurillac

On a vu que Gerbert d'Aurillac, futur Sylvestre II (pape de l'an mille) avait une culture exceptionnelle pour son époque. Il était non seulement mathématicien, mais avait une grande connaissance des auteurs antiques.

Gerbert d'Aurillac tenait cette connaissance en grande partie des contacts qu'il eut en Espagne, en Catalogne. Il apprit ainsi l'existence des travaux de grands savants musulmans (Al-Khuwarizmi…).

Gerbert d'Aurillac fut le premier à introduire les œuvres d'Aristote en Occident. Comme écolâtre de Reims, il réintroduisit les arts libéraux, et particulièrement le quadrivium, qui n'était presque plus enseigné dans les monastères.

Contacts par les croisades

Article détaillé : Croisade.

L'expansion musulmane conduisit les Arabes à conquérir Jérusalem. Les Lieux saints du christianisme, qui faisaient partie de longue date de l'espace chrétien (l'Empire romain d'Orient à partir de Théodose Ier, puis l'Empire byzantin), ne sont alors plus accessibles facilement aux pélerins occidentaux. Quelque temps après l'invasion, les pélerins peuvent encore accéder à la ville sainte, puis vient une époque où cet accès est interdit.

Les autorités religieuses débattent de l'attitude à adopter, et finalement, pour des raisons que l'on ne connaît pas bien, le pape Urbain II, lors du concile tenu à Clermont-Ferrand en novembre 1095 lance un appel à la "croisade" en Terre sainte pour combattre les infidèles. La première croisade se déroule de 1095 à 1099. Jérusalem est prise par les croisés en 1099 dans des conditions atroces.

Une deuxième croisade a lieu de 1147 à 1149, à l'instigation de Bernard de Clairvaux qui prêche à Vézelay. Il faut noter l'attitude de tolérance de François d'Assise, qui intervient pacifiquement lors d'un conflit entre les croisés et les musulmans. Ces premiers contacts ont commencé à faire prendre conscience de l'existence de la science musulmane. On commença d'utiliser les connaissances musulmanes en médecine pour soigner les blessés.

Découverte des sciences musulmanes - (XIe-XIIe siècles)

Progressivement, le champ d'intérêt ira croissant. L'Occident va découvrir la philosophie et la science musulmane. Les auteurs grecs viendront dans une deuxième phase avec Aristote et d'autres auteurs.

Ces échanges se font aux points de contacts entre les deux civilisations : Égypte, Syrie, Espagne (Andalousie), Sicile.

Les savants musulmans les plus marquants sont Al-Farabi (philosophe turc, 872-950), Avicenne (Ibn Sina, 980-1037), et Averroès (Ibn Rushd, 1126-1198).
Les savants juifs jouent aussi un très grand rôle dans ces échanges, il faut citer le médecin Maïmonide.

Sur la science musulmane :

Sciences et philosophie grecques

C'est aussi grâce aux contacts avec la civilisation grecque médiévale et la civilisation islamique que l'on redécouvrit vraiment la philosophie et les sciences grecques, notamment Aristote, mais aussi d'autres auteurs, soit des philosophes, soit des scientifiques, que la civilisation musulmane s'était appropriée (avec les connaissances issues de l'Inde et de Babylone) avant de développer son propre savoir.

Les première traductions concernèrent des traités scientifiques d'Al-Khwarizmi et furent effectuées par deux Anglais : Adélard de Bath traduisit les tables astronomiques (1120), et Robert de Chester les traités d'arithmétique et d'algèbre fruste (1145). Gérard de Crémone traduisit en latin le Canon de la médecine d'Avicenne.

La vision que l'on avait de la philosophie grecque (via saint Augustin) était encore très platonicienne et incomplète. En effet, les contacts directs avec l'Orient étaient peu développés depuis le grand schisme d'Orient (1054). Néanmoins, Ravenne, Venise, Gênes, Pise et la Sicile (Palerme) gardaient des contacts étroits avec l'Orient : à partir de 1085, mais surtout de 1140, aux ateliers de Tolède traduisant de l'arabe, s'ajoutent des équipes d'italo-grecs qui traduisent des ouvrages directement du grec en latin. Cela concerna des œuvres d'auteurs grecs : la philosophie de Platon, Galien et Hippocrate en médecine, ainsi que des auteurs byzantins comme Grégoire de Nysse, Saint Jean Chrysostome et Jean Damascène. En philosophie, cela concerne notamment tout l'Organon, puis la Physique d'Aristote ; en géométrie, les travaux d'Euclide, et en géographie et cartographie, l'œuvre de Ptolémée, celle d'Almageste, en particulier en ce qui concerne le planisphère, mais aussi l'optique.

Les principaux traducteurs furent Gérard de CrémoneTolède), Alfan de Salerne, Henri AristippeCatane), Burgondio de Pise, au XIIe siècle et Guillaume de Moerbeke au XIIIe siècle.

Les deux grands savants musulmans que sont Avicenne (Ibn Sina, 980-1037), et Averroès, ont beaucoup apporté sur ce point à la civilisation occidentale, ainsi que Maïmonide, dont Thomas d'Aquin s'est fortement inspiré quelques décennies plus tard. En fait, tous les occidentaux n'acceptèrent pas facilement cette philosophie : Bernard de Clairvaux eut des accrochages avec Averroès.

Ce fut Albert le Grand, au XIIIe siècle, qui introduisit les œuvres d'Aristote dans les universités européennes. Les grands principes de cette philosophie sont alors structurés en plusieurs grandes branches, notamment : la logique (Organon), la métaphysique et l'éthique (éthique à Nicomaque).

