Rite funéraire


Rite funéraire
Procession funéraire juive en Pologne, 1939.

Le rite funéraire (ou funérailles) est un ensemble de gestes et de paroles et dans certains pays de danses, accompagnant l'agonie puis la mort d'un être humain.

Les anthropologues considèrent généralement que les rituels funéraires sont un des fondements du passage à la civilisation.

Ces rites semblent relever depuis toujours de la religion, mais la reconnaissance dans le monde contemporain d'une philosophie agnostique modifie la prise en compte des derniers instants de la vie et/ou permet l'émergence d'un nouveau type de rites et cérémonies.

La nature du rituel varie selon l'époque, le statut social du défunt, les croyances d'une société, les conditions du décès et parfois selon la volonté du défunt[Note 1].

L'étude rétrospective des rituels funéraires par les indices laissés dans les tombes, croisées avec d'autres éléments archéologiques, permet de délimiter l'aire géographique et parfois l'histoire de sociétés disparues.

De même l'ethnologie attache une grande importance à l'étude des rites funéraires, qui éclaire la compréhension des rapports entre les individus et avec le monde tels qu'ils le conçoivent.

Les funérailles et le deuil collectif sont aussi l'occasion de moments particuliers de sociabilité qui marquent l'histoire d'un groupe.

  • Un moment clé - pour un individu ordinaire - est l'embaumement (soins de thanatopraxie), la crémation (le terme d'incinération est plutôt réservé aux animaux) ou l'inhumation (enterrement) et plus rarement l'immersion en mer, l'anthropophagie (vraie ou symbolique, avec par exemple la consommation des cendres du cadavre brûlé) ou l'offrande du cadavre (généralement découpé, comme chez les peuples de l'Himmalaya) aux vautours.
  • Les personnages célèbres ont parfois droit à des funérailles « exceptionnelles »[1]. La nature de l'hommage ultime et collectif ainsi que la mise en scène de la cérémonie, et l'érection d'un monument laissé à la postérité[2], varient suivant les époques et les périodes. Il est arrivé qu'on sacrifie l'entourage du défunt à sa mort.

Des comportements évoquant des rites funéraires ont été observés chez les animaux comme les éléphants et les hippopotames. On pourra consulter à ce sujet l'ouvrage de Julian Huxley, Le Comportement rituel chez l'homme et chez l'animal [3].

Sommaire

Préhistoire

Les structures funéraires comme les tumulus datant de -4000 à -3000 sont parmi les plus anciennes marques que l'Homme a laissé sur le paysage[4].

La sépulture d’El Tabun, en Israël, attribuée à l’Homme de Néandertal serait toutefois la plus ancienne tombe connue à ce jour (2004). Elle date de 120 000 ans. Cependant, pour certains scientifiques, les premières pratiques funéraires connues pourraient être bien antérieures et dater du Paléolithique inférieur (gisement de la Sima de los Huesos)[5].

Antiquité polythéiste

Mésopotamie

Article connexe : Cimetière royal d'Ur.

Égypte antique

Articles détaillés : Momie, Sarcophage et Embaumement.

Le deuil familial

La famille exprime sa peine en couvrant les cheveux de limon ; chaque membre se frappe la tête avec la main gauche (main de la mort). Les hommes de la famille ne se rasent pas pendant 70 jours, ce qui correspond à la durée du cycle de l'étoile Sirius.

Momification

Les premiers essais de momification égyptienne datent d'environ 3000 av. J.-C. La technique connaît son apogée au XVIe siècle av. J.‑C.. Le corps est conduit dans l'atelier de momification : les prêtres-embaumeurs proposent à la famille plusieurs séries de momies, plus ou moins coûteuses.

Le Livre des morts est l'ensemble des papyrus contenant des formules magiques mis à l'intérieur du sarcophage. L'ouverture de la bouche du mort symbolise le retour du ka dans le corps.

Le corps est étendu sur un lit de pierre aux pieds ayant la forme de pattes de lion. On injecte dans le crâne une résine par un entonnoir. Le prêtre affublé du masque d'Anubis, pratique une entaille au côté gauche (le souffle vital entre par l'oreille droite et ressort par la gauche). Il enlève les viscères sauf le cœur, car il sera pesé par Anubis dans l'au-delà. Les viscères sont lavés avec du vin de palme puis du natron. Ils sont conservés dans 4 vases canopes. On peut aussi placer des oignons dans le corps, symbole de la renaissance. Le bain de natron dure environ 70 jours, puisque si la durée du bain est trop longue les os deviennent cassants, si par contre elle est trop courte, la peau ainsi que les os ne se conserveront pas assez longtemps. La plaie recousue est recouverte d'une petite plaque de cire d'abeille ou de métal, décorée d'un Oudjat (œil d'Horus, enlevé par Seth et remis par Thot). Le visage est maquillé, une perruque est parfois posée. Comme le natron détruit les yeux et la langue, il faut les remplacer par des faux yeux en pâte de verre, en pierre, en oignons ou en feuilles d'or. Il faut 150 mètres de bandelettes pour entourer le corps d'un adulte. La dernière étape est la pose d'un masque de carton, de bois (rare donc cher), de plâtre ou d'or-argent.

Les sarcophages

Les premiers datent de 3300 av. J.-C. (en roseau et de petite taille). Sur le couvercle, les décorations représentaient :

  • Nout, aux ailes déployées
  • un œil oudjat qui permet au mort de voir
  • un pilier Djed
  • les 4 fils d'Horus
  • les déesses Isis et Nephtys

Les funérailles

Les Égyptiens situaient le royaume des morts sur la rive occidentale du Nil, là où se couche le soleil : on transporte donc le corps du défunt avec un cortège de pleureuses. Le convoi apporte des cadeaux, de la nourriture ... La momie est couverte de fleurs posée sur un traîneau en forme de barque tiré par deux bœufs. En tête de la procession se trouve un prêtre vêtu d'une peau de léopard qui écarte les mauvais esprits grâce à de l'encens, du lait et de l'eau du Nil. Les gens sont habillés en blanc, la couleur du deuil en Égypte. Un deuxième traîneau apporte les vases canopes.

Devant la tombe, muni d'une herminette, le fils du défunt touche la bouche, les narines, les yeux et les oreilles du mort pour qu'il puisse retrouver ses sens. Ce rite permet au ka et au ba de réintégrer le corps. Ensuite, on fait généralement le sacrifice d'un bœuf. La veuve embrasse la momie et lui donne un collier de fleur de lotus bleu, symbolisant le ciel. Puis on l'enferme dans son sarcophage avec le Livre des morts. On dresse des tentes devant la tombe pour un banquet : c'est l'occasion de déguster le bœuf sacrifié. Les invités portent un collier de fleur de lotus bleu.

Pour qu’une âme ne soit pas errante, il lui fallait une demeure. Si elle n’était pas fixée dans un tombeau et alimentée par des offrandes, elle errait, sans cesse et ne tardait pas à devenir malfaisante. Elle tourmentait les vivants, leur envoyait des maladies et faisaient de fréquentes apparitions nocturnes pour rappeler aux vivants qu'ils lui devaient une sépulture.


Cette croyance créa une règle de conduite. Le mort ayant besoin de nourriture et de breuvage, on estima que c’était un devoir pour les vivants de satisfaire ces besoins. À cette condition, il protégeait tous les membres de sa famille, de sa tribu et même de sa bourgade.

L'usage de pleureuses professionnelles était courant.

Grèce antique

Le premier rite était la toilette du mort. Ensuite venait l'exposition du défunt sur un lit. Les pleureuses se griffaient le visage devant lui, se tiraient les cheveux en pleurant. Enfin avait lieu le cortège funèbre et le corps était inhumé ou incinéré.

La mort sans sépulture ne lui permettait pas de descendre aux Enfers, et il devait errer dans l'Érèbe.

À cette époque, la mort est considérée comme une délivrance, un honneur, si les rites sont effectués correctement.

Rome antique

Dans la Rome antique, l'appartenance à la classe sociale influence le faste des rites. Les riches se font en principe incinérer, les plus pauvres comme les esclaves sont jetés dans des fosses communes sans cérémonie. Les rites ont également changé avec l'abandon de la religion romaine au profit des cultes orientaux comme le christianisme. Il est courant que certains hommes, dont les empereurs à travers le culte Impérial, fassent l'objet d'un culte après leur mort.

Celtes, Germains et Scandinaves

Article détaillé : Viking.

Dans la Normandie celte et gallo-romaine, l'usage était courant d'enterrer une personne avec une statuette en terre cuite d'une déesse-mère. Les archéologues ont retrouvé des dizaines de ces objets. Le culte de l’arbre est particulièrement présent lors des funérailles[6].

Judaïsme

Le judaïsme comporte de nombreux rites destinés aux endeuillés. Cette section ne traite que de la personne décédée.

L'agonie

Article détaillé : Agonie dans le judaïsme.

Dès les signes de l'agonie, il est recommandé de ne plus quitter l'agonisant (gossess). S'il est interdit aux Juifs de hâter la mort, sauf, parfois, par la prière, il leur est prescrit de le réconforter par tous les moyens possibles, et de ne pas prolonger l'agonie. On encourage les agonisants conscients à confesser leurs péchés, exprimer leurs dernières volontés (orales), et les dernières recommandations à la famille (les « bénédictions » dans la Bible hébraïque). Il existe des bénédictions consacrées à l'approche du décès et lors de celui-ci. Sitôt le décès établi, il faut prévenir la Hevra Kaddisha et demander le transfert de la personne décédée à domicile pour la veiller en récitant des Psaumes. Cette tâche est généralement confiée à un membre de la Hevra Kaddisha plutôt qu'un proche de la personne disparue. Deux heures après le décès, on le dépose au sol, recouvert d'un drap, les pieds en direction de la porte, une bougie près de la tête ou des pieds.