Thomas d'Aquin, élève d'Albert le Grand, fit une synthèse des textes du christianisme et de la philosophie d'Aristote dans la somme théologique, qui constitue l'une des bases de la théologie chrétienne, encore de nos jours. Les enseignements de cette philosophie furent donnés dans l'école scolastique à partir du XIIIe siècle. Les nouvelles sciences ainsi acquises prirent place à côté des sept arts libéraux. La rhétorique, dans le trivium, conserva une place importante.

Conséquences

L'école scolastique sous la forme qu'elle avait au XIIIe siècle, eut du mal, dans les siècles suivants (au XVIIe siècle notamment, avec l'affaire Galilée) à se renouveler. En effet, Aristote (IVe siècle av. J.-C.) adoptait une représentation géocentrique de l'Univers, comme Ptolémée au IIe siècle. À partir du XVIIe siècle, Descartes combattit la philosophie scolastique, parce qu'elle retenait la théorie du géocentrisme via Aristote.

Pour cette raison encore, la philosophie d'Aristote, avec la métaphysique, fut décriée jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Le géocentrisme n'est pourtant qu'une petite partie du système philosophique d'Aristote.

Notes et références

  1. George L. Burr, « How the Middle Ages got their name », American Historical Review, n°20 (1914 - 1915), pp. 813-815
  2. Consulter en ligne le Historiarum ab Inclinatione Romanorum Imperii
  3. George L. Burr, « How the Middle Ages got their name », article cité.
  4. Léopold Genicot, Les lignes de faîte du Moyen Âge, Cabay, Louvain-la-Nueve, 1983, p. 1.
  5. Les premiers livres imprimés en Corée
    • Georges Duby, Le Temps des cathédrales. L'Art et la société (980–1420), Gallimard, Paris, 1976, ISBN 2-07-029286-X
    • Georges Duby, Les Trois Ordres ou l'imaginaire du féodalisme, Gallimard, Paris, 1978, ISBN 2-07-028604-5
  6. Georges Castellan : Histoire des Balkans, P.U.F., Paris[réf. incomplète]
  7. Anne Fraïsse, Pouvoir de la religion et politique religieuse dans les premiers siècles du christianisme.[réf. incomplète]
  8. Charles Diehl, Histoire de l’Empire byzantin, 1919.[réf. incomplète]
  9. Ducellier, Kaplan, Martin, Le Proche-Orient médiéval, Paris, Hachette, 1988, p.  64
  10. a  et b Pierre Riché, Les grandeurs de l'an mille, Bartillat, 2001, page 194

Voir aussi

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Articles connexes

Histoire médiévale par aire géographique
Musées et collections du Moyen Âge
Hauts lieux du Moyen Âge
Époques du Moyen Âge

Liens externes

Revues et articles en ligne

Cours, expositions et outils

Enluminures

Bibliographie

  • Collectif, Le Moyen Âge, Place Des Victoires, Paris, 2006, ISBN 2-84459-127-2
  • Jacques Le Goff :
    • À la recherche du Moyen Âge, Seuil, Paris, 2006, ISBN 2-02-086050-3
    • Un long Moyen Âge, Tallandier, Paris, 2004, ISBN 2-84734-179-X
  • Jacques Heers,
    • Le Moyen Âge, une imposture, Éditions Perrin, 1999.
    • La ville au Moyen Âge en Occident, Éditions Hachette.
    • Précis d’histoire du Moyen Âge, Presses universitaires de France.
    • Le Travail au Moyen Âge, Presses universitaires de France, 1965.
  • Jean Favier,
    • Dictionnaire de la France médiévale, Éditions Fayard, Paris, 1993.
    • La France féodale, le Grand livre du mois, Paris, 1995.
    • Charlemagne, Fayard, 1999, ISBN 2-7441-3585-2
  • Alain Dag'Naud, Le Moyen Âge, Hachette, Paris, 2006, ISBN 2-01-117326-4
  • Johan Huizinga, L'automne du Moyen Âge, Payot, Paris, 2006, ASIN 2228881163
  • Jean-Philippe Genêt, Michel Balard, Le Monde au Moyen Âge : Espaces, pouvoirs, civilisations, Hachette Éducation, Paris, 2005, ASIN 2010163036
  • Georges Duby, Le temps des cathédrales, l'art et la société, 980-1420, Gallimard, 1976, ISBN 2-07-029286-X
  • Pierre Riché, Les Grandeurs de l'an mille, sur l'An mil
  • Régine Pernoud, Pour en finir avec le Moyen Âge, Seuil, Points Histoire, 1977, ISBN 2-02-005074-9
  • Bernard Quilliet, La tradition humaniste, Fayard, 2002, ISBN 2-213-61243-9
  • J. Delorme, Les grandes dates du Moyen Âge, Presses Universitaires de France, Paris, 2005, Collection : Que Sais-Je ? ASIN 2130371167
  • Jean Verdon, Le Moyen Âge : Ombres et Lumières, Librairie Académique Perrin, 2005, ISBN 2-262-01988-6
  • Michel Zink, Alain de Libera, Claude Gauvard, Dictionnaire du Moyen Âge, Presses Universitaires de France, Paris, 2004, ISBN 2-13-054339-1
  • Loïc Cazaux, Au temps des croisades, Paris, Éditions Ellipses, 2008 ISBN 2-7298-3787-6
  • Stéphane Muzelle, 100 fiches d'histoire du Moyen Âge en Occident, Bréal, Paris, 2004, ISBN 2-7495-0339-6.


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