La purification

Article détaillé : Tahara (judaïsme).

La purification (tahara) est une toilette funéraire réalisée avec grande pudeur et respect de la personne décédée par la Hevra Kaddisha. Des prières et sections de la Bible (Cantique des Cantiques, Psaumes, ...) peuvent être lues. Après la toilette, la personne décédée est revêtue de takhrikhim, draps blancs évoquant les habits du Grand Prêtre, équivalents au linceul, et délicatement déposée sur un lit de paille au fond du cercueil (qui, en hébreu, se dit Aron, comme l'Aron Hakodesh, dans laquelle sont placés les rouleaux de la Torah). En Diaspora, il est de coutume d'y mettre une poignée de sable provenant de la terre d'Israël, car c'est là que, selon la tradition, le Messie ressuscitera les morts. Une fois le corps purifié et vêtu, le cercueil est scellé, après que les proches ont demandé pardon à leur disparu, sans le toucher, afin de ne pas le désécrer. En Israël, une coutume répandue est de n'utiliser aucun cercueil, mais de recouvrir le corps de takhrikhim plus épais, recouverts par un tallit (pour les hommes).

La veillée du corps

Après la « tahara », lorsque l'enterrement ne peut avoir lieu le jour du décès (comme cela se pratique en Israël), on effectue une « shemira » (« veillée ») du corps.

Un shomer peut être un membre de la Hevra Kaddisha, mais de façon plus générale, toute personne, de préférence pas un proche du malade (qui est endeuillé), qui veille à ce que le corps de la personne disparue ne soit pas désécré, et récite des Tehillim (Psaumes) pour l'élévation de son âme jusqu'à l'enterrement.

La levée du corps

La cérémonie est présidée par un rabbin, qui lit des Psaumes, en présence de la famille et des amis venus rendre hommage à la personne disparue. On attend que le cercueil ait quitté le domicile ou la morgue avant de l'accompagner, à pied ou en voiture si le chemin est long jusqu'au cimetière. Au cimetière, on escorte le cercueil jusqu'à la dernière demeure, en marquant des arrêts, au cours desquels certains sonnent du Shofar, car selon la tradition, le Messie en sonnera lors de la résurrection des morts. On ne salue et ne répond à personne jusqu'à la mise en terre. Si on a un parent enterré dans le cimetière, on s'abstient de le visiter pendant l'enterrement (avant ou après, c'est autorisé).

La Levaya (inhumation)

Levaya ne signifie pas exactement Inhumation mais Accompagnement (du mort). Elle se fait sans fleurs ni couronnes et sans musique. Dans la tradition ashkénaze, on récite une bénédiction en entrant au cimetière (si l'on ne s'y est pas rendu depuis un mois). On se rend ensuite dans une salle où le rabbin prononce le hesped (éloge funèbre). Le mort est déplacé les pieds vers l'avant. On récite le Psaume 91 lors du convoi du cimetière, la hachkava et le El Male Rahamim. Le rabbin jette trois pelletées de terre, imité par les proches puis les assistants. Une fois la fosse comblée, on récite le Kaddish lehidhadeta, puis le Tzidouk Haddine. On console ensuite les endeuillés par la formule « Hamaqom yéna'hem etkhèm bètokh shear avelé Tzion viYroushalaïm » (« Que le Lieu vous console parmi les endeuillés de Sion et de Jérusalem »). En quittant le cimetière, certains arrachent une poignée d'herbe (symbolisant la résurrection). On se lave les mains sans les essuyer. Dans la tradition sépharade, on ajoute au Psaume 91 la prière de Rabbi Nehounia bar Haqana et, lorsqu'il s'agit d'une femme, le Eshet 'Hayil (Femme vaillante). C'est à ce moment qu'on pratique la qeri'ah (déchirure). La prière de consolation est un peu plus longue.

Christianisme

Articles détaillés : Catacombes et Sarcophages paléochrétiens.

Temps mérovingiens

La pratique de l'obole à Charon subsiste durant le début de l'époque mérovingienne, en dépit des progrès du christianisme comme en témoigne l'exemple de la sépulture X d'Hérouvillette (musée de Normandie à Caen). Dans les tombes des guerriers francs, officiellement catholiques depuis le baptême de Clovis (vers 496), l'usage de se faire enterrer près de la tombe d'un saint, dans la nef ou à proximité des basiliques est de plus en plus courant. Les corps étaient enterrés les bras le long du corps, les jambes légèrement écartées ; plus tard, la position se modifie (bras croisés sur la poitrine). Les tombes sont disposées en rangées (caractère mérovingien apparu à la fin du IVe siècle au nord de la Gaule). L'orientation du corps n'est d'abord pas fixée. Au cours du Ve siècle, les pieds sont mis à l'est et la tête à l'ouest. Au VIIIe siècle, sous l'influence du clergé, les usages funéraires des Francs se modifient radicalement : seuls les aristocrates sont alors enterrés habillés avec du mobilier funéraire. Le dépôt de nourriture dans la tombe est aussi de plus en plus rare. Les villes se dotent de nécropoles urbaines, alors que les Romains les avaient rejetées en périphérie.

Selon le rite ordinaire ou rite paulinien

Dès l'agonie, le prêtre se rend auprès du malade pour l'administration de l'extrême-onction, qui fait partie des 7 sacrements de la vie du chrétien. À l'origine, l'extrême-onction était administrée par un prêtre à des malades pour qu'ils guérissent. Après le XIIe siècle, les rituels comportaient des prières, une onction et l'imposition des mains. L'extrême-onction n'est pas réservée aux mourants, contrairement à l'idée communément admise.

Depuis le concile Vatican II[7], on appelle l'extrême-onction sacrement des malades et il peut être administré aux croyants qui en font la demande lorsqu'ils sont atteints d'une maladie grave, pour s'attirer la bienveillance divine et la guérison de leur mal.

La famille, les proches et les amis du défunt se réunissent à l'église pour la célébration d'une eucharistie (messe). Les chants et les prières sont choisis par la famille, qui est souvent appelée à participer à la cérémonie par la lecture de textes appropriés.

Selon le rite extraordinaire ou traditionnel

Rite funéraire avec fleurs et couronnes

Selon le rite tridentin[8], on prévoit aussi la célébration d'une « messe (votive) pour implorer la grâce d'une bonne mort »- Le prêtre accorde la bénédiction papale (avec indulgence plénière à l'heure de la mort). L'on récite le confiteor, les prières des agonisants. Quand le malade a rendu l'âme, l'on chante ou l'on récite le « Subvenite ». Lors de la veillée funèbre (chez le défunt ou à la chambre mortuaire), l'on récite le chapelet et l'on chante le Salve Regina ou tout chant approprié. À la levée du corps, le prêtre l'asperge d'eau bénite et récite ou chante le psaume 129, De profundis. En se rendant à l'église, le psaume Miserere. À l'église, l'on chante (sauf durant le Triduum pascal ou l'office est simplement récité) le requiem puis a lieu l'absoute. Ensuite, la dépouille est conduite en procession au cimetière au chant du In paradisum.

Le rituel prévoit aussi :

  • une absoute aux funérailles en l'absence du corps et aux services du 3ème, du 7ème et du 30ème jour et de l'anniversaire.
  • aux funérailles solennelles, il y a cinq absoutes.

Le pape Benoît XVI a autorisé l'utilisation des livres liturgiques de 1962 par son motu proprio Summorum Pontificum.

Protestantisme

Les Protestants ne prient pas pour les morts; de ce fait les funérailles protestantes sont généralement très simples. Traditionnellement, le pasteur accompagne la famille au moment de l'inhumation au cimetière et un service d'action de grâces a lieu au Temple, souvent en l'absence du corps. On y remercie le Seigneur pour les bienfaits accordés au défunt durant sa vie, et la lecture biblique et la prédication mettent l'accent sur l'espérance en la Vie Éternelle.

Islam

L'agonie

Le mourant est veillé par un imam et les proches qui récitent le Coran. Il est installé de telle manière que son regard porte vers La Mecque. S'il le peut, il doit réclamer la shahada, c'est-à-dire la profession de foi du musulman, l'un des cinq piliers de l'Islam. S'il est incapable de parler, c'est un membre de sa famille, une autorité religieuse ou un médecin musulman qui s'en charge, en levant l'index du mourant pour que Dieu reconnaisse la personne.

L'inhumation

Elle doit se faire avec diligence, en principe avant le coucher du soleil. L'islam autorise l'inhumation en pays non musulman, dans un « carré musulman », traditionnellement en la seule présence des hommes et cela pour éviter aux femmes d'assister à une scène qui peut les émouvoir et de préférence le vendredi. La toilette du défunt se fait avec grande pudeur.

En Afrique

Au pays Dogon

Le rite funéraire chez les Dogons se déroule en trois temps :

  • Lors du décès, un enterrement est organisé. Le corps du défunt est lavé avant d'être déposé à l'air libre dans les failles des falaises qui servent de cimetière. Son âme reste dans le village.
  • Quelques mois plus tard, sont organisées des funérailles qui permettent à la famille et aux proches de rendre un hommage au défunt. Son âme quitte alors la maison familiale mais continue d’errer dans les alentours.
  • Le troisième temps est le dama. Cette cérémonie est collective et concerne toutes les personnes décédées au cours des années précédentes (le dama est organisé tous les 3 à 5 ans). Les âmes sont appelées à rejoindre les ancêtres. Au cours de la cérémonie qui dure trois jours, les différents masques sont sortis et défilent et dansent dans le village. Cette cérémonie marque la fin du deuil.

Chez les Luo

Les funérailles (tero buru) d'un adulte de sexe masculin en 1929.

Le rite le plus important chez les Luo est celui lié au décès d'un adulte. Cette cérémonie est appelée tero buru (littéralement « emmener les cendres » en langue luo) du fait que les femmes s'enduisent le corps des cendres d'un feu de camp. Elle signifie l'action d'« accompagner le passage à la mort ».
Ce rite peut paraitre violent par le fait que, lors de l'enterrement d'un homme adulte, les hommes traversent le village juchés sur des taureaux, en habit traditionnel guerrier, simulant l'empalement d'un hypothétique ennemi et que les taureaux sont introduits dans la maison du défunt. Les danses exécutées, par les femmes (que le défunt soit un homme ou une femme), sont censées emporter les mauvais esprits de cette maison et se termineront également à l'intérieur.

Bien que ces pratiques n'aient plus cours aujourd'hui, le rite funéraire donne toujours lieu à des rassemblements excédant, souvent, plusieurs centaines de personnes et durent trois jours et trois nuits. Les femmes présentent au rite se réunissent, chaque nuit et tout au long de celle-ci, pour une veillée funèbre.
Traditionnellement, le défunt reste, toujours à l'heure actuelle, enterré, non pas au cimetière mais, dans sa ber gi dala (en luo, littéralement « c'est bon pour le domicile familial »), c'est-à-dire la propriété familiale. Le jour de l'enterrement, c'est le prêtre qui se déplace pour accomplir le rite funéraire chrétien.

Les veuves et les filles n'héritent jamais. Dans le meilleur des cas pour elles, et avec l'agrément de la famille du défunt, la nue-propriété des biens est transmise aux fils et l'usufruit à la veuve qui a le statut de première épouse (mikayi).

En Europe

Écosse

Article détaillé : Rites funéraires en Écosse.
Cairn commémoratif de la famille MacArthur, joueurs de cornemuse des MacDonalds, Seigneurs des Iles, à l'île de Skye. A l'arrière-plan se trouvent les ruines du château de Duntulm.

Lors de la veillée funèbre, le corps du défunt a traditionnellement le visage découvert et son linceul était autrefois généralement de lin[9]. Si Martin rapporte en 1695 que les assistants, et plus particulièrement la famille proche, chantaient des complaintes célébrant le mort[10], cette coutume semblait avoir disparu lors du voyage de 1773 de Johnson, qui constate[11] que « [...] certaines des anciennes solennités sont passées d'usage, et des chanteurs ne sont plus loués afin de suivre la procession[Note 2] ». La lecture de psaumes peut également faire partie du rituel[9].

En 1859, le journaliste français Louis Énault décrit ainsi l'organisation d'une veillée à l'île de Skye :

«  La maison mortuaire, comme nous disons en notre affreux langage, était située dans un glen qui s'ouvrait sur le lac à deux milles de Kirkibost. Nous arrivâmes vers midi.

Le corps était étendu sur un banc, drapé dans son linceul, mais le visage était découvert comme dans les funérailles italiennes. Il était beau, avec une expression calme et souverainement reposée. La joue pâle avait perdu ces bouquets de roses trop vives que la phthisie fait éclore aux pommettes ; les lèvres avaient des nuances de violettes de Parme, et le dessous de l'œil semblait noirci comme avec du kohl de Java. On avait mis sur sa poitrine un plat de bois, avec quelques pincées de sel et de terre soigneusement séparées. La terre est l'emblème du corps qui tombe en poussière ; le sel est le symbole de l'âme incorruptible et immortelle.

On avait eu soin d'éteindre le feu partout, et des sentinelles, armées de bâtons, étaient posées à toutes les issues pour empêcher qu'un chien ou qu'un chat passât devant le cadavre, ce qui serait considéré comme un mauvais présage par toute la maison. »

— Louis Énault Angleterre, Écosse, Irlande : Voyage Pittoresque (1859)

Cette coutume de disposer du sel et de la terre sur un plat posé sur la poitrine du défunt est également rapportée par Donald MacLeod[12], qui précise que, parfois, une Bible ouverte était également posée sur le bas du visage afin d'empêcher les esprits maléfiques de s'approprier le corps. Une croyance autrefois répandue était que l'esprit de la dernière personne enterrée dans un cimetière en garde la porte (Faire chlaidh en gaélique écossais), et n'est relevé de sa veille que par l'esprit de la personne suivante à être enterrée[13]. La formule traditionnelle gaélique prononcée lors d'un décès est « A Chuid de Pharas dha ! » (litt. « Puisse-t-il avoir sa part de Paradis ! »), équivalente à la formule française « Paix à son âme »[12]. L'enterrement est habituellement suivi d'une collation, généralement servie à la maison du défunt.

Depuis l'époque picte[14], les cairns peuvent servir à marquer un lieu de mémoire, qu'il s'agisse d'une tombe ou du site d'une bataille[15]. A cette période, le corps était déposé, accompagné de divers objets, sous une couche de sable sec, par-dessus laquelle était ensuite dressé le cairn. Un ancien dicton gaélique dit ainsi « Cuiridh mi clach air do chàrn  » (litt. « je viendrai déposer une pierre sur ton cairn », au sens de « je ne t'oublierai pas »)[16].

Au plan légal, actuellement[17], tout décès survenant sur le territoire écossais doit être déclaré à l'état-civil avant huit jours écoulés. Les enfants morts-nés doivent être déclarés après la vingt-quatrième semaine de grossesse. Le don d'organes est régi par le principe du consentement présumé ; en absence d'opposition du défunt exprimée de son vivant, il est considéré comme ayant donné son accord. Une cérémonie civile ou religieuse peut avoir lieu avant l'enterrement. La crémation n'est possible qu'après la levée de tout obstacle médicolégal ; l'enterrement ne peut avoir lieu que dans les cimetières.

France

En France, les enterrements publics de personnalités après la Révolution (deuils de souveraineté, deuils protestataires, etc.) donnent lieu à des formes de politisation par les cérémonies (préparatifs, éloge funèbre, cortège funéraire, mobilisation des foules et des émotions)[18].

Religions asiatiques

En Inde

  • Incinération hindouiste.

Les rituels funéraires hindous appelés Antyesti peuvent être très différents selon les régions, la caste ou le statut social de la personne décédée. Cependant, la crémation ou incinération est largement répandue.

L'incinération doit libérer le défunt du cycle des réincarnations et lui permettre de rejoindre le Brahman (principe absolu universel). Quand un corps brûle, les cinq éléments dont il est composé retournent à leur place. Les lieux d'incinération sont souvent choisis à proximité des cours d'eau (par exemple Manikarnika ghat à Varanasi). Le corps du défunt est emmailloté dans un linceul blanc s'il s'agit d'un homme, rouge s'il s'agit d'une femme, jaune doré s'il s'agit d'une personne âgée. Il est ensuite orienté la tête vers le sud qui est la direction des morts. Selon que la personne décédée était adoratrice de Shiva ou Vishnou, on applique sur son front de la cendre sacrée ou de la pâte de Santal.

La tradition veut que le fils aîné allume lui-même le bûcher dans lequel est placé le corps du défunt en tournant trois fois autour. S'il est trop jeune, un autre membre de la famille le fera. Si ce n'est pas possible, quelqu'un d'extérieur sera payé pour le faire. Les sâdhu, les nouveau-nés, les yogis considérés comme purs ne sont pas nécessairement incinérés. Ils peuvent être enterrés ou parfois directement immergés dans un fleuve. La crémation est accompagnée dans les jours suivants des rites complexes du Preta Karma qui se terminent une dizaine de jours plus tard par le Shrâddha: un culte rendu aux ancêtres.

Au Japon

Article détaillé : Rites funéraires au Japon.

Au Tibet

Au Tibet, les rites funéraires pratiqués par les Tibétains varient selon les contraintes imposées par la nature du lieu et son climat, mais également selon la qualité du défunt. Le corps du défunt est mis en relation avec l'un des quatre éléments : les funérailles célestes pour l'air, les funérailles de l'eau pour l'eau, la crémation pour le feu et l'enterrement pour la terre[19].

La pratique des enterrements est peu fréquente. La nature du sol, souvent très dur, et souvent gelé, en est la raison principale, mais la conviction que cette pratique entrave la réincarnation des défunts est parfois invoquée. Selon une source en effet, elle serait réservée aux criminels, et aux personnes décédées de maladies contagieuses, pour lesquelles les autres rites funéraires ne sont pas envisageables[20].

De même, dans les régions de haute altitude où le bois est rare, la crémation n'est employée que pour les lamas et les personnalités, à l'exception toutefois des plus hauts dignitaires religieux dont le corps est conservé par embaumement[19].

Les rites funéraires les plus courants mettent en pratique le principe bouddhique du don, qui conduit les Tibétains à offrir leur corps aux poissons ou aux vautours. On distingue ainsi deux types de funérailles :

  • les funérailles de l'eau, pratiquées uniquement dans certains cas particuliers, certaines sources mentionnant les mendiants, veufs, veuves et autres Tibétains les plus pauvres[19] ;
  • les funérailles célestes ou sépultures de l'air, pour la majorité de la population.

Ce dernier rite se pratique encore dans quelques centaines de sites sacrés au Tibet[21]. Les officiants en sont les ragyapa, caste tibétaine spécialisée dans ces fonctions. Ces derniers, après avoir placé le corps du défunt sur un rocher sacré, le dissèquent, puis en broient les os, qu'ils mélangent parfois avec de la tsampa, laissant les vautours, souvent rejoints par des chiens sauvages, se charger de l'élimination des restes funéraires[22].

Les populations nomades, ou celles qui ne pouvaient pas s'offrir ce rituel funéraire coûteux, avaient coutume de déposer simplement les morts sur des rochers élevés, en les laissant à la disposition des prédateurs sauvages, comme les chiens ou les oiseaux[23].

L'époque contemporaine

Les rituels funéraires connaissent aujourd’hui de profondes mutations. Il est essentiel de souligner qu’ils s’inscrivent dans un contexte très différent caractérisé par l’augmentation de l’espérance de vie, le déclin de la mortalité infantile, tout comme le fait de mourir généralement seul[24] et à l’hôpital, à quoi s’ajoute le déclin de la religion.

Dans les années 1970-1980, de nombreux sociologues ont dénoncé la « panne symbolique » [25] dont souffriraient les sociétés contemporaines. Dans les sociétés occidentales, la mort serait « une fenêtre qui ne donne sur rien » [26]. Plus loin, « la grammaire funéraire s’est perdue, la langue mortuaire nous est devenue étrangère » [27]. Patrick Baudry établit la même analyse à l'encontre des cérémonies laïques : « des professionnels peuvent vouloir produire des rites, mais à la façon de procédés, comme si la ritualité qui relève de la culture et qui manœuvre ses principes fondateurs, pouvait n'être qu'une mise en scène utile et profitable » [28]. Louis-Vincent Thomas tient à peu près le même discours sur ces cérémonies : « il le faut bien avouer que, dans les cas de funérailles laïques, la crémation offre peu de prise à l'imaginaire occidental – peut-être parce qu'on n'a pas encore inventé une ritualité qui compenserait l'aridité des opérations techniques » [29].

Cependant, se dessinent de nouvelles évolutions[30] depuis la fin des années 1990. De nouvelles cérémonies apparaissent, tant dans la sphère religieuse que dans la sphère « laïque » du crématorium. Au début des années 70, la crémation se résumait à un geste technique, sans recueillement. La famille patientait durant la crémation, puis récupérait les cendres. En 1986 (pour le crématorium du Père La Chaise) s’esquissa une première forme de cérémonie composée d’un temps de recueillement et de prises de paroles. Enfin, le temps de recueillement organisé en plusieurs phases (entrée, musique, recueillement, geste d’hommage, départ du cercueil) a été mis en place en 1998, avec une véritable redéfinition du rôle des maîtres de cérémonie.

Il s’agit de cérémonies plus que de rituels à proprement parler car ils canalisent la disparition d'un proche sans pour autant être porteur d'un message sur la destinée humaine. Comme le remarque Jean-Hugues Déchaux[31], le rite n'est pas l'unique solution pour faire face à la mort. Admettant volontiers la déritualisation des obsèques, il considère que l'on peut socialiser et acculturer la mort par d'autres processus. La subjectivation et la personnalisation des obsèques contemporaines, ainsi que l'ensemble des nouveaux acteurs, des nouveaux professionnels (thanatopracteurs, maître de cérémonie) qui l'accompagne permettent de neutraliser la mort. En effet, selon Jean-Hugues Déchaux, aucune culture ne peut apprivoiser la mort, au mieux elle la neutralise. Cette neutralisation s’opère par l'apparition de nouveaux modes de cérémonie qui ne sont pas pour autant des rituels, des cadres normatifs. L’évolution des funérailles contemporaines[32] est issue pour une part du processus de privatisation, le groupe familial et amical devenant ainsi le nouveau groupe référent pendant la cérémonie ; et d’autre part, du processus de sécularisation marquant le déclin de certaines croyances.

En 2009, à la question « Trouvez vous que le fait de ne pas pouvoir vous recueillir sur un lieu physique où repose le défunt (tombe, columbarium pour les cendres) vous manque ? », 72% des français interrogés affirmaient que cela ne leur manquait pas du tout[33].

L'agonie

État d'affaiblissement progressif des fonctions vitales et de la conscience qui, dans certains cas, précède immédiatement la mort.

Les cérémonies laïques

La principale cérémonie laïque est la crémation, mais un nouveau procédé, la promession, se développe en Suède et est en cours de législation dans ce pays ainsi que dans d'autres tels que l'Allemagne, la Corée du Sud, le Royaume-uni, et l'Afrique du Sud.

Annexes

Notes

  1. par exemple, en 1883, Victor Hugo ajoute un codicille à son testament rédigé deux ans plus tôt : « Je donne cinquante mille francs aux pauvres. Je désire être porté au cimetière dans leur corbillard. Je refuse l’oraison de toutes les églises, je demande une prière à toutes les âmes. Je crois en Dieu ». Cette volonté sera respectée, bien que des funérailles nationales lui furent aussi organisées.
  2. « [...] some of the ancient solemnities are worn away, and singers are no longer hired to attend the procession. »

Notes et références

  1. voir notamment le Panthéon de Paris en France
  2. voir en France les cérémonies à l'occasion de transferts de cendres au Panthéon de Paris
  3. Julian Huxley, Le Comportement rituel chez l'homme et chez l'animal, Gliimard, 1971
  4. (en) Valerie M. Hope, Macmillan Encyclopedia of Death and Dying, vol. 1, New York, Macmillan Reference USA, 2003 (ISBN 0-02-865691-1), partie Tombs, p. 901 
  5. Maureille, B. Les premières sépultures, Le Pommier / Cité des sciences et de l'industrie, (2004)
  6. Jean Cuisenier, Polysémie et richesse des rites funéraires
  7. Présentation générale 2002 [1]
  8. Code des rubriques - 1960. [2]
  9. a et b Chantreau, Pierre-Nicolas (1792) Voyage dans les trois royaumes d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande, fait en 1788 et 1789
  10. Martin, Martin (1695) A Description of the Western Islands of Scotland
  11. Johnson, Samuel (1775) A Journey to the Western Islands of Scotlands chap. « Grissipol in Col »
  12. a et b MacLeod, Donald J. Introduction à « A Description of the Western Isles of Scotland » (Martin Martin)
  13. Campbell, John Gregorson (1902) Superstitions of the Highlands and Islands of Scotland chap. 7 « Miscellaneous Superstitions »
  14. Graham-Campbell, James et Batey, Colleen E. (1998) Vikings in Scotland Edinburgh University Press (ISBN 9780748606412) p. 11
  15. (en) Cairns of Scotland Accédé le 24 mai 2009
  16. Electricscotland.com Accédé le 24 mai 2009
  17. (en) What to do after a death in Scotland Livret de recommandations officielles émises par le Gouvernement écossais (2006). Accédé le 29 mai 2009.
  18. Emmanuel Fureix, La France des larmes. Deuils politiques à l’âge romantique (1814-1840), Seyssel, 2009
  19. a, b et c Marc Moniez, Christian Deweirdt, Monique Masse, Le Tibet, Paris, Éditions de l'Adret, 1999 (ISBN 2-907629-46-8), p. 278 
  20. Marc Moniez, Christian Deweirdt, Monique Masse, Le Tibet, Paris, Éditions de l'Adret, 1999 (ISBN 2-907629-46-8), p. 278.
    « cette pratique [les enterrements] est réservée aux personnes mortes d'une maladie contagieuse, aux voleurs et aux assassins, pour empêcher ces êtres particulièrement indésirables de se réincarner. »
     
  21. Le rituel funéraire tibétain pratiqué depuis 1 000 ans survivra grâce à la protection du gouvernement chinois, Xinhuanet, 13 janvier 2006. Mis en ligne le 13 janvier 2006, consulté le 25 août 2007
  22. « Vultures - previously kept at bay by men waving sticks - then complete the job of disposal, often helped by wild dogs. », Sky Burials Of Tibet, Lonely Planet, repris par phayul.com
  23. Le recours aux chiens sauvages, entre autres animaux, est attesté pour les années 1980 dans le livre de Niema Ash, Flight of the Wind Horse. A Journey into Tibet, paru en 1990 et préfacé par le 14e dalaï-lama : « Those who cannot afford it (the sky burial) have to make do with putting their dead out on the high rocks for birds and other animals such as wild dogs », Niema Ash, Flight of the Wind Horse. A Journey into Tibet, Random House, 1990, 208 p. Cf. l'extrait publié sur le site Khandro.net à la page « Vulture ».
  24. Norbert Elias, La solitude des mourants, C. Bourgeois, Paris, 1998.
  25. Louis-Vincent Thomas, Rites de mort, Fayard, Paris, 1985, p.  94.
  26. Vladimir Jankélévitch, cité par D. Le Guay in, « Qu’avons-nous perdu en perdant la mort ?  », op. cit., p.  21.
  27. Ibid ; p.  14.
  28. Patrick Baudry, La place des morts, Armand Collin, Paris, 1999, p.  20.
  29. Louis-Vincent Thomas, Rites de mort, Fayard, Paris, 1985, p.  83.
  30. Guénolé Labéy-Guimard, Mort et modernité - Des rites aux représentations, vers un nouvel horizon de sens dans les rituels funéraires contemporains mémoire de master mention sociologie, EHESS, 2007.
  31. Frédéric Lenoir et Jean-Philippe de Tonnac (dir.), op. cit., p.  1157 et suiv.
  32. Guénolé Labéy-Guimard, op. cit., 2007.
  33. Sondage : Culte du souvenir/sondage Crédoc-CSNAF Juin 2009.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes


